Le réchauffement climatique et les incendies de végétation // Global warming and wildfires

Concentrations de CO2 : 431,10 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Une nouvelle étude publiée le 17 avril 2026 dans Sciences Advances nous apprend que la durée des feux de forêt en Amérique du Nord (Canada et États Unis) est en train de s’allonger. Les flammes persistent plus tard dans la nuit et apparaissent plus tôt le matin, car le réchauffement climatique d’origine anthropique prolonge les conditions chaudes et sèches qui favorisent les incendies. En Amérique du Nord, le nombre d’heures où les conditions météorologiques sont propices aux feux de forêt a augmenté de 36 % en 50 ans. Des régions comme la Californie connaissent une hausse de 550 heures de risque d’incendie par rapport au milieu des années 1970. Certaines parties du sud-ouest du Nouveau-Mexique et du centre de l’Arizona doivent faire face à 2 000 heures supplémentaires par an où les conditions météorologiques sont propices aux incendies, soit la plus forte augmentation observée au Canada et aux États-Unis.
Avec l’intensification nocturne, les incendies sont plus difficiles à combattre, comme l’ont montré celui de Lahaina (Hawaï) en 2023, celui de Jasper (Alberta) en 2024 et les incendies de Los Angeles en 2025.

Les incendies ont causé de très gros dégâts à Los Angeles (Crédit photo: presse américaine)

Ce n’est pas seulement la durée des incendies qui s’allonge, mais aussi le nombre de jours présentant des conditions météorologiques propices aux incendies. Il a augmenté de 44 %, soit 26 jours de plus au cours des cinquante dernières années. Les auteurs de l’étude préviennent qu’avec le réchauffement climatique, la situation risque de s’aggraver encore davantage.
Les chercheurs canadiens ont analysé près de 9 000 incendies majeurs survenus entre 2017 et 2023 à l’aide d’un satellite météorologique et d’autres outils afin d’obtenir des données horaires sur les conditions atmosphériques pendant les incendies, telles que l’humidité, la température, le vent, les précipitations et le taux d’humidité du combustible. Ils ont créé un modèle informatique établissant une corrélation entre les conditions météorologiques et l’état des feux de forêt, et l’ont appliqué aux données historiques du Canada et des États-Unis de 1975 à 2016.

Les scientifiques affirment depuis longtemps que les gaz à effet de serre issus de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel contribuent à un réchauffement plus rapide la nuit que le jour. Ce réchauffement est dû à une couverture nuageuse plus importante qui absorbe et renvoie la chaleur vers la Terre pendant la nuit. Selon la NOAA, depuis 1975, les températures minimales nocturnes ont augmenté de 1,4°C et les températures maximales diurnes de 1,2°C durant l’été aux États-Unis.
Les feux de forêt coïncident souvent avec des périodes de sécheresse, notamment des sécheresses extrêmes. Ces dernières se caractérisent par un air non seulement plus sec, mais aussi plus chaud, qui absorbe davantage d’humidité du sol et de la végétation, rendant ainsi les combustibles plus inflammables. En période de sécheresse, un cercle vicieux s’installe : lorsque l’air est très sec, une atmosphère plus chaude a un meilleur pouvoir d’absorption d’humidité des combustibles. Tout comme les nuits plus chaudes empêchent le corps de récupérer, elles empêchent également les forêts de se régénérer. Il faut parfois des semaines pour que la végétation morte retrouve son humidité et devienne moins inflammable.
De 2016 à 2025, les feux de forêt aux États-Unis ont ravagé chaque année, en moyenne, une superficie équivalente à celle du Massachusetts, soit un peu plus de 28 500 kilomètres carrés. Cela représente 2,6 fois la superficie brûlée en moyenne dans les années 1980, selon le National Interagency Fire Center. Au Canada, la superficie brûlée en moyenne au cours des dix dernières années est 2,8 fois supérieure à celle des années 1980, selon le Canadian Interagency Forest Fire Centre Center.
Source : Associated Press via Yahoo Actualités.

