Les dangers des deltas de lave // The dangers of lava deltas

drapeau-francaisA Hawaii, la coulée 61g de lave reste active et continue à entrer dans l’océan. Pélé, la déesse du feu, a donc retrouvé sa soeur, Na Maka, la déesse de la mer. Au moment où elle tombe du haut de la falaise pour atteindre la mer, la coulée à une vingtaine de mètres de large. Un autre bras de lave avance également le long de la bordure ouest de la coulée principale. En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir une vidéo tournée par l’agence Paradise Helicopters :
https://youtu.be/xf_rUnmU78o

Chaque jour, des centaines de touristes (ils étaient 2000 dans la soirée de lundi dernier!) vont à pied ou en bateau admirer le mariage de la lave et de l’eau. Quelques-uns s’approchent très près de la coulée tandis que d’autres gardent leurs distances. Le HVO rappelle que lorsque la lave entre dans l’océan pendant des périodes prolongées – ce qui contribue à l’agrandissement de la Grande Ile – le phénomène comporte de nombreux risques.
Il existe quatre risques principaux associés aux entrées de lave dans l’océan :

1) L’effondrement brutal de la banquette formée par accumulation de la nouvelle lave,

2) Les explosions déclenchées par cet effondrement,

3) Les vagues d’eau à très haute température qui viennent frapper le rivage,

4) Le panache de vapeurs acides (acide chlorhydrique en particulier) et de minuscules particules de lave entraînées par le vent au-delà du point d’entrée.
Les trois premiers dangers peuvent être mortels ou causer des blessures graves. Le quatrième peut provoquer des difficultés respiratoires, en particulier chez les personnes souffrant déjà de maladies respiratoires. En effet, l’inhalation ou le contact avec les gaz et les vapeur acides contenus dans le panache peut irriter la peau, les yeux et les voies respiratoires.
La lave qui pénètre dans l’océan se refroidit rapidement et se fractionne en une multitude de fragments qui s’accumulent sur le plancher océanique où ils construisent une base instable sur laquelle les nouvelles coulées de lave viennent se superposer. Cette nouvelle terre s’appelle un delta de lave. Au fur et à mesure que ces deltas de lave s’agrandissent, ils tendent à s’affaisser sous le poids de la nouvelle lave qui les recouvre jour après jour. Lorsque les matériaux sous-jacents ne peuvent plus supporter la masse de plus en plus lourde du delta, ou à cause d’un glissement de terrain sous la surface de l’océan, le delta s’effondre.
Au cours de l’effondrement, la lave vient instantanément en contact avec l’eau de mer. Au contact de cette lave dont la température est supérieure à 1100°C, l’eau de mer vaporise instantanément, ce qui déclenche de puissantes explosions avec projections de matériaux incandescents. Certaines de ces explosions peuvent projeter des blocs de près d’un mètre de diamètre jusqu’à 300 mètres à l’intérieur des terres. Pendant un important effondrement du delta en 1993, et malgré une interdiction d’accès du site par le Parc des Volcans, un photographe a été emporté par la mer. Plus d’une douzaine d’autres personnes ont été blessées alors qu’elles tentaient de fuir.
De grandes vagues peuvent déferler sur le rivage, à cause de la houle normale, ou suite à l’effondrement soudain d’un delta de lave, avec des projections d’eau bouillante sur le delta de lave et à proximité. Des personnes qui se trouvaient dans cette zone ont reçu des brûlures au deuxième degré. En 2000, la mort de deux personnes gravement brûlées qui se trouvaient près d’une entrée de lave dans l’océan a été causée par l’inhalation de vapeurs acides.
La meilleure façon d’éviter ces dangers est de ne jamais aller s’aventurer sur un delta de lave actif et, lorsqu’un nouveau delta de lave avance de quelques dizaines de mètres au-delà de la falaise côtière, il est recommandé de rester au moins à 400 mètres de l’endroit où la lave entre dans la mer. De petits fragments de roche peuvent tomber au-delà de cette distance lors de grandes explosions déclenchées par l’effondrement d’un delta de lave.

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drapeau-anglaisAt Hawaii, the 61g lava flow remains active and is still entering the ocean. Pele, the Goddess of Fire, has once again reunited with her sister, Na Maka, the Goddess of the Sea. The flow is about 20 metres wide where it spills over the sea cliff. Another narrow lobe of the flow has advanced along the west margin of the main flow. By clicking on this link, you will see a Paradise Helicopters video showing the lava flow:

https://youtu.be/xf_rUnmU78o

Dozens of visitors (they were 2,000 last Monday in the evening!) made their way on foot and by boat to watch lava interacting with the Pacific Ocean. Some stood directly over the main breakout feeding lava into the water while others kept their distance. HVO reminds people they should keep in mind that when lava enters the ocean for sustained periods of time, the island-building activity creates a unique set of hazards.

Four main dangers associated with lava flowing into the ocean include 1) the sudden collapse of new land and adjacent sea cliffs into the ocean, 2) explosions triggered by the collapse, 3) waves of scalding hot water washing onshore, and 4) a steam plume that rains hydrochloric acid and tiny volcanic glass particles downwind from the entry point.

