L’agonie des petits glaciers tropicaux // The rapid death of small tropical glaciers

Selon une nouvelle étude publiée dans les Proceedings de l’Académie Nationale des Sciences, les glaciers peu connus d’Indonésie fondent si vite qu’ils pourraient disparaître dans les dix prochaines années. Cela confirme la menace que fait peser le réchauffement climatique sur la couverture glaciaire dans les pays tropicaux.
L’été dernier, l’Islande a pleuré la mort de l’Okjokull, disparu à cause du changement climatique, en sachant que 400 autres glaciers de l’île risquent de connaître le même sort. Dans le même temps, une équipe de chercheurs suisse a averti que les émissions de gaz à effet de serre pourraient entraîner la disparition de plus de 90% des glaciers alpins d’ici la fin du siècle. L’accélération de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique entraînera une élévation du niveau de la mer qui menacera les mégapoles côtières et les petites nations insulaires. Il ne faudrait pas oublier, non plus, que les glaciers sont une source d’eau essentielle pour des dizaines de millions de personnes sur la planète.
Bien qu’ils soient généralement associés aux pays froids, les glaciers sont aussi présents en Papouasie, province de Nouvelle-Guinée occidentale (Indonésie), où ils sont des marqueurs clés de l’impact de la hausse des températures. Ces glaciers tropicaux sont pour la plupart de petite taille et leur temps de réaction aux variations de température est donc plus rapide que celui des grands glaciers et des calottes glaciaires. Des estimations antérieures indiquaient que les glaciers de Papouasie avaient diminué d’environ 85% au cours des dernières décennies.
Les auteurs de la dernière étude expliquent que les glaciers – qui couvraient autrefois une vingtaine de kilomètres carrés – ont tellement rétréci qu’ils occupent actuellement moins de cinq cents mètres carrés. La vitesse d’amincissement de la glace a également été multipliée par cinq au cours des dernières années. La situation est inquiétante car la glace ne se forme plus et on ne peut qu’observer la diminution de ces glaciers.
La fonte a été accélérée par le phénomène El Nino qui provoque un réchauffement des températures et réduit les précipitations. Selon les chercheurs, réduire les émissions de gaz à effet de serre et planter plus d’arbres pourrait probablement ralentir la disparition des glaciers en Papouasie, bien que la tâche soit très difficile.
Indépendamment de tout impact environnemental, la disparition de ces glaciers tropicaux serait également une perte culturelle car certains Papous indigènes les considèrent comme sacrés.
Source: Yahoo News.

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According to a new study published in the Proceedings of the National Academy of Sciences, Indonesia’s little-known glaciers are melting so fast they could disappear in a decade. This underscores the imminent threat posed by climate change to ice sheets in tropical countries.

Last summer, Iceland mourned the death of Okjokull, its first glacier lost to climate change, amid warnings that some 400 others on the island risk the same fate. Meanwhile, a team of researchers in Switzerland warned that greenhouse gas emissions could cause the disappearance of more than 90 percent of glaciers in the Alps by the end of the century. Accelerating melt-off from glaciers and especially ice sheets in Greenland and Antarctica are driving sea level rises, threatening coastal megacities and small island nations. Glaciers are also a key water source for tens of millions of people.

While they are usually associated with cold-weather countries, the glaciers in Papua, an Indonesian region on the western half of New Guinea island, are a key marker of the impact of rising global temperatures. Such tropical glaciers are mostly smaller and so their response time to variations in climate change is faster compared to larger glaciers and ice sheets. Earlier estimates suggested that Papua’s glaciers have shrunk by some 85 percent in the past few decades.

The authors of the last study explain that glaciers that once covered some 20 square kilometres have shrunk to less than half of one square kilometre. There has also been a more than five-fold increase in the rate of ice thinning over the past few years. The situation has reached worrying levels because ice formation is no longer happening; one can only observe glacier recession.

The melting has been exacerbated by the El Nino phenomenon, which causes warmer temperatures and reduced rainfall. According to the researchers, reducing greenhouse gas emissions and planting more trees could probably slow down the ice recession in Papua, although the task will be very difficult.

Aside from any environmental impact, the glaciers’ disappearance would also be a cultural loss for some indigenous Papuans who consider them sacred.

Source : Yahoo News.

Image satellite des glaciers du Puncak Jaya en 2005 (Crédit photo : NASA).

2020 sera une autre année chaude // 2020 will be another hot year

Alors que se termine 2019, le Met Office (agence météo britannique) a fait des pronostics climatiques pour l’année 2020 qui devrait confirmer la tendance récente et être l’une des années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1850.

