Un cratère géant sous la calotte glaciaire du Groenland // A giant crater beneath Greenland’s ice sheet

Quand on parle de cratères, on pense tout d’abord aux volcans, mais il ne faudrait pas oublier les cratères d’impact laissés par les météorites. L’un des plus célèbres est Meteor Crater dans l’Arizona aux Etats Unis, mais il en existe de nombreux autres dans le monde, comme l’astroblème de Rochechouart-Chassenon dans la Haute Vienne, à une trentaine de kilomètres de mon domicile.

Selon un article publié le 14 novembre 2018 dans la revue Science Advances, des scientifiques ont découvert au Groenland, sous le glacier Hiawatha, un énorme cratère d’impact plus grand que la ville de Paris. C’est probablement l’une des 25 plus grandes structures d’impact sur Terre. Il s’agit d’une dépression circulaire dans le substrat rocheux. Elle mesure 31 km de diamètre, à un kilomètre sous la glace, et a probablement été causée par la chute d’un astéroïde ferreux d’environ un kilomètre de diamètre.
Il ne fait guère de doute que l’impact a eu des conséquences environnementales importantes dans l’hémisphère nord et peut-être même au-delà. Un tel événement a pu affecter le climat et faire fondre une grande partie de la glace. Cela a pu aussi provoquer un afflux soudain d’eau froide dans le détroit de Nares entre le Canada et le Groenland, avec un impact sur les courants océaniques dans la région.
Les chercheurs ne sont pas sûrs de l’âge exact du cratère, mais pensent qu’il est peu probable qu’il soit antérieur à la formation de la calotte glaciaire du Groenland au début du Pléistocène, il y a plus de deux millions d’années. En utilisant des techniques de datation, ils ont constaté que la jeune glace recouvrant le cratère était en bon état, mais que la glace plus profonde et plus ancienne présentait de nombreux débris et était très dégradée.
Ce cratère est le premier du genre à être découvert dans le nord-ouest du Groenland. Il ajoute une pièce importante au puzzle du paysage qui se cache sous la gigantesque calotte glaciaire. Bien que les sondages de la calotte glaciaire du Groenland par radar aéroporté aient commencé dans les années 1970, il n’a pas été possible de procéder à une étude détaillée de la calotte avant les deux dernières décennies.
Après avoir effectué leur découverte initiale, les chercheurs ont collecté trois échantillons de sédiments déposés par une rivière s’écoulant du glacier. Dans l’un des échantillons, des grains de quartz angulaires avec de petites inclusions fluides étaient présents et montraient des signes du choc subi au cours de l’impact. Plusieurs de ces grains sont constitués de matériaux carbonés et de verre, probablement dérivés de la fusion par impact de grains de minéraux dans le substrat rocheux. Des analyses supplémentaires ont révélé que le sédiment contenait des concentrations élevées de nickel, de cobalt, de chrome et d’or, ce qui est la preuve d’une météorite ferreuse relativement rare.
Source: Presse internationale.

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When we talk about craters, we first think of volcanoes, but we should not forget the impact craters left by meteorites. One of the most famous is Meteor Crater in Arizona in the United States, but there are many others in the world, like the “astroblème Rochechouart-Chassenon” in Haute Vienne (France), about thirty kilometers from my home.

According to an article published on November 14th, 2018 in the journal Science Advances, scientists have discovered a huge impact crater larger than the Paris area beneath Greenland’s Hiawatha Glacier. It could be one of the 25 largest impact structures on Earth. It is a 31-kilometre-wide circular bedrock depression up to a kilometre below the ice and was likely caused by a fractionated iron asteroid about a kilometre wide.

Its impact probably had substantial environmental consequences in the Northern Hemisphere and perhaps even more widely. It may have affected the climate and melted much of the ice. This may have caused a sudden influx of cold water in the Nares Strait between Canada and Greenland, which in turn may have affected the ocean currents in the area.

The researchers are unsure of its exact age, but suggest it is unlikely to predate the Pleistocene inception of the Greenland Ice Sheet, more than two million years ago. Using dating techniques, they inferred that the young ice covering the crater is in a good state but that deeper and older ice is debris-rich and heavily disturbed.

