La fonte inquiétante du glacier Petermann au Groenland // The worrying melting of the Petermann Glacier in Greenland

Une nouvelle étude confirme la fonte rapide et inquiétant de l’Arctique. Elle s’appuie sur des observations du glacier Petermann, un glacier côtier situé dans le nord-ouest du Groenland à l’est du détroit de Nares. Le glacier possède la plus grande langue glaciaire de l’hémisphère nord. D’importants vêlages se produisent et, le 5 août 2010, une observation du satellite Aqua a montré le détachement du plus gros morceau de glace jamais répertorié depuis 1962, avec un iceberg de 251 km2.

Le glacier Petermann est l’un des seuls de l’Arctique à posséder une plate-forme glaciaire. Elle présente une longueur de plus de 60 km. Comme on l’a vu en Antarctique, ces plates-formes sont des éléments essentiels car elles stabilisent la glace qui ne flotte pas. Elles jouent le rôle de rempart pour les glaciers situés en amont. Mesurer les changements affectant ces plates-formes est donc crucial car leur disparition peut entraîner une augmentation du déversement d’icebergs dans l’océan et donc une augmentation du niveau de la mer.

Le glacier Petermann était considéré comme stable car il avait très peu réagi au réchauffement de l’océan et de l’atmosphère, qui a largement affecté les autres glaciers groenlandais. À l’aide de plusieurs centaines de données d’imagerie satellitaire fournies par l’Agence spatiale européenne (ESA), la NASA et l’Agence spatiale italienne (ASI), une équipe scientifique internationale a pu observer les changements qui ont affecté la plate-forme glaciaire du Petermann au cours des 30 dernières années. Grâce à des méthodes interférométriques de pointe, les chercheurs ont pu mesurer très précisément la position de la ligne d’échouage du glacier, autrement dit la limite où le glacier commence à flotter pour devenir une plate-forme glaciaire. La mesure de la localisation de cette frontière est importante car elle exerce un contrôle important sur la stabilité du glacier. C’est aussi un très bon indicateur de la réaction du glacier au réchauffement climatique.

Si le glacier est resté relativement stable depuis les années 1990, les chercheurs ont récemment observé un changement spectaculaire dans son comportement. En particulier, au cours des sept dernières années, ils ont assisté à une série d’événements qui montrent tous les signes d’une déstabilisation de ce secteur du Groenland. Entre 2014 et 2015, le flux du glacier a commencé à s’accélérer de manière significative. Après cet événement, deux grandes fissures se sont ouvertes ; elles ont divisé la plate-forme glaciaire en trois parties différentes. Depuis 2017, le glacier est à nouveau actif et sa ligne d’échouage a reculé de façon spectaculaire : Entre 2017 et 2021, elle a reculé de 5 km, ce qui dépasse de loin la variabilité naturelle observée habituellement avec ce glacier.

Selon les scientifiques, ces événements laissent entrevoir une déstabilisation imminente du glacier Petermann qui n’avait pas connu cette menace jusqu’à présent. Depuis les années 1970, les scientifiques ont mesuré une augmentation significative des températures océaniques dans cette zone de l’Arctique. La hausse de température de l’océan peut accroître la fonte des plates-formes glaciaires qui sont sapées par en dessous. Les auteurs de l’étude pensent que « les événements dramatiques qui se produisent actuellement sont les conséquences d’un affaiblissement à long terme de la plate-forme de Petermann, dû en partie au réchauffement des eaux océaniques. »

L’affaiblissement des plates-formes est une question importante, notamment en Antarctique, où la plupart des glaciers se terminent par des extensions flottantes, comme le glacier Petermann dans l’Arctique. Le Groenland est soumis à un plus large éventail de forçages climatiques ; l’observation de ce qui s’y passe pourrait donc permettre de mieux comprendre ce qui pourrait arriver dans l’Antarctique dans le futur.

Après la rupture meurtrière du glacier Marmolada dans les Alpes et au Tadjikistan, les effondrements rapides de glaciers s’accumulent sous toutes les latitudes, comme des signes toujours plus criants des changements qui affectent notre planète, ce qui appelle à une action immédiate pour agir contre la crise climatique.

Source : Institut des Géosciences de l’Environnement (IGE) de Grenoble.

