Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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13 février 2026 – 7 heures (heure métropole) – 10 heures (heure locale) : Ce n’est pas vraiment une surprise car la sismicité persistait depuis la fin de la dernière éruptiondu 20 janvier 2026. Il semblait évident que le Piton de la Fournaise n’avait pas dit son dernier mot. Le volcan est de nouveau entré en éruption ce vendredi 13 février 2026, dans la matinée (heure locale), comme peuvent en attester les images des webcams de l’OVPF. Des coulées de lave et des panaches de fumée étaient bien visibles depuis la caméra du Piton de Bert. L’Observatoire précise que « suite à la crise sismique débutée à 09h25 heure locale le 13 février 2026, le trémor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 10h00 environ.

Premières minutes de l’éruption (webcam OVPF)

Selon l’Observatoire, « au moins deux fissures éruptives » se sont ouvertes sur la partie plutôt haute du sommet du volcan. Au début de l’éruption, le débit était d’environ 60m3/seconde, selon les données satellitaires,

Selon la préfecture de La Réunion, l’éruption se déroule au sud du cratère Dolomieu. L’accès à l’Enclos est bien sûr interdit. Le préfet de La Réunion a déclenché l’alerte 2.1 ORSEC volcan.

Image webcam Piton de Bert

Suite à l’éruption du 18-20 janvier 2026, l’activité sismique sous le Piton de la Fournaise et l’inflation de l’édifice se poursuivaient, comme le montre le graphique de déformation ci-dessous. Ces paramètres indiquaient une mise en pression du système d’alimentation magmatique superficiel. Une injection de magma vers la surface a donc eu lieu et a abouti au déclenchement de l’éruption actuelle.

Source: OVPF

De toute évidence, l’éruption a surpris tout le monde, Observatoire et randonneurs. Selon Réunion la 1ère, à 10h ce vendredi 13 février 2026, lorsque le Piton de la Fournaise est entré en éruption, plusieurs randonneurs se trouvaient au sommet du volcan et inr dû être évacués par hélicoptère. Un couple a ressenti les signes avant-coureurs de l’éruption, mais n’a pas su les interpréter. Une détonation a accompagné les premières fontaines de lave.

L’activité semble avoir beaucoup décliné. Pas sûr que cette deuxième éruption de l’année 2026 dure très longtemps.

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13 heures (heure métropole), 16 heures (heure locale) : L’OVPF vient de diffuser de nouvelles informations sur l’éruption. En fait, ce sont 4 fissures qui se sont ouvertes sous le sommet du volcan. Depuis 15h00 (heure locale), l’activité éruptive est principalement concentrée sur la fissure 4, avec encore des émissions de lave au niveau de la fissure 1. Les fissures 2 et 3 sont désormais inactives. A 13h (heure locale), le front de coulée se situait à environ 1500 m d’altitude.

Source: OVPF

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À Hawaï, le 42ème épisode éruptif du Kilauea ne saurait tarder puisque le HVO indique qu’il devrait se produire entre le 14 et le 17 février 2026. Sera-t-il aussi puissant et spectaculaire que le précédent? Seule Madame Pélé a la réponse…

En souvenir de l’Épisode 41 (Image webcam)

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Une série de coulées pyroclastiques a dévalé la ravine Mi-isi sur les flancs du Mayon (Philippines) le 9 février 2026. La longueur de la coulée la plus longue était de 4 km depuis le cratère sommital. L’activité a culminé pendant un événement de sept minutes qui a généré des nuages ​​de cendres dépassant 2 km de hauteur, avec des retombées dans plusieurs secteurs, par temps de pluie. Ces coulées pyroclastiques ont été provoquées par l’effondrement d’accumulations de lave près du cratère sommital et sur les fronts de lave actifs. Elles se sont déroulées en deux phases. Au moins 12 coulées ininterrompues ont été enregistrées lors de la seconde phase qui a duré 7 minutes, d’après les données sismiques.
Malgré la forte hausse d’activité du 9 février, cet épisode de coulées pyroclastiques n’est en réalité qu’une brève intensification de l’activité éruptive qui reste quasiment stable depuis le début de l’éruption. Voici une courte vidéo montrant l’événement du 9 février :
https://twitter.com/i/status/2021237013484315117

Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: Phivolcs

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Selon le SENAPRED et le SEGEMAR, une activité éruptive a été observée sur le Láscar (Chili) le 8 février 2026. Le réseau sismique a enregistré une hausse de l’activité volcano-tectonique, associée à la fracturation de roches. Un signal de tremor, lié à des mouvements de fluides, a été enregistré, ainsi qu’un panache de gaz et de cendres s’élevant à 1,1 km au-dessus du cratère. Malgré cette hausse d’activité, le niveau d’alerte demeure au Vert (niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).