The crater is the first of its kind to be discovered in northwest Greenland, and adds another important piece to the jigsaw of the long-hidden landscape lying underneath its giant ice sheet. While airborne radar sounding of the Greenland Ice Sheet began in the 1970s, comprehensive surveying of the ice sheet has only become possible over the past two decades.

After making their initial discovery, the researchers retrieved three sediment samples deposited by a river draining out of the glacier. In one sample, angular quartz grains with small fluid inclusions were present and showed signs of being shocked by an impact. Several of these grains consist of carbonaceous materials and glass that are likely derived from impact melting of mineral grains in the bedrock. Further testing of subsamples found the sediment contained elevated concentrations of nickel, cobalt, chromium and gold, indicative of a relatively rare iron meteorite.

Source: International news media.

Photos: C. Grandpey

Les cratères cachés de la Lune // The Moon’s hidden craters

Un article récemment publié dans The New Scientist nous apprend que la Lune dissimule des cratères sous sa surface. Les cartes de sa gravité confirment l’existence d’anciens cratères qui, depuis leur naissance, ont été recouverts par des coulées de lave et par le manteau lunaire au cours de son soulèvement.
En combinant les données de cartographie gravimétrique avec leurs propres modèles mathématiques, un chercheur à l’Université Purdue de West Lafayette (Indiana) et ses collègues ont confirmé l’existence de deux cratères sous la surface de la Lune. L’un d’eux  est totalement enfoui sous la Mer de la Tranquillité.
Les astronomes connaissent l’existence de ces cratères enfouis depuis très longtemps, quasiment depuis le début de l’étude de la Lune. En 2016, un chercheur de l’Université de l’Arizona et ses collègues ont utilisé des données fournies par la mission GRAIL (Gravity Recovery and Interior Laboratory) de la NASA pour trouver des preuves de l’existence de plus de 100 cratères enfouis sous des étendues de basalte émises par d’anciennes éruptions volcaniques.
La mission GRAIL se composait de deux satellites, baptisés Ebb et Flow – Le Flux et le Reflux – qui sont restés pendant neuf mois en orbite autour de la Lune en 2012. La mesure de petits changements dans leur accélération a permis aux scientifiques de cartographier la gravité de la Lune. Cela donne un aperçu des variations de la densité de sa surface et de sa partie interne. Les mesures effectuées pendant la mission GRAIL ont également révélé des vallées de rift enterrées, des structures sous les anciens volcans et d’autres formations façonnées par l’activité volcanique.
L’un des cratères, que l’équipe scientifique a baptisé Earhart, présente un diamètre d’environ 200 kilomètres. Situé dans la partie nord-est du côté proche de la lune, il est presque complètement masqué par un impact ultérieur et des coulées de lave émises par la suite. Il a probablement été créé par un impact d’astéroïde il y a environ trois milliards d’années, après qu’une croûte se soit formée à la surface de la Lune, mais avant qu’elle ait refroidi de manière significative. On estime que l’astéroïde a creusé un cratère de 40 ou 50 kilomètres de profondeur, qui a ensuite été rempli à la fois par les coulées de lave des volcans et le manteau de la Lune qui poussait la croûte.
L’équipe de chercheurs a découvert un autre cratère enfoui, légèrement plus petit, de 160 kilomètres de diamètre, qu’ils ont appelé Anomalie d’Ashoka.
Une analyse plus approfondie de ces cratères enfouis donnera probablement davantage d’informations sur la surface lunaire qui se cache sous les vastes plaines de dépôts volcaniques.

Source: The New Scientist.

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An article recently published in The New Scientist infirms us that the Moon conceals craters beneath its surface. Maps of its gravity have confirmed the existence of hidden, ancient craters, long since filled in by lava flows and rising lunar mantle.

By combining gravity-mapping data with their own mathematical models, a researcher at Purdue University in West Lafayette, Indiana, and his colleagues have confirmed the existence of two underground craters, one completely buried beneath the Sea of Tranquility.

Astronomers have known about these buried craters since the early days of lunar science

Last year, a researcher at the University of Arizona and his colleagues used data from NASA’s Gravity Recovery and Interior Laboratory (GRAIL) mission to find evidence of more than 100 craters buried beneath seas of basalt formed by ancient volcanic eruptions.