L’année 2015 a été la première où la température moyenne globale a dépassé 1,0°C au-dessus de la période préindustrielle (1850-1900). L’année la plus chaude jamais enregistrée a été 2016 avec +1,16°C, en grande partie à cause du réchauffement provoqué par El Niño dans le Pacifique tropical. 2020 devrait être encore une année très chaude, aux alentours de +1,11°C, mais sans l’influence d’El Niño qui est susceptible d’ajouter près de 0,2°C lors des événements extrêmes.

Le Met Office prévoit que la température moyenne mondiale pour 2020 se situera entre +0,99°C et +1,23°C  avec une estimation centrale de 1,11°C au-dessus de la période préindustrielle. Si cette prévision centrale se confirmait, cela en ferait la deuxième année la plus chaude des archives après 2016 et mettrait 2020 quasiment au même niveau que 2019.

En l’absence de réchauffement induit par El Niño dans le Pacifique, seule l’augmentation des niveaux de gaz à effet de serre est à l’origine des prévisions de température pour 2020.

Les calculs sont basés sur les principaux moteurs du climat mondial, mais elles n’incluent pas les événements imprévisibles, tels qu’une grande éruption volcanique, qui provoquerait un refroidissement temporaire.

Les prévisions du Met Office pour la température moyenne mondiale de 2019, publiées fin 2018, annonçaient entre +0,98°C et +1,22°C avec une estimation centrale de +1,10°C. Cela concorde étroitement avec la température mondiale effectivement observée cette année.

Source : global-climat.

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As 2019 is coming to an end, the Met Office (UK weather agency) has made weather forecasts for 2020, which should confirm the recent trend and that it should be one of the hottest years since the start of measurements in 1850.
2015 was the first year during which the global average temperature exceeded 1.0°C above the pre-industrial period (1850-1900). The hottest year on record was 2016 with + 1.16°C, largely due to the warming caused by El Niño in the tropical Pacific. 2020 should be another very hot year, around + 1.11°C, but without the influence of El Niño which is supposed to add almost 0.2°C during extreme events.
The Met Office predicts that the global average temperature for 2020 will be between + 0.99°C and + 1.23°C with a central estimate of 1.11°C above the pre-industrial period. If this central forecast is confirmed, it would make it the second hottest year in the archives after 2016 and put 2020 almost at the same level as 2019.
In the absence of El Niño-induced warming in the Pacific, only increasing greenhouse gas levels are behind the temperature forecast for 2020.
The calculations are based on the main drivers of the global climate, but they do not include unpredictable events, such as a large volcanic eruption, which would cause temporary cooling.
The Met Office forecasts for the 2019 global average temperature, published at the end of 2018, announced between + 0.98°C and + 1.22°C with a central estimate of + 1.10°C. This closely matches the global temperature actually observed this year.
Source: global-climat.

Anomalies thermiques à l’échelle mondiale par rapport à 1850-1900 à partir des données collectées par le Met Office ; la NASA et la NOAA.

Le réchauffement climatique menace les communautés autochtones de l’Arctique // Climate change is a threat to Arctic native communities

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, l’Arctique est en train de devenir l’une des principales victimes du réchauffement climatique. Le permafrost fond en libérant des gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone et le méthane ; de nouvelles voies de navigation s’ouvrent dans l’océan et des ressources minérales voient la lumière du jour.

Les éleveurs de rennes de l’Arctique – dans le nord de la Suède, de la Norvège, de la Finlande et le nord-ouest de la Russie – subissent de plein fouet la hausse des températures, comme le confirme un reportage diffusé par la chaîne France Info.

En Laponie, les Sami sont contraints de donner de la nourriture à leurs rennes, ce qu’ils n’avaient jamais fait par le passé. Le problème, c’est que le sol gèle avec des températures pouvant atteindre -40°C. Avec le réchauffement climatique, ces périodes froides alternent avec des périodes de redoux pendant lesquelles la couche de neige fond. Cette eau gèle à nouveau quand revient le grand froid et les rennes ne peuvent pas gratter sous cette glace pour trouver leur nourriture. Les animaux maigrissent, meurent de faim et beaucoup de femelles avortent. Cette année au Svalbard, 200 bêtes ont été victimes de la famine.A cause de ce problème, les Sami de Laponie sont obligés de regrouper les rennes dans des enclos pour les nourrir, avec les frais que cela suppose. Du jamais vu ! A cela s’ajoute la réduction de taille des pâturages à cause de l’industrie minière et forestière.

