Coup dur pour la COP 21! Les glaciers continueront de fondre // A hard blow against the Paris climate agreement ! Glaciers will keep melting

Les trois plus grands consommateurs de charbon de la planète – la Chine, les États-Unis et l’Inde – ont augmenté leur production en 2017, après un déclin record l’année dernière. Cette situation porte un coup d’arrêt aux efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique
Les dernières données minières montrent que la production de charbon  en mai 2017 a augmenté d’au moins 121 millions de tonnes, soit 6%, pour les trois pays mentionnés ci-dessus, par rapport à la même période l’an dernier. Le changement est spectaculaire aux États-Unis, où l’extraction du charbon a augmenté de 19% au cours des cinq premiers mois de l’année 2017, selon les données fournies par le Ministère de l’Énergie aux États-Unis.
La production de charbon a donné l’impression de connaître une baisse il y a moins de deux semaines, lorsque la compagnie britannique BP a indiqué que le tonnage extrait à l’échelle mondiale avait diminué de 6,5% en 2016, la plus forte baisse enregistrée ces dernières. La Chine et les États-Unis étaient la cause de ce déclin, tandis que l’Inde enregistrait une légère augmentation.
Les raisons du revirement de cette année sont dues à de nouvelles orientations de politique en Chine, des changements sur les marchés de l’énergie aux États-Unis et le désir permanent de l’Inde de fournir de l’électricité aux plus démunis. A noter que la décision de Trump d’augmenter la production de charbon aux Etats-Unis entre pour très peu dans l’augmentation actuelle de la production mondiale de charbon.
Les États-Unis, la Chine et l’Inde représentent ensemble environ les deux tiers du charbon extrait dans le monde entier, et ces deux dernières nations importent également du charbon pour répondre à la demande. La production de l’Inde a augmenté même pendant le ralentissement de la production mondiale.
L’utilisation du charbon pour produire de l’électricité, dans l’industrie et pour le chauffage explique l’importance des émissions de dioxyde de carbone qui favorisent le réchauffement climatique. La réduction de ces émissions a été l’un des points essentiels de la COP 21 de Paris en 2015, accord climatique que Trump a décidé de ne pas respecter. Presque tous les autres pays continuent de cautionner l’accord, y compris la Chine et l’Inde. La Chine, l’Inde et les États-Unis sont responsables de près de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le charbon représente près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre suite à la consommation de combustibles fossiles. La Chine est de loin le plus grand consommateur de charbon au monde et utilise la moitié de la production mondiale.
La Chine s’est engagée à limiter ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et certains ont affirmé que ce but pourrait être atteint dix ans plus tôt. Selon les sources gouvernementales, la production chinoise a augmenté de plus de 4% en mai 2017, après une baisse de plus de 8% pour la même période un an plus tôt. Des centaines de mines ont été fermées en Chine l’année dernière et le gouvernement a obligé d’autres à réduire les heures de travail. Le gouvernement a depuis assoupli ces mesures et la production est repartie à la hausse.
La volonté de Trump de relancer l’exploitation du charbon est une exception  et n’a pas été suivie par la Chine ou l’Inde. La hausse de la production de charbon aux Etats-Unis pourrait ne pas faire long feu. En effet, la baisse du prix du gaz naturel, la demande de plus en plus grande envers les énergies renouvelables et les normes de pollution de plus en plus strictes ont poussé de nombreuses compagnies d’électricité aux Etats Unis à fermer ou annoncer la fermeture de plusieurs centaines de centrales au charbon. Ces mêmes compagnies ont fortement investi dans d’autres formes de production d’électricité et il est fort peu probable  qu’elles reviennent vers le charbon.
Source: médias américains.

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The world’s biggest coal users — China, the United States and India — have boosted coal mining in 2017, in an abrupt departure from last year’s record global decline and a setback to efforts to rein in climate change emissions.

Mining data show that production through May is up by at least 121 million tons, or 6%, for the three countries compared to the same period last year. The change is most dramatic in the U.S., where coal mining rose 19% in the first five months of the year, according to U.S. Department of Energy data.