Crédit photo: Wikipedia

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El Chichón (Mexique) est rarement mentionné dans les médias, bien qu’il soit toujours actif depuis sa dernière éruption en 1982. Aujourd’hui, l’UNAM indique qu’une activité hydrothermale persiste depuis mi-2025 sur ce volcan situé au nord du Chiapas. Cette activité se caractérise par une forte sismicité, des modifications physico-chimiques du lac de cratère et une augmentation des émissions de gaz. Cependant, aucune remontée de magma n’a été observée et les conditions actuelles ne laissent pas présager une éruption imminente. Aujourd’hui, l’activité diffère fondamentalement de la séquence éruptive de 1982 : aucune déformation, sismicité profonde, signature de gaz magmatique, caractéristiques d’une remontée de magma, n’ont été constatées. Les risques actuels se limitent à des phénomènes localisés, tels que l’exposition à des gaz toxiques et le risque d’explosions phréatiques à proximité du cratère.
Le niveau d’alerte d’El Chichón demeure Jaune (phase 1-2), indiquant une activité élevée mais non éruptive.
Source : Université nationale autonome du Mexique (UNAM).

Source : Smithsonian Institution

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En Sicile, les cratères sommitaux de l’Etna se contentent de dégazer.

Le Stromboli montre son activité strombolienne habituelle avec entre une dizaine et une vingtaine d’explosion d’intensité moyenne à faible au niveau des bouches éruptives des zones Nord et Centre-Sud.

Source : INGV.

Photo: C. Grandpey

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne est Orange pour le Sheveluch et Jaune pour le Krasheninnikov et le Bezymianny.

La croissance du dôme de lave se poursuit sur le Sheveluch. Ce processus s’accompagne d’importantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires montrent une anomalie thermique sur le volcan.

Le 5 février 2026, des explosions ont généré des panaches de cendres qui sont montés jusqu’à 9,8 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. Quelques heures plus tard, de nouvelles explosions ont généré un panache de cendres atteignant 9 km d’altitude. Quelques heures plus tard, le KVERT a abaissé la couleur de l’alerte aérienne à l’Orange en constatant l’absence de nouvelles émissions de cendres. Pourtant, de nouvelles explosions, avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 10 km, ont entraîné un nouveau passage de l’alerte aérienne au Rouge, puis à l’Orange. D’autres explosions se sont produites les jours suivants, avec des alternances entre le Rouge et l’Orange qui est la couleur du niveau d’alerte aérienne au moment de la diffusion de cette note.

Crédit photo: KVERT

L’éruption effusive du Krasheninnikov se poursuit. Des coulées de lave avancent le long du versant est du cône nord du volcan, et une émission de gaz et de vapeur est également observée à ce niveau. Les données satellitaires révèlent une importante anomalie thermique sur le volcan.

Une activité effusive se poursuit sur le Bezymianny. Elle s’accompagne d’importantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires révèlent une anomalie thermique sur le volcan.

Source : KVERT.

Activité éruptive sur le Bezymianny (Crédit photo: KVERT)

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Les observations satellitaires montrent que le volcan Big Ben sur l’île Heard (Océan Indien) reste actif, avec des coulées de lave encore observées fin janvier et février 2026. Le VAAC de Darwin a signalé que le panache de cendres a atteint 7,3 km d’altitude lors d’une brève éruption le 11 février 2026,. L’imagerie satellitaire révèle des anomalies thermiques persistantes et des coulées de lave sur plusieurs flancs. Cela confirme que le volcan demeure en phase effusive active.
L’éruption du 11 février s’est produite durant une période d’activité persistante. Des anomalies de température sont détectées au sommet et le long des flancs ouest et sud-ouest ; elles correspondent très probablement à des coulées de lave actives. D’autres anomalies, observées sur le flanc nord-est en février, ont été suivies de zones plus sombres de lave en cours de refroidissement.
L’activité éruptive du Big Ben est récurrente, avec des coulées de lave et des émissions de cendres intermittentes. Sa phase éruptive actuelle a débuté en septembre 2012 après quatre années de calme.
Source : VAAC de Darwin.

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L’éruption du Merapi (île de Java, Indonésie) se poursuit. Le dôme de lave sud-ouest produit des coulées pyroclastiques ou des avalanches de lave qui dévalent les pentes du volcan jusqu’à 1,8 km de distance. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à une distance minimale de 3 à 7 km du sommet, selon les endroits.

Source : CVGHM.

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Toujours en Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Semeru, avec des éruptions quotidiennes enregistrées par le réseau sismique. Des panaches de gaz et de cendres s’élèvent entre 300 et 1 000 mètres au-dessus du sommet. Des incandescences au sommet et sur le flanc sud-est sont parfois visibles sur les images des webcams. Le niveau d’alerte reste à 3 (niveau 2 sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à au moins 5 km du sommet et d’éviter toutes les ravines.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some information about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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13 February 2026 – 7 a.m. (Metropolitan France time) – 10 a.m. (local time): It does not come as a real surprise, as seismic activity had persisted since the end of the last eruption on January 20, 2026. It seemed clear that Piton de la Fournaise hadn’t had its last word. The volcano erupted again on Friday morning, February 13, 2026, as evidenced by images from the OVPF webcams. Lava flows and plumes of smoke were clearly visible from the Piton de Bert camera. The Observatory specifies that « following the seismic crisis that began at 9:25 a.m. local time on February 13, 2026, the volcanic tremor, indicative of magma reaching near the surface, has been recorded since approximately 10:00 a.m. »

According to the Observatory, « at least two eruptive fissures » opened on the upper part of the volcano’s summit. At the start of the eruption, the flow rate was approximately 60 cubic meters per second, according to satellite data.