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A new study confirms the rapid and worrying melting of the Arctic. It is based on observations of the Petermann Glacier, a coastal glacier located in northwest Greenland, east of Nares Strait. The glacier has the largest glacier tongue in the northern hemisphere. Massive calvings occur, and on August 5th, 2010, an observation from the Aqua satellite showed the detachment of the largest chunk of ice ever recorded since 1962, with an iceberg measuring 251 km2.
The Petermann Glacier is one of the few in the Arctic to have an ice-shelf. It has a length of more than 60 km. As seen in Antarctica, these shelves are essential because they stabilize ice that does not float. They act as a rampart for the glaciers located upstream. Measuring the changes affecting the ice-shelves is therefore crucial because their disappearance can lead to an increase in the discharge of icebergs into the ocean and therefore a rise in sea level.
Petermann Glacier was considered stable because it had reacted very little to ocean and atmospheric warming, which has largely affected other glaciers in Greenland. Using several hundred satellite imagery data provided by the European Space Agency (ESA), NASA and the Italian Space Agency (ASI), an international scientific team was able to observe the changes that have affected the Petermann ice-shelf over the last 30 years. Using state-of-the-art interferometric methods, the researchers were able to measure very precisely the position of the glacier’s grounding line, in other words the limit where the glacier begins to float to become an ice-shelf. The measurement of the location of this boundary is important because it exerts an important control on the stability of the glacier. It is also a very good indicator of the reaction of the glacier to global warming.
While the glacier had remained relatively stable since the 1990s, researchers have recently observed a dramatic change in its behavior. In particular, over the past seven years, they have witnessed a series of events that show all the signs of a destabilization of this area of Greenland. Between 2014 and 2015, the flow of the glacier began to accelerate significantly. After this event, two large cracks opened; they divided the ice-shelf into three different parts. Since 2017, the glacier has been active again and its grounding line has receded dramatically: Between 2017 and 2021, it has receded by 5 km, which far exceeds the natural variability usually observed with this glacier.
According to the scientists, these events point to an imminent destabilization of the Petermann glacier, which had not known this threat until now. Since the 1970s, scientists have measured a significant increase in ocean temperatures in this area of the Arctic. Rising ocean temperatures may increase the melting of ice shelves that are being undermined from below. The study authors believe that « the dramatic events now occurring are the consequences of a long-term weakening of the Petermann ice-shelf, due in part to warming ocean waters. »
The weakening of shelves is an important issue, especially in Antarctica, where most glaciers end in floating extensions, in the same way as the Petermann Glacier in the Arctic. Greenland is subject to a wider range of climate forcings; observing what is happening there could therefore provide a better understanding of what could happen in Antarctica in the future.
After the deadly rupture of the Marmolada glacier in the Alps and in Tajikistan, rapid glacier collapses are accumulating at all latitudes, as ever more glaring signs of the changes affecting our planet. This situation calls for immediate action to act against the climate crisis.

Source : Institut des Géosciences de l’Environnement (IGE) de Grenoble.

Localisation géographique et images satellites du glacier Petermann (Source: Wikipedia)

El Niño : le retour // El Niño is coming back

L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) de l’ONU vient de confirmer ce que l’on pensait depuis plusieurs mois (voir mes notes à ce sujet) : il est de plus en plus probable qu’El Niño fasse son retour dans les mois à venir, ce qui favorisera une hausse des températures de la planète, avec à la clé un risque de nouveaux records de chaleur . L’OMM estime qu’il y a 60 % de chances qu’El Niño se développe d’ici la fin juillet 2023, et 80 % de chances qu’il apparaisse d’ici la fin septembre. Un tel événement changera les conditions météorologiques et climatiques dans le monde entier.
El Niño, modèle climatique naturel généralement associé à une hausse des températures dans le monde, ainsi qu’à la sécheresse dans certaines parties du globe et à de fortes pluies dans d’autres, a sévi pour la dernière fois en 2018-2019.
Depuis 2020, le monde est sous l’influence d’un événement de refroidissement La Niña exceptionnellement long qui s’est terminé début 2023 et a cédé la place aux conditions neutres actuelles. Cependant, il est important de noter que, malgré La Niña, les huit dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Sans La Niña, la situation de réchauffement aurait été encore pire.
L’arrivée d’El Niño entraînera très probablement un nouveau pic de réchauffement climatique avec de records de température. À l’heure actuelle, l’OMM explique qu’il n’y a aucune indication de l’intensité ou de la durée d’El Niño à venir. Le dernier épisode a été considéré comme très faible, mais celui d’avant, entre 2014 et 2016, a été considéré comme l’un des plus intenses de tous les temps, avec des conséquences désastreuses. L’OMM souligne que 2016 a été « l’année la plus chaude jamais enregistrée en raison « d’un événement El Niño très puissant d’une part, et du réchauffement induit par l’homme à cause des gaz à effet de serre ».
Étant donné que l’effet El Niño sur les températures de la planète se produit généralement l’année suivant son émergence, l’impact le plus visible sera probablement en 2024. L’OMM s’attend à une augmentation importante des températures au cours des deux prochaines années.
L’arrivée d’El Niño pourrait aussi avoir des effets positifs. Par exemple, cela pourrait apporter un répit à la sécheresse dans la Corne de l’Afrique et à d’autres impacts liés à La Niña. Toutefois, l’arrivée d’El Niño pourrait également déclencher des événements météorologiques et climatiques plus extrêmes.
L’OMM explique qu’il n’y a pas deux événements El Niño identiques et que leurs effets dépendent, en général de la période de l’année. C’est pourquoi les services météorologiques nationaux doivent suivre attentivement la situation.
Le régime climatique induit par El Niño se produit en moyenne tous les deux à sept ans et dure généralement de neuf à 12 mois. Il est généralement associé au réchauffement des températures de surface de l’océan dans le centre et l’est de l’océan Pacifique tropical. Une augmentation des précipitations est généralement observée dans certaines parties du sud de l’Amérique du Sud, du sud des États-Unis, de la Corne de l’Afrique et de l’Asie centrale, tandis que de graves sécheresses peuvent survenir en Australie, en Indonésie et dans certaines parties de l’Asie du Sud. Pendant l’été dans l’hémisphère nord, l’eau chaude apportée par El Niño peut également alimenter les ouragans dans le centre et l’est de l’océan Pacifique, tout en empêchant la formation d’ouragans dans le bassin atlantique.
Source : Organisation Météorologique Mondiale.

