Vers un réveil de l’Etna (Sicile) ? // Is Mt Etna reawakening in Sicily ?

Depuis quelques semaines, l’Etna montre des signes de réveil. Le Nouveau Cratère SE (NCSE) émet de temps en temps de petites quantités de cendre, mais les faits nouveaux se déroulent dans le Cratère Nord-Est (CNE). Le fond du cratère s’est effondré soudainement en laissant apparaître une bouche semi-circulaire qui émet désormais un panache de gaz relativement dense.

Le Cratère Nord-Est est aujourd’hui le point le plus haut sommet du volcan (3324 m au-dessus du niveau de la mer) et son activité la plus récente remonte à mai 2016 lorsque le fond de ce cratère a été complètement bloqué par des matériaux éruptifs. Depuis environ un an et demi, le CNE est resté «fermé» et a cessé d’expulser le panache de gaz qui l’avait caractérisé ces dernières années. Aujourd’hui, la reprise d’activité de l’Etna coïncide avec la «réouverture» du Cratère Nord-Est. C’est une nouveauté importante pour l’histoire récente du volcan qui indique un changement significatif dans l’équilibre précaire qui régit le sommet de l’Etna et ses cratères sommitaux.
Les chercheurs de l’INGV suivent de près l’évolution de la situation. Le 23 novembre 2017, le sommet de l’Etna a été analysé depuis le ciel grâce aux images captées par un drone Phantom 4 Pro qui a également survolé la nouvelle bouche de dégazage. Les images obtenues ont été retravaillées afin de reconstruire en 3D les surfaces topographiques détectées par le drone, en faisant ressortir les moindres différences grâce aux capacités de haute résolution de la caméra utilisée. Les images du drone révèlent, entre autres, la stabilité précaire des parois intérieures du CNE qui sont rapidement soumises à des effondrements soudains et imprévisibles. C’est une raison de plus de se montrer particulièrement prudent lorsque l’on s’approche de la lèvre de ce cratère et de ses abords.

Source : La Gazzetta Siracusana

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In recent weeks, Mt Etna has shown signs of reawakening. The New SE Crater SE (NSEC) emits small amounts of ash from time to time, but the new facts take place in the North-East Crater (NEC). The bottom of the crater collapsed suddenly, revealing a semi-circular vent that now emits a relatively dense plume of gas.
The Northeast Crater is today the highest point of the volcano (3324 m above sea level) and its most recent activity dates back to May 2016 when the bottom of this crater was completely blocked by eruptive materials. For about a year and a half, the NEC has remained « closed » and has stopped expelling the gas plume that had characterized it in recent years. Today, the resumption of activity of Mt Etna coincides with the « reopening » of the NEC. This is an important novelty for the recent history of the volcano which indicates a significant change in the precarious balance that governs the summit of Mount Etna and its summit craters.
INGV researchers are closely observing the evolution of the situation. On November 23rd, 2017, the summit of Etna was analyzed from the sky thanks to the images captured by a Phantom 4 Pro drone that also flew over the new degassing vent. The images obtained have been reworked in order to reconstruct in 3D the topographic surfaces detected by the drone, highlighting the slightest differences thanks to the high resolution capabilities of the camera. The images of the drone reveal, among other things, the precarious stability of the inner walls of the NCE which are rapidly subject to sudden and unpredictable collapses. This is another reason to be particularly careful when approaching the rim of this crater and its surroundings Source: The Gazzetta Siracusana

Vue du fond du Cratère Nord-Est. Image obtenue grâce au drone Phantom 4 Pro le 23 novembre 2017. La flèche montre la fumerolle dans le cratère. (Source : INGV)

Vidéo de l’éruption du Shinmoedake (Japon)

Comme je l’ai indiqué précédemment, suite à une augmentation de la sismicité, le volcan Shinmoedake est entré en éruption en début de matinée le mercredi 11 octobre 2017. Il s’agissait de la première activité significative depuis six ans.

Voici une très bonne vidéo de l’éruption filmée par un drone. N’hésitez pas à utiliser le plein écran :

https://youtu.be/Hud-QRuFPJA

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As I put it previously, following an increase in seismicity, Mount Shinmoe erupted early on Wednesday, October 11th 2017, marking its first such activity in about six years.

Here is a good video of the eruption, filmed by a drone. Don’t hesitate to use the full screen option:

https://youtu.be/Hud-QRuFPJA

Crédit photo: Wikipedia

 

Belle vidéo du Poás (Costa Rica)

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous aurez accès à un article publié dans le Costa Rica Star. Il est illustré par une vidéo du Poás, tournée au moyen d’un drone dans le cadre d’une mission commune réalisée par le GasLab de l’Université du Costa Rica et l’Institut de Recherche en Volcanologie et Sismologie de l’Université Nationale (OVSICORI) dans le but de mesurer les gaz émis par le volcan. La vidéo a été réalisée le 29 août et montre le dégazage avec une colonne de vapeur d’eau et de gaz magmatiques. Le panache atteint une hauteur de 300 mètres au-dessus du fond du cratère et est poussé par le vent vers l’ouest et le sud-ouest du volcan.
http://news.co.cr/video-drone-gives-us-close-look-poas-volcano-crater-costa-rica/65393/
Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, le Poás a connu ces derniers temps des éruptions mineures accompagnées de panaches de cendre. Le 2 septembre, une éruption a généré un panache qui a atteint 500 mètres au-dessus du cratère. Ce panache contenait des gaz, de la vapeur, de la cendre, mais aussi des fragments de roche et une coloration rougeâtre due à des roches pulvérisées riches en fer et autres oxydes métalliques. Pendant la soirée de ce même jour, des matières incandescentes ont été observées dans le cratère actif.
Le Parc National du Poás reste fermé au public pour des raisons de sécurité; Cette situation entraîne de sérieuses pertes financières pour les entreprises touristiques locales.
Source: The Costa Rica Star.

