Datation de l’éruption de Santorin (Grèce) // Dating the Santorini eruption (Greece)

Il y a plus de 3400 ans, une éruption majeure a eu lieu sur l’île grecque de Santorin. Ce fut l’un des plus grands événements volcaniques de l’histoire de la Terre. L’éruption a creusé une vaste caldeira et enfoui la colonie d’Akrotiri sous une couche de cendre d’une quarantaine de mètres d’épaisseur. Les séismes et les tsunamis qui ont suivi ont dévasté les îles voisines et ont eu des impacts en Méditerranée jusqu’en Egypte et en Turquie. De nombreux historiens pensent que l’éruption de Santorin a contribué au déclin, voire à la disparition, de la civilisation minoenne.
Les chercheurs ont longtemps montré des désaccords sur la date de l’éruption car leurs méthodes de datation archéologique et par le radiocarbone – ou Carbon 14 – montraient des résultats différents. Aujourd’hui, une étude basée sur l’observation des cernes des troncs d’arbres et publiée dans la revue Science Advances apporte un éclairage nouveau.
La datation précise de l’éruption de Santorin pourrait également permettre de dater avec plus de précision l’histoire de la région. Cette précision dans la datation de l’éruption est très importante pour l’archéologie méditerranéenne. Si l’on peut dater l’éruption avec précision, cela signifie que chaque fois que l’on trouve des preuves de cet événement sur un site archéologique, on obtient immédiatement un point de repère très précis. C’est essentiel pour analyser les interactions humaines et environnementales au cours de cette période.
Des preuves de l’éruption à partir d’artefacts humains tels que des documents écrits et des poteries récupérées lors de fouilles avaient laissé supposer que l’éruption avait eu lieu entre 1570 et 1500 avant notre ère. Cependant, la datation au radiocarbone de morceaux d’arbres, de graines et de légumineuses découverts sous la couche de cendre volcanique à Santorin indique que l’éruption a eu lieu vers 1600 avant J.C. Au cours de la dernière étude, les chercheurs ont utilisé les dernières techniques de datation sur des arbres aux États-Unis et en Irlande qui existaient avant, pendant et après l’éruption de Thera (de 1500 à 1700 av. J.-C.). Ces arbres ajoutent un cerne – ou anneau de croissance – chaque année. Chaque cerne contient des traces d’isotopes de carbone radioactif qui se désintègrent à un rythme constant et peuvent être détectés par des techniques de datation. Cela signifie que ces anneaux d’arbres agissent comme une sorte de capsule temporelle de l’histoire environnementale qui remonte à des milliers d’années.
Les éruptions majeures comme celle de Santorin envoient tellement de matériaux dans l’atmosphère qu’elles peuvent refroidir la Terre. Au cours des années exceptionnellement froides, les arbres testés par l’équipe scientifique – les chênes irlandais et les pins de Bristlecone (pins à cônes épineux) – ont ajouté des cernes de croissance plus étroits que d’habitude. En analysant des échantillons de ces anneaux plus étroits susceptibles d’indiquer une éruption majeure, les scientifiques ont daté celle de Santorin entre 1600 et 1525 avant J.C.
Les chercheurs de l’Université d’Arizona espèrent que les recherches futures pourront déterminer avec encore plus de précision l’année de l’éruption.
Source: Université d’Arizona.

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More than 3,400 years ago, a major eruption took place on the Greek island of Santorini. It was one of the largest volcanic events in Earth’s recorded history. The eruption blew a huge caldera and buried the settlement at Akrotiri in a layer of ash 40 metres deep. Related earthquakes and tsunamis devastated nearby islands and there were impacts in the Mediterranean, as far as Egypt and Turkey. Many historians believe that the event contributed to the decline and even the end of the Minoan civilization.
Researchers have long argued over when the eruption took place, with archaeological and radiocarbon dating methods differing in their results. But now, a study of tree rings, published in the journal Science Advances, has cast new light on the debate.
The accurate dating of the Santorini eruption could have important implications for tying together the history of the region. In fact, narrowing down when it happened is critical to Mediterranean archaeology. If one can date precisely when the eruption occurred, then whenever you find evidence of that moment at any archeological site, you suddenly have a very precise marker point in time. This is really important for examining human/environmental interactions around that time period.
Evidence from human artifacts such as written records and pottery retrieved from digs had suggested the eruption occurred somewhere between 1570 and 1500 B.C. However, the radiocarbon dating of pieces of trees, grains and legumes found just below the layer of volcanic ash on Santorini indicated that the eruption took place around 1600 B.C. For the latest study, the researchers used the most sophisticated radiocarbon techniques on trees in the United States and Ireland that were alive before, during and after the time that Thera was thought to have erupted (the period 1500 to 1700 B.C.). These trees add a growth ring every year, each of which contains traces of radioactive carbon isotopes which decay at a steady rate and can be detected by dating technologies. This means these tree rings act as a kind of time capsule of environmental history stretching back thousands of years.
Massive eruptions like the one at Santorini eject so much material into the atmosphere that they can cool the Earth. In exceptionally cold years, the type of trees that the team tested – Irish oaks and bristlecones – produce growth rings that are narrower than usual. By analyzing instances of these narrower rings, which could indicate a huge eruption, the researchers dated the Santorini event to someplace between 1600 B.C. and 1525 B.C.
Unversity of Arizona researchers hope that future research will be able to more accurately pin down a particular year for the eruption.
Source: University of Arizona.