According to the prefecture of Réunion, the eruption is taking place south of the Dolomieu crater. Access to the Enclos is, of course, prohibited. The préfet of Réunion has triggered the 2.1 ORSEC volcano alert.

Following the eruption of January 18-20, 2026, seismic activity beneath Piton de la Fournaise and the inflation of the volcano continued, as shown in the deformation graph above. These parameters indicated pressurization of the shallow magma supply system. In the end, magma was injected towards the surface, triggering the current eruption.

Clearly, the eruption took everyone by surprise, from the observatory to the hikers. According to Réunion la 1ère, at 10:00 AM on Friday, February 13, 2026, when Piton de la Fournaise erupted, several hikers were at the summit of the volcano and had to be evacuated by helicopter. A couple felt the warning signs of the eruption but were unable to interpret them. A loud bang accompanied the first lava fountains.

Activity appears to have declined significantly. It’s uncertain whether this second eruption of 2026 will last very long.

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1 p.m. (Metropolitan France time), 4 p.m. (local time): The OVPF has just released new information on the eruption. Four fissures have opened beneath the summit of the volcano. Since 3 p.m. (local time), eruptive activity has been primarily concentrated on fissure 4, with lava emissions still occurring at fissure 1. Fissures 2 and 3 are now inactive. At 1 p.m. (local time), the lava flow front was located at an altitude of approximately 1,500 meters.

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In Hawaii, Kilauea‘s 42nd eruptive episode is imminent as it is expected between February 14 and 17, 2026, according to the HVO forecast. Will it be as spectaculaar as the previous one ? Only Madame Pele has the answer.

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A series of pyroclastic hlows descended the Mi-isi Gully at Mayon (Philippines) on February 9, 2026, with the farthest runout reaching 4 km from the summit crater. The activity culminated in a seven-minute event that generated ash clouds exceeding 2 km in height and causing ashfall in several areas, during rainy conditions. The pyroclastic flows were generated by the collapse of lava accumulations near the summit crater and along active flow fronts. They occurred in two phases. At least 12 successive flows were recorded during yhe second one that lasted 7 minutes, according to seismic records.

Despite the intensity of the February 9 increased activity, the episode represents a brief intensification of unrest within otherwise near-steady eruptive conditions since the onset of eruption.

Here is a short video showing the eruptive event :

https://twitter.com/i/status/2021237013484315117

Source : PHIVOLCS.

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According to the SENAPRED and the SEGEMAR, eruptive activity was observed at Láscar (Chile) on 8 February 2026. The seismic network recorded increased volcano-tectonic activity associated with rock fracturing. A tremor signal, associated with fluid movement, was recorded along with a gas-and-ash plume that rose 1.1 km above the crater rim. Despite this increased activity, the Alert Level remains at Green (the lowest level on a four-color scale).

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El Chichon (Mexico) is not often mentioned in the news although the volcano has still been active sine its last eruption in 1982. Today, UNAM indicates that hydrothermal unrest at the volcano, located in northern Chiapas, has persisted since mid-2025, characterized by elevated seismicity, chemical-physical changes in the crater lake, and increased gas emissions. However, there is no evidence of magma ascent, and current conditions do not indicate an imminent eruption. The current unrest is fundamentally different from the 1982 eruptive sequence as no deformation, deep seismicity, and magmatic gas signatures typically associated with magma ascent are not observed. The current hazards are confined to localized phenomena, including toxic gas exposure and potential phreatic explosions near the crater.

El Chichon alert level remains Yellow, Phase 1–2 indicating elevated but non-eruptive activity.

Source : National Autonomous University of Mexico (UNAM).

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In Sicily, Mt Etna‘s summit craters are only releasing gas.
Stromboli is exhibiting its usual Strombolian activity, with between ten and twenty explosions of moderate to low intensity at the eruptive vents in the North and South-Central areas.
Source: INGV.

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In Kamchatka, the aviation color code is kept at Orange for Sheveluch and Yellow for Krasheninnikov and Bezymianny.

A growth of the lava dome continues on Sheveluch. This process is accompanied by powerful gas-steam emissions. Satellite data show a thermal anomaly on the volcano.

On 5 February 2026,explosions produced ash plumes that rose to 9.8 km above sea level. The aviation color code was raised to Red. A few hours later explosions generated an ash plume that rose to 9 km a.s.l. Some hours later, KVERT lowered the Aviation Color Code to Orange, noting that no new ash emissions were identified. New explosions with ash plumes rising up to 10 km caused the aviation color code to be raised again to Red before being lowered to Orange. More explosions occurred during the following days with the aviation color code geing raised to Red, then lowered to Orange where it is at the moment of this post.

