La fonte de la glace et du permafrost risque de libérer de nouveaux virus // Melting ice and permafrost may release new viruses

Alors de la planète s’inquiète du nouveau coronavirus apparu il y a quelques jours en Chine, des chercheurs américains et chinois qui travaillent dans les glaces de l’Himalaya ont mis à jour plusieurs virus jusqu’alors inconnus. Ce n’est pas vraiment une surprise. J’ai évoqué à plusieurs reprises sur ce blog ce même risque lié à la fonte du permafrost dans les hautes latitudes. Ainsi, des éleveurs de rennes en Sibérie ont été victimes au cours de l’été 2016 d’une épidémie d’anthrax après avoir consommé une carcasse de renne décongelée. En 2017, des chercheurs ont découvert, dans le permafrost un virus géant vieux de 30.000 ans. Ils étaient parvenus, sous contrôle, à le réactiver pour infecter une amibe unicellulaire. C’est la preuve que les virus peuvent survivre, au moins 30.000 ans.

Les chercheurs américains et chinois se sont rendus au Tibet en 2015. La mission avait pour but de forer les glaciers de l’Himalaya et d’analyser ensuite les carottes pour y rechercher des bactéries et autres virus. Dans une pré-édition de leur étude, on apprend qu’ils ont ainsi mis au jour pas moins de 33 virus dont 28 jusque-là inconnus de la science.

Ces virus ont été découverts dans une glace vieille de 15 000 ans, à une cinquantaine de mètres de profondeur. Pour s’assurer que ces échantillons ne seront pas contaminés par leur exposition à l’air ambiant, les chercheurs ont suivi des protocoles d’échantillonnage très sévères : Travail dans une chambre froide portée à moins 5 °C ; utilisation d’une scie à ruban stérilisée ; lavage des carottes à l’éthanol puis à l’eau stérile.

Les chercheurs n’int pas été vraiment surpris de découvrir des virus jusqu’alors inconnus et qui étaient assez différents d’une carotte à l’autre ; l’une datait de 15.000 ans, l’autre de seulement 520 ans. Ces différences sont probablement révélatrices de conditions climatiques dissemblables au moment de leur dépôt, mais elles fournissent des informations importantes sur la manière dont les virus peuvent prospérer ou non en fonction des conditions environnementales.

Les chercheurs ont profité de cette étude pour attirer l’attention du public sur une problématique nouvelle à laquelle ils se heurtent aujourd’hui : la fonte des glaces, résultat du réchauffement climatique. Selon eux, dans le meilleur des cas, la fonte des glaces nous fera perdre des données microbiennes et virales précieuses qui pourraient nous renseigner sur les régimes climatiques passés de notre planète ainsi que sur l’évolution probable des populations de micro-organismes avec les variations climatiques à venir. Dans le pire des cas, le réchauffement climatique – et la nouvelle exploitation minière de régions auparavant inaccessibles – pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement.

Source : Futura Sciences.

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While the world is worried about the new coronavirus that appeared a few days ago in China, American and Chinese researchers working in the ice of the Himalayas have discovered several viruses hitherto unknown. It’s not really a surprise. I have mentioned several times on this blog the risk linked to the melting of permafrost in high latitudes. Reindeer herders in Siberia suffered from an anthrax epidemic in the summer of 2016 after consuming a thawed reindeer carcass. In 2017, researchers discovered a giant 30,000-year-old virus in permafrost. They had managed, under control, to reactivate it to infect a single-celled amoeba. This is proof that viruses can survive, at least 30,000 years.

