Submersion et pollution en Islande // Submersion and pollution in Iceland

La tempête Dennis a frappé l’Europe du Nord à la mi-février. A Reykjavik, la capitale islandaise, une rafale de 112 km / h a été enregistrée le 14 février 2020, tandis que plus à l’ouest de la ville, un coup de vent de 142 km / h a été signalé dans la ville de Keflavik.
C’est pendant les tempêtes que l’on peut voir les effets de l’élévation du niveau de la mer provoquée par le réchauffement climatique. En Islande, les intempéries et le fort coefficient de marée ont provoqué un phénomène de submersion, de sorte que les maisons situées près de l’océan ont eu les pieds dans l’eau à Keflavík, sur la Péninsule de Reykjanes. À Garður, pas très loin de là, les digues de terre n’ont pas suffi à retenir les vagues, provoquant l’inondation des maisons.
Les secours ont été appelés plus de 60 fois en une seule journée à Reykjanes.
Les dégâts matériels sont importants sur la Péninsules de Reykjanes, principalement à Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík et Keflavík, où de nombreuses toitures se sont envolées. La vidéo ci-dessous montre les inondations à Keflavík::
https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Outre la tempête, on peut rappeler que la fonte des glaciers se poursuit en Islande, comme on peut le voir sur une vidéo que vient de m’envoyer un visiteur de mon blog:.
https://youtu.be/6VahrDHNGPY

Il était en Islande en 2018. A côté de la fonte des glaciers, il a pu observer la pollution domestique le long des côtes, jusque dans des endroits très rarement visités par les touristes. En voyant le plastique sur le littoral, on imagine facilement le niveau de pollution en pleine mer !

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Storm Dennis hit northern Europe in mid-February. In Iceland’s capital of Reykjavik, a 112-km per hour wind gust was reported on February 14th, 2020, while farther west of the city, an 142-km per hour gust was reported in the town of Keflavik.

It is during the storms that one can see the effects of increased sea level caused by global warming. In Iceland, the severe weather and high sea levels have caused the flooding of houses in Keflavík, on the Reykjanes Peninsula, wherethe houses are located near the ocean. In nearby Garður, levies have not sufficed to hold the waves back, causing houses to flood.

Rescue teams in Reykjanes have been called out more than 60 times in a single day.

Property damage is substantial in Reykjanes – in Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík and Keflavík, mainly due to flying roofing sheets and debris. The video below shows the flooded area in Keflavík : :

https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Beside the stormy weather, one can add that glacier melting is going on in Iceland, as can be seen on a video a visitor to my blog has just sent me.

https://youtu.be/6VahrDHNGPY

He was in Iceland in 2018. Apart from glacier melting he could observe the domestic pollution along the coasts, in places that are very rarely visited by tourists. Seeing the plastic on the shores, one can easily imagine the pollution level out at sea.

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Sur ces images extraites de la vidéo, on a l’exemple parfait d’un glacier – le Klofajökull- en pleine phase de recul, avec rupture de sa partie frontale. La deuxième image montre une vue de l’encaissant encre très récent du glacier. Sur la troisième photo, on peut voir les matériaux laissés par le Klofajökull pendant son recul, avec les habituels lacs de fonte. Ne pas s’aventurer sur cette zone où les pièges sont nombreux.

Coup de chaud en Antarctique ! // It’s hot in Antarctica !

Non, vous ne rêvez pas! Le 6 février 2020, la température à la pointe nord de l’Antarctique a atteint 18,3 ° C! Relevée à la base d’Esperanza le long de la péninsule de la Trinité, elle bat le précédent record de 17,2 ° C établi en 2015. Ce nouveau record intervient quelques jours après la fin du mois de janvier le plus chaud de la Terre, et alors que 2019 a été la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée.
L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) indique que la Péninsule Antarctique est l’une des régions de la Terre où le réchauffement climatique est le plus évident. La température y a augmenté de près de 3 degrés Celsius au cours des 50 dernières années. En conséquence, environ 87% des glaciers de la Péninsule n’ont cessé de reculer, signe évident du réchauffement climatique en cours. En l’absence de mesures définitives visant à freiner le réchauffement climatique anthropique, on peut s’attendre à voir de nouveaux records battus dans un proche avenir.
Source: The Washington Post.