The effusive eruption of Krasheninnikov continuesLava flows are travelling along the eastern slope of the Northern Cone of the volcano, and a gas-steam emission is observed at this cone. Satellite data show a large thermal anomaly on the volcano.

An effusive activity continues at Bezymianny. It is accompanied by powerful gas and steam emissions. Satellite data show a thermal anomaly on the volcano.

Source : KVERT.

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Satellite observations show that Heard Island’s Big Ben volcano (Indian Ocean) remains active, with lava flows detected through late January and February 2026. The Darwin VAAC reported that the ash plume from a brief eruption on February 11 2026 reached 7.3 km above sea level. Satellite imagery shows continued thermal anomalies and lava flows on several flanks, confirming the volcano remains in an active effusive phase.

The eruption occurred during a period of persistent activity at the volcano. Temperature anomalies are detected at the summit and along the western and south-western flanks ; they are interpreted as active lava flows. Additional anomalies on the north-eastern flank later in February were followed by darker cooling zones, consistent with recently emplaced lava.

Eruptive activity at Big Ben is recurrent, typically involving effusive lava flows and intermittent ash emissions every few years. Its current eruptive phase started in September 2012 after 4 years of quiescence.

Source : Darwin VAAC.

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The eruption at Merapi (on Java, Indonesia) continues. The SW lava dome produces pyroclastic flows or lava avalanches that descend drainages on the flanks of the volcano as far as1.8 km. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 3-7 km away from the summit, based on locations.

Source : CVGHM.

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Still in Indonesia, eruptive activity continues at Semeru, with daily eruptive events recorded by the seismic network. Gas and ash plumes rise 300-1,000 m above the summit. Incandescence at the summit and incandescent material on the SE flank is occasionally visible in webcam images. The Alert Level remains at 3 (level 2 on a scale of 1-4) and the public is asked to stay at least 5 km away from the summit, and to avoid all drainages

Source : CVGHM.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Le KVERT indique qu’un violent événement éruptif a eu lieu sur le Klyuchevskoy (Kamchatka) le 18 janvier 2021 avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 7,5 km au-dessus du niveau de la mer. Le village de Kozyrevsk a reçu des retombées de cendres dans les heures qui ont suivi l’éruption. La couche de cendre a atteint un centimètre d’épaisseur. Il semble que la couleur et la structure de cette cendre soient différentes de celles des éruptions précédentes. Des échantillons ont été envoyés à l’Institut de Volcanologie pour une analyse chimique.

Dans ses derniers rapports, le KVERT dit qu’une coulée de lave continue d’avancer le long du flanc sud du volcan. Les données satellitaires montrent une anomalie thermique significative dans une zone du volcan

Le niveau d’alerte est maintenu à Orange.

Vue des panaches de cendre du Klyuchevskoy le 24 janvier 2021 (Crédit photo : KVERT)

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Une hausse de la sismicité avec 22 événements entre M 3,4 et M 4,1 a été enregistrée à moins de 35 km d’El Chichon (région du Chiapas / Mexique) entre le 24 décembre 2020 et le 19 janvier 2021. Les hypocentres ont été localisés à des profondeurs comprises entre 3 et 83 km. Suite à la récente sismicité, de nouveaux instruments sont installés sur le volcan pour surveiller la sismicité et les émissions de gaz. Des échantillons d’eau de source sont collectés pour analyse chimique.

La dernière éruption d’El Chichon a eu lieu du 28 mars au 11 septembre 1982, avec un VEI 5. Elle a détruit le dôme de lave sommital et déclenché des coulées pyroclastiques qui ont dévasté une zone d’environ 8 km autour du volcan. L’éruption a creusé un nouveau cratère de 1 km de large et 300 mètres de profondeur qui contient aujourd’hui un lac acide

Source: Service national de sismologie du Mexique (SSN), Smithsonian Institution.

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Un essaim sismique avec plus de 68 événements a été enregistré près de Rotorua (Nouvelle-Zélande) le 24 janvier 2021, avec des magnitudes allant jusqu’à M 4,9 et à une profondeur de 5 km. De nombreux habitants ont déclaré avoir ressenti les secousses.

GeoNet a expliqué que des essaims sismiques sont fréquents dans la Zone Volcanique de Taupo, en particulier dans le secteur entre Rotorua et Taupo, qui est tectoniquement actif. Le dernier essaim sismique de cette magnitude dans la caldeira remonte à juillet 2004. L’épicentre était situé juste au nord, près du lac Rotoehu. En 1998, un autre essaim a été enregistré juste au sud du dernier événement. Il a duré un mois, tandis que la séquence de 2004 a duré un peu plus de trois semaines.

Source: New Zealand Herald.