Les incendies de végétation en Géorgie, décrits dans ma note du 25 avril 2026, confirment cette situation inquiétante. 143 structures ont été détruites. L’événement a entraîné des ordres d’évacuation dans plusieurs localités menacées par la propagation rapide des flammes, attisées par les conditions de sécheresse et les rafales de vent. L’incendie a ravagé une zone de plus de 16 000 hectares.

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According to a new study published on April 17, 2026 in Sciences Advances, burning time for North American wildfires is going into overtime. Flames are lasting later into the night and starting earlier in the morning because human-caused global warming is extending the hotter and drier conditions that feed fires.The number of hours in North America when the weather is favorable for wildfires is 36% higher than 50 years ago. Places such as California have 550 more potential burning hours than the mid-1970s. Parts of southwestern New Mexico and central Arizona are seeing as much as 2,000 more hours a year when the weather is prone to burning fires, the highest increase seen in the study, which looked at Canada and the United States.

Fires that surge at night are tougher to fight and included the Lahaina, Hawaii fire in 2023, the Jasper fire in Alberta in 2024 and the Los Angeles fires in 2025. It is not just the duration of the fires that is getting extended. The calendar is too. The number of days with fire-prone weather increased by 44%, which effectively added 26 days over the past half century. The authors of the study warn that with Earth’s warming atmosphere, the situation is likely to get worse.

The Canadian researchers analyzed nearly 9,000 larger fires from 2017 to 2023 using a weather satellite and other tools to get hour-by-hour data on atmospheric conditions during the fires, such as humidity, temperature, wind, rain and fuel moisture levels. They created a computer model that correlated weather conditions and fire status and applied to historical data in Canada and the United States from 1975 to 2106.

Scientists have long said heat-trapping gases from the burning of coal, oil and natural gas make nights warm faster than days because of increased cloud cover that absorbs and re-emits heat down to Earth at night like a blanket. Since 1975, summers in the contiguous U.S. have seen nighttime lowest temperature warm by 1.4 degrees Celsius, while daytime highest temperatures have gone up 1.2 degrees Celsius, according to the NOAA.

Wildfires often coincide with drought, especially extreme drought, which means not only drier air, but hotter drier air that sucks up more moisture from the ground and plants, making fuels for fire more flammable. In a drought, there is often a vicious circle of drying and when it is quite dry, a warmer atmosphere has more power to suck moisture out of fuels. Just as warmer nights especially in heat waves don’t let the body recover, the warmer nights are not allowing forests to recover. It can take weeks for dead fuel to recover their lost moisture and be less fire-prone.

From 2016 to 2025, wildfires in the United States on average burned an area the size of Massachusetts each year, slightly more than 28,500 square kilometers. That’s 2.6 times the average burn area of the 1980s, according to the National Interagency Fire Center. Canada’s land burned on average for the last 10 years is 2.8 times more than during the 1980s, according to the Canadian Interagency Forest Fire Centre.

Source : Associated Press via Yahoo News.

The wildfires in Georgia, described in my post of April 25, 2026, confirm this alarming situation. More than 143 structures have been destroyed. The event prompted evacuation orders in several communities threatened by the rapidly spreading flames, fueled by dry conditions and strong winds. The fire has ravaged an area of ​​over 16,000 hectares.

Événements extrêmes, tornades et réchauffement climatique // Extreme events, tornadoes and global warming

Concentrations de CO2 : 431,31 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Phénomènes météorologiques extrêmes et réchauffement climatique.

L’une des conséquences les plus visibles du réchauffement climatique est l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes. Ainsi, aux États-Unis, le nombre de vagues de chaleur, de fortes pluies et d’ouragans a augmenté, tout comme leur intensité.

L’impact économique des phénomènes météorologiques extrêmes se voit au niveau des coûts de plusieurs milliards de dollars engendrés par ces catastrophes. Certaines sont connues pour être influencées par le réchauffement climatique (inondations, tempêtes tropicales), tandis que pour d’autres, l’influence du climat reste incertaine (tornades).