The first three of these dangers can be deadly or cause serious injury. The fourth can cause breathing difficulties, particularly for people with pre-existing respiratory diseases. This is because inhaling or contacting the acid gases and liquids in the plume can irritate skin, eyes, and respiratory tracts.

Lava streaming into the ocean cools rapidly and shatters into sand-sized and larger angular fragments that accumulate on the steep submarine slope where they build an unstable foundation upon which lava flows can spread above sea level. This new land is called a lava delta. As lava deltas grow seaward and along the shoreline, they slowly settle or sink as the loose debris shifts under the weight of the overlying lava flows. When the underlying debris can no longer support a delta’s growing mass, or is undercut by a deeper submarine landslide, the delta collapses into the ocean.

During a collapse, the lava flow instantly comes into contact with seawater. With temperatures higher than 1,100 degrees Celsius, active lava causes seawater to flash to steam, which triggers an explosive blast of rocks, steam, and molten lava fragments into the air. The largest of these explosions have hurled rocks nearly a metre in size as far as about 300 metres inland from the collapsed delta. During a large delta collapse in 1993, and despite a well-posted closure in Hawaii Volcanoes National Park, a photographer was swept out to sea. More than a dozen other people were also injured when they attempted to flee the hot rocks and lava fragments hurled onshore.

Unexpected large waves produced by normal ocean swells or sudden collapse of an active lava delta can send scalding hot water crashing onto shore, both inland and adjacent to lava deltas. People standing in these areas have received second-degree burns from the hot water swept onshore. In 2000, the deaths of two severely burned individuals found near an active coastal lava flow were caused by the inhalation of acidic steam from the ocean entry.

The best way to avoid these hazards is to never walk onto an active lava delta, and, once a new lava delta extends a few tens of metres from the old sea cliff, stay at least 400 metres away from where lava enters the sea. Small rock fragments can even fall beyond this distance during large explosions triggered by lava delta collapse.

Delta lave

Delta de lave et coulée active à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

 

Spectaculaire glissement de terrain dans le Parc National de Glacier Bay (Alaska) // Massive landslide in Glacier Bay National Park (Alaska)

drapeau francaisUn spectaculaire glissement de terrain s’est produit dans le Glacier Bay National Park en Alaska le 28 juin 2016, avec l’effondrement du pan d’une montagne haute de 1200 mètres. Les débris se sont étalés sur plusieurs kilomètres à la surface du glacier Lamplugh. A noter que ce glacier présente une longueur de 13 km et avance à une vitesse moyenne de 300 mètres par an. Son front a une cinquantaine de mètres de hauteur et l’eau y sculpte des grottes (voir image ci-dessous). Le glacier Lamplugh se termine dans le Johns Hopkins Inlet, petit fjord qui est une destination très prisée des navires de croisière. Un effondrement semblable en 2015 avait fini sa course dans le Taan Fiord, provoquant un important tsunami. Des événements tels que celui du 28 juin se produisent trois à cinq fois par an dans le monde, en particulier dans le SE de l’Alaska.

Une première analyse du glissement de Glacier Bay – qui a déclenché un séisme local de M 5.2 – laisse supposer que l’événement a commencé à 8h21 (heure locale) le 28 juin quand une paroi rocheuse d’une surface estimée à environ 1,3 kilomètres carrés s’est effondrée dans la partie haute de la montagne. Une fois sur le glacier Lamplugh Glacier, les matériaux ont continué à glisser, emportant avec eux  la glace et la neige. Un pilote, avec lequel j’ai déjà fait plusieurs survols de la région, a atterri près de l’extrémité de l’éboulement, à environ 10 km du site de l’effondrement. Il a indiqué que l’épaisseur des matériaux atteignait environ 4 mètres. Leur poids global est estimé à environ 120 millions de tonnes.
Lorsque les scientifiques ont regardé de plus près les images du Lamplugh Glacier et les parois des montagnes qui entourent cette partie de Glacier Bay, ils ont remarqué des signes d’autres glissements de terrain dans la région. Ces signes sont visibles dans le Taan Fiord. Si un tel événement se produisait un peu plus loin, près du front de vêlage, ce serait sûrement un problème pour les bateaux de croisière qui transportent des touristes dans ce secteur.
Les scientifiques ne savent pas trop ce qui déclenche ces glissements de terrain spectaculaires. Les statistiques montrent qu’ils se produisent davantage pendant les mois les plus chauds. Il se peut donc qu’ils soient liés au réchauffement de la température ou à l’eau de fonte. Ce sont quelques-unes des hypothèses que les chercheurs devront prendre en compte au cours de leur travail dans le Taan Fiord cette année. Ils ont déjà étudié la géologie du fjord et la ligne le long de laquelle la vague du tsunami a renversé les arbres comme des allumettes. Ils recherchent d’autres aspects du phénomène, comme les types de sédiments transportés par la vague et l’influence de la forme du fjord en dessous de la ligne d’eau
Glacier Bay a connu d’autres glissements de terrain spectaculaires, dont un en 2014 sur le Johns Hopkins Glacier. Selon les archives de l’USGS, un puissant séisme en 1958 a déclenché un glissement de terrain dans Lituya Bay, sur la côte. Il a généré un tsunami qui a tué deux personnes qui se trouvaient dans un bateau de pêche. En cliquant sur ce lien, vous trouverez un document du National Geographic qui explique cet événement: https://www.youtube.com/watch?v=domVjFgSGqM
Sources: Alaska Dispatch News & Lamont-Doherty Earth Observatory.