Rotorua et sa region (Source: Google Maps)

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En Sicile, les caméras de surveillance continuent de montrer une activité strombolienne à partir d’au moins deux bouches sur le Cratère SE de l’Etna. Une activité strombolienne est également observée à l’intérieur du Cratère NE, de la Voragine et de la Bocca Nuova. Le tremor se maintient à un niveau relativement élevé.

L’INGV indique qu’au vu des caméras de surveillance la coulée de lave émise de la zone cratèrique Nord du Stromboli n’est plus alimentée. On observe maintenant une activité strombolienne normale à partir de trois ou quatre bouches dans la zone cratèrique Nord, avec une douzaine d’explosions chaque heure. L’activité dans la zone Centre-Sud semble réduite. L’ampleur du tremor volcanique, la fréquence et l’énergie des événements explosifs montrent un certaine stabilité. Les données de déformation ne montrent aucun changement significatif.

Le volcan est particulièrement actif en ce moment et la situation peut, bien sûr, évoluer rapidement.

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Plusieurs médias indiquent que le Merapi (Indonésie) a connu un épisode éruptif dans la matinée du 27 janvier 2021 avec plusieurs coulées pyroclastiques qui ont  parcouru environ 1 500 mètres sur le versant SO du volcan.. Ce sont les plus longues coulées observées sur le volcan depuis que les autorités ont relevé le niveau d’alerte en novembre 2020. Ce niveau d’alerte est maintenu à 3 (Siaga) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone de danger existante de 5 kilomètres autour du cratère.

Source: Médias d’information nationaux et internationaux.

Cette dernière séquence éruptive est provoquée par des effondrements du dôme sommital, déjà observés depuis plusieurs mois. Cela ne signifie pas forcément, comme on peut le lire parfois, que l’on se dirige vers une éruption majeure du Merapi.

Le Merapi le 27 janvier 2021 (Crédit photo : Slamet Riyadi)

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La situation reste relativement stable sur La Soufrière de St Vincent. Le dôme continue à croître lentement. Les scientifiques de la Univerity of the West Indies (UWI), épaulés par des collègues américains, continuent d’installer des instruments de surveillance sur le volcan. Les webcams en font partie, mais, autant que je sache, aucune d’elle de transmet des images à l’attention du public.

Le dernier bulletin à propos de La Soufrière indique que les scientifiques sont préoccupés par l’activité du dôme à proximité de la paroi intérieure sud du cratère. Une caméra a été installée au sommet pour suivre sa croissance et sa vitesse d’extrusion.

De plus, un miroir spécial a également été installé. A l’aide d’un faisceau de lumière, il permettra de faire des mesures précises. Les scientifiques sauront si le point où se trouve le miroir – sur le flanc sud du cratère – est en train de se déplacer. Si c’est le cas, cela signifie que le dôme exerce une pression sur le cratère, avec un possible danger d’effondrement.  .

Il y a actuellement pas mal de vapeur qui sort du cratère. Elle est probablement due au contact entre les sédiments et l’eau de pluie avec la roche très chaude du dôme.

Le niveau d’alerte du volcan reste à Orange.

Source : UWI, NEMO.

Source : UWI

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) continue dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave sort d’une bouche qui perce la paroi interne nord-ouest du cratère (voir photo ci-dessous). Le 25 janvier 2021, le lac de lave avait une profondeur d’environ 205 m et seule la partie ouest est actuellement active. Les émissions de SO2 restent élevées avec environ 2 200 tonnes par jour.

Les inclinomètres au sommet montrent une tendance déflationniste. Aucun magma ne migre actuellement vers les zones de rift du Kilauea.

Source: HVO.

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Here is some news of volcanic activity around the world :

KVERT indicates that a poweful eruptive event took place at Klyuchevskoy (Kamchatka) on January 18th, 2021 with ash plumes rising up to 7.5 km above sea level. The Kozyrevsk village received ashfall with a one-centimetre layer in the hours after the eruption. It seems the colour and structure of the ash is different, from the previous eruptions. Samples were sent to the Institute of Volcanology for chemical analysis.

In its latest reports, KVERT says a lava flow continues to travel along the southern flank of the volcano. Satellite data show a large bright thermal anomaly in an area of the volcano

The alert level is kept at Orange.

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An increase in seismicity with 22 events between M 3.4 and M 4.1 has been registered within 35 km of El Chichon (Chiapas region / Mexico) between December 24th, 2020 and January 19th, 2021. The hypocentres were located at depths between 3 and 83 km.

Following the recent seismicity, more instruments are being installed on the volcano to monitor seismicity and gas emissions. Spring water samples ae collected for chemical analysis.

The last eruption of El Chichon took place from March 28th to September 11th, 1982, with a VEI 5. It destroyed the summit lava dome and triggered pyroclastic flows that devastated an area as far as about 8 km around the volcano. The eruption created a new 1-km-wide, 300-metre-deep crater that now contains an acidic lake

Source : Mexico’s National Seismological Service (SSN), Smithsonian Institution.

