Kick’em Jenny (Mer des Caraïbes)

Au cours des discussions à bâtons rompus qui ont fait suite à mes conférences à la Martinique à la mi-août, plusieurs personnes se sont inquiétées de l’activité à Kick’em Jenny, volcan sous-marin particulièrement actif dans les Caraïbes. Il est situé à 8 km au nord de la Grenade avec un sommet estimé à environ 200 mètres sous la surface de la mer.

J’ai indiqué à ces personnes qu’à ma connaissance, aucun événement significatif ne s’était produit à Kick’em Jenny depuis le mois de mars 2018. A cette époque, on avait enregistré une augmentation de l’activité sismique, en particulier pendant la nuit du 11 au 12 mars, et le niveau d’alerte était passé du Jaune à l’Orange. La navigation a été interdite dans un rayon de 5 kilomètres autour du volcan. Les scientifiques indiquaient qu’il n’y avait aucun risque de tsunami.

Depuis le 22 mars 2018, toutefois, une baisse de l’activité volcanique a été constatée et le niveau a donc été ramené à la couleur Jaune.

Kick’em Jenny est entré en éruption à 13 reprises entre 1939 et 2001. La dernière éruption remonte à 2015.

Selon les scientifiques, Kick’em Jenny est un volcan dont l’un des flancs pourrait potentiellement s’effondrer et générer un tsunami. C’est aussi un volcan qui pourrait entrer en éruption, soulever une colonne d’eau relativement importante et générer une onde qui se propagerait à travers les Petites Antilles. Le 24 juillet 1939, une éruption avait provoqué un tsunami en Martinique et vraisemblablement en Guadeloupe. D’après les chercheurs, en cas d’éruption majeure, un tsunami de forte amplitude pourrait atteindre non seulement les îles les plus proches (Grenadines, Saint-Vincent, Sainte-Lucie et la Martinique) mais aussi les territoires un peu plus éloignés. Lors de celle de 1939, des matériaux volcaniques ont été projetés à plus de 270 mètres au-dessus du niveau de la mer.

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During the informal talks that followed my lectures in Martinique in mid-August, several persons said they worried about the activity at Kick’em Jenny, an active submarine volcano in the Caribbean. It is located 8 km north of Grenada with its summit about 200 metres below the sea surface.
I told these people that to my knowledge, no significant event had occurred at Kick’em Jenny since March 2018. At that time, there had been an increase in seismic activity, particularly during the night of March 11th to 12th, and the alert level had been raised from Yellow to Orange. Ships were noet allowed within 5 kilometres of the volcano. Scientists said there was no risk of a tsunami.
Since March 22nd, 2018, however, a decline in volcanic activity has been observed and the alert level has been lowered to Yellow.
Kick’em Jenny erupted 13 times between 1939 and 2001. The last eruption was in 2015.
According to scientists, Kick’em Jenny is a volcano whose flanks could potentially collapse and generate a tsunami. It is also a volcano that could erupt, lift a relatively large water column and generate a wave that would spread through the Lesser Antilles. On July 24th, 1939, an eruption caused a tsunami in Martinique and presumably in Guadeloupe. According to the researchers, in the event of a major eruption, a large tsunami could reach not only the nearest islands (Grenadines, St. Vincent, St. Lucia and Martinique) but also the territories a little further away. During the 1939, volcanic materials were ejected more than 270 metres above sea level.

Datation de l’éruption de Santorin (Grèce) // Dating the Santorini eruption (Greece)