Dans les années à venir, il est probable que le réchauffement climatique aggravera la fréquence, l’intensité et les conséquences de certains types de phénomènes météorologiques extrêmes. Par exemple, l’élévation du niveau de la mer accentuera les effets des tempêtes côtières et le réchauffement du climat accentuera la pression sur les ressources en eau en période de sécheresse.

Tornades et réchauffement climatique.

Bien que l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les pluies torrentielles, les vagues de chaleur et les sécheresses, puisse être directement attribuée au réchauffement climatique, le lien entre les tornades et le réchauffement du climat reste encore mal compris. Plusieurs obstacles empêchent d’établir une relation sure à 100%, On dispose notamment de méthodes de collecte de données limitées, auxquelles s’ajoutent une forte variabilité interannuelle, et la difficulté de modéliser les principaux éléments physiques qui contribuent à la formation des tornades, ainsi que les tornades elles-mêmes en raison de leur petite taille.

Aux États-Unis, les données sur les tornades ne remontent qu’aux années 1950 et varient considérablement d’une année à l’autre, ce qui rend difficile l’identification des tendances à long terme. L’évaluation de la vitesse des vents qui génèrent des tornades à partir des dommages associés était probablement moins fiable avant la mise en œuvre, en 2007, de l’échelle de Fujita améliorée (EF) pour évaluer l’intensité des dommages causés par les tornades.

De plus, la détection des tornades repose sur des témoignages et des évaluations des dégâts après leur passage, plutôt que sur des données quantitatives. Avec la croissance démographique dans de nombreuses régions touchées par les tornades, le nombre de témoignages et de biens menacés a augmenté, ce qui a conduit au recensement d’un plus grand nombre de tornades, notamment les moins violentes. Par ailleurs, l’amélioration des technologies radar permet d’identifier les orages violents susceptibles de produire des tornades qui seraient passées inaperçues il y a plusieurs décennies.

Malgré ces difficultés, des études ont mis en évidence certaines tendances aux États-Unis, en s’appuyant sur des données plus fiables, comme celles relatives aux tornades les plus puissantes. Si le nombre de jours avec des tornades a diminué, d’autres tendances montrent une augmentation des épisodes de 30 tornades ou plus en une seule journée, une densité accrue des essaims de tornades (quand les tornades sont géographiquement plus proches) et une intensité plus forte des tornades. Leur répartition s’est également déplacée vers l’est. Ces tendances ne sont pas directement liées au réchauffement climatique. Une difficulté supplémentaire pour déterminer un lien entre la la fréquence et l’intensité des tornades et le réchauffement climatique réside dans le fait que leur étendue géographique est trop réduite pour être correctement simulée par les modèles climatiques. Cependant, ces modèles peuvent simuler certaines des conditions contribuant à la formation d’orages violents, souvent à l’origine de tornades.

Les chercheurs s’efforcent de mieux comprendre comment les éléments constitutifs des tornades – l’instabilité atmosphérique et le cisaillement du vent – réagissent au réchauffement climatique. Il est probable qu’un monde plus chaud et plus humide favorise une instabilité plus fréquente, mais il est également possible qu’il diminue le cisaillement du vent. De nombreuses études montrent que les conditions propices à la formation des orages les plus violents, susceptibles de donner naissance à des tornades, sont plus probables avec le réchauffement climatique. Ce dernier pourrait également modifier la saisonnalité des orages violents et les régions les plus exposées.

Source : NOAA, Centre pour le climat et les solutions énergétiques (C2ES).

Tornades actuelles aux États-Unis.

Quelles qu’en soient les causes, plusieurs tornades ont été observées dans le Midwest américain au mois d’avril 2026, causant des dégâts structurels aux habitations et aux infrastructures. Ainsi, les données préliminaires du Service météorologique national font état de plus de 20 tornades le 17 avril , concentrées dans le Wisconsin, l’Illinois et le Minnesota, et s’étendant jusqu’au Missouri. On dénombre au moins un blessé.