Coal had appeared to hit a new low less than two weeks ago, when British energy company BP reported that tonnage mined worldwide fell 6.5% in 2016, the largest drop on record. China and the U.S. accounted for almost all the decline, while India showed a slight increase.

The reasons for this year’s turnaround include policy shifts in China, changes in U.S. energy markets and India’s continued push to provide electricity to more of its poor. Trump’s decision to boost coal production accounts for very little.

The U.S., China and India combined produce about two-thirds of the coal mined worldwide, and the latter two nations also import coal to meet demand. India’s production expanded even during coal’s global downturn.

Burning coal for power, manufacturing and heat is a primary source of the carbon dioxide emissions that is driving climate change. Reducing such emissions was a critical piece of the 2015 Paris climate accord that Trump announced this month he wants to exit. Almost every other nation continues to support the deal, including China and India. China, India and the U.S. produce almost half of global greenhouse gas emissions. Coal accounts for almost half of greenhouse emissions from burning fossil fuels, according to the Global Carbon Project. China is by far the world’s largest coal user, consuming half the global supply.

China has committed to capping its greenhouse gas emissions by 2030, and some have suggested it might accomplish that up to a decade earlier. China’s production rose more than 4 percent through May, according to government figures, compared to a drop of more than 8% for the same period a year earlier. Hundreds of mines shut down in China last year and the government forced others to cut back hours. The government has since relaxed that policy and production is rebounding.

Trump’s advocacy for reviving the coal-mining industry stands as an exception among the three nations’ leaders. Yet the U.S. also is where coal’s rebound could be briefest.

Cheap natural gas, a growing appetite for renewable energy and stricter pollution rules spurred utilities to shut down or announce retirements for several hundred U.S. coal plants. U.S. utilities that invested heavily in alternatives are considered unlikely to revert to coal.

Source: American news media.

Evolution de la production mondiale de charbon.

 

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6 réflexions au sujet de « Coup dur pour la COP 21! Les glaciers continueront de fondre // A hard blow against the Paris climate agreement ! Glaciers will keep melting »

  1. Bonjour Claude ;
    Char-bon, mais mauvaise bataille ?
    Même si l’on peut déplorer l’invasion en « perturbateurs endocriniens » (Ceux qui atteignent la glande thyroïde et provoque le crétinisme) à laquelle la Maison Blanche est aujourd’hui en proie, La COP 21 reste pour moi un point d’encrage solide et définitifs pour toutes les Nations et organisations qui ont compris à cette occasion qu’il est vain de continuer d’assoir leur développement et leur croissance sur l’utilisation des énergies fossiles qui vont bientôt faire défaut. Certes cette modification dans la logique de penser est indéniablement beaucoup plus motivée par l’appât du gain que par la préservation de la planète, mais au moins et pour une fois, l’un ne peut pas nuire à l’autre. Si tous les « dinosaures de l’outrance et de l’irresponsabilité » continuent à brouter la bonne Herbe sans penser à modifier leurs habitudes alimentaires, c’est qu’ils n’ont pas réalisé qu’ils n’ont, à termes, aucune chance de survivre, ils iront irrémédiablement dans le « mur » qu’ils auront eux même érigé. Restant de « glace » devant le déluge polaire, ils auront tôt fait de fondre à leur tour.
    L’énergie de demain, celle qui permettra d’exister aux quelques 10 ou 12 milliards d’individus qui peupleront bientôt la planète sera éminemment électrique ou ne sera pas. Si l’on peut comprendre que sa production pourrait bien s’assoir sur les « énergies renouvelables », vent, soleil, marée, géothermie, c’est son stockage qui pose un énorme problème. La ruée actuelle sur les mines de lithium (Bolivie, Chili, Chine) destinée à produire des batteries, ne suffira pas répondre aux énormes besoins de l’industrie.
    Les réserves actuelles de cette substance dans le monde sont estimées, entre 15 et 25 millions de tonnes (Estimations Renault et US Geological Survey) et, après avoir « labouré » des montagnes toutes entières a coup de bulldozers pétro-tractés, cela limitera tout de même la transformation des automobiles bus et camions puisqu’il en faut environ 3 kg pour faire avancer une bagnole. (1,2 milliard d’automobiles aujourd’hui dans le monde, pour 7.4 milliard d’individus)
    Sans pour autant sombrer dans un pessimisme outrancier, et même s’il nous reste l’hydrogène, voir également, pour la production de céréales, les bêtes de somme, je crois sincèrement que l’on n’a pas finit « d’é-COP ‘er ».
    Amitiés
    Pierre Chabat