Il y a plus de 3400 ans, une éruption majeure a eu lieu sur l’île grecque de Santorin. Ce fut l’un des plus grands événements volcaniques de l’histoire de la Terre. L’éruption a creusé une vaste caldeira et enfoui la colonie d’Akrotiri sous une couche de cendre d’une quarantaine de mètres d’épaisseur. Les séismes et les tsunamis qui ont suivi ont dévasté les îles voisines et ont eu des impacts en Méditerranée jusqu’en Egypte et en Turquie. De nombreux historiens pensent que l’éruption de Santorin a contribué au déclin, voire à la disparition, de la civilisation minoenne.
Les chercheurs ont longtemps montré des désaccords sur la date de l’éruption car leurs méthodes de datation archéologique et par le radiocarbone – ou Carbon 14 – montraient des résultats différents. Aujourd’hui, une étude basée sur l’observation des cernes des troncs d’arbres et publiée dans la revue Science Advances apporte un éclairage nouveau.
La datation précise de l’éruption de Santorin pourrait également permettre de dater avec plus de précision l’histoire de la région. Cette précision dans la datation de l’éruption est très importante pour l’archéologie méditerranéenne. Si l’on peut dater l’éruption avec précision, cela signifie que chaque fois que l’on trouve des preuves de cet événement sur un site archéologique, on obtient immédiatement un point de repère très précis. C’est essentiel pour analyser les interactions humaines et environnementales au cours de cette période.
Des preuves de l’éruption à partir d’artefacts humains tels que des documents écrits et des poteries récupérées lors de fouilles avaient laissé supposer que l’éruption avait eu lieu entre 1570 et 1500 avant notre ère. Cependant, la datation au radiocarbone de morceaux d’arbres, de graines et de légumineuses découverts sous la couche de cendre volcanique à Santorin indique que l’éruption a eu lieu vers 1600 avant J.C. Au cours de la dernière étude, les chercheurs ont utilisé les dernières techniques de datation sur des arbres aux États-Unis et en Irlande qui existaient avant, pendant et après l’éruption de Thera (de 1500 à 1700 av. J.-C.). Ces arbres ajoutent un cerne – ou anneau de croissance – chaque année. Chaque cerne contient des traces d’isotopes de carbone radioactif qui se désintègrent à un rythme constant et peuvent être détectés par des techniques de datation. Cela signifie que ces anneaux d’arbres agissent comme une sorte de capsule temporelle de l’histoire environnementale qui remonte à des milliers d’années.
Les éruptions majeures comme celle de Santorin envoient tellement de matériaux dans l’atmosphère qu’elles peuvent refroidir la Terre. Au cours des années exceptionnellement froides, les arbres testés par l’équipe scientifique – les chênes irlandais et les pins de Bristlecone (pins à cônes épineux) – ont ajouté des cernes de croissance plus étroits que d’habitude. En analysant des échantillons de ces anneaux plus étroits susceptibles d’indiquer une éruption majeure, les scientifiques ont daté celle de Santorin entre 1600 et 1525 avant J.C.
Les chercheurs de l’Université d’Arizona espèrent que les recherches futures pourront déterminer avec encore plus de précision l’année de l’éruption.
Source: Université d’Arizona.

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More than 3,400 years ago, a major eruption took place on the Greek island of Santorini. It was one of the largest volcanic events in Earth’s recorded history. The eruption blew a huge caldera and buried the settlement at Akrotiri in a layer of ash 40 metres deep. Related earthquakes and tsunamis devastated nearby islands and there were impacts in the Mediterranean, as far as Egypt and Turkey. Many historians believe that the event contributed to the decline and even the end of the Minoan civilization.
Researchers have long argued over when the eruption took place, with archaeological and radiocarbon dating methods differing in their results. But now, a study of tree rings, published in the journal Science Advances, has cast new light on the debate.
The accurate dating of the Santorini eruption could have important implications for tying together the history of the region. In fact, narrowing down when it happened is critical to Mediterranean archaeology. If one can date precisely when the eruption occurred, then whenever you find evidence of that moment at any archeological site, you suddenly have a very precise marker point in time. This is really important for examining human/environmental interactions around that time period.
Evidence from human artifacts such as written records and pottery retrieved from digs had suggested the eruption occurred somewhere between 1570 and 1500 B.C. However, the radiocarbon dating of pieces of trees, grains and legumes found just below the layer of volcanic ash on Santorini indicated that the eruption took place around 1600 B.C. For the latest study, the researchers used the most sophisticated radiocarbon techniques on trees in the United States and Ireland that were alive before, during and after the time that Thera was thought to have erupted (the period 1500 to 1700 B.C.). These trees add a growth ring every year, each of which contains traces of radioactive carbon isotopes which decay at a steady rate and can be detected by dating technologies. This means these tree rings act as a kind of time capsule of environmental history stretching back thousands of years.
Massive eruptions like the one at Santorini eject so much material into the atmosphere that they can cool the Earth. In exceptionally cold years, the type of trees that the team tested – Irish oaks and bristlecones – produce growth rings that are narrower than usual. By analyzing instances of these narrower rings, which could indicate a huge eruption, the researchers dated the Santorini event to someplace between 1600 B.C. and 1525 B.C.
Unversity of Arizona researchers hope that future research will be able to more accurately pin down a particular year for the eruption.
Source: University of Arizona.

