Ambae (Vanuatu): Dernières nouvelles // Latest news

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, le Manaro Voui est en alerte de niveau 3 sur une échelle de cinq et représente toujours une menace pour la santé des habitants de l’île que le gouvernement encourage à évacuer. Le volcan est entré en éruption en septembre 2017, provoquant une brève évacuation. L’éruption s’est intensifiée le mois dernier, forçant le gouvernement à décréter l’état d’urgence et à inciter la population à quitter Ambae pour aller vivre dans des endroits plus sûrs ailleurs au Vanuatu.
Le Vanuatu Daily Post nous apprend que le chef suprême d’Ambae avait demandé au Conseil de l’île Santo de lui octroyer de la terre lors d’une récente cérémonie traditionnelle organisée par le Conseil National des Chefs. Nous apprenons aujourd’hui que le Conseil des chefs de l’île Santo a accepté de réinstaller les 11 000 habitants d’Ambae. Une lettre a été écrite au gouvernement d’Ambae pour lui donner l’autorisation de commencer le processus de relocalisation.
Une réponse positive avait également été reçue d’autres îles voisines comme Maewo et Pentecôte, mais la cendre d’Ambae affecte également Maewo et Pentecôte qui ne sont pas assez grandes pour accueillir tous les habitants d’Ambae.
Le chef de l’île Santo a déclaré que le site proposé sur son île était assez grand pour recevoir les 11 000 personnes. Les populations du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest d’Ambae pourront s’organiser en fonction de leurs régions respectives.
En attendant, les volcanologues qui surveillent l’éruption sur Ambae ont indiqué qu’elle était susceptible de se calmer et qu’il retomberait donc moins de cendre sur l’île. Cependant, la situation actuelle et les dégâts importants causés par la cendre montrent que de nouvelles éruptions peuvent se produire et perturber encore davantage la vie sur l’île.
Source: New Zealand Herald.

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As I put it in a previous post, Ambae’s Manaro Voui crater is at alert level three on a scale of five, posing a threat to the health of the island’s inhabitants who are being encouraged by the government to evacuate. The volcano began erupting in September last year, prompting a short term evacuation. It intensified last month, forcing the government to announce a state of emergency and to incite the population to leave Ambae to go and live in safer places elsewhere in Vanuatu.

The Vanuatu Daily Post reports that Ambae’s paramount chief had requested the land from Santo’s council during a recent traditional ceremony organised by the National Council of Chiefs. We learn today that the Council of Chiefs on Vanuatu’s Santo Island has agreed to resettle 11,000 people from Ambae. A letter has been written to the Ambae government to grant it the right to start the process.

There was also a good response from other neighbouring islands like Maewo and Pentecost, but ashfall from Ambae is also affecting Maewo and Pentecost which are not large enough to accomodate all Ambae residents.

The Santo Chief said the proposed site on his island was big enough for all 11,000 people. It is large enough to accommodate the people of North, South, East and West Ambae in their respective areas.

Meanwhile, volcanologists monitoring the eruption on Ambae said the eruption was likely to calm down and the ashfall was likely to ease on the island. However, the current situation and the heavy damage caused by the ash shows that more eruptions may occur and affect even more people’lives.

Source: New Zealand Herald.

Crédit photo: NASA

Nouvelle évacuation d’Ambae (Vanuatu)? // New evacuation of Ambae (Vanuatu)?

Les villageois d’Ambae devront peut-être quitter leur île pour la deuxième fois en sept mois car le volcan Manaro Voui connaît un regain d’activité et fait pleuvoir la cendre sur les maisons. Les autorités ont décrété l’état d’urgence sur le nord de l’île où 11 000 personnes ont été contraintes de partir en septembre dernier.
Beaucoup d’habitants viennent juste de rentrer chez eux mais Geohazards a averti que le volcan était en éruption de niveau trois, sur une échelle de cinq.
Les autorités ont assuré que si une évacuation devait avoir lieu, elle se ferait de manière plus ordonnée qu’en septembre quand une flottille de petits bateaux a transféré précipitamment la population vers une autre île. Cette fois-ci, les localités les plus gravement touchées seront évacuées en priorité.
Source: Radio New Zealand.

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Villagers on the Vanuatu island of Ambae were facing their second evacuation in seven months on Friday, April13th, 2018 after the Manaro Voui volcano rumbled back to life and rained ash on their homes. Authorities in the Pacific nation have declared a state of emergency on the northern island, where 11,000 people were forced to leave last September.

Many have only just returned home but the Geo-Hazards Department said the volcano was undergoing a level three eruption, on a five-level scale.

Authorities said any evacuation would be more orderly than the one carried out in September, when a flotilla of small vessels rushed people off the island. This time, people will be evacuated from the severely affected communities first, before the less affected.