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A seismic swarm with more than 68 events was recorded near Rotorua (New Zealand) on January 24th, 2021, with magnitudes up to M 4.9 and depth of 5 km. Many residents reported feeling the quakes.

GeoNet explained that seismic swarms are ofte recorded in the Taupo Volcanic Zone, especially in the area between Rotorua and Taupo, which is tectonically active. The last swarm with quakes of this size within the caldera was in July 2004. It was located just north near Lake Rotoehu. In 1998, another swarm occurred just to the south of the latest event. It lasted for a month, while the 2004 sequence lasted just over three weeks.

Source: New Zealand Herald.

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In Sicily, the monitoring cameras still show strombolian activity from at least two vents at Mt Etna’s SE Crater. Strombolian activity is also observed within The NE Crater, Voragine and Bocca Nuova. The tremor remains at a relatively high level.

INGV indicates that in view of surveillance cameras the lava flow emitted from Stromboli’s northern crater zone is no longer supplied. Normal Strombolian activity is now observed from three or four vents in the northern crater zone, with a dozen explosions every hour. Activity in the Center-South area appears to be reduced. The magnitude of the volcanic tremor, the frequency and the energy of the explosive events show a certain stability. The deformation data shows no significant change.

The volcano is particularly active these days and the situation can change quickly.  

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Several news media indicate that Mount Merapi (Indonesia) erupted in the morning of January 27th, 2021 with several pyroclastic flows that travelled about 1,500 metres down the SW slopes of the volcano (see photo above). They were the volcano’s longest flows since authorities raised the alert level in November 2020. The alert level is kept at 3 (Siaga) and people should stay out of the existing 5-kilometre danger zone around the crater.

Source: National and international news media.

The last eruptive episode was caused by collapses of the summit dome. Similar collapses were already observed in the past months and do not necessarily herald a major eruption of Mt Merapi, as can be read on the social networks.

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The situation remains relatively stable at St Vincent’s La Soufrière. The dome continues to grow slowly. Scientists from the University of the West Indies (UWI), supported by American colleagues, continue to install monitoring instruments on the volcano. Webcams are one of them, but as far as I know none of them sends images to the public’s attention.

The latest update about La Soufriere indicates that scientists are concerned about activity close to the southern crater wall inside the crater. A camera has been installed at the summit to track the growth of the dome and its extrusion rate.

In addition, a special mirror was also installed. With a beam of light from the flanks, it will allow to make accurate measurements. Thus, the scientists will know if the point where the mirror is – on the southern crater flank – is moving. If so, this would mean the dome is pressing against the crater, with a possible collapse hazard. .

There is currently quite a lot of steam coming out of the crater. It is probably dur to the contact between the sediment and water due to rainfall and the hot rock of the dome.

The volcanic alert level remains at Orange.

Source: UWI, NEMO.

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 Kilauea (Hawaii) continues to erupt within Halema’uma’u Crater. Lava is coming out of a vent on the northwest side of the crater (see photo below). On January 25th, 2021, the lava lake was about 205 m deep and only the western half is currently active.

SO2 emission rates remain elevated at about 2,200 tons per day. .

The summit tiltmeters show a deflationary trend. No magma is currently moving into Kilauea’s rift zones.

Source: HVO.

Photo prise le 21 janvier 2021 depuis la lèvre sud de la caldeira sommitale du Kilauea. Elle montre la bouche active mentionnée ci-dessus. Cette bouche alimente le lac de lave. (Crédit photo: USGS).

La photo montre aussi qu’il ne s’agit pas d’un véritable de lave comme celui qui s’agitait dans le cratère de l’Halema’uma’u au cours de la dernière éruption du Kilauea , ou encore das les cratères du Nyiragongo ou de l’Erta Ale. Ici, l’image montre qu’il s’agit davantage d’un épanchement de lava alimentée par une bouche sur la paroi interne du cratère. Cette lave émise s’accumule ensuite dans la cratère mais ne présente pas les mouvements de convection que l’on voit habituellement dans les vrais lacs de lave. Pour qu’un tel lac naisse dans l’Halema’umau’, il faudrait que le niveau de la lave dans le cratère dépasse en hauteur la bouche qui l’émet. Peut-être qu’à ce moment-là, le lac prendra une autre allure…

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Photo taken on January 21st, 2021 from the southern rim of the Kilauea summit caldera. It shows the active vent mentioned above. This vent feeds the lava lake. (Photo credit: USGS).

