La Soufrière de St Vincent : activité éruptive et désastre économique // St Vincent’s La Soufriere: eruptive activity and economic disaster

Dans sa dernière mise à jour du 22 avril 2021, l’UWI indique que l’activité sismique à La Soufrière de St Vincent continue en suivant le schéma observé après l’activité explosive du 18 avril. De petits séismes longue période et hybrides continuent d’être enregistrés, avec une fréquence en hausse progressive. Un épisode de tremor de forte intensité, généré par une activité explosive, a commencé à 11h09 le 22 avril et a duré une vingtaine de minutes. Un panache vertical s’est élevé lentement au-dessus du cratère pour finalement atteindre une hauteur d’environ 8 km. Au cours de la phase initiale de l’éruption, une coulée pyroclastique a été observée le long du flanc ouest du volcan. Le tremor a continué en décroissant pendant les deux heures suivantes alors que La Soufrière continuait à émettre des panaches de cendre.

Depuis la dépressurisation observée immédiatement après la phase explosive du 9 avril, le réseau GPS enregistre une diminution des déplacements horizontaux et verticaux de l’édifice volcanique.

L’activité sismique des derniers jours est typique de la croissance et de la destruction des dômes de lave. Des explosions accompagnées de retombées de cendres peuvent se produire sans prévenir.

Source: UWI.

L’éruption de la Soufrière est une catastrophe économique pour l’île de St Vincent et les Grenadines. Elle pourrait coûter à cette nation des Caraïbes orientales 50% de son produit intérieur brut et obliger le gouvernement à s’endetter encore davantage. Le ministre des Finances a déclaré que «les dégâts au nord de l’île tiennent de l’apocalyptique». Une grande partie des dégâts concernent la ceinture agricole. Il faut garder à l’esprit que l’agriculture représente environ 15% de l’économie de St Vincent et est l’un de ses plus gros employeurs.

Selon les premières estimations, les zones les plus proches du volcan ont perdu 100% de leurs cultures maraîchères, 90% de leurs cultures arboricoles et 80% des légumes racines. Cela signifie que la majeure partie de l’agriculture a été anéantie sur l’île.

L’éruption a anéanti le bétail de Saint-Vincent. Il y a des carcasses d’animaux partout dans la zone rouge. Le bétail laissé en liberté est désormais sans fourrage car les cendres et la poussière ont totalement détruit leurs pâturages. Le ministère de l’Agriculture apporte de l’eau et de la nourriture aux animaux qui ont survécu à la catastrophe. Une grande partie du bétail sans surveillance, en particulier les moutons, se nourrissent de végétation recouverte de cendres, ce qui entraînera des problèmes de santé dans les prochains jours, même si les effets ne sont pas immédiatement visibles.

Il est encore difficile d’établir le bilan économique de l’éruption de La Soufrière, mais le ministre des Finances estime que le volcan a causé 150 millions de dollars de dégâts aux infrastructures et 150 millions de dollars de pertes dans l’agriculture et le logement. En outre, il faudra entre 20 et 30 millions de dollars pour nettoyer les îles et environ 15 millions de dollars par mois pour nourrir et héberger les personnes évacuées.

Pour couronner le tout, le volcan reste actif et menaçant. La dernière éruption de La Soufrière, en 1979, a duré quatre mois. Auparavant, en 1902, l’éruption avait duré un an. Le gouvernement dispose d’environ 30 à 35 millions de dollars dans un fonds d’urgence, ce qui couvrira environ deux mois de coûts humanitaires. L’éruption survient alors que l’économie était déjà affectée par la pandémie de Covid-19 et que le ratio dette / PIB est de 81%, le troisième plus élevé des Caraïbes orientales.

L’ONU a lancé une campagne de collecte de fonds et Saint-Vincent a sollicité l’appui des pays amis, mais le Ministre des finances explique qu’il faudra procéder à davantage d’emprunts. « Il ne fait aucun doute que notre dette va augmenter au fur et à mesure que nous essaierons  de nous reconstruire et de nous remettre de cette catastrophe. Nous avons besoin que nos amis nous soutiennent en ce moment. »

Parmi ces amis, il semble que la Grande-Bretagne tarde à venir en aide à St Vincent. Un article publié dans la presse locale est intitulé «La Grande-Bretagne laisse à nouveau St Vincent se débrouiller seule après une éruption volcanique». St Vincent est une ancienne colonie britannique et membre actuel du Commonwealth. L’auteur de l’article écrit: «Les gens de St Vincent ont besoin d’aide. Pourquoi n’arrive-t-elle pas? De nombreux habitants de Saint-Vincent-et-les Grenadines sont allés en Grande-Bretagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour aider à la reconstruction. Il est déplorable qu’il ait fallu un message de soutien de la reine la semaine dernière pour faire prendre conscience aux gens e la gravité de la situation, décrite par l’ONU comme une crise humanitaire qui ne fait que commencer. Il y a beaucoup de parents terrifiés qui versent des larmes d’impuissance face au désastre et au manque de soutien de [la Grande-Bretagne]. Une fois de plus, ils doivent se débrouiller seuls.»