Crédit photo: NASA

L’Eruption du Millénaire du Mont Paektu (Corée du Nord) // Mount Paektu’s Millenium Eruption (North Korea)

drapeau-francaisJ’ai expliqué dans plusieurs notes de ce blog que la Corée du Nord avait des inquiétudes concernant Mont Paektu (aussi écrit Baekdu), un volcan considéré comme sacré près de la frontière avec la Chine. Il est entré en éruption pour la dernière fois en 1903. Les autorités coréennes ont même fait appel à des scientifiques occidentaux pour une meilleure évaluation des risques éruptifs.
Une équipe internationale de chercheurs a réussi à dater la soi-disant «Eruption du Millénaire» du Mont Paektu, l’une des plus importantes de l’histoire. Ils ont également montré que cette éruption n’avait pas pu entraîner la chute d’un important royaume du 10ème siècle, comme on le pensait jusqu’à présent.
L’équipe scientifique explique dans la revue Quaternary Science Reviews comment l’analyse des restes partiellement fossilisés d’un arbre abattu par l’éruption et des carottes de glace prélevées au Groenland ont abouti à la conclusion que l’éruption s’est produite au cours des derniers mois de 946 après JC. Les chercheurs ont procédé à une nouvelle datation par le carbone 14 sur un tronc de mélèze fossilisé récupéré du côté chinois du volcan. L’arbre était âgé de 264 ans quand il a été renversé par l’éruption et recouvert par une coulée de lave.
Les scientifiques ont estimé que l’arbre était encore debout en 775, année où la Terre a été abondamment bombardée par des rayons cosmiques. La preuve de cet événement, sous forme de radiocarbone, a été détectée dans l’un des cernes de l’arbre, et en comptant jusqu’à l’anneau de croissance externe, l’équipe a pu déterminer quand l’arbre avait péri. Une analyse plus approfondie a montré qu’il avait arrêté sa croissance saisonnière et que sa mort avait probablement eu lieu à l’automne ou à l’hiver.
En effectuant une comparaison avec les dépôts de cendre dans des carottes de glace forées dans le nord du Groenland, l’équipe scientifique a pu affiner ses calculs jusqu’aux 2 ou 3 derniers mois de 946 après JC.
Source: Université de Cambridge.

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drapeau-anglaisIn several posts, I explained that North Korea was worrying about Mount Paektu (également écrit Baekdu), a volcano considered  sacred, that stands close to the border with China and which last erupted in 1903. The Korean authorities called Western experts for help in order to get a better idea of the eruptive risks.

An international team of researchers has managed to pinpoint, to within three months, the so-called “Millennium Eruption” of Mt Paektu, one of the largest in history. They have also shown that this eruption cannot have brought about the downfall of an important 10th century kingdom, as was previously thought.

Writing in the journal Quaternary Science Reviews the team describes how new analysis of the partly fossilised remains of a tree killed by the eruption, and ice cores drilled in Greenland, lead them to conclude the eruption occurred in the final months of 946 AD. They established an accurate date for the event by making new radiocarbon measurements on a fossilised larch trunk recovered from the Chinese side of the volcano. The tree was 264 years old when it was killed and buried by a flow of lava.

The scientists reckoned the tree would have been standing in 775, a year that was marked by a burst of cosmic rays reaching the Earth. Evidence of this event, in the shape of radiocarbon, was found in one of the tree’s rings and by counting to the outer ring, the team was able to work out when the tree must have perished. Further analysis indicates it had stopped its seasonal growth suggesting Autumn or Winter as the likely time of its demise.

By cross-referencing with ash deposits found in ice cores drilled in northern Greenland, the team could narrow down the calculation to the last 2 or 3 months of 946 AD.

Source: University of Cambridge.

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Caldeira sommitale du Mt Paektu (Crédit photo: Wikipedia)