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drapeau anglaisA massive landslide hit Alaska’s Glacier Bay National Park on June 28th 2016, when a 1,200-metre-high mountain collapsed. The event spread debris over kilometres across the Lamplugh glacier below. The glacier is 13 km long and moves forward at an average rate of 300 metres per year. Its front is about 50 metres high and the water carves caves in it (see image below). The Lamplugh glacier ends in Johns Hopkins Inlet, a popular tourist stop for cruise ships. A similar sized event in 2015 landed directly in Alaska’s remote Taan Fiord, creating a massive tsunami wave. Events such as the last one happen three to five times per year around the world, and Southeast Alaska is the global hotspot.

The preliminary analysis of the Glacier Bay landslide, which triggered an M 5.2 local earthquake, suggests the collapse started at 08:21 (local time) on June 28th when a rock face estimated to have been about 1.3 square kilometres in size collapsed on a high, steep slope. Once it hit the ice of Lamplugh Glacier, the debris kept sliding, pushing up snow and ice as it moved. A pilot, with whom I flew several times in Alaska, landed near the end of the landslide, about 10 km from the collapse site. He found that the thickness of the debris there was about 4 metres. The weight of the landslide is estimated at about 120 million tons.

As the scientists zoomed in on images of Lamplugh Glacier and the inlet walls around Glacier Bay, they pointed out signs of past landslides there. Such signs were detected at Taan Fiord too. They noticed that if such an event happened a bit further over, near the calving front, that would be a very bad thing as cruise ships bring tourists in that part of the inlet.

What triggers giant landslides often isn’t clear. Statistics show there tend to be more in warmer months, which may be related to warming temperatures or meltwater. Those are some of the questions scientists hope to start answering through their work in Taan Fiord this year. The scientists have been studying the geology of the fiord and measuring the trim line along the edges where the tsunami wave stripped away the trees and scattered them like match sticks. They are looking at other aspects, including the types of sediment carried by the tsunami wave and the influence of the shape of the fiord below the water line

Glacier Bay has had other spectacular landslides, including one in 2014 on Johns Hopkins Glacier. According to USGS reports, a large earthquake in 1958 triggered a landslide in Lituya Bay, on the coast, which generated a tsunami that killed two people in a fishing boat. By clicking on this link, you will find a National Geographic document explaining this event: https://www.youtube.com/watch?v=domVjFgSGqM

Sources: Alaska Dispatch News & Lamont-Doherty Earth Observatory.

Lamplugh collapse

Crédit photo: Paul Swanstrom, remarquable pilote, que je salue ici.

Lamplugh collapse 2

Grotte dans le front du Lamplugh Glacier (Photo: C. Grandpey)

 

 

 

 

Nouveaux effondrements spectaculaires dans l’Halema’uma’u (Hawaii) // New dramatic collapses within Halema’uma’u (Hawaii)

drapeau-francaisDes effondrements des parois du pit crater dans le cratère de l’Halema’uma’u ont provoqué des explosions spectaculaires les 2 et 4 janvier 2016.
Le Kilauea connaît en ce moment un épisode de gonflement et le niveau du lac de lave se trouve à seulement une trentaine de mètres sous la lèvre du pit crater.
L’événement de samedi a été saisi par l’une des caméras de l’observatoire à 14h17 :
http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1275.mov

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drapeau-anglaisRockfalls into the Halema’uma’u pit crater triggered dramatic explosions on January 2nd and January 4th.
The volcano is going through a period of inflation and the summit lake rose to about 30 metres below the crater floor.
The Saturday event was captured by an observatory webcamera at 2:17 p.m.
http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1275.mov

Une vidéo glaciaire spectaculaire // A dramatic video of a glacier

drapeau francaisQuand les glaciers finissent leur course dans la mer, il arrive que de gros blocs se détachent de leur front, généralement sous l’effet de la poussée de la rivière de glace en amont, et pas forcément à cause du réchauffement climatique, même si les deux phénomènes sont parfois liés, comme en Alaska. Le phénomène vient de se produire sur le glacier Svínafellsjökull dans le sud de l’Islande. Voici un lien vers une vidéo spectaculaire.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=IRlNHg64EW8

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drapeau-anglaisWhen glaciers travel as far as the sea, chunks of ice may break off into the water. Usually, the phenomenon is caused by the push of the ice and is not the result of global warming, although the two factors may often be associated. This is what happened a few days ago at Svínafellsjökull glacier in South Iceland. Here is the link to a dramatic video.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=IRlNHg64EW8

Gla 14

Effondrement sur le front du Columbia Glacier en Alaska (Photo: C. Grandpey)