GRAIL consisted of twin spacecraft, called Ebb and Flow, that orbited the moon for nine months in 2012. Measuring small changes in their acceleration allowed scientists to map the moon’s gravity. That in turn gives insights into variations in the density of the lunar surface and interior. Measurements from GRAIL also revealed buried rift valleys, structures underneath ancient volcanoes and other formations caused by volcanic activity.

One crater, which the team call Earhart, measures around 200 kilometres in diameter. Located in the north-eastern part of the moon’s near side, it is almost completely masked by a later impact and subsequent lava flooding. It was probably created by an asteroid impact around three billion years ago, after the moon formed a crust but before it significantly cooled. It is estimated that the asteroid made a crater 40 or 50 kilometres deep, which was then filled in by a combination of lava flow from volcanoes and the moon’s mantle pushing up the thin crust.

The team also discovered a slightly smaller buried crater, 160 kilometres in diameter, which they called the Ashoka Anomaly.

Further analysis of these buried craters could reveal more about the lunar surface beneath the vast plains of volcanic deposits.

Source: The New Scientist.

Vues de la Mer de la Tranquillité (Source: NASA)

 

Nouvelle théorie sur l’extinction des dinosaures // New theory about the extinction of dinosaurs

drapeau-francaisLes théories concernant l’extinction massive des dinosaures, il y a 66 millions d’années, n’en finissent pas de faire couler d’encre. Certains géologues pensent que leur brutale disparition est due aux énormes éruptions volcaniques des trapps du Deccan, dans le sud-ouest de l’Inde.

Une dernière étude par des climatologues du Potsdam Institute for Climate Impact Research et publiée dans les Geophysical Research Letters du 13 janvier 2017 affirme que les dinosaures ont disparu à cause du froid engendré par la chute d’un astéroïde sur Terre et que les éruptions volcaniques n’ont joué aucun rôle.

Les chercheurs ont couplé la collision avec l’astéroïde à un modèle de simulation du climat, il y a 66 millions d’années, à la fin du Crétacé. A cette époque, le taux de dioxyde de carbone (CO2) était bien plus élevé qu’aujourd’hui, ainsi que la température moyenne de la Terre, qui atteignait 18,9 °C. C’est dans ce contexte climatique qu’est intervenu l’impact d’un astéroïde d’une dizaine de kilomètres de diamètre, se déplaçant à 20 km/seconde, à Chicxulub, dans la Péninsule du Yucatan au Mexique. Le choc a probablement généré une énergie équivalant à plusieurs milliards de fois celle de la bombe d’Hiroshima.

La collision avec l’astéroïde a creusé un cratère d’environ 180 km de diamètre et projeté dans l’atmosphère de la vapeur d’eau, du CO2 et des aérosols sulfatés, ainsi que du dioxyde soufre (SO2). Au total ce serait une masse de 100 gigatonnes qui aurait été soulevée par l’impact de l’astéroïde, soit 10 000 fois plus que la masse de soufre libérée lors de l’éruption du Pinatubo (Philippines) en 1991 qui fit baisser la température de notre planète de 0,4°C. Dans la stratosphère, les aérosols soufrés ont créé un effet parasol renvoyant le rayonnement solaire vers l’espace. Cela a eu pour effet de refroidir la surface de la Terre, que ce soit au niveau des continents ou des océans, avec mort de la végétation. De plus, selon les climatologues allemands, ce refroidissement important a duré pendant des années, voire plusieurs décennies. La température de l’air serait passée de +19°C à – 15°C. L’hypothèse la plus optimiste prévoit une diminution de la température de 26 °C, avec 3 à 16 années de gel, un net accroissement de la banquise, et un retour à la normale au bout de 30 ans.

En plus d’avoir provoqué la mort des dinosaures, cette collision avec un astéroïde a aussi perturbé les océans. Sous l’effet des basses températures, les eaux de surface se sont alourdies et se sont enfoncées, tandis que les eaux profondes, plus chaudes, sont remontées, accompagnées d’une grande quantité de nutriments issus de la dégradation des organismes marins au fond de la mer. Cet afflux de nutriments en surface a amplifié la production de zoo et de phytoplancton. Or ces blooms planctoniques, qui s’accompagnent d’une grande consommation de l’oxygène dissous dans l’eau et de l