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  2. Bonjour,
    Le charbon est une vraie malédiction, riche en soufre sa combustion peut aussi permettre la formation d’aérosols sulfatés qui on un effet négatif sur le forçage radiatif. C’est à dire que le jour où nous cesserons d’utiliser ce combustible, nous prendrons double peine : éclaircissement et effet de serre du CO2 résultant accru.
    Un éclaircissement en Europe serait responsable de l’accélération du réchauffement Arctique : http://www.insu.cnrs.fr/node/5017

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    1. Bonjour Tripette,
      A l’instar des perturbations atmosphériques que l’éruption volcanique du Tambora provoqua en 1815 (VEI 7, volume matières denses émises 150 Km3), il semblerait effectivement qu’aérosols sulfatées et particules fines volatilisées en atteignant la stratosphère aient, en jouant un rôle totalement inverse sur la pénétration des rayons solaires, provoqués une si importante perturbation du vortex polaire qu’on aura observé simultanément un refroidissement des latitudes moyenne et un réchauffement des pôles. Mais nous avons ici un exemple de perturbations stratosphériques, qui impliquèrent un réchauffement de cette couche d’atmosphère plus mince aux pôles qu’à l’équateur, et dont la température de bas en haut (sur une trentaine de km d’épaisseur) va de moins 56°C à pratiquement zéro au sommet. Pour l’heure, et concernant la combustion du charbon, il me semble que tout se passe au niveau de la troposphère, les échanges thermiques restant relativement proches de la surface terrestre et que leur interactions soient essentiellement de type Air-eau. C’est pourquoi l’effet inverse que peuvent avoir aérosols sulfatées et gaz carbonés sur les rayons solaires au sol ne peuvent pas pour moi impliquer une « double peine » mais simplement juguler l’effet de l’un sur l’autre.
      Ce qui me porte à exprimer, même en lisant l’article que vous citez en référence, ma « souffrance » relativement, à la fois du méfait du charbon, mais aussi de l’imprécision dans l’explication du phénomène induit par sa combustion. Pour le coup, j’ai vraiment l’impression de subir moi aussi une certaine double peine.
      Par ailleurs, une autre « malédiction » du charbon est l’importante radioactivité des résidus de combustion, qui sont stockés n’importe où en Inde, par exemple, et dont nul ne sait vraiment comment nous pourrions traiter ces déchets mortifères. Comme quoi, en jouant avec le feu ce n’est pas toujours la flamme qui est à craindre.
      Bien cordialement
      Un grand bonjour chaleureux à Claude
      Pierre Chabat

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    1. Bonjour,
      Merci pour cet article qui apporte de l’eau à mon moulin. Il y a les discours officiels et ce qui se fait par derrière. Il y a 15 jours, j’étais dans les Alpes suisses et françaises où la situation glaciaire est absolument catastrophique. On va droit dans le mur, mais je n’ai pas l’impression que la population s’en rende compte. Il fait beau, il fait chaud, on va bronzer, on va à la plage et le reste n’a aucune importance. La pénurie en eau s’accentue? Pas grave, on boira du vin; nous sommes en surproduction! Plus sérieusement, j’ai rencontré Jean-Loup Etienne il y a quelques mois; selon lui, à supposer que par un coup de baguette magique on arrête les émissions polluantes aujourd’hui, il faudra au moins un siècle pour que la planète retrouve un semblant d’équilibre. J’ai peur pour mes petits-enfants…
      Amitiés.
      Claude Grandpey

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