Voici un article avec plusieurs vidéos illustrant ces phénomènes extrêmes :

https://watchers.news/2026/04/18/tornadoes-damage-homes-infrastructure-midwest-april-17-2026/

Prévision de tornades aux États Unis pour le mois de mai 2026 (Source : AccuWeather)

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Extreme weather events and global warming.

One of the most visible consequences of global warming is an increase in the intensity and frequency of extreme weather events. The number of heat waves, heavy downpours, and major hurricanes has increased in the United States, and the strength of these events has increased, too.

A measure of the economic impact of extreme weather is the increasing number of billion-dollar disasters. Some of these weather disasters are known to be influenced by climate change (floods, tropical storms) and for some others a climate influence is uncertain (tornadoes).

In the coming years, global warming is expected to worsen the frequency, intensity, and impacts of some types of extreme weather events. For example, sea level rise increases the impacts of coastal storms and warming can place more stress on water supplies during droughts.

Tornadoes and global warming.

While the growing intensity and frequency of severe weather events like extreme rainfall, extreme heat, and drought can be directly attributed to global warming, the link between tornadoes and climate change is currently not fully understood. Challenges remain that prevent clearer attribution, including: limited data collection methods, high year-to-year variability, and difficulty modeling key physical elements that help tornadoes form as well as directly modeling tornadoes due to their small size.

Tornado records date back only to the 1950s in the United States, and vary significantly from year to year, making it difficult to identify long-term trends. The assessment of tornado wind speeds from associated damage may also have been less consistent before the 2007 implementation of the Enhanced Fujita (EF) Scale for tornado damage intensity. In addition, measuring the presence of tornadoes relies on eyewitness accounts and aftermath damage assessments rather than quantitative data. As the population in many areas affected by tornadoes has grown, we have seen an increase in eyewitness reports and property in harm’s way, leading to a larger number of recorded tornadoes, especially weaker ones. Additionally, improved radar technology helps identify severe storms that may produce tornadoes that may not have been detected decades ago.

Despite these challenges, studies have found a few trends in the United States by using portions of the record that are more reliable, like data for very strong tornadoes. Although the number of days with tornadoes has fallen, other trends are increasing, including outbreaks with 30 or more tornados in one day, the density of tornado clusters (i.e., tornadoes are closer geographically), and the strength of tornadoes. The distribution of tornadoes has also shifted eastward. These trends have not been directly linked to global warming.

An added difficulty in determining future tornado frequency and intensity caused by changes in the climate is that tornadoes are too geographically small to be well simulated by climate models. However, models can simulate some of the conditions that contribute to forming severe thunderstorms that often spawn tornadoes. Researchers are working to better understand how the building blocks for tornadoes—atmospheric instability and wind shear—respond to global warming. It is likely that a warmer, more humid world allows for more frequent instability, while it is also possible that a warmer world decreases wind shear. Multiple studies find that the conditions that produce the most severe thunderstorms from which tornadoes may form are more likely as the world warms. Global warming may also cause a shift in the seasonality of severe thunderstorms and the regions that are most likely to be hit.

Source : NOAA, Center for Climate and Energy Solutuions (C2ES).

Current tornadoes in the U.S.

Whatever the causes, multiple tornadoes were observedacross the Midwestern United States in April 2026, resulting in structural damage to residential buildings and infrastructure. For instance, preliminary National Weather Service data indicates more than 20 tornado reports on April 17, with impacts concentrated in Wisconsin, Illinois, and Minnesota and extending into Missouri, and at least one reported injury.

Here is an article with several videos showing these extreme events :
https://watchers.news/2026/04/18/tornadoes-damage-homes-infrastructure-midwest-april-17-2026/

Mars 2026 encore trop chaud ! // March 2026 was still too hot !

Concentrations de CO2 : 429,37 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Mars 2026 a été le quatrième mois de mars le plus chaud jamais enregistré sur Terre, avec une température supérieure de 1,48 °C au niveau préindustriel. Le mois de mars le plus chaud jamais enregistré remonte à 2024, lors du dernier épisode El Niño.

