Réchauffement climatique et vitesse de rotation de la Terre // Global warming and Earth’s rotation speed

Les scientifiques nous informent que la Terre tourne plus vite cet été, ce qui raccourcit légèrement nos journées. Le 10 juillet a été le jour le plus court de l’année jusqu’à présent, avec 1,36 milliseconde de moins en 24 heures. D’autres jours exceptionnellement courts étaient prévus les 22 juillet et 5 août, avec respectivement 1,34 et 1,25 milliseconde de moins en 24 heures.
C’est bien connu : la durée d’une journée correspond au temps nécessaire à la planète pour effectuer une rotation complète sur son axe : 24 heures ou 86 400 secondes en moyenne. En réalité, chaque rotation est légèrement irrégulière en raison de divers facteurs, tels que l’attraction gravitationnelle de la Lune, les variations saisonnières de l’atmosphère et l’influence du noyau liquide de la Terre. En conséquence, une rotation complète prend généralement un peu moins ou un peu plus de 86 400 secondes, un écart de quelques millisecondes qui n’a pas d’effet notable sur notre vie quotidienne. Cependant, ces écarts peuvent, à long terme, affecter les ordinateurs, les satellites et les télécommunications. C’est pourquoi même les plus infimes écarts sont mesurés à l’aide d’horloges atomiques, introduites en 1955.
Outre les facteurs mentionnés ci-dessus, la fonte des glaces doit également être prise en compte pour expliquer les variations de la rotation terrestre. Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique y contribue, mais de manière surprenante. Si le réchauffement climatique a des impacts négatifs considérables sur la Terre, il contribue également à contrecarrer les forces qui accélèrent la rotation de la Terre. Une étude publiée en 2024 dans la revue Nature explique comment la fonte des glaces de l’Antarctique et du Groenland se propage sur les océans et ralentit de ce fait la rotation de la Terre. Un chercheur a déclaré : « Si cette glace ne fondait pas, sans le réchauffement climatique, nous serions déjà en présence d’une seconde intercalaire négative, ou nous en serions très proches. » Des chercheurs suisses indiquent que le déplacement de masse de cette glace en train de fondre modifie non seulement la vitesse de rotation de la Terre, mais aussi son axe de rotation. Si le réchauffement se poursuit, son effet pourrait devenir significatif. D’ici la fin du siècle, dans un scénario pessimiste (où les humains continueraient d’émettre davantage de gaz à effet de serre), l’effet du réchauffement climatique pourrait dépasser celui de la Lune, véritable moteur de la rotation de la Terre depuis plusieurs milliards d’années.
Source : CNN via Yahoo News.

Calotte glaciaire du Groenland 

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Scientists are informing us that Earth is spinning faster this summer, making the days marginally shorter. July 10 was the shortest day of the year so far, lasting 1.36 milliseconds less than 24 hours. More exceptionally short days are coming on July 22 and August 5, currently predicted to be 1.34 and 1.25 milliseconds shorter than 24 hours, respectively.

The length of a day is the time it takes for the planet to complete one full rotation on its axis —24 hours or 86,400 seconds on average. But in reality, each rotation is slightly irregular due to a variety of factors, such as the gravitational pull of the moon, seasonal changes in the atmosphere and the influence of Earth’s liquid core. As a result, a full rotation usually takes slightly less or slightly more than 86,400 seconds, a discrepancy of just milliseconds that doesn’t have any obvious effect on everyday life. However these discrepancies can, in the long run, affect computers, satellites and telecommunications, which is why even the smallest time deviations are tracked using atomic clocks, which were introduced in 1955.

Beside the above-mentioned factors, melting ice should also be taken into account to explain the time variations in Earth’sotation. Scientists explain that global warming is also a contributing factor, but in a surprising way. While global warming has had considerable negative impacts on Earth, when it comes to our timekeeping, it has served to counteract the forces that are speeding up Earth’s spin. A study published in 2024 in the journal Nature details how ice melting in Antarctica and Greenland is spreading over the oceans, slowing down Earth’s rotation. One researcher said : “If that ice had not melted, if we had not had global warming, then we would already be having a leap negative leap second, or we would be very close to having it.”

Swiss researchers indicate that the mass shift of this melting ice is not only causing changes in Earth’s rotation speed, but also in its rotation axis. If warming continues, its effect might become dominant. By the end of this century, in a pessimistic scenario (in which humans continue to emit more greenhouse gases) the effect of climate change could surpass the effect of the moon, which has been really driving Earth’s rotation for the past few billions of years.

Source : CNN via Yahoo News.