Source: Yahoo News.

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In its latest update of April 22nd, 2021, UWI indicates that seismic activity at La Soufrière Volcano continues the pattern established after the explosive activity on April 18th. Small long-period and hybrid earthquakes continue to be recorded, with their rate of occurrence gradually increasing.

High-level seismic tremor started at 11:09 am on April 22nd, generated by explosive activity, and lasted for about 20 minutes. A vertical explosive eruption plume rose slowly above the crater eventually reaching a height of about 8 km. During the initial stages of the explosion, a pyroclastic flow was seen moving down the western flank of the volcano. Tremor continued, at a lower level, for the next two hours as La Soufrière continued to vent ash.

Since the initial depressurization noted immediately after the April 9th explosive phase, the continuous GPS network has recorded a decrease in the overall rates of horizontal and vertical movement.

The pattern of seismic activity over the last few days is typical of the growth and destruction of lava domes. Explosions with accompanying ashfall, of similar or larger magnitude, can occur with little or no warning.

Source : UWI.

The eruption of La Soufriere is an economic disaster for the island of St Vincent and the Grenadines. It could cost the Eastern Caribbean nation 50% of its gross domestic product and force the government back to the debt market. The Finance Minister has said that “the damage on the north of the island is bordering on apocalyptic.”

Much of the destruction has been concentrated in the farming belt. One should keep in mind that agriculture represents about 15% of the economy of St Vincent and is one of its largest employers.

According to preliminary estimates, the areas nearest the volcano lost 100% of their vegetable crops, 90% of their tree crops and 80% of their root crops. This means that most of the agriculture has been wiped out on the island.

The eruption has devastated St Vincent’s livestock. Animal carcasses are everywhere in the Red Zone. Livestock left to roam freely is now without forage as the ash and dust have totally destroyed their pastures. The Ministry of Agriculture is bringing water and feed to the animals that have survived the disaster. Many of the unattended livestock, particularly sheep, which graze forage all the way to the ground, are feeding on ash-covered material, which will cause future health problems even if the effects are not immediately visible.

The true economic toll of La Soufriere remains unclear, but the Finance Minister estimates the volcano caused $150 million in infrastructure damage and $150 million in agriculture and housing losses. In addition, it will require $20 million to $30 million to clean up the islands and about $15 million per month to feed and house evacuees.

Complicating the calculation is that the volcano remains dangerously active. The last time La Soufriere erupted, in 1979, activity lasted four months. Prior to that, in 1902, the eruption lasted a year.

The government has about $30 million to $35 million stashed away in an emergency fund, which will cover about two months worth of humanitarian costs.

The eruption comes as the economy was already being hammered by the Covid-19 pandemic and the central government debt-to-GDP is at 81% — the third highest in the Eastern Caribbean.

While The United Nations has launched a fund-raising drive, and St. Vincent has been reaching out to allies and development organizations for support, the Finance Minister explains that more borrowing will be needed. “Undoubtedly our debt is going to increase as we try to rebuild and recover from this disaster. We need our friends to stand by us at this time.”

Among the friends, it seems Britain is lagging its feet to help St Vincent. An article published in the local press is entitled “Britain is once again making an old colony fend for itself after volcanic eruption.”

St Vincent is a former British colony and current member of the Commonwealth. The author of the article says: “People in St Vincent need help. Why are they not getting it? Many residents from St Vincent and the Grenadines went to Britain to help rebuild the country after the Second World War. It is deplorable that it took a message of support from the Queen last week to wake people up to the situation, described by the UN as a growing humanitarian crisis. There are many terrified relatives, shedding tears of helplessness at the devastation and the lack of support from [Britain]. Once again they are being left to fend for themselves.”

Source: Yahoo news.