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By clicking on the link below, you will access to an article released in the Costa Rica Star. It is illustrated by a video that was shot by means of a drone as part of a joint task carried out between GasLab of the University of Costa Rica and the National University’s Volcanology and Seismology Research Institute (OVSICORI) with the purpose of measuring the gas expelled by the Poás Volcano. The footage is from August 29th and it shows the non-stop degasification with a column of water vapour and magmatic gases. The plume reaches a height of 300 metres from the bottom of the crater and is drifting mainly to the west and southwest of the volcano.

http://news.co.cr/video-drone-gives-us-close-look-poas-volcano-crater-costa-rica/65393/

As I put it in previous posts, Poás has had sporadic and small ash eruptions. On September 2nd, the volcano went through an important eruption that reached 500 metres above the crater. The activity included gas, vapour, ash, rock fragments and a reddish coloration due to pulverized rocks rich in iron and other metallic oxides. During the evening hours of this same day, incandescent material could be seen in the active crater.

The Poás Volcano National Park remains closed to the public for security reasons; this situation has caused big financial loses to local tourism businesses.

Source: The Costa Rica Star.

Crédit photo: Wikipedia

 

 

 

Les drones au service de la volcanologie // Drones can serve volcanology

Au cours d’une mission de dix jours, une équipe de volcanologues et d’ingénieurs des universités de Cambridge et de Bristol a effectué des survols des volcans Fuego et Pacaya (Guatemala) à l’aide de drones. Les scientifiques ont pu procéder à des mesures directement dans les panaches ​​émis par ces volcans et obtenir des images réelles et thermiques.
En utilisant des capteurs légers, ils ont mesuré la température, l’hygrométrie et les données thermiques dans les panaches, et ont pris des photos de plusieurs éruptions en temps réel. C’est l’une des premières fois que des drones sont utilisés sur un volcan comme le Fuego où l’accès quasiment impossible du sommet ne permet pas d’obtenir des mesures de gaz fiables. Le financement de l’Institut Cabot a permis à l’équipe scientifique de mettre au point les techniques autorisant une telle approche. Les drones ont été pilotés avec succès à des distances allant jusqu’à 8 km et plus de 3 km de hauteur. [NDLR: En tant qu’aéromodéliste, je suppose que le pilotage des drones se fait en immersion car la distance et l’altitude me semblent importantes pour un pilotage visuel efficace].
Les chercheurs envisagent de retourner au Guatemala plus tard dans l’année avec une plus vaste gamme de capteurs, y compris un analyseur de gaz, un filtre à quatre niveaux; un système d’échantillonnage de cendre, des caméras thermiques et visuelles, et des capteurs atmosphériques.

Les drones offrent une solution inestimable pour l’échantillonnage et la surveillance in situ des émissions volcaniques, en particulier celles qui se trouvent dans des secteurs dont l’approche est dangereuse ou impossible. Les capteurs ne permettent pas seulement d’analyser les émissions volcaniques ;  ils pourraient également être utilisés à l’avenir pour alerter les populations locales dans le cas d’éruptions imminentes.
Au cours de leur mission, les scientifiques ont pu photographier le terrain et observer l’évolution rapide de la topographie du sommet de Fuego. C’est ainsi qu’ils ont constaté que le volcan ne possédait pas une, mais deux bouches éruptives actives. Les chercheurs ont également utilisé les drones pour cartographier une ravine et les dépôts à l’intérieur, formés par une récente coulée pyroclastique. Les données recueillies aideront à modéliser les voies d’écoulement des matériaux et l’impact potentiel des éruptions futures sur les zones habitées situées à proximité.

Voici une très bonne vidéo du survol du Fuego à l’aide d’un drone: https://youtu.be/r6AQR8VQl-s
Source: Université de Bristol.

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During a ten-day research trip, a team of volcanologists and engineers from the universities of Cambridge and Bristol carried out drone flights at the summits of Fuego and Pacaya volcanoes (Guatemala). They collected measurements from directly within volcanic clouds, together with visual and thermal images.

Using lightweight modern sensors they measured temperature, humidity and thermal data within the volcanic clouds and took images of multiple eruptions in real-time. This is one of the first times that unmanned aerial vehicles (UAVs) have been used at a volcano such as Fuego where the lack of close access to the summit vent has prevented robust gas measurements. Funding from the Cabot Institute has helped the team to develop technologies to enable this capability. The drones were successfully flown at distances of up to 8 km away, and at a height of over 3 km.

The group plans to return to Guatemala later in the year with a wider range of sensors including a gas analyser, a four-stage filter pack; carbon stubs for ash sampling; thermal and visual cameras, and atmospheric sensors. Indeed, drones offer an invaluable solution to the challenges of in-situ sampling and monitoring of volcanic emissions, particularly those where the near-vent region is hazardous or inaccessible. These sensors not only help to understand emissions from volcanoes, they could also be used in the future to help alert local communities of impending eruptions.

During the campaign, the scientists could perform multiple imaging flights that captured the rapidly changing topography of Fuego’s summit. These showed that the volcano was erupting from not just one, but two active summit vents. The research group also used the drones to map the topology of a barranca and the volcanic deposits within it. These deposits were formed by a recent pyroclastic flow which travelled down the barranca from Fuego. The data captured will assist in modelling flow pathways and the potential impact of future volcanic eruptions on nearby settlements.

Here is a very good video of Fuego Volcano seen by a drone: https://youtu.be/r6AQR8VQl-s

Source : University of Bristol.

Source: University of Cambridge.

Vue du sommet du Fuego, avec l’Acatenango à l’arrière-plan.

Crédit photo: www.geo.mtu.edu