The American and Chinese researchers visited Tibet in 2015. The mission aimed to drill the Himalayan glaciers and then analyze the ice cores for bacteria and other viruses. In a pre-edition of their study, we learn that they have detected no less than 33 viruses, including 28 previously unknown to science.
These viruses were discovered in 15,000-year-old ice, some 50 meters deep. To ensure that these samples will not be contaminated by their exposure to ambient air, the researchers followed very strict sampling protocols: Work in a cold room brought to minus 5°C; use of a sterilized band saw; washing the carrots with ethanol and then with sterile water.
The researchers were not really surprised to discover viruses hitherto unknown and which were quite different from one ice core to another; one was 15,000 years old, the other only 520 years old. These differences are probably indicative of dissimilar climatic conditions at the time of their deposition, but they do provide important information about how viruses may or may not thrive depending on environmental conditions.
The researchers took advantage of this study to draw public attention to a new problem they are facing today: the melting of the ice, the result of global warming. According to them, in the best of cases, the melting of the ice will cause us to lose precious microbial and viral data which could inform us about the past climatic regimes of our planet as well as about the probable evolution of the populations of microorganisms with the variations.of future climates. In the worst case, global warming – and new mining in areas previously inaccessible – could be the source of new pathogens in our environment.
Source: Futura Sciences.

Carte montrant les régions arctiques recouvertes par le permafrost (Source: NOAA)

Toundra en Alaska (Photo: C. Grandpey)

L’océan attaque Miami Beach // The ocean erodes Miami Beach

Le président Trump a déclaré un jour que le changement climatique était un canular, mais il semble que ce ne soit pas une blague en Floride. En lisant la presse locale et nationale, on apprend que des dizaines de camions ont commencé à déverser des centaines de milliers de tonnes de sable sur Miami Beach dans le cadre des mesures prises par le gouvernement américain pour protéger les destinations touristiques de Floride contre les effets du changement climatique.

L’élévation du niveau de la mer entraîne une accélération de l’érosion de la célèbre plage. Cela vient s’ajouter aux tempêtes côtières et surtout aux ouragans.
En janvier, l’Army Corps of Engineers a commencé une opération d’un coût de 16 millions de dollars consistant à déverser 233 000 mètres cubes de sable sur des zones de Miami Beach qui ont subi une forte érosion en juin dernier. Le projet était initialement conçu pour réparer les dégâts causés par l’ouragan Irma en 2017. Chaque jour, entre 150 et 200 camions, chacun contenant 22 tonnes de sable, vont venir vider leurs bennes sur la plage.

Le sud de la Floride est considéré comme un point névralgique du changement climatique. La côte n’est pas seulement victime de l’érosion des plages. Les autorités locales sont également confrontées aux inondations qui se produisent pendant les très grandes marées de printemps – les King tides – qui inondent aussi certaines routes.
Le projet fait partie d’un plan global de 158 millions de dollars financé par le gouvernement fédéral pour protéger Miami contre les ouragans et l’érosion des plages. Certaines personnes disent que cette initiative sera inutile et que c’est comme si le gouvernement jetait des millions de dollars dans l’océan chaque année.

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President Trump said climate change was a hoax, but it looks as if it is not a joke in Florida. Reading the local and national press, we learn that dozens of trucks have started dumping hundreds of thousands of tons of sand on Miami Beach as part of US government measures to protect Florida’s tourist destinations against the effects of climate change.

Rising sea levels are causing the accelerated erosion of the famous beach, as well as coastal storms and in particular hurricanes.

This January, the Army Corps of Engineers began the $16 million operation to dump 233,000 cubic metres of sand on areas of Miami Beach that were eroded in last June, a project that was originally designed to address damage caused by Hurricane Irma in 2017. Every day, trucks will tip between 100 and 250 loads, each containing 22 tons of sand, onto Miami Beach.

South Florida is considered ground zero for climate change. There is not only beach erosion. Local authorities are also confronted with flooding going on during King tides – especially high spring tides – which happen all too often now, where some roads get flooded.