Crédit photo : UWI

Kilauea (Hawaii): Impact de l’éruption sur l’économie (suite) // Impact of the eruption on the economy (continued)

Habituellement, « les affaires sont les affaires », mais à Hawaii ces jours-ci, « pas d’affaires » signifie « pas d’argent ». Avec des dizaines d’entreprises autour de l’île impactées par l’éruption du Kilauea, les organismes locaux et fédéraux essayent de trouver des solutions pour venir en aide aux employeurs et aux employés en difficulté.
La semaine dernière, le service de Recherche et Développement du comté d’Hawaii a rassemblé les rapports d’entreprises affectées par l’éruption, que ce soit par manque de transactions commerciales ou par perte de marchandises ou de biens. Bien que les données des rapports doivent encore être analysées, il semble que les impacts de l’éruption soient très variés.
Les problèmes les plus fréquents concernent des entreprises situées dans des zones très touristiques, telles que le village de Volcano, qui ont été fortement pénalisées suite à la forte baisse du nombre de visiteurs, en particulier avec la fermeture du Parc National des Volcans d’Hawaï.
Les commerces de Pahoa ont également été durement touchés car beaucoup moins de touristes se sont rendus dans le District de Puna.
Beaucoup de fermes et de terres agricoles ont été endommagées ou carrément détruites. Bien que les rapports selon lesquels 80 pour cent de la récolte de papayes sur l’île aurait été détruite sont exagérés, le pourcentage se situe probablement entre 30 et 40 pour cent, ce qui n’est pas rien.

Bien que l’impact général sur l’économie de Big Island reste à déterminer, les résultats des rapports permettront d’obtenir une vue d’ensemble des entreprises et des collectivités les plus touchées. Certains des impacts les moins visibles concernent les emplois liés à des résidences évacuées ou détruites, les emplois axés sur la mer qui reposaient sur une mise à l’eau des bateaux à Kapoho et les services de nettoyage pour des locations qui sont désormais isolées ou qui ont été recouvertes par la lave.

Les résultats des rapports du service de Recherche et Développement seront transmis à l’Agence Fédérale de Gestion des Situations d’Urgence qui prendra en compte les informations pour déterminer si l’État pourra accorder des fonds fédéraux destinés à des aides individuelles.
Dans le même temps, l’agence pour l’emploi d’Hawaii prévoit d’organiser des ateliers baptisés «Rapid Response» qui, comme leur nom l’indique, permettront aux employés ou aux employeurs d’obtenir une aide rapide concernant des questions sur l’assurance-chômage, l’aide au logement et d’autres prestations. Bien que les programmes soient conçus pour permettre aux employés et aux employeurs de connaître une situation plus stable, l’incertitude de l’éruption en cours signifie que de nombreux secteurs de l’économie hawaiienne pourraient être perturbés de façon permanente.
Source: Journaux hawaïens.

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Usually, “business is business”, but in Hawaii these days, no business means no money. With scores of businesses around the island impacted by the Kilauea eruption, county, state and federal agencies are investigating ways to help struggling employers and employees.

Last week, the Hawaii County Department of Research and Development collected reports from businesses affected by the eruption in any way, from a lack of business or a loss of wares or property. While the data from the reports still need to be analyzed, the effects are wide-ranging.

Some of the most common reports are from businesses in heavily tourist-reliant areas such as Volcano, which have been tremendously affected by a sharp decline in visitors following the closure of Hawaii Volcanoes National Park.

Pahoa businesses also have been hit hard, with far fewer people visiting the Puna District.

Many farms and agriculture lots have been disrupted or destroyed outright. Although reports that 80 percent of the island’s papaya crop was destroyed are exaggerated, the number remains between 30 and 40 percent, which is quite significant.

While the total impact on Big Island businesses is yet to be determined, the results of the reports will help generate a broad picture of which businesses and communities are the most impacted. Some of the more “hidden” impacts can be found among businesses that were operated out of residences that were evacuated or destroyed, marine-focused jobs that relied on a boat launch in Kapoho, and cleaning services that serviced vacation rentals isolated or inundated by lava. The results of Research and Development’s reports will be delivered to the Federal Emergency Management Agency which will take the information into consideration when determining whether the state will be eligible to receive federal funds for individual assistance.

In the meantime, the American Job Center of Hawaii will host “Rapid Response” workshops next week for employees or employers to get help with questions about unemployment insurance, housing rental assistance, and other benefits. Although programs are available at the county, state and federal levels to help employees and employers reach a more stable position, the uncertainty of the ongoing eruption means many markets might be permanently disrupted.

Source: Hawaiian newspapers.