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The UN’s World Meteorological Organization (WMO) has just announced what had been suspected for several months (see my posts about this topic) : there is a growing likelihood that El Niño will develop in coming months, fuelling higher global temperatures and possibly new heat records. WMO estimates ther is a 60-percent chance that El Niño will develop by the end of July 2023, and an 80-percent chance it will do so by the end of September. This will change the weather and climate patterns worldwide.

El Niño, which is a naturally occurring climate pattern typically associated with increased heat worldwide, as well as drought in some parts of the world and heavy rains elsewhere, last occurred in 2018-19.

Since 2020, the world has been hit with an exceptionally long La Niña cooling event which ended earlier this year, ceding way to the current neutral conditions. However, despite La Niña, the last eight years were the warmest ever recorded. Without that weather phenomenon, the warming situation could have been even worse.

The expected arrival of El Niño will most likely lead to a new spike in global heating and increase the chance of breaking temperature records. At this stage, WMO says there is no indication of the strength or duration of the looming El Niño. The last episode was considered very weak, but the one before that, between 2014 and 2016, was considered among the strongest ever, with dire consequences. WMO points out that 2016 was « the warmest year on record because of the ‘double whammy’ of a very powerful El Niño event and human-induced warming from greenhouse gases ».

Since the El Niño effect on global temperatures usually plays out the year after it emerges, the impact will likely be most apparent in 2024. WMO is expecting in the coming two years to have a serious increase in the global temperatures.

The expected arrival of El Niño could have some positive effects. For instance, it might bring respite from the drought in the Horn of Africa and other La Niña-related impacts. But it could also trigger more extreme weather and climate events.

WMO explains that no two El Niño events are the same and their effects depend, in part, on the time of year. This is why national meteorological services should closely monitor the developments.

The climate pattern occurs on average every two to seven years, and usually lasts nine to 12 months. It is typically associated with warming ocean surface temperatures in the central and eastern tropical Pacific Ocean. Increased rainfall is usually seen in parts of southern South America, the southern United States, the Horn of Africa and central Asia, while severe droughts can occur over Australia, Indonesia and parts of southern Asia. During summer in the northern hemisphere, El Niño’s warm water can also fuel hurricanes in the central and eastern Pacific Ocean, while hindering hurricane formations in the Atlantic Basin.

Source : World Meteorological Organization.