Crédit photo: NASA

Nouvelles du Merapi, du Fuego, du Sabancaya, et du Sierra Negra

La sismicité a connu une hausse sur le Merapi (Indonésie) le 18 juillet et le 19 juillet 2018. Le 11 août, un puissant séisme a été détecté, accompagné de grondements entendus par les habitants de Deles. Le 12 août, des photos prises par un drone montraient un nouveau dôme de lave dans la fracture du dôme de 2010. Le 18 août, le nouveau dôme mesurait 55 mètres de longueur et 25 mètres de largeur et se trouvait à environ 5 mètres sous la surface du dôme de 2010. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

L’INSIVUMEH indique que, du 18 au 21 août, des explosions sur le Fuego (Guatemala) généraient des panaches de cendre qui montaient jusqu’à 850 mètres au-dessus du cratère. Des matériaux incandescents étaient éjectés à 150 mètres au-dessus de la lèvre du cratère, avec des avalanches à l’intérieur du cratère et des écoulements pyroclastiques sur les flancs du volcan. Selon le CONRED, le 22 août 2018, le nombre de personnes décédées à cause des coulées pyroclastiques du 3 juin était de 169 et 256 étaient toujours portées disparues.

Selon IGP, les explosions à Sabancaya (Pérou) atteignaient en moyenne 27 événements par jour entre le 13 et le 19 août. La sismicité était globalement faible. Les panaches de gaz et de cendre montaient jusqu’à 3,7 km au-dessus de la lèvre du cratère. Neuf anomalies thermiques ont été détectées. Le 19 août, les émissions de SO2 atteignaient 3100 tonnes par jour. Il est demandé à la population de ne pas approcher le cratère dans un rayon de 12 km.

L’Instituto Geofisico indique que des coulées de lave sont toujours observées sur le Sierra Negra (Galapagos / Equateur), avec des intensités variables. Les émissions les plus intenses, enregistrées les 4 et 9 août, ont été accompagnées d’épisodes significatifs de tremor. L’activité a légèrement diminué après le 9 août. Le 15 août, des images satellites ont montré que la lave en provenance de la Fracture n° 4 continuait à pénétrer dans l’océan

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Seismicity at Merapi (Indonesia) increased on July 18th, and again on July 19th, 2018. On August 11th, a large earthquake was detected, together with rumbling heard by Deles residents. Drone photos on August 12th showed a new lava dome growing within the fracture of the 2010 dome. By August 18th, the new dome was 55 metres long and 25 metres wide, and about 5 metres below the 2010 dome surface. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and resident are warned to remain outside of the 3-km exclusion zone.

INSIVUMEH indicates that during 18-21 August explosions at Fuego (Guatemala) generated ash plumes that rose as high as 850 metres above the crater. Incandescent material was ejected 150 metres above the crater rim, and caused avalanches of material within the crater area and down drainages on the flanks. According to CONRED, as of August 22nd, 2018, the number of people confirmed to have died due to the 3 June pyroclastic flows was 169, and 256 remained missing.

According to IGP, explosions at Sabancaya (Peru) averaged 27 per day between August 13th and 19th. Seismicity was globally low. Gas-and-ash plumes rose as high as 3.7 km above the crater rim. Nine thermal anomalies were detected, and on August 19th, the SO2 emissions reached 3,100 tons/day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

The Instituto Geofisico indicates that lava effusion at Sierra Negra (Galapagos / Ecuador) continue at variable intensities. The most intense pulses, recorded on August 4th and 9th, were accompanied by major episodes of seismic tremor. Activity slightly declined after August 9th. On August 15th, satellite images showed lava from Fissure 4 continuing to enter the ocean.