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No, you are not dreaming! On February 6th, 2020, the temperature on Antarctica’s northernmost tip reached an incredible18.3°C! The measurement taken at Esperanza Base along Antarctica’s Trinity Peninsula beats out a previous record of 17.2°C set in 2015, and comes just days after the end of the Earth’s hottest January, and 2019 was the second-warmest year recorded.

The World Meteorological Organization (WMO) indicates that the Antarctic Peninsula has been recorded as one of the fastest-warming regions on Earth. Its temperature has increased by almost 3 degrees over the last 50 years As a consequence, around 87 percent of the peninsula’s glaciers have continually retreated over the past 50 years, an obvious sign of ongoing global warming. With no definitive action being taken toward curbing human-caused climate change, one can expect to see these records broken again soon.

Source : The Washington Post.

Source: NOAA

Températures : Ça commence très fort en 2020 ! // A dramatic start in 2020

L’année 2020 commence très fort au niveau des températures ! Avec +0,597°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de janvier 2020 a été le 2ème plus chaud des archives NCEP-NCAR.

Le record de chaleur a été battu dans l’hémisphère sud en janvier 2020 avec une anomalie de +0,377°C, battant les deux précédents pics (favorisés par El Niño) en 1983 et 2016. Pour l’hémisphère nord, l’anomalie en janvier 2020 se situe au 2ème rang avec +0,826°C, derrière le maximum de 2016.

Comme je l’ai indiqué précédemment, on a enregistré des anomalies particulièrement positives en Scandinavie et en Russie. Pour la première fois de l’histoire des relevés, Oslo, Stockholm, Helsinki et Copenhague ont connu des températures au-dessus du point de congélation (0°C) tous les jours du mois de janvier. A Helsinki (Finlande), la température a atteint une moyenne de 3°C, battant le précédent record de 1,6°C. A Moscou (Russie), c’est la première fois en 200 années de mesures que la température moyenne d’un mois de janvier n’est pas négative.

La France n’est pas en reste et connaît un début de mois de février exceptionnellement doux, voire chaud !  On a enregistré 25°C à Saint-Jean-de-Luz le 2 février dans l’après-midi. On a également relevé 24°C à Biarritz. Du jamais vu ! On a aussi battu des records à Agen, à Auch, à Carcassonne, Béziers, Montauban.

Selon Météo France, la douceur va se prolonger au cours du prochain trimestre, même si il peut y avoir quelques périodes temporairement plus fraîches.

Dans le même temps, la Courbe de Keeling, révélatrice des émissions de CO2 dans l’atmosphère, affiche 414 ppm, soit une hausse de 4 ppm par rapport à la même période en 2019. On remarquera que les gouvernements ne s’attardent jamais sur ce parallélisme entre la hausse des températures et les émissions de CO2 d’origine anthropique…

Source : global-climat.

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Temperatures in early 2020 are showing dramatically high values! With +0.597°C above the 1981-2010 average, January 2020 was the 2nd hottest month in the NCEP-NCAR archives.
The heat record was broken in the southern hemisphere in January 2020 with an anomaly of +0.377°C, beating the two previous peaks (favoured by El Niño) in 1983 and 2016. For the northern hemisphere, the anomaly in January 2020 is in 2nd place with +0.826°C, behind the maximum of 2016.
As I mentioned earlier, there have been positive anomalies in Scandinavia and Russia. For the first time in the history of the surveys, Oslo, Stockholm, Helsinki and Copenhagen experienced temperatures above freezing (0°C) every day in January. In Helsinki (Finland), the temperature reached an average of 3°C, breaking the previous record of 1.6°C. In Moscow (Russia), it is the first time in 200 years of measurements that the average temperature in January has not been negative.
France is not to far behind and is experiencing an exceptionally mild, even hot start to February! 25°C were recorded in Saint-Jean-de-Luz on February 2nd in the afternoon.  24°C in Biarritz. Never seen before ! Records were also broken in Agen, Auch, Carcassonne, Béziers, Montauban.
According to Météo France, the mild weather will continue during the next 3 months, although there may be some temporarily cooler periods.
At the same time, the Keeling Curve, revealing CO2 emissions into the atmosphere, shows 414 ppm, an increase of 4 ppm compared to the same period in 2019. It should be noted that governments never dwell on this parallelism between rising temperatures and anthropogenic CO2 emissions …
Source: global-climat.