 

Répartition typique des précipitations sous El Niño et La Niña (Source : WMO)

Réchauffement climatique : des vagues de chaleur anormales en avril 2023 // Global warming : abnormal heat waves in April 2023

  Une vague de chaleur en Asie du Sud-Est a battu tous les records. Cette canicule fait suite à une autre vague de chaleur record en Europe du Sud et en Afrique du Nord qui, selon les scientifiques, serait quasiment impossible sans le réchauffement climatique actuel.
Les températures dans certaines parties du Laos ont dépassé 44,1°C le 6 mai 2023, tandis que le Vietnam a vu le mercure dépasser 43,5°C, un record absolu pour les deux pays. En avril, les températures en Thaïlande ont atteint 45,4°C, un nouveau record.
Toujours en avril, l’Espagne, le Portugal, le Maroc et l’Algérie ont connu une chaleur intense, digne de la fin de l’été. Au Portugal et en Espagne, les températures ont atteint respectivement 36,9°C et 38,8°C, battant largement leurs records d’avril.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente, une analyse rapide de la World Weather Attribution révèle que le réchauffement climatique a rendu au moins 100 fois plus probable la chaleur printanière extrême en Europe et en Afrique du Nord. Les températures ont été jusqu’à 3,5°C plus élevées qu’elles ne l’auraient été sans le réchauffement climatique.
Alors que l’Europe et l’Afrique du Nord ont connu des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes au cours des dernières années, la chaleur récente en Méditerranée occidentale a été si extrême qu’elle est un événement rare, même dans le contexte de réchauffement climatique actuel. Ce qui est également remarquable, c’est que la chaleur extrême augmente plus vite que le suggèrent les modèles climatiques.
Même si les températures en France ont été à peu près normales en avril, l’agence Copernicus indique qu’avril 2023 a été globalement le quatrième mois d’avril le plus chaud jamais enregistré par rapport à la période 1991-2020. Le mois a également été plus sec que la moyenne au sud des Alpes, dans les régions de la France méditerranéenne, du nord-ouest de la Scandinavie, des pays baltes et d’une grande partie de l’ouest de la Russie.
Source : médias d’information internationaux.

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A heat wave in Southeast Asia has broken all-time heat records. It comes on the heels of another record-breaking heat wave in Southern Europe and North Africa that scientists say was almost impossible without global warming.

Temperatures in parts of Laos breached 44.1°C on May 6th, 2023, while Vietnam saw the mercury surpass 43.5°C, an all-time high for both countries. In April, temperatures in Thailand reached 45.4°C, a new record high.

Also in April, Spain, Portugal, Morocco, and Algeria saw severe heat more typical of late summer. In Portugal and Spain, temperatures reached 36.9°C and 38.8°C, respectively, breaking their April records by a wide margin.

As I put it in a previous post, rapid analysis from World Weather Attribution finds that global warming made the extreme spring heat in Europe and North Africa at least 100 times more likely. Temperatures were up to 3.5°C higher than they would have been without global warming.

While Europe and North Africa have experienced heat waves increasingly frequently over the last years, the recent heat in the Western Mediterranean has been so extreme that it is also a rare event in today’s warmer climate. What is also remarkable is that extreme heat is increasing faster than climate models simulate.

Even though temperatures in France were about normal in April, the Copernicus agency explains that April 2023 was globally the fourth-hottest month of April on record for the 1991-2020 period. The month was also drier than average south of the Alps, in regions of Mediterranean France, northwestern Scandinavia, the Baltic countries and much of western Russia.

Source : International news media.

Carte des anomalies thermiques en avril 2023 par rapport à 1981-2010 (Source : ERA5)

Le réchauffement de la surface des océans inquiète la communauté scientifique // Ocean surface warming worries the scientific community