Des squelettes de baleines sous un glacier // Whale skeletons under a glacier

Avec le réchauffement climatique, les glaciers fondent à une vitesse incroyable et ouvrent un nouveau champ de recherche : l’archéologie glaciaire. C’est un sujet que j’ai abordé dans une note publiée le 28 janvier 2018. Des artefacts, corps humains et d’animaux et virus enfouis dans la glace depuis des millions d’années émergent maintenant à la surface. La fonte des glaciers permet également aux archéologues d’explorer des zones autrefois trop dangereuses d’accès.
Les archéologues n’ont pas à s’inquiéter de la décomposition des objets enfouis dans la glace car ils sont bien préservés par cette dernière. Certains des sites les plus riches en découvertes se trouvent en Norvège et en Sibérie.
La découverte en 1991 d’Ötzi (voir ma note du 4 mars 2023) dans un glacier des Alpes italiennes reste la plus spectaculaire de l’archéologie glaciaire. Ce n’est toutefois pas la seule découverte remarquable des deux dernières décennies.

Début 2025, des scientifiques de l’Institut de recherche arctique et antarctique ont découvert qu’un glacier de l’île Wilczek, dans l’Arctique russe, reculait extrêmement rapidement, et que ce recul rapide avait mis au jour un cimetière d’ossements de baleines. La mission scientifique étudiait le dégel du pergélisol dans la région lorsqu’elle a fait cette découverte.
À l’aide d’images satellite, les chercheurs ont comparé la position actuelle et passée du glacier et ont constaté que la calotte glaciaire sur l’île s’était scindée en deux parties en moins de 20 ans. En réalité, le recul du glacier s’inscrit dans un contexte beaucoup plus vaste. Une étude précédente, réalisée en février 2025, a révélé que depuis 2000, les glaciers ont perdu environ 5 % de leur glace à l’échelle mondiale.
La profonde fracture ouverte dans la glace a révélé plusieurs kilomètres carrés de la surface de l’île, et mis au jour un grand nombre d’ossements de baleines. Certains sont encore en assez bon état. Cependant, les chercheurs font remarquer que les carcasses sont moins bien conservées près du littoral, où elles ont eu plus de temps pour se décomposer, et sont mieux conservées au plus près du glacier.
Selon un article publié par l’agence de presse Tass, la découverte paléontologique révèle un épisode de changement extrêmement rapide du niveau de la mer dans la région de l’archipel le plus septentrional d’Eurasie, survenu au cours des derniers millénaires.
Source : Live Science.

Crédit photo: Nikita Demidov, Arctic and Antarctic Research Institute.

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With global warming, glaciers are melting at an incredible speed and have opened up a new field of research : glacial archaeology., a topic I have already developed in a post published on January 28th, 2018. Artifacts, bodies, and viruses frozen deep in ice for millions of years are now emerging to the surface. Melting glaciers are also allowing archaeologists to explore areas that were once too dangerous to reach.

Glacial archaeologists do not have to worry about buried objects decaying as they are well preserved by the ice. Some of the most productive sites include Norway and Siberia.

The 1991 discovery of Ötzi (see my post of March 4th, 2023) in a melting glacier in the Italian Alps currently remains the greatest discovery for glacial archaeology. But it’s not the only noteworthy find of the last two decades.

Earlier in 2025, scientists from the Arctic and Antarctic Research Institute have discovered that a glacier on Wilczek Island, in the Russian Arctic, is retreating extremely quickly and its rapid retreat has exposed a graveyard of ancient whale bones. The research expedition was studying the thawing of permafrost when they made the discovery.

Using satellite imagery, the scientific team compared current and past positions of the glacier. The researchers found that the ice cap on the island had split into two parts over a period of less than 20 years. Actually, the glacier’s decline is part of a wider shift. A previous study performed in February 2025 found that since 2000, glaciers have lost about 5% of their ice globally.

The large fissure in the ice revealed several square kilometers of the island’s surface, which held a large number of whale bones. Some of the skeletons are well preserved. However, the bones are worst preserved near the seashore, where they have had longer to thaw, and are best preserved closest to the glacier.

According to an article released by the Tass press agency, the paleontological find indicates an episode of extremely rapid sea level change in the area of the northernmost archipelago of Eurasia, which occurred in the last few thousand years.

Source : Live Science.

Fonte précoce des glaciers suisses (et français!)