Ce mois a également connu sa deuxième température de surface de la mer la plus élevée jamais enregistrée à l’échelle mondiale, signe probable d’une transition vers un phénomène El Niño. Cette transition est prévue par de nombreuses agences climatiques pour le second semestre 2026. La température moyenne de la surface de la mer en mars 2026, entre 60°S et 60°N, était de 20,97 °C. Le mois de mars le plus chaud jamais enregistré remonte à 2024, lors du dernier épisode El Niño.

Mars 2026 a été le deuxième mois de mars le plus chaud en Europe, et une grande partie du continent a connu des conditions plus sèches que la moyenne.

Ce mois a également été marqué par une forte chaleur et une sécheresse extrême dans d’autres régions du monde, notamment une vague de chaleur précoce et sans précédent dans certaines parties des États-Unis et du Mexique.

Dans l’Arctique, l’étendue maximale annuelle de la banquise et la moyenne mensuelle pour le mois de mars ont atteint des niveaux historiquement bas. L’étendue moyenne de la banquise en mars était inférieure de 5,7 % à la moyenne, un niveau jamais atteint pour ce mois.

Dans l’Antarctique, l’étendue mensuelle de la banquise était inférieure de 10 % à la moyenne de mars, un niveau qui ne figure pas parmi les dix plus faibles pour ce mois, après quatre années d’anomalies négatives beaucoup plus importantes en mars (de 20 % à 33 % en dessous de la moyenne).

Source : Copernicus.

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March 2026 was the fourth-warmest on Earth, at 1.48°C above pre-industrial levels.

March also had its second-warmest global sea surface temperature on record, reflecting a likely transition toward El Niño conditions. This transition is forecast by many climate centres for the second half of the year. The average sea surface temperature for March 2026 over 60°S–60°N was 20.97°C. The warmest March on record was in 2024 during the last El Niño event.

March 2026 was the second-warmest in Europe and much of the continent saw drier-than-average conditions. The month was also marked by severe heat and dry conditions in other parts of the world, including an unprecedented early heatwave in parts of the United States and Mexico.

In the Arctic, both the annual maximum sea ice extent and monthly average for March were the lowest on record.

In the Arctic, the average sea ice extent in March was 5.7% below average, the lowest on record for the month.

In the Antarctic, the monthly sea ice extent was 10% below the March average, ranking outside the ten lowest for the month, coming after four years of much larger negative anomalies in March (20% to 33% below average).

Source : Copernicus.

Des fuites de méthane à gogo ! // Methane leaks galore!

Concentrations de CO2 : 431,44 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Une étude a identifié des dizaines de «méga-fuites» de méthane provenant d’infrastructures pétrolières, gazières et de décharges mal entretenues. Certaines émissions dégagent autant de chaleur qu’une centrale à charbon entière. On sait que le méthane (CH4) est l’un des gaz à effet de serre les plus agressifs. D’une durée de vie plus courte que le CO2, il n’en est pas moins l’un des plus dangereux gaz à effet de serre.

Selon un article paru dans The Guardian, de nouvelles images satellites ont mis au jour les pires «méga-fuites» de méthane enregistrées sur la planète en 2025. L’étude, menée par le Stop Methane Project de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), révèle des dizaines d’émissions géantes réparties sur plusieurs continents. Elles proviennent d’infrastructures vieillissantes ou simplement mal surveillées. Selon une autrice de l’étude, ces rejets sont parfaitement identifiés et il serait facile d’y remédier.

Le top 25 mondial des points les plus polluants est largement dominé par le Turkménistan.

Image satellite d’une fuite de méthane à Esenguly au Turkmenistan. La fuite est estimée à 18 tonnes par heure (Source : Carbon Mapper)

Viennent ensuite les États-Unis, avec plusieurs fuites monumentales, notamment au Texas, où l’un des sites a rejeté jusqu’à 5,5 tonnes de méthane par heure. Des rejets similaires ont aussi été détectés dans des installations au Venezuela et en Iran. Dans le secteur des déchets, certaines décharges en Turquie, en Algérie, en Malaisie ou aux États-Unis libèrent elles aussi d’immenses nuages de méthane: les déchets organiques en décomposition produisent ce gaz lorsqu’ils sont mal gérés.