Le 13 avril 2023, dans une note intitulée « Hausse catastrophique de la température des océans », j’indiquais que la température moyenne de surface de nos océans avait atteint un record début avril 2023 avec 21,1°C. Elle avait dépassé de +0,2°C le pic déjà atteint début avril 2020 avec 20,9°C.
Selon la BBC, « le réchauffement récent et rapide des océans dans le monde » alerte réellement les scientifiques qui craignent que cette tendance soudaine soit un signe de l’accélération du réchauffement climatique. Cela pourrait avoir des conséquences dévastatrices : les poissons et d’autres formes de vie marine pourraient disparaître, des événements météorologiques encore plus extrêmes pourraient se produire et la hausse du niveau des océans affecterait encore davantage les zones côtières.
La récente augmentation de deux dixièmes de degré Celsius ne semble pas énorme, mais les scientifiques rappellent que les océans couvrent plus des deux tiers de la surface du globe et qu’un tel processus rapide du réchauffement de l’eau ne saurait être ignoré. Les dernières températures sont les plus élevées jamais enregistrées depuis le début des relevés précis par satellite en 1981.
En fait, le réchauffement des océans n’est pas nouveau. La NASA nous rappelle que les 10 dernières années représentent la décennie la plus chaude pour les océans depuis au moins les années 1800. L’année 2022 a été l’année la plus chaude et le niveau global de la mer a été le plus élevé de tous les temps.
Il y a un débat au sein de la communauté scientifique pour expliquer les causes du réchauffement soudain et rapide de la surface des océans. Certains scientifiques pensent que le réchauffement appartient au cycle régulier d’El Niño qui fait grimper les températures avec des intervalles de quelques années. La chaleur générée par le phénomène El Niño peut produire des phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde entier. Les prévisionnistes pensent qu’en 2023 El Niño apportera des pics de chaleur intenses. Le pic océanique actuel pourrait être un événement El Niño venant s’ajouter au réchauffement climatique.
D’autres scientifiques expliquent que le pic de réchauffement des océans ne correspond pas au profil habituel d’El Niño. Selon eux, il arrive que le réchauffement climatique ne suive pas une trajectoire rectiligne, mais plutôt un cycle de « petits changements sur une période de plusieurs années » suivi de « hausses soudaines de la température ». Cela pourrait expliquer le pic actuel.
Il existe une boucle de rétroaction avec un risque réel que le réchauffement des océans accélère le réchauffement climatique. Ce dernier entraîne un réchauffement des océans qui, à leur tour, génèrent un réchauffement du climat. En effet, les océans ont longtemps joué un rôle de tampon contre le réchauffement climatique en absorbant les émissions de dioxyde de carbone. Le problème, c’est que la modification des précipitations et des températures océaniques causée par le réchauffement climatique entrave la capacité des océans à absorber le dioxyde de carbone. Les océans nous ont rendu un grand service en absorbant du dioxyde de carbone et en réduisant le réchauffement de la planète. Si nous perdons cette protection, le rythme du réchauffement va forcément s’accélérer.
Le réchauffement des océans aura des conséquences désastreuses.. La « zone crépusculaire » située entre 200 et 1000 mètres sous la surface abrite l’une des biodiversités les plus fantastiques sur Terre, mais risque de disparaître si le réchauffement se poursuit. En conséquence, les scientifiques se sont lancés dans une course contre la montre pour cataloguer jusqu’à 100 000 espèces marines au cours de la prochaine décennie.
Source : Yahoo Actualités.

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On April 13th, 2023, in a post entitled « Disastrous increase in ocean temperature », I explained that the average surface temperature of our oceans reached a record high in early April 2023 with 21.1°C. It exceeded by +0.2°C the peak already reached at the beginning of April 2020 with 20.9°C.

The BBC reports that « a recent, rapid heating of the world’s oceans » has raised alarms among scientists who worry the sudden trend is a sign that climate change is accelerating. That could have devastating consequences: Fish and other marine life could die off, more extreme weather events could be on the way, and the oceans, which are already rising, will encroach on coastal areas.

The recent two-tenths of a degree increase does not sound like a lot, but scientists point out that oceans cover more than two-thirds of the earth’s surface and any process that warms that much water that quickly is worth noticing. The latest measurements are the highest temperatures recorded since accurate satellite temperature records began in 1981.

Actually, ocean warming is not news. NASAreminds us that the last 10 years were the ocean’s warmest decade since at least the 1800s. The year 2022 was the ocean’s warmest recorded year and saw the highest global sea level.

There is a debate about why oceans ate suddenly warming so fast. that. Some scientists suspect the warming is part of the regular El Niño cycle that spikes temperatures every few years. All that El Niño heat can produce extreme weather events around the world. Forecasters are suggesting that 2023 is going to see an El Niño that brings intense heat spikes around the world. The current ocean spike might be an El Niño event on top of climate change.

Other scientists say the warming spike does not fit the usual El Niño profile. They explain thatclimate change may not follow a straight path, but instead follow a cycle of « little changes over a period of years » followed by « sudden leaps upwards. » This might be the case with the current spike..

There is a feedback loop with the real risk that ocean warming might accelerate climate change. Climate change is producing warmer oceans, but warmer oceans could also produce climate change. Indeed, the oceans have long acted as a buffer against global warming, by soaking up carbon dioxide emissions. But the change in rainfall and ocean temperatures caused by climate change hinders the ability of the oceans to absorb carbon dioxide. The oceans have been doing us a big favour by absorbing some carbon dioxide and lowering the amount of warming. Should we lose that protection, and the pace of warming could accelerate.

Ocean warming will have disastrous consequences. In the long run, climate change threatens ocean life. The ocean’s « twilight zone »  located between 200 meters and 1,000 meters below the surface is now home to some of Earth’s most stunning biodiversity, but could see a die-off as warming continues. As a result, scientists report they are in a race against time to simply catalog as many as 100,000 marine species over the next decade.

Source : Yahoo News.

 

Evolution de la température des océans