The project is part of an overall $158 million federally funded plan to protect Miami from hurricanes and control beach erosion. Some people say the project will be useless and that it is like throwing millions of dollars out in the ocean every year

Vu à Miami: Projet de rehaussement de la chaussée pour éviter qu’elle se fasse inonder !(Photo : C. Grandpey)

Bureau Australien de Météorologie : le changement climatique anthropique aggrave les incendies de forêt // Australian Bureau of Meteorology: human-caused climate change is worsening the wildfires

Selon le Bureau Australien de Météorologie, le changement climatique provoqué par les activités humaines aggrave les incendies de forêt en Australie. En effet, le phénomène augmente le risque de feux de végétation dans le pays en allongeant la saison des incendies, en diminuant les précipitations et en augmentant la température.
Bien que le changement climatique n’allume pas directement les incendies, il leur donne la possibilité de prendre une ampleur catastrophique en créant des températures plus chaudes, en augmentant la quantité de végétation sèche et en réduisant la disponibilité en eau en raison d’une évaporation plus élevée.
Le sud de l’Australie a connu un réchauffement rapide d’environ 1,5°C depuis 1950, ce qui crée des conditions parfaites pour des incendies dévastateurs. Selon le Bureau de Météorologie, 2019 a été l’année la plus chaude et la plus sèche jamais observée en Australie. Le mois de décembre en particulier a été l’un des deux mois les plus chauds jamais enregistrés. Un climatologue de l’Université de Columbia explique que la hausse constante des températures augmente la probabilité de vagues de chaleur et d’incendies. Selon lui, «leur véritable cause n’est pas le soleil. Ce ne sont pas non plus les volcans, ni les cycles naturels. Si quelqu’un vous dit: « Cela fait partie d’un cycle normal » ou « nous avons déjà eu des incendies comme celui-là auparavant », souriez poliment et partez, car cette personne n’a rien compris. »
Source: USA Today.

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According to the Australian Bureau of Meteorology, human-caused climate change is worsening the wildfires in Australia. Indeed, it is increasing bushfire risk in the country by lengthening the fire season, decreasing precipitation and increasing temperature.

While climate change does not directly ignite the fires, it gives them the chance to turn into catastrophic blazes by creating warmer temperatures, increasing the amount of dry vegetation available and reducing water availability because of higher evaporation.

Southern Australia has seen rapid warming of around 1.5°C since 1950, which creates perfect conditions for devastating fires. According to the Bureau of Meteorology, 2019 was both the hottest and driest year ever measured in Australia. December was particularly harsh: It was one of the top two hottest months on record for the nation. A Columbia University climate scientist explains that the constant increase in temperatures makes heat waves and fires more likely: “It’s not the sun. It’s not volcanoes. It’s not natural cycles. If anyone tells you, ‘This is part of a normal cycle’ or ‘we’ve had fires like this before,’ smile politely and walk away, because they don’t know what they’re talking about. »

Source: USA Today.

Image 3D des incendies en Australie, à partir de données satellitaires fournies par la NASA. On y voit les régions affectées par le feu, ce qui ne signifie pas forcément que ces zones soient actuellement en train de brûler.

L’Australie défie le changement climatique // Australia challenges climate change