Ces émissions seraient responsables de près de 25% du réchauffement global et leur hausse constante depuis 2007 inquiète la communauté scientifique. Les données de Carbon Mapper, exploitées par l’UCLA, montrent plus de 4.400 fuites majeures en 2025, toutes supérieures à 100 kilos par heure. Aux États-Unis, neuf des dix pires émissions proviennent du Texas, un État pourtant fier de son expertise industrielle.

Face aux critiques, le Turkménistan affirme avoir réduit ses fuites de 30% grâce à une coopération avec l’ONU, l’Agence internationale de l’énergie et l’UE. Toutefois, l’analyse de l’UCLA contredit ces déclarations et plusieurs super-fuites» persistent. En conséquences, si Achgabat – qui gère le gaz au Turkménistan – veut vendre son gaz à l’Europe, il devra prouver qu’il prend réellement des mesures pour protéger l’environnement.

Grâce aux satellites, les émissions deviennent visibles et donc traçables. Les observateurs espèrent que ces révélations provoqueront un sursaut politique. En effet, réparer des fuites, contrairement à transformer un système énergétique, est une action presque immédiate, rentable et techniquement simple. Pourtant, tant que les responsables publics et privés resteront passifs, des millions de tonnes de méthane continueront de s’échapper chaque heure, invisibles à l’œil nu, mais bien réelles pour le climat.

Source : The Guardian.

Pour rappel, les concentrations de méthane dans l’atmosphère atteignent actuellement 1945,85 ppb, selon des dernières mesures effectuées en Novembre 2025.

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A study has identified dozens of « mega-leaks » of methane from poorly maintained oil and gas infrastructure and landfills. Some emissions release as much heat as an entire coal-fired power plant.

Methane (CH4) is known to be one of the most aggressive greenhouse gases. While it has a shorter lifespan than CO2, it is nonetheless highly dangerous to the atmosphere.
According to an article in The Guardian, new satellite images have revealed the worst methane « mega-leaks » in 2025. The study, conducted by the StopMethane Project at the University of California, Los Angeles (UCLA), reveals dozens of giant emissions spread across several continents. They originate from aging or simply poorly monitored infrastructure. According to one of the study’s authors, these releases are well-documented and would be easy to address.

Turkmenistan dominates the list of the world’s 25 most polluting sites. Next come the United States, with several monumental leaks, notably in Texas, where one site released up to 5.5 tons of methane per hour. Similar releases have also been detected at facilities in Venezuela and Iran. In the waste sector, some landfills in Turkey, Algeria, Malaysia, and the United States also release immense clouds of methane. Decomposing organic waste produces this gas when poorly managed.
These emissions are estimated to be responsible for nearly 25% of global warming, and their steady increase since 2007 is a source of concern for the scientific community.

Data from Carbon Mapper, used by UCLA, shows more than 4,400 major leaks by 2025, all exceeding 100 kilograms per hour. In the United States, nine of the ten worst emissions originate from Texas, a state that prides itself on its industrial expertise.

Faced with criticism, Turkmenistan claims to have reduced its leaks by 30% thanks to cooperation with the UN, the International Energy Agency, and the EU. However, UCLA’s analysis contradicts these claims, and several « super-leaks » persist. Consequently, if Ashgabat—which manages Turkmenistan’s gas—wants to sell its gas to Europe, it will have to prove that it is actually taking measures to protect the environment.

Thanks to satellites, emissions are becoming visible and therefore traceable. Observers hope that these revelations will trigger a political awakening. Indeed, repairing leaks, unlike transforming an energy system, is an almost immediate, cost-effective, and technically simple action. Yet, as long as public and private officials remain passive, millions of tons of methane will continue to escape every hour, invisible to the naked eye, but very real for the climate.
Source: The Guardian.

As a reminder, methane concentrations in the atmosphere currently reach 1945,85 ppb, according to the latest measurements performed in November 2025.