Source : Radio New Zealand.

Carte à risques d’Ambae (Source: Geohazards)

Ambae (Vanuatu): Evacuation complète de l’île // Complete evacuation of the island

Les autorités du Vanuatu ont ordonné le jeudi 28 septembre l’évacuation complète de l’île d’Ambae. Un porte-parole du gouvernement a déclaré que les ministres ne peuvent pas risquer la vie des gens et ont donc ordonné l’évacuation obligatoire de cette île où habitent environ 11000 personnes.
Le niveau d’alerte du volcan a été relevé à 4 le week-end dernier, sur une échelle dans laquelle le niveau 5 représente une éruption majeure. Lundi, les autorités ont déclaré une situation d’urgence et évacué les populations proches du volcan vers d’autres parties de l’île.
L’armée néo-zélandaise a survolé le volcan mardi et a observé d’énormes colonnes de fumée, de cendre et de roches volcaniques émises par le cratère.
Certains habitants ont déjà quitté l’île volontairement. Pour eux, c’est une période d’attente sans savoir si le volcan va entrer en éruption ou si on assistera à un retour au calme. Il est impossible de savoir comment la situation va évoluer et les personnes évacuées devront donc se contenter d’attendre la suite des événements.
L’évacuation se fera en bateau et se poursuivra jusqu’au 6 octobre. Les habitants seront conduits vers les îles voisines. Deux sites sont mis en place sur l’île de Pentecôte où les personnes évacuées seront logées dans des bâtiments gouvernementaux ou dans des campements temporaires.
Source: Time.

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Vanuatu officials on Thursday September 28th ordered the complete evacuation of theisland of Ambae. A government spokesman said ministers decided they couldn’t risk people’s lives and so ordered the compulsory evacuation of Ambae island, which is home to about 11,000 people.

Officials last weekend raised the activity measure of the volcano to Level 4, on a scale in which Level 5 represents a major eruption. On Monday officials declared an emergency and had been relocating people close to the volcano to other parts of the island.

New Zealand’s military flew over the volcano on Tuesday, and said huge columns of smoke, ash and volcanic rocks were billowing from the crater.

Some residents have already left the island voluntarily. For them, it’s a waiting game to see whether the volcano erupts or returns to normal activity that’s not a threat. Officials say they have no real way of predicting what the volcano will do next and that evacuees will just have to wait it out.

The evacuation will be carried out by boat and continue through October 6th. Residents will be moved onto nearby islands. Officials are setting up two sites on Pentecost Island where evacuees will be housed in government buildings or in temporary camp sites.

Source: Time.

Source: Geohazards

 

L’urbanisation sur les pentes du Vésuve (Italie) // Urbanization on the slopes of Mt Vesuvius (Italy)