En décembre 2022, l’Assemblée générale des Nations unies a désigné 2025 comme l’Année internationale de la préservation des glaciers, et le 21 mars 2025 comme nouvelle Journée mondiale des glaciers. En ce qui concerne la France, Emmanuel Macron s’est engagé lors du congrès One Planet – Polar Summit de 2023 à mettre sous protection renforcée l’ensemble des glaciers français. De belles décisions, de belles paroles, mais l’expérience montre qu’elles ne sont guère suivies d’effets et restent bloquées au rang de promesses.

La grande question est : que faudrait-il faire pour empêcher que les glaciers disparaissent, et avec eux une grande partie de l’alimentation en eau dans de nombreuses régions du monde ? On connaît la réponse : il faudrait mettre fin à nos émissions de gaz à effet de serre qui contribuent très largement à l’accélération du réchauffement climatique que nous connaissons actuellement. Mais cela est plus facile à dire qu’à faire sur une planète dominée par la mondialisation et son cortège d’activités et de transports polluants. De toute façon, les scientifiques nous ont expliqué que, même si nous arrêtions les émissions de gaz carbonique, méthane et autres polluants par un coup de baguette magique, il faudrait des décennies avant que l’atmosphère terrestre retrouve un semblant d’équilibre.

C’est dans ce contexte particulièrement inquiétant que l’on apprend que les glaciers suisses ont atteint leur seuil critique annuel avec plusieurs semaines d’avance. Cela signifie que toute la glace accumulée par les glaciers en Suisse au cours de l’hiver a déjà fondu. Un important recul des glaciers suisses est donc quasiment inévitable au cours des prochaines semaines estivales. Les vagues de chaleur et autres canicules ignorant les frontières, ont peut d’ores et déjà annoncer que les glaciers français vont subir le même sort.

S’agissant de la Suisse, il s’agit d’une des arrivées les plus précoces de ce point de basculement connu sous le nom de « Jour de la perte des glaciers ». En conséquence, toute nouvelle fonte d’ici au mois d’octobre entraînera une diminution de la taille des glaciers suisses. Le seuil critique est généralement atteint en août. Son arrivée précoce est un nouveau coup dur pour les 1 400 glaciers du pays.

La seule fois où le point de basculement avait été atteint plus tôt correspondait à l’année record 2022. Il avait eu lieu le 26 juin. On remarquera que les années record se produisent avec des intervalles de plus en plus réduits. Cette évolution n’est guère surprenante car elle correspond à l’accélération des concentrations de CO2 dans l’atmosphère, telles qu’elles sont révélées par la Courbe de Keeling.

 

Source : France Info et les médias suisses.

Glaciers des Pyrénées en 2024

Le bilan de suivi des glaciers des Pyrénées françaises pour 2024, réalisé par l’association Moraine se solde par un bilan global équilibré. Il est, bien sûr, trop tôt pour tirer des conclusions sur l’année 2025, mais les vagues de chaleur à répétition qui ont impacté la France au mois de juin ne sont pas une bonne nouvelle. Si l’on se réfère à la situation dans les Alpes début juillet 2025, on ne peut guère être optimiste pour les Pyrénées pour cette année.

Après deux années de fonte record, un répit a été observé en 2024 grâce à une accumulation neigeuse hivernale importante et des températures estivales qui n’ont été que légèrement plus élevées que la normale.

L’association Moraine note toutefois que la trajectoire globale reste très défavorable. En effet, en 23 ans d’observations, les glaciers se sont globalement maintenus à six reprises (2008, 2010, 2013, 2014, 2018 et 2024). Au cours des 17 autres années, les pertes ont été très importantes.

Dans une note publiée le 18 novembre 2020, j’expliquais que, selon l’association Moraine, 2050 marquerait la disparition définitive de la plupart des glaciers pyrénéens. De plus petite taille que leurs homologues alpins, ils sont encore plus exposés au réchauffement climatique. Dans une note rédigée le 20 août 2020, j’expliquais qu’ils avaient atteint le point de non retour, à l’image de l’Aneto ou de l’Oulette, ce dernier au pied du Vignemale, entre 2300 et 2400 mètres d’altitude.

Tous les ans, les bénévoles de l’association Moraine mesurent l’évolution des glaciers des Pyrénées. En 2020, ils expliquaient qu’ils avaient encore reculé en moyenne de 8,10 m. Ces bénévoles grimpent tous les ans au mois de mai sur la montagne pour sonder le manteau de glace accumulé durant l’hiver. Ils reviennent sur le terrain tous les mois durant l’été afin de mesurer la fonte et livrer ensuite leurs dernières données aux climatologues.

A partir des données de surfaces globales des glaces pyrénéennes, l’association a réalisé un graphique dont la courbe de tendance prévoit l’extinction des glaciers pour les environs de 2050.