Alors que le feu continue de ravager la végétation dans les Etats de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria en Australie, les médias étrangers critiquent vertement l’attitude des autorités face à la crise.
La plupart des journaux écrivent que l’Australie est « prise dans une spirale climatique, » en partie par sa propre faute. Le pays est en train de payer le prix fort de son exploitation des combustibles fossiles. Deux des plus grandes catastrophes climatiques se produisent aujourd’hui en Australie : les feux de végétation, et la destruction irréversible de la Grande Barrière de Corail.
L’Australie est l’un des pays les plus exposés aux dangers du changement climatique. La majeure partie du 21ème siècle s’est déroulée dans une sécheresse historique. Les océans tropicaux autour de l’Australie sont plus menacés que tout autre biome par le changement climatique. Les habitants se sont regroupés le long des côtes tempérées et tropicales, là même où la hausse du niveau des océans menace les grandes villes. Ces mêmes bandes de terres habitables sont les endroits qui brûlent actuellement ou qui risquent d’être ravagés par le feu dans les prochaines années.
Confronté à de tels désastres, les Australiens pourraient se serrer les coudes pour éviter qu’ils se reproduisent. Au lieu de cela, ils ont élu des dirigeants ayant d’autres priorités. Par exemple, les exportations de charbon sont au cœur de la croissance économique du pays. L’Australie est le deuxième exportateur mondial de charbon et a évité la récession au cours des 27 dernières années en grande partie grâce à la vente du charbon.
La grande question est de savoir si l’Australie continuera d’être le proie des flammes et si la Grande Barrière de Corail continuera de mourir. Le Premier Ministre continuera-t-il à nier tout lien entre les feux de végétation et le changement climatique, comme l’a fait le président Trump en imputant les incendies de 2018 en Californie à la mauvaise gestion des forêts par cet État.
Les incendies qui ravagent actuellement l’Australie ont entamé la popularité de M. Morrison, le Premier Ministre. Des habitants furieux, dont certains avaient perdu leur maison, s’en sont pris verbalement à M. Morrison et ont refusé de lui serrer la main. Ils protestent contre le financement insuffisant des services d’incendie dans les campagnes. Certaines personnes l’ont accusé de « suicide climatique.»
Il est assez incroyable de constater que la réponse des dirigeants australiens à cette crise nationale sans précédent n’a pas été de défendre leur pays mais de défendre l’industrie des combustibles fossiles, comme s’ils voulaient que le pays soit condamné à sa perte. Alors que les incendies explosaient à la mi-décembre, le chef du parti travailliste d’opposition a fait une tournée des communautés minières pour exprimer son soutien sans équivoque aux exportations de charbon. Son argument est que si l’Australie cessait d’exporter aujourd’hui, la demande en charbon ne diminuerait pas ; le charbon proviendrait d’ailleurs. Cela ne réduirait donc pas les émissions de gaz à effet de serre. Il a ajouté que l’arrêt des exportations de charbon nuirait à l’économie et ne présenterait aucun avantage pour l’environnement.

Source : Journaux néo-zélandais et australiens.

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While bushfires keep destroying huge areas of Australia’s New Souh Wales and Victoria, overseas media outlets strongly criticize the authorities’response to the crisis  .

The general opinion is that Australia is « caught in a climate spiral » partly of its own creation. The country is paying the high price for the conditions that its fossil fuels have helped bring about. The two biggest kinds of climate calamity happening today have begun to afflict the continent. On the one hand, there are the bushfires, and on the other hand the irreversible destruction of the Great Barrier Reef.

Australia is one of the countries most at risk from the dangers of climate change. It has spent most of the 21st century in a historic drought. Its tropical oceans are more endangered than any other biome by climate change. Its people are clustered along the temperate and tropical coasts, where rising seas threaten major cities. Those same bands of liveable land are the places either now burning or at heightened risk of bushfire in the future.

Confronted with such challenges, Australia’s people might rally to reverse these dangers. Instead, they have elected leaders with other priorities. For instance, coal exports are at the heart of the country’s economic growth. Australia is the world’s second-largest exporter of coal, and has avoided recession for the past 27 years in part by selling coal.

The big question is to know whether Australia will continue to burn, and its coral will continue to die. Will Prime Minister Morrison distract from any link between the bushfires and climate change, as President Donald Trump did when he inexplicably blamed California’s 2018 blazes on the state’s forest mismanagement.

The current bushfires have made the Prime Minister unpopular. Furious locals, some of whom had lost their homes, shouted at Mr Morrison and refused to shake his hand. Their chief complaint was insufficient funding for the Rural Fire Service. Some people accused him of committing « climate suicide. »

Incredibly, the response of Australia’s leaders to this unprecedented national crisis has been not to defend their country but to defend the fossil fuel industry as if they were willing the country to its doom. While the fires were exploding in mid-December, the leader of the opposition Labour Party went on a tour of coal mining communities expressing his unequivocal support for coal exports. His argument is that if Australia stopped exporting today there would not be less demand for coal; it would come from a different place. So it would not reduce emissions. He added that stopping exporting coal would damage the economy and would not have any environmental benefit.

Source: New Zealand and Australian newspapers.

Source: ESA