Source: NOAA

La fonte de l’Antarctique (rappel) // The melting of Antarctica (reminder)

J’ai décrit à maintes reprises la fonte de l’Arctique, en particulier du Groenland, mais il ne faudrait pas oublier que, dans le même temps, l’Antarctique fond à une vitesse impressionnante.
L’Antarctique est un géant de glace comparé à son homologue du nord de l’Europe. L’eau contenue sous forme de glace dans la calotte du Groenland représente environ 7 mètres d’élévation potentielle du niveau de la mer. La calotte glaciaire de l’Antarctique, quant à elle, est capable d’entraîner, si elle fond dans sa totalité, une élévation d’environ 58 mètres du niveau des océans. Le problème, c’est que l’Antarctique fond plus rapidement que prévu et dans des zones que l’on croyait auparavant à l’abri de changements rapides.

Sur la Péninsule Antarctique – la partie la plus septentrionale du continent – la températures de l’air au cours du siècle dernier a augmenté plus vite que partout ailleurs dans l’hémisphère sud. Les glaciologues affirment que le nombre de jours de fonte devrait augmenter d’au moins 50% lorsque le réchauffement climatique atteindra la limite de 1,5 ° C définie par l’accord de Paris, et c’est pour très bientôt.

Cependant, la principale menace qui pèse désormais sur la calotte glaciaire antarctique ne vient pas d’en haut. J’ai longtemps expliqué que cette menace se trouve en dessous, là où le réchauffement des eaux océaniques est capable de faire fondre la glace à un rythme encore jamais observé. Les chercheurs ont découvert que, dans certains endroits, la calotte glaciaire repose sur un substrat situé en dessous du niveau de la mer. Cela met la calotte glaciaire en contact direct avec les eaux chaudes de l’océan qui peuvent faire fondre la glace et déstabiliser la calotte glaciaire.
Les scientifiques s’inquiètent depuis longtemps de la fragilité de la glace en Antarctique occidental en raison de son interface profonde avec l’océan. Depuis 1992, les satellites  confirment que non seulement la perte de glace est déjà en cours, mais elle est en train de s’accélérer. Les derniers relevés indiquent que 25% de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental est désormais instable et que la perte de glace en Antarctique a quintuplé au cours des 25 dernières années. Ce sont des chiffres à prendre en compte car on sait que l’Antarctique occidental, s’il venait à fondre dans sa totalité, ferait s’élever de plus de 4 mètres le niveau de la mer dans le monde.

Le glacier Thwaites, le plus volumineux de l’Antarctique occidental, est actuellement sous haute surveillance car il y a encore beaucoup de choses que nous ne savons pas sur son comportement. Par exemple, le soulèvement progressif du substratum rocheux en réaction au poids plus léger exercé la glace (phénomène connu sous le nom de rebond isostatique) pourrait réduire le contact entre la calotte glaciaire et l’eau chaude de l’océan et stabiliser la vitesse de perte de glace.
D’autre part, il faut savoir que la fonte de l’eau des calottes glaciaires modifie la structure et la circulation de l’Océan Austral. Ce phénomène pourrait mettre en contact une eau encore plus chaude avec la base de la calotte glaciaire et amplifier encore davantage la perte de glace. Comme je l’ai écrit précédemment, les glaciers de l’Antarctique occidental sont interconnectés. Si l’un d’entre eux accélère sa fonte et sa vitesse de progression vers l’océan, les autres suivront la tendance.

D’autres régions de la calotte glaciaire antarctique n’ont pas fait l’objet de recherches aussi poussées que la Péninsule Antarctique et que le glacier Thwaites et on se rend compte aujourd’hui qu’elles subissent elles aussi des changements significatifs. Par exemple, le glacier Totten, près de la base australienne de Casey, perd lui aussi de la glace de façon spectaculaire. Il devient très urgent de comprendre ce qui se passe dans d’autres parties reculées de la côte antarctique orientale.