The photo also shows that it is not a real lava like the one that stirred in Halama’uma’u Crater during the last Kilauea eruption, or even in the craters of Nyiragongo or Erta Ale. Here, the image shows that it is more of an effusion of lava fed through a vent on the inner wall of the crater. This emitted lava then accumulates in the crater but does not exhibit the convection motions usually seen in real lava lakes. For such a lake to appear in Halema’umau ’, the level of the lava in the crater would have to rise above the emitting vent. The lake might then assume on a different aspect …

El Chichon (Mexique) a-t-il provoqué aussi l’ « Age des Ténèbres » ? // Did El Chichon also trigger the « Dark Ages » ?

drapeau-francaisDans ma note précédente, j’ai expliqué qu’une éruption du volcan El Chichon (Mexique) en l’an 540 de notre ère a pu contribuer à l’effondrement de la civilisation maya. Un pic de soufre dans des carottes glace prélevées aux pôles indique qu’il y a deux signatures éruptives très proches l’une de l’autre, respectivement en 536 et en 540. Par ailleurs, les analyses de cernes d’arbres en Europe du Nord révèlent un très fort refroidissement du climat.
Dans une étude publiée dans la revue Climate Change, un chercheur allemand au Centre GEOMAR pour la Recherche Océanique à Kiel pense que les deux éruptions – en 536 et 540 – « représentent probablement l’événement volcanique qui a le plus affecté le climat de l’hémisphère nord au cours des 1500 dernières années. » Comme je l’ai écrit auparavant, l’impact combiné des deux éruptions a fait chuter la température de deux degrés Celsius au cours de ce qui fut probablement la décennie la plus froide des deux derniers millénaires.
Cette baisse soudaine de la température, causée par l’écran des particules de soufre dans la stratosphère, a eu un impact dévastateur sur l’agriculture, avec une famine dans une grande partie de l’Europe et même au-delà. La première épidémie de peste sur le continent a eu lieu un an après la deuxième éruption, mais on ne sait pas si l’hiver volcanique a joué un rôle direct dans la propagation de la maladie. A une plus grande échelle, la double éruption a marqué la transition entre les dernières années de l’Antiquité et l’ « Age des Ténèbres », période agitée qui s’étire entre la chute de Rome en 476 et la renaissance carolingienne des 8ème et 9ème siècles.
Source: Phys.org (http://phys.org/)

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drapeau-anglaisIn my preceding note, I explained that an eruption of El Chichon volcano (Mexico) in 540 may have contributed to the collapse of the Mayan civilisation. A sulphur spike in ice core records from the poles indicates there are two closely spaced signatures in the ice record, with the first one occurring in AD 536 and another one in AD 540. Besides, tree ring data in northern Europe from this time indicates there was very strong cooling.

In a study released in the journal Climate Change, a German researcher at the GEOMAR Helmholtz Centre for Ocean Research in Kiel thinks that the two eruptions – in 536 and 540 – « were likely the most powerful volcanic event affecting the northern hemisphere climate over at least the past 1,500 years. »  As I put it before, their combined impact lowered temperatures by two degree Celsius during what is probably the coldest decade in the last two millennia.

This sudden drop, caused by a sun-blocking blanket of sulphur particles in the stratosphere, had a devastating impact on agriculture, provoking famine throughout much of Europe and beyond. The continent’s first pandemic plague occurred one year after the second blast, though it is not known whether the volcanic winter played a direct role in the disease’s spread. More broadly, the twin blasts marked the pivot between the waning years of Antiquity and the prolonged period of social decline and turmoil known as the Dark Ages.

Source : Phys.org (http://phys.org/)

El_Chichón

El Chichon après la dernière éruption de 1982 (Crédit photo: Wikipedia)

El Chichon (Mexique) cause de l’effondrement de la civilisation maya ? // Did El Chichon (Mexico) cause the collapse of the Maya civilisation ?

drapeau-francaisLa civilisation maya est l’une des plus anciennes d’Amérique, avec des origines remontant à la préhistoire. Les implantations mayas des Basses-Terres du sud, telles que Copán, Tikal ou Palenque, connurent leur niveau de développement le plus élevé à la période classique, entre le 6ème et le 9ème siècle de notre ère, avant d’être rapidement abandonnées entre la fin du 8ème et du 9ème siècle.

La cause du dépeuplement quasi total des puissantes cités mayas à l’aube du 9ème siècle reste mal connue. Des hypothèses ont été avancées pour expliquer la chute brutale de la civilisation maya, mais les spécialistes ne sont toujours pas d’accord sur les causes d’un bouleversement aussi radical. Guerres, désastres écologiques, famines ou une combinaison de ces facteurs sont les raisons généralement avancées pour expliquer ce déclin.