Crédit photo: USGS / HVO

L’éruption du Kilauea (Hawaii): Un désastre humain et économique // The Kilauea eruption: A human and economic disaster

Alors que l’éruption reste intense le long de la Lower East Rift Zone avec des fontaines de lave qui atteignent entre 40 et 50 mètres de hauteur à la Fracture n° 8, les autorités hawaïennes et la Protection Civile ont déclaré que le nombre d’habitations détruites par le Kilauea pourrait atteindre 700. Les quelque 410 personnes qui se trouvent actuellement dans des centres d’hébergement d’urgence ne retourneront jamais chez elles.

Une autre conséquence de l’éruption concerne la production de papayes. La destruction de nombreux vergers qui se trouvaient sur la trajectoire de la lave se fait déjà sentir dans tout l’État, depuis les distributeurs jusqu’aux clients. La situation est encore plus critique pour les producteurs qui ont perdu à la fois leur maison et leurs moyens de subsistance. La pénurie de papayes devrait se faire sentir maintenant, mais aussi dans le futur. Au moins 90 pour cent des fruits à Hawaii sont produits à Puna car la plante apprécie les terres volcaniques bien drainées.
Le triangle délimité par les routes (highways) 130, 132 et 137 à Puna, soit une surface de plus de 8 kilomètres carrés, représente jusqu’à la moitié des vergers de papayers dans la région, et tous ont été recouverts par la lave ou sont inaccessibles. Même s’ils n’ont pas été envahis par la lave, les gaz – le SO2 en particulier – ont détruit les papayers. Au moins 150 agriculteurs ont été touchés.
Outre la perte pour les agriculteurs et leurs familles, il faut prendre en compte la perte d’emplois et d’exportations. La moitié des papayes produites à Hawaï sont consommées dans l’État et l’autre moitié est exportée vers le continent, le Canada et le Japon. La papaye se cultive sur une rotation de trois ans, de sorte que la sortie de la pénurie actuelle ne sera pas immédiate. Un grossiste et distributeur de denrées agricoles a déclaré que les livraisons ont chuté de plus de moitié.
Le défi pour les producteurs de papayes consiste maintenant à retrouver de nouvelles terres de production et d’obtenir des prêts auprès des banques pour planter de nouveaux vergers. Les très bonnes terres pour la culture de la papaye sont difficiles à trouver. Les demandes de prêt seront acceptées jusqu’en juin 2019. La perte de production de papayes à Puna est un coup terrible pour l’économie car de nombreuses fermes font vivre plusieurs familles. On espère que le gouvernement s’entendra avec le secteur privé pour leur venir en aide.
Source: Journaux locaux.

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While the eruption is still at full strength along the Lower East Rift Zone with fountains between 40-50 metres high from fissure No. 8, Hawaiian authorities and Civil Defense have declared that the number of houses destroyed by lava from Kilauea volcano is at least 600 and could be as high as 700. The approximately 410 people in emergency shelters are never going back to their homes.

Another consequence of the eruption concerns the papaya production. The destruction of many papaya-producing farms in the lava’s pathway is already being felt throughout the State, from distributors to customers. The situation is even more devastating for papaya farmers who have lost both their homes and livelihoods. The local papaya shortage is expected to be felt now as well as in the future. At least 90 percent of papaya in Hawaii is grown in Puna. The reason is that papaya loves lava lands because they are well drained.

The triangle delineated by Highways 130, 132 and 137 in Puna, more than 8 square kilometres acres, represent up to half of the papaya lands in the area, and all of it is either buried by lava or inaccessible. Even if not covered by lava, the SO2 gases have destroyed papaya trees. At least 150 farmers have been affected.

Besides the loss to farmers and their families, the impact includes the loss of jobs and exports. Approximately half of the papaya grown in Hawaii is consumed in the State, and half is exported to the mainland, Canada and Japan. Papaya grows on a three-year rotation, so recovery from the shortage won’t be immediate. A Hawaiian produce wholesaler and distributor said shipments have dropped by more than half.

The challenges for papaya farmers now include relocating and securing a lease to plant a new crop. Ideal lands for growing papaya are difficult to find. Loan applications will be accepted through June 2019. The loss of papaya production in Puna is a devastating blow for the economy, with many farms supporting several families. It is hoped the government will work with the private industry to help these farmers.

Source: Local newspapers.