Les participants à la COP25 de Madrid semblent avoir ignoré totalement ces problèmes. De toute façon, la partie est probablement perdue d’avance. L’accord de Paris et sa tentative de limiter la hausse des températures à 1,5°C n’aura servi à rien. Dans le Grand Nord, la hausse des températures atteint déjà +2°C, voire +4°C par endroits.

Les peuples de l’Arctique qui se sont retrouvés lors d’un sommet organisé à Rovaniemi (Finlande) à la mi-novembre, craignent pour l’avenir de leurs modes de vie, l’élevage de rennes ou encore la pêche. Le changement climatique intervient si vite qu’ils n’ont pas le temps de s’adapter.

Il faut savoir que jusque dans les années 1960, les autorités ont essayé de dissuader les Sami de s’adonner à l’élevage des rennes ; leur langue et leur culture n’ont pas été reconnues. Ils sont aujourd’hui 70 000 Sami et 10% seulement élèvent des rennes. Ils tirent leurs ressources de la vente de la viande, des peaux et des bois dont la taille alimente un artisanat local.

Source : France Info.

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As I have put it many times, the Arctic is becoming one of the main victims of global warming. Permafrost is melting and releasing greenhouse gases such as carbon dioxide and methane; new shipping lanes are opening in the ocean and mineral resources see the light of day.
Arctic reindeer herders – in northern Sweden, Norway, Finland and northwestern Russia – are bearing the brunt of rising temperatures, according to a report released by the French radio France Info.
In Lapland, the Sami are forced to feed their reindeer, which they had never done in the past. The problem is that the ground freezes with temperatures up to -40°C. With global warming, these cold periods alternate with periods of mild weather during which the layer of snow melts. This water freezes again when the cold weather returns and the reindeer can not scratch under this ice to find their food. Animals lose weight, starve and many females abort. This year in Svalbard, 200 animals starved to death. Because of this problem, the Sami of Lapland are forced to gather the reindeer in pens to feed them, with the expenses that includes. Never seen before ! Added to this is the reduction in pasture size because of the mining and forestry industry.
The participants at the COP25 in Madrid don(t care about these problems. In any case, the game is probably lost in advance. The Paris agreement and its attempt to limit the rise in temperatures to 1.5°C will have been useless. In the Far North, the rise in temperatures has already reached + 2°C, even + 4°C in some places.
The peoples of the Arctic who met at a summit in Rovaniemi (Finland) in mid-November, fear for the future of their lifestyles, reindeer herding or fishing. Climate change is happening so fast that they do not have time to adapt.
It should be known that until the 1960s, the authorities tried to dissuade the Sami from farming reindeer herding; their language and culture were suppressed. Today, they are 70,000 Sami and only 10% are raising reindeer. They make a living from the sale of meat, skins and antlers whose carving brings some money to craftsmen.
Source: France Info.

Photo: C. Grandpey

Quelle chaleur ! // How hot !

L’Australie connaît actuellement la plus forte vague de chaleur de son histoire et les records tombent. La température moyenne nationale a atteint 40,9°C le 19 décembre 2019, faisant de cette journée la plus chaude depuis le début des relevés. Le précédent record de 40,3°C remonte à janvier 2013. Les météorologues australiens pensent que la vague de chaleur pourrait encore s’accentuer, ce qui ne va pas améliorer la situation sur le front des incendies de végétation.

 Source : Australia  Bureau of Meteorology

La situation n’est guère plus enviable en Russie où une station météorologique au nord de Moscou a enregistré le 18 décembre 2019 une température de 5,4°C, du jamais vu depuis le début des relevés. Le précédent record de 5,3°C remonte à 1886. Ce même jour, la capitale russe a enregistré un nouveau record de chaleur, avec absence de neige, ce qui est tout à fait inhabituel à cette époque de l’année. Les Moscovites ont dû renoncer au ski de fond et les patinoires de plein air sont fermées.
Source : BFMTV.

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Australia is currently going through the strongest heat wave in its history and records are breaking. The national average temperature reached 40.9°C on December 19th, 2019, making this day the hottest since the surveys began. The previous record of 40.3°C dates back to January 2013. Australian meteorologists believe that the heat wave could worsen further, which will not improve the wildfire situation.
Source: Australia Bureau of Meteorology

The situation is hardly more enviable in Russia where a weather station north of Moscow recorded a temperature of 5.4°C on December 18th, 2019, unprecedented since the start of the surveys. The previous record of 5.3°C dates back to 1886. That same day, the Russian capital recorded a new heat record, with no snow, which is quite unusual at this time of the year. Muscovites had to give up cross-country skiing and the outdoor skating rinks were closed.
Source: BFMTV.

Source : Australia  Bureau of Meteorology