Aujourd’hui, les scientifiques pensent que l’on peut établir un lien entre la chute de la civilisation maya au 6ème siècle et une éruption du volcan El Chichon au Mexique. Une équipe néerlandaise a étudié des dépôts de cendre et découvert que l’âge des matériaux correspond au « hiatus » de la civilisation maya. C’est une époque où cette population très évoluée d’Amérique centrale a connu des bouleversements culturels et une instabilité politique. En particulier, les Mayas ont abandonné les Basses Terres auxquelles ils étaient très attachés.
Une importante trace de soufre dans les carottes de glace prélevées aux pôles indique qu’il y a eu une éruption majeure quelque part sur Terre en l’an 540, juste au début du « hiatus » de plusieurs décennies qui a fait s’effondrer la civilisation maya. Cet événement a été probablement important car il a laissé une signature bien marquée dans les couches de glace et a très vraisemblablement eu un impact climatique à l’échelle mondiale, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement dans la région de l’éruption.
Les recherches actuelles se concentrent sur les retombées de cendre qui ont affecté les Basses Terres mayas. Il se pourrait que ces téphra soient reliés chimiquement à El Chichon. Des échantillons ont été prélevés dans le lac Tuspan et le delta Usumacinta-Grijavala sur la côte mexicaine. L’utilisation de plusieurs techniques, pas seulement la datation par le Carbone 14, a permis de déterminer l’âge des chutes de cendre qui se situerait autour de l’an 540.
Pour savoir si El Chichon est vraiment à l’origine du soufre détecté dans les carottes de glace, il faudrait une analyse chimique qui n’a pas encore été effectuée. La seule chose dont on est à peu près sûr pour le moment, c’est que l’événement s’est probablement déroulé sous les tropiques.

Il y a en fait deux signatures très proches l’une de l’autre dans les carottes de glace, avec un second événement qui se serait produit en l’an 536. Cet événement pourrait être une éruption quelque part en Amérique du Nord, peut-être l’Alaska. Les données fournies par les cernes d’arbres en Europe du Nord à cette époque révèlent un très fort refroidissement, phénomène qui se produit en général quand de grands volumes d’aérosols sulfatés sont dispersés à travers le monde. Les simulations font ressortir un abaissement de deux degrés de la température moyenne pendant l’été dans toute l’Europe du Nord. Des preuves archéologiques et d’autres informations montrent aussi des perturbations sociales suite à une série de mauvaises récoltes et des épidémies de peste.
Si l’on considère ces deux éruptions ensemble et si l’on examine leur impact sur une période de 10 ans, en se concentrant sur l’hémisphère Nord, on constate que ce double événement volcanique est certainement celui qui a le plus perturbé le climat pendant les 1200, voire 2000, dernières années.

Reste à savoir si ce double événement volcanique a entraîné la disparition de la civilisation maya…
Source: BBC Nouvelles: http://www.bbc.com/news

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drapeau-anglaisThe Maya civilisation is one of the oldest in America, with origins dating back to prehistoric times. Maya settlements in the Southern Lowlands, such as Copán, Tikal and Palenque, reached their highest level of development in the classical period between the 6th and 9th century AD, before being quickly abandoned between late 8th and 9th century.
The cause of the almost total depopulation of powerful Maya cities at the dawn of the 9th century remains unclear. Hypotheses have been advanced to explain the sudden fall of the Maya civilization, but experts still do not agree on the causes of such a radical upheaval. Wars, ecological disasters, famine or a combination of these factors are usually cited as reasons for the decline.

Scientists think they can now tie the disruption that hit the Maya civilisation in the 6th century to an eruption of the El Chichon volcano in Mexico. A Dutch team has investigated ashfall deposits, finding the age of the materials to be a good match for the so-called Mayan « hiatus ». This was a time when the sophisticated Central Americans experienced cultural upheaval and political instability. They also abandoned many of their favoured lowland sites.

A sulphur spike in ice core records from the poles indicates there was a big eruption somewhere on Earth in AD 540, right at the start of the multi-decade hiatus. It must have been a major event to have left such a distinctive signature in the frozen layers, and very likely led to global climate impacts and severe environmental degradation in the region of the blast.

Current research is centered on ashfall dispersed across what were the Mayan lowlands. This tephra can be connected chemically to El Chichon. Samples have been collected from Lake Tuspan and the Usumacinta-Grijavala delta on the Mexican coast. Using multiple techniques, not just radiocarbon, the ages of the ash fall has been found to be around AD 540.

Whether El Chichon really is the source of the sulphur seen in the ice cores would require a chemical analysis that has yet to be done. The best one can say at the moment is that the event was probably located in the tropics.

There are actually two closely spaced signatures in the ice record, with the second occurring in AD 536. This event could be an eruption somewhere in North America, perhaps Alaska. Tree ring data in northern Europe from this time indicates there was very strong cooling – something you might expect if large volumes of sulphate aerosols were dispersed across the globe. The simulations suggest there was a reduction of two degrees in average summer temperatures across Northern Europe. Archaeological evidence and other information also speak to societal disruption, such as a run of poor harvests and outbreaks of plague.

If one takes these two eruptions together and look at their impact over a 10-year period, focusing on the Northern Hemisphere, then this double event would have been clearly the strongest volcanic forcer of climate of at least the last 1,200 years, probably more like 2,000 years.

The point is to know whether this double volcanic event really led to the disappearance of the Maya civilisation…

Source: BBC News: http://www.bbc.com/news

El Chichon

El Chichon vu depuis l’espace en 1986 (Crédit photo: NASA)

Tikal 01

Tikal 02

Vues du site maya de Tikal au Guatemala (Photos: C. Grandpey)