Dans ma note sur les exercices d’évacuation dans les environs du Mont Fuji (Japon), j’ai fait une allusion au Vésuve (Italie). J’ai indiqué qu’aucun exercice d’évacuation n’est effectué en Campanie et qu’une éruption du volcan ne se ferait pas sans dommage. Voici quelques explications sur l’urbanisation sur les pentes du Vésuve dont l’éruption en l’an 79 a détruit Stabies, Pompéi et Herculanum.
Tout d’abord, il faut savoir que plus de 700 000 personnes vivent illégalement sur les pentes du Vésuve. Dans toute l’Italie, ce sont quelque 6 millions de personnes qui habitent dans des maisons construites illégalement, le résultat de décennies de mauvaise gestion de l’état, avec son lot d’incompétence ou de corruption. L’Italie s’est rapidement urbanisée au milieu du 20ème siècle et l’état italien s’est montré incapable ou peu disposé à modifier ses lois afin de faciliter la construction ou l’urbanisme.
Pendant des décennies, les urbanistes ont laissé croître les villes italiennes en laissant les gens construire où cela leur plaisait, y compris sur des terres en zone dangereuse comme les pentes du Vésuve. A cause de l’urbanisation débridée, le Vésuve est devenu l’un des volcans les plus dangereux au monde. Une éruption majeure est possible et imprévisible. Comme l’a expliqué un volcanologue de l’INGV: « Dans la mesure où nous ne pouvons pas prévoir quand une éruption aura lieu, le salut de la population ne peut être assuré que par une évacuation préventive de l’ensemble de la zone à risque, ce qui est extrêmement compliqué car la densité de population de la région est très élevée et il n’existe pas de voies d’évacuation adéquates ».
L’État italien a sciemment refusé de prendre en compte ces dangers évidents pendant des décennies. Une grande partie de la population d’aujourd’hui est née à une époque où  la construction et la vie sur le Vésuve étaient totalement incontrôlées. Ce n’est que récemment que le Parlement italien a tenté d’adopter des lois pour gérer les logements dangereux et illégaux, mais elles sont restées sans effet. L’urbanisation anarchique autour du Vésuve n’a été limitée par l’État que dans les années 1980, lorsque le gouvernement a promulgué une série de condamnations concernant les logements illégaux dans une «zona rossa» (zone rouge) officielle.
Le problème est que la loi sur les condamnations avait une faille dans laquelle se sont engouffrés les habitants. Elle leur permettait de continuer à construire de nouvelles maisons dans la zone rouge en échange de versements d’argent à l’État. Comme la plupart des familles vivaient dans la région dangereuse bien avant que leurs maisons soient considérées comme illégales, les habitants ont accepté de payer pour continuer à vivre là où leur maison avait été construite. C’est ainsi que la population de la zone rouge a continué à augmenter après que les condamnations aient été promulguées. Malgré leur caractère controversé, les versements d’argent à l’état se sont poursuivis dans la zone rouge jusqu’en 2003, lorsque l’option a été annulée.
Les autorités locales ont tenté de concevoir des plans d’évacuation en cas d’éruption du Vésuve, mais cela reste extrêmement difficile en raison de la densité de population. La plupart des habitants ont de faibles revenus et n’ont pas les moyens de déménager. En 2010, un journaliste italien a enquêté sur les itinéraires d’évacuation et a expliqué que l’un d’eux faisait référence à une route inexistante ; il avait rencontré un maire qui n’avait jamais vu le plan d’évacuation de son secteur. Le maire d’Ottaviano, localité située dans la zone rouge, explique que «non seulement de nombreux plans d’évacuation sont inadaptés, mais de nombreuses municipalités de la zone rouge ne possèdent aucun plan d’évacuation». Beaucoup d’habitants n’ont jamais eu connaissance des plans officiels d’évacuation et ils sont souvent sceptiques quant à leur utilité.
Source: Chicago Tribune.

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In my post about evacuation drills in the vicinity of Mt Fuji (Japan), I made an allusion to Mt Vesuvius (Italy). I indicated that no evacuation drills are performed in Campania and that an eruption of the volcano would not be performed without damage. Here are a few facts about urbanization on the slopes of Mt Vesuvius whose eruption in 79 A.D. destroyed Stabies, Pompeii and Herculaneum.

More than 700,000 people are living illegally on the slopes of Mt Vesuvius. In all, an estimated 6 million people live in illegally constructed homes across Italy, the result of decades of state mismanagement, ranging from ineptitude to outright corruption. Italy urbanized rapidly in the mid-20th century, and the state proved incapable, or unwilling, to alter its laws to facilitate the necessary construction or city planning.

For decades, developers have been expanding Italy’s cities by building wherever they liked, including on land unfit for housing like Vesuvius. Unfettered urbanization now makes Vesuvius one of the most dangerous volcanoes in the world. A catastrophic eruption is possible and unpredictable. As one INGV volcanologist put it: « Since we cannot calculate when a serious eruption would take place, the salvation of the population is only guaranteed by a preventative evacuation of the entire area at risk, which is extremely complicated because the area is densely populated and lacks adequate escape routes. »

The Italian state consciously overlooked these obvious dangers for decades. Much of today’s population was born when building and living on this volcano were completely unrestrained. Only recently has the Italian Parliament attempted to pass laws to deal with dangerous illegal housing, but even these have been toothless. Urban growth around Vesuvius was not restricted by the state until the 1980s, when the government enacted the first in a series of housing condemnations in an official “zona rossa” (red zone).

The problem is that the condemnations came with a hazardous loophole that allowed residents to continue building new homes in the potentially deadly zone in exchange for amnesty payments to the state. Families had been living in the hazardous region long before their homes were considered illegal, and many paid to expand in their hometowns. The population of the red zone actually grew after the condemnations were passed. Despite their controversial nature, amnesty payments continued in the red zone until 2003, when the state finally eliminated the option.

Local politicians have attempted to design plans for evacuation in case of a volcanic eruption, but it remains a struggle because of the sheer size of the population, much of which is lower-income and does not have the means to relocate. In 2010, an Italian journalist investigated several evacuation routes and revealed one that referred to a nonexistent road and a mayor who had never seen his region’s plan. The mayor of Ottaviano, which is located in the red zone, explains that « not only are many existing plans ineffective, but many municipalities in the evacuation zone have zero plan whatsoever. » Many residents are unfamiliar with official evacuation plans and, moreover, are skeptical of their worth.

Source: Chicago Tribune.

Naples et le Vésuve (Photo: C. Grandpey)