Températures : La tendance à la hausse se confirme en 2017 // Temperatures are still rising in 2017

Avec une température planétaire de 0,83°C au dessus de la moyenne calculée sur la période 1951/1980, juillet 2017 s’affiche aussi chaud que juillet 2016 qui tenait le record depuis le début des relevés thermométriques.

Au total, sur les sept premiers mois de l’année, 2017 demeure à 0,94°C au dessus de la moyenne climatologique alors que le Pacifique ne montre plus aucune trace du phénomène El Niño, tenu en partie pour responsable du record de 2016.

En Arctique, malgré des températures de l’air moins chaudes que la moyenne climatique sur de larges zones de l’océan, la banquise connaît une rétractation plutôt forte, même si elle n’égale pas les records de 2011 et 2012. La carte de la banquise début août 2017 confirme la nouvelle géographie de l’Océan Arctique, de plus en plus souvent ouvert à la navigation de long des côtes de Sibérie. En Antarctique également, les observations satellitaires montrent que la cryosphère se rétracte, tant durant le dernier été que durant l’hiver actuel.

Pour rendre moins abstraites les alertes des climatologues sur les conséquences de cette évolution, plusieurs services météo ont mis en ligne leurs modèles nationaux, centrés sur leurs pays et donc beaucoup plus précis pour cette seule région que les modèles utilisés pour les simulations numériques du climat planétaire. Ainsi, des chercheurs de Météo-France ont publié cet été une étude montrant que les vagues de chaleur à la fin du siècle pourraient dépasser les 50°C dans de nombreuses régions du pays. Les conséquences sanitaires, agricoles et économiques en seraient majeures et exigeraient de nombreuses actions d’adaptation. La météo vietnamienne a réalisé le même type d’exercice qui débouche sur des canicules atteignant les 58°C à Hanoï !

Source : Le Monde.

Autre preuve de la hausse des températures, il devient de plus en plus difficile de pratiquer le ski d’été dans les Alpes françaises. Ainsi, le glacier de la Grande Motte à Tignes a perdu en moyenne 25 mètres d’épaisseur en 40 ans. En mai 2017, l’épaisseur était de trois mètres, chose que l’on a normalement en août. La saison estivale a été raccourcie d’une semaine car la pratique du ski devenait trop dangereuse. Pas très loin, le glacier du Pissaillas souffre lui aussi. Aux Deux-Alpes, la station va installer des canons à neige pour essayer de sauver son glacier qui disparaît lentement. Le glacier a perdu en épaisseur et un lac s’est formé à son pied. L’objectif est de récupérer cette eau liquide pour la retransformer en solide en faisant de la neige pour préserver au mieux la glace. La perte de glace est due à une absence d’accumulation de neige l’hiver. Il n’est plus possible de conserver d’un été à l’hiver suivant la neige qui protège le glacier de la fonte. L’objectif est de pouvoir, grâce à la neige de culture et sa résistance mécanique due à sa très forte densité, accumuler suffisamment de neige sur le glacier et contrer l’effet de fonte l’été.  Il reste aujourd’hui entre 60 et 80 mètres de glace, mais au rythme où vont les choses, d’ici 30 ans le glacier aura disparu.

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With a global temperature of 0.83°C above the average calculated over the period 1951/1980, July 2017 is as hot as July 2016, which held the record since the start of thermometer readings.
Overall, during the first seven months of the year, 2017 remains at 0.94°C above the average, while the Pacific shows no trace of the El Niño phenomenon, partly responsible for the 2016 record .
In the Arctic, although the air temperatures are not as warm as the average over large areas of the ocean, the ice sheet is experiencing a rather strong retraction, although it does not match the 2011 and 2012 records. The sea ice in early August 2017 confirms the new geography of the Arctic Ocean, which is increasingly open to navigation along the coast of Siberia. In Antarctica as well, satellite observations show that the cryosphere is shrinking both during the last summer and during the current winter.
In order to make less abstract the climatologists’ alerts on the consequences of this evolution, several weather services have released their national models, centered on their own countries and therefore much more accurate than the models used for the digital simulations of the global climate. For example, researchers at Météo-France have released this summer a study showing that heat waves at the turn of the century could exceed 50°C in many parts of the country. The health, agricultural and economic consequences would be major and would require many adaptation actions. The Vietnamese weather service has carried out the same type of exercise that leads to heat waves reaching 58°C in Hanoi!
Source: Le Monde.