Papayes hawaiiennes, avec caméléons en prime (Photo: C. Grandpey)

« Le niveau d’alerte du Mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques » // « The Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

Même si on parle très peu de l’activité de l’Agung en ce moment, la population locale est encore inquiète et craint que de nouvelles éruptions se produisent à l’avenir. Il ne faudrait pas oublier que le niveau d’alerte est toujours à 3 (SIAGA), sur une échelle de 4.
Les autorités ont progressivement abaissé le niveau d’alerte, mais la menace d’une éruption fait du tort à l’île de Bali depuis plus de cinq mois. Les perturbations causées au transport aérien et les annulations de réservations en pleine saison touristique ont sérieusement fragilisé ce secteur qui est le principal moteur de l’économie de l’île. En décembre dernier, le ministre indonésien du Tourisme avait indiqué que l’impact économique de l’éruption de l’Agung pourrait dépasser 650 millions de dollars. Cependant, les retombées sociales et économiques vont bien au-delà des célèbres centres touristiques car une forte incertitude demeure quant à la fin réelle de l’éruption.
Au total, plus de 140 000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 12 km autour de l’Agung. À la fin du mois de février, on leur a donné l’autorisation de rentrer à la maison, mais beaucoup d’entre elles se trouvent confrontées à des moyens de subsistance profondément perturbés. Dans une école de Cegi, l’un des villages les plus proches du cratère, un enseignant a déclaré qu’il s’attend toujours à une éruption même si le gouvernement affirme que tout va bien. Comme beaucoup de ses voisins, il a vendu son bétail à un prix dérisoire au cours des quelques jours de panique qui ont suivi l’annonce de l’évacuation. Il lui reste de l’argent pour reprendre ses activités, mais il ne les reprendra que le jour où il sera certain qu’il n’aura plus à fuir.
Beaucoup de gens pensent qu’il faudra quatre ou cinq ans avant que les choses se normalisent autour de l’Agung. Peu de gens pensent que la menace a complètement disparu et certains membres des associations humanitaires à Bali sont persuadés que la réduction du niveau d’alerte du volcan a été une décision politique destinée à mettre moins de pression sur le secteur touristique. Selon le directeur de l’IDEP, une ONG locale qui vient en aide aux personnes évacuées, «le niveau d’alerte du mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques».
Le secteur humanitaire est aujourd’hui, lui aussi, en proie au doute suite aux évacuations des derniers mois et au retour des habitants chez eux. Les associations locales comme PMI doivent maintenant envoyer leur personnel dans des zones qui ne sont pas forcément sures afin de protéger les intérêts des rapatriés. PMI soutient certaines communautés au niveau financier pour les aider à se remettre sur pied, et réhabilite les centres d’évacuation inoccupés pour s’assurer qu’ils seront prêts à être réutilisés en cas d’urgence.
Source: Nikkei Asian Review.

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Even though very little is said these days about activity at Mt Agung, the local population is still anxious and fears more eruptions might occur in the future. One should not forget the alert level is at 3 (SIAGA), on a scale of 4.

The authorities have progressively lowered the alert level, but the threat of an eruption has cast a long shadow over Bali for more than five months. Disrupted flights and cancelled holidays over the normal high season for tourists have hit the hospitality industry, which is the biggest contributor to the island’s economy. Back in December, Indonesia’s Minister of Tourism warned that the economic impact of the Mount Agung eruption could be in excess of $650 million. However, the overall social and economic fallout will be deeply felt far beyond the island’s world-famous tourist resorts, exacerbated by lingering uncertainty over whether the eruption is really drawing to a close.

In total, more than 140,000 people were evacuated from a 12-km radius around Mount Agung. By late February, almost all of them had been told it was safe to go home; many of them are returning to livelihoods that have been profoundly disrupted. In a schoolhouse in Cegi, one of the closest villages to the crater, a teacher said that he is still waiting for the eruption despite the government’s « all clear » signal. Like many of his neighbours, he sold his livestock at a knock-down price in the panicked few days after the evacuation notice came through. He has some cash leftover to start again, but is reluctant to do so until he can be certain he will not have to flee again.

Many people think it will take four or five years before things get back to normal around Mt Agung. Few people believe the threat has entirely subsided, and there is a persistent suspicion, voiced by some members of the development and humanitarian community in Bali, that the decision to scale down the alert level was a political one designed to take the pressure off the tourist sector. According to the director of IDEP, a local sustainable development NGO that has been helping evacuees, « the Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

The evacuations have left the humanitarian sector in limbo too. Local humanitarian groups like PMI now have to send their staff into areas they do not believe are safe in order to look after the interests of returning evacuees. PMI is supporting some communities with cash transfers to help them to get back on their feet, and is rehabilitating the unoccupied evacuation centres to make sure they are ready to be used again.

Source: Nikkei Asian Review.

Crédit photo: Wikipedia