Des observations antérieures avaient révélé que l’étendue de glace de mer autour de l’Antarctique augmentait progressivement depuis des décennies. Toutefois, à partir de 2015, cette étendue a commencé à se réduire rapidement. En seulement 3 ans, l’Antarctique a perdu la même quantité de glace de mer que l’Arctique en 30 ans. Début 2020, la glace de mer autour de l’Antarctique révèle le plus bas niveau jamais enregistré depuis 40 ans de surveillance par satellite. À long terme, cette tendance devrait se poursuivre, mais une réduction de surface aussi spectaculaire sur quelques années n’était pas prévue.

Il reste encore beaucoup à apprendre sur la rapidité avec laquelle l’Antarctique réagira au réchauffement climatique, mais tout laisse à croire que le géant de glace est en train de se réveiller et l’élévation du niveau des mers qu’il va générer va nous causer bien des tracas.
Source: The Conversation. Existe aussi en version française.

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 I have described the melting of the Arctic – especially Greenland – for quite a long time, but one should not forget that Antarctica is melting to at an impressive speed.

Antarctica is an icy giant compared to its northern counterpart. The water frozen in the Greenland ice sheet is equivalent to around 7 metres of potential sea level rise. In the Antarctic ice sheet there are around 58 metres of sea-level rise currently locked away. The problem is that the Antarctic ice sheet is losing ice faster than expected and in places previously thought to be protected from rapid change.

On the Antarctic Peninsula – the most northerly part of the Antarctic continent – air temperatures over the past century have risen faster than any other place in the Southern Hemisphere. The number of melt days is expected to rise by at least 50% when global warming hits the soon-to-be-reached 1.5°C limit set out in the Paris Agreement.

However, the main threat to the Antarctic ice sheet does not come from above. I have long explained that what threatens Antarctica lies beneath, where warming ocean waters have the potential to melt ice at an unprecedented rate. Researchers have discovered that in some places the ice sheet sits on ground that is below sea level. This puts the ice sheet in direct contact with warm ocean waters that are very effective at melting ice and destabilising the ice sheet.

Scientists have long been worried about the potential weakness of ice in West Antarctica because of its deep interface with the ocean. Since 1992 satellites have been monitoring the status of the Antarctic ice sheet and we now know that not only is ice loss already underway, it is also vanishing at an accelerating rate. The latest estimates indicate that 25% of the West Antarctic ice sheet is now unstable, and that Antarctic ice loss has increased five-fold over the past 25 years. These are remarkable numbers, bearing in mind that more than 4 metres of global sea-level rise are locked up in the West Antarctic alone.

Thwaites Glacier in West Antarctica is currently under scrutiny as there is still a lot we don’t understand about how quickly ice will be lost here in the future. For example, gradual lifting of the bedrock as it responds to the lighter weight of ice (known as rebounding) could reduce contact between the ice sheet and warm ocean water and help to stabilise runaway ice loss.

On the other hand, melt water from the ice sheets is changing the structure and circulation of the Southern Ocean in a way that could bring even warmer water into contact with the base of the ice sheet, further amplifying ice loss. As I put it before, there is a lot of concern about West Antarctica’s glaciers which are interconnected. If one of theme goes through an acceleration of melting, the others will follow the trend.

There are other parts of the Antarctic ice sheet that haven’t had this same intensive research, but which appear to now be stirring. The Totten Glacier, close to Australia’s Casey station, is one area unexpectedly losing ice. There is a very pressing need to understand the vulnerabilities here and in other remote parts of the East Antarctic coast.

Previous observations had revealed that the extent of sea ice around Antarctica had been gradually increasing for decades. But in 2015, it began to drop precipitously. In just 3 years Antarctica lost the same amount of sea ice the Arctic lost in 30. So far in early 2020, sea ice around Antarctica is tracking near or below the lowest levels on record from 40 years of satellite monitoring. In the long-term this trend is expected to continue, but such a dramatic drop over only a few years was not anticipated.

There is still a lot to learn about how quickly Antarctica will respond to climate change. But there are very clear signs that the icy giant is awakening and – via global sea level rise – coming to pay us all a visit.

Source : The Conversation.

Vue de l’Antarctique occidental et de la Péninsule Antarctique

Carte de l’Antarctique et localisation du glacier Thwaites

(Source: NOAA)