Another proof of the rising temperatures is that it becomes more and more difficult to practice summer skiing in the French Alps. Thus, the Grande Motte glacier in Tignes has lost an average of 25 metres in thickness in 40 years. In May 2017, the thickness was three metres, which is normally the case in August. The summer season was shortened by a week because the practice of skiing had become too dangerous. Not very far from Tignes, the glacier of Pissaillas is suffering too. In Les Deux-Alpes, the resort will install snow cannons to try to save its slowly disappearing glacier. The glacier lost in thickness and a lake formed at its foot. The goal is to use this liquid water and turn it back into solid by making snow to preserve the ice as well as possible. The loss of ice is due to a lack of snow accumulation in the winter. It is no longer possible to keep from one summer to the next winter the snow that prevents the glacier from melting. The goal is to be able to accumulate enough snow on the glacier and to counter the effect of summer melting thanks to the artificial snow and its mechanical strength due to its very high density. Today, there are still between 60 and 80 metres of ice, but at the current pace, the glacier will have disappeared within 30 years.

Températures en hausse constante; banquise en réduction permanente: Voici résumée la situation actuelle sur notre belle planète.

 

Les secrets des carottes de glace // The secrets of ice cores

Une carotte de glace vieille de 2,7 millions d’années a été prélevée en Antarctique. Cette carotte et les bulles d’air qu’elle renferme racontent beaucoup de choses sur l’histoire du climat terrestre et pourraient même révéler ce qui a provoqué les âges de glace. La carotte est la seule de son genre à pouvoir révéler à quoi ressemblait l’atmosphère terrestre à cette époque reculée.
La carotte montre que le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère au moment où elle s’est formée était inférieur à 300 parties par million. Actuellement, ce niveau est supérieur à 400 ppm (voir la courbe de Keeling ci-dessous) et ce nombre est en hausse constante. Le niveau de CO2 a toujours montré des tendances cycliques, mais depuis l’époque industrielle, il ene cesse de grimper, ce qui aboutit aujourd’hui à des niveaux sans précédent.
Grâce aux carottes de glace, les climatologues peuvent connaître l’atmosphère des années passées. Après avoir prélevé de fines carottes dans les glaciers et les icebergs, les scientifiques analysent les bulles d’air piégées dans ces échantillons. La composition des bulles révèle la composition de l’air au moment où il a été piégé et au moment où la carotte s’est formée.
Pour extraire l’air des carottes de glace, les scientifiques peuvent écraser la carotte ou la faire fondre sous vide afin que l’air qu’elle contient ne soit pas contaminé avant l’analyse. La carotte est ensuite examinée à l’aide d’instruments de haute technologie qui analysent les niveaux de pollution en contrôlant les sulfates, les aérosols de métaux et les gaz. Selon la NOAA, le type d’isotope d’oxygène contenu dans la carotte peut également révéler la température de la Terre au moment où la carotte s’est formée.
La carotte vieille de 2,7 millions d’années n’a pas été prélevée très profondément dans la «glace bleue» qui est fréquemment ignorée lors de la collecte d’échantillons de glace. Cette glace bleue est le résultat de la chute de neige sur la glace formée et de sa compression. La glace n’est pas vraiment bleue; La couleur provient des courtes longueurs d’ondes de la diffusion de la lumière et plus la lumière se déplace dans la glace, plus elle est bleue.
Les chercheurs de l’Université de Princeton qui ont prélevé la carotte de glace espèrent retourner dans la zone qui a été forée dans l’espoir de trouver des glaces encore plus anciennes qui leur permettront d’effectuer de nouvelles recherches dans les années à venir.
Source: Science Magazine.

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A 2.7 million-year-old ice core has been collected in Antarctica. The core’s age and the air bubbles it contains reveal a lot about the Earth’s climate history and possibly reveal what caused the Ice Ages. The core is the only of its kind that can reveal what the atmosphere on Earth was like so long ago.

This specific core shows that the level of carbon dioxide (CO2) in the atmosphere at the time it was formed was no greater than 300 parts per million.. Currently the Earth’s atmosphere is at more than 400 ppm (see Keeling Curve below), a number that is increasing. Levels of CO2 have always shown some cyclical trends, but since the industrial era CO2 levels have spiked leading to unprecedented levels never recorded.

Ice cores are a key means by which climate scientists learn about the atmosphere of years past. By removing thin ice cores from glaciers and icebergs scientists then test the air bubbles trapped in those cores. The composition of the bubbles reveal what the air was like around the time it was trapped and the core was formed.

To extract the air from the cores scientists can crush the core or melt it in a vacuum so no other air contaminates it before testing. The core then goes through sophisticated instruments that measure levels of pollution by checking for sulfates, metals aerosols and any gases. According to NOAA, the type of oxygen isotope found in the core can also reveal what the temperature on Earth was like when the core formed.