Vue du Merapi (Crédit photo: Wikipedia)

Nouvelles du Kilauea (Hawaii) // News of Kilauea Volcano (Hawaii)

La situation n’a pas évolué sur le Kilauea et aucune activité significative n’a été observée. Un survol de la Fracture n° 8 avec un drone le 20 août 2018 (voir vidéo ci-dessous) a confirmé que le petit lac de lave au fond du cône était recouvert d’une croûte, sans présence d’incandescence. La roche d’un brun rougeâtre à l’intérieur du cône est le résultat de l’oxydation.
Un peu plus tard dans la journée du 20 août, les scientifiques de USGS ont pris une photo de la Fracture n° 8 (voir ci-dessous). À ce moment-là, des jets de gaz projetaient quelques lambeaux de lave au fond du cône. Les scientifiques ont déclaré que cette activité de spattering pourrait être une indication que l’éruption dans la Lower East Rift Zone ne fait qu’une pause et n’est pas terminée. Les prochains jours nous diront si cette hypothèse est vraie, mais je pense personnellement que les projections sont provoquées par la libération des dernières poches de gaz dans le système de tunnels.

Bien que plus de deux semaines se soient écoulées depuis les puissants séismes et les événements d’effondrement accompagnés d’explosions qqui ont affecté la zone sommitale, il faudra du temps pour évaluer l’étendue des dégâts infligés aux routes, sentiers et infrastructures du Parc National des Volcans d’Hawaï.
Les autorités du Parc profitent de la pause – ou de la fin – de l’éruption pour constituer une équipe spécialisée qui évaluera les dégâts dans leur ensemble. L’objectif est de faire des réparations à court terme afin de pouvoir ouvrir au moins une partie du parc en toute sécurité. La majeure partie du parc, à l’exception de Kahuku Unit, est fermée depuis le 11 mai. Le 18 août a marqué le 100ème jour de la fermeture.
Source : USGS.

Dans le même temps, Hawaii met en place des mesures de sécurité à l’approche de l’ouragan Lane qui devrait s’abattre sur l’archipel dans les prochaines heures, avec un fort risque de vents violents, pluies diluviennes et vagues de submersion. Les écoles sont fermées afin de pouvoir servir de refuges éventuels. Croisons les doigts pour que les dégâts ne soient pas trop importants.

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The situation remains fairly unchanged at Kilauea Volcano, with no significant activity. An overflight of Fissure 8 with a drone on August 20th, 2018 (see video below) confirmed that the lava pond within the cone had crusted over with no observed incandescence. The reddish-brown rock inside the cone is the result of oxidation.

Later on August 20th, a photo was taken by USGS scientists of Fissure 8 (see below). By that time, gas jets were throwing spatter from small incandescent areas deep within the cone. The scientists said that this activity might be an indication that the lower East Rift Zone eruption just paused and is not over. The next days will tell us whether this hypothesis is true, but I personally believe the spatter is caused by the release of last pockets of gas in the tube system.

Although it’s been more than two weeks since the summit area of Kilauea was rocked by powerful earthquakes and collapse-explosion events, the damage inflicted upon roads, trails, and infrastructure in Hawai‘i Volcanoes National Park will take time to evaluate and repair.

The park is taking advantage of the pause or the end of the eruption to assemble a specialized team that will conduct thorough damage assessments. The aim is to make short-term repairs to safely reopen at least part of the park. Most of the park, except the Kahuku Unit, has been closed since May 11th. August 18th marked the 100th day of the closure.

Source: USGS

https://youtu.be/h1OIETixfd8

Meantime, Hawaii is setting up safety measures as Hurricane Lane is getting close to the archipelago and is expected to make landfall in the next hours with high winds, strong surf and heavy rains. . Schools have been closed to be used as potential shelters. Let’s cross our fingers  and hope for the best!

Points d’incandescence au fond de la Fracture n° 8

La Crater Rim Drive a subi, elle aussi, de gros dégâts

(Crédit photo: USGS / HVO)