The 2.7 million year old core was found not very deep down in “blue ice” which is frequently ignored when looking for ice cores. That blue ice is the result of snow falling on formed ice and compressing down. The ice is not actually blue; the colour comes from the short wavelengths of light scattering and the further the light travels in the ice the bluer it looks.

The researchers from Princeton University who found the core are hoping to return to the area where it was drilled to find possibly even older ice for further research in the future.

Source : Science Magazine.

Ce graphique de la NASA montre les niveaux de CO2 dans des carottes de glace au coours des 400 000 dernères années.

Courbe de Keeling montrant les concentrations de CO2 dans l’atmosphère au cours des 800 000 dernières années. Depuis 1958, la courbe se réfère aux mesures en continu effectuées à l’observatoire du Mauna Loa à Hawaii. Les données antérieures s’appuient sur les carottes de glace. On remarquera que la concentration actuelle de CO2 est supérieure à 405 ppm.

 

Le Groenland brûle // Greenland is burning

Le Groenland est en train de brûler. Pas dans sa totalité, mais plusieurs incendies de forêt de grande ampleur affectent actuellement l’ouest du pays, près de la ville de Kangerlussuaq, camp de base pour les chercheurs qui étudient la calotte glaciaire de l’île. Ces incendies ont surpris les chercheurs qui ne sont habitués à voir des feux d’une telle ampleur dans la région.
Au début, les scientifiques ont pensé que des traces de fumée visibles dans les données satellitaires étaient des anomalies dans les données, mais en y regardant mieux, ils ont réalisé que la région était en train de brûler.
Les incendies ont commencé le 31 juillet 2017 et restent virulents. Les chercheurs pensent que le feu est alimenté par la tourbe, un sol riche en matière organique que l’on rencontre dans les latitudes septentrionales et qui peut brûler très longtemps en s’autoalimentant.. Outre la tourbe, seules les graminées et les roches constituent le paysage dans cette région. Le plus vaste des incendies couvre une superficie de 1 300 hectares, le plus important jamais observé sur l’île.
Il ne fait guère de doute que le changement climatique a contribué à déclencher ces incendies. Les recherches montrent que la hausse des températures provoquée par les activités humaines a déjà entraîné la fonte du pergélisol dans le Groenland occidental. La pluie s’est faite rare cet été et les températures ont été plus chaudes que la moyenne (atteignant parfois 20°C) , ce qui a asséché le sol et l’herbe et préparé un terrain favorable aux incendies.
On ne sait pas vraiment comment le feu a commencé. Il a pu être déclenché par des personnes qui campaient ou conduisaient des véhicules tout terrain dans la région. L’étincelle initiale peut également avoir au la foudre comme origine. En effet, la hausse des températures dans l’Arctique génère aujourd’hui plus d’éclairs dans les forêts boréales du Canada et de l’Alaska. Bien que la zone concernée soit beaucoup plus au nord, elle se compose de toundra plus que de forêts au fur et à mesure que le climat se réchauffe et le Groenland connaîtra davantage d’orages et d’éclairs dans les années à venir.
Les chercheurs n’ont jamais vraiment étudié les éclairs ou les feux de forêt au Groenland car ils n’étaient pas fréquents. Cela va maintenant changer et les climatologues vont commencer à surveiller les incendies de forêts au Groenland.
Les archives scientifiques contiennent des études sur les feux de forêt au Groenland, mais ces événements n’avaient rien à voir avec l’ampleur des incendies actuels. Les rapports du passé détaillent les dépôts sur la calotte glaciaire de cendre en provenance de feux de forêts observés loin du Groenland. Les incendies comme ceux qui font rage en ce moment peuvent accélérer le réchauffement climatique de deux façons. D’une part, ils peuvent déposer une couche noire de suie à la surface de la glace du Groenland qui absorbera plus de chaleur et entraînera plus de fonte. Il ne faudrait pas oublier que la fonte du Groenland contribue et contribuera largement à la hausse du niveau des océans. D’autre part, les feux accéléreront les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre normalement enfermé dans le permafrost.
Source: Presse américaine.

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Greenland is burning. Not all of it, but a cluster of large wildfires is currently spreading through western Greenland, near the town of Kangerlussuaq, a base camp for researchers studying the island’s ice sheets. The strange event has surprised researchers, who are unaccustomed to blazes of this size in the area.

At first, scientists thought traces of smoke in the satellite data from this region were anomalies in the data, but a closer look revealed that the area was burning.

The fires started on July 31st and are still going strong. Researchers suspect that the fire is fueled by peat, a dark soil rich in organic material found throughout the northern latitudes. Besides peat, only grasses and rocks make up the landscape in this region. The largest of these fires covers an area that is 1,300 hectares in size, and the blaze is likely the largest ever observed on the island.

Climate change has almost certainly contributed to this fire. Research shows that warming temperatures associated with human activities have already led to the melting and degradation of west Greenland’s permafrost. Rain has been sparse this summer, and temperatures have been warmer than average, drying out the soil and grass and setting the stage for the fire.

It’s unclear how the fire started. It may have been ignited by people camping or driving All Terrain Vehicles (ATVs) in this area. The initial spark may also have come from lightning. Indeed, warming temperatures in the Arctic are leading to more lightning strikes in the boreal forests of Canada and Alaska. Although this area is much farther north, and consists of tundra rather than forests, as the climate warms, Greenland will also experience more lightning strikes.

Researchers have never carefully tracked lightning strikes or wildfires in Greenland because neither occurrence was common. That will now chang and climatologists are going to start monitoring Greenland for wildfires.

The scientific record contains many studies involving wildfires in Greenland, but very few involve current conflagrations. Rather, they detail the deposition of char from forest fires far afield in the old layers of ice. Fires like the ones now raging may accelerate warming in two ways. They could deposit more dark soot on the surface of Greenland’s abundant ice, which will then absorb more heat, leading to more melting. The fires will also increase the release of methane, a potent greenhouse gas normally locked up in the permafrost.

Source : American newspapers.

Les incendies au Groenland au début du mois d’août.

Crédit photo: Agence Spatiale Européenne (ESA)

Tourbe arctique (Photo: C. Grandpey)

Hawaii anticipe la montée des océans // Hawaii anticipates sea level rise

Avec le changement et le réchauffement climatiques, on s’attend à ce que le niveau des océans augmente à cause de la fonte des calottes polaires et des glaciers. Certains pays prennent déjà des mesures pour faire face au problème.
À Hawaï, le Department of Land and Natural Resources (DLNR) – Département des Ressources Naturelles et Terrestres – tiendra sa quatrième réunion d’information à l’attention du public le jeudi 17 août 2017. Elle aura pour thème la vulnérabilité et l’adaptation au niveau de la mer. Elle fait partie d’une série de réunions publiques dans l’ensemble de l’Etat d’Hawaii avec pour finalité d’éduquer les gens sur les conséquences de l’élévation du niveau de la mer. Un autre but est de recueillir des commentaires et points de vue sur les principaux problèmes et les principales préoccupations concernant la préparation et l’adaptation. La première réunion s’est déroulée sur l’île d’O’ahu en juin 2016, une deuxième en janvier sur Kaua’i, une troisième en mars sur Maui, et la cinquième est prévue à Kona le 22 août 2017.
Le DLNR fait remarquer que «le changement climatique risque d’avoir un impact profond sur notre bien-être et notre mode de vie. En particulier, la hausse du niveau de la mer augmentera le risque d’érosion et d’inondations côtières, avec une menace pour les localités côtières et les ressources naturelles concentrées le long des points bas. Nous sommes en train d’élaborer un rapport de vulnérabilité et d’adaptation au niveau de la mer (Rapport SLR) qui doit être rédigé en vue de l’Assemblée législative de l’État d’Hawaii en 2018 ; nous désirons solliciter les avis des habitants de nos communautés insulaires pour nous aider à confectionner le rapport. »
Source: Hawaii 24/7.

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With climate change and global warming, the level of the oceans is expected to rise because of the melting of polar ice sheets and glaciers. Some countries are already taking measures to to face the problem.

In Hawaii, the Department of Land and Natural Resources (DLNR) will be holding its fourth public information meeting on sea level rise vulnerability and adaptation on Thursday, August 17th, 2017. This meeting is one of a series of public information meetings being held statewide to educate people about the impacts of sea level rise and to gather comments and input about key issues and concerns regarding preparedness and adaptation. The first meeting was held on O‘ahu in June 2016, a second one in January on Kaua‘i, a third one in March on Maui, and fifth one is planned for Kona on August 22nd, 2017.

DLNR indicates that “climate change has the potential to profoundly impact our wellbeing and way of life. In particular, rising sea levels will increase the occurrence and severity of coastal erosion and flooding, threatening coastal communities and natural resources concentrated along low-lying shores. We are in the process of developing a Sea Level Rise Vulnerability and Adaptation Report (SLR Report) that is to be submitted in anticipation of the 2018 Hawaii State Legislature, and we are interested in soliciting input from our island communities to help us complete the report.”

Source: Hawaii 24/7.

Déjà soumises à l’assaut des vagues du Pacifique, les côtes hawaiiennes risquent de subir une forte érosion avec la montée des eaux de l’océan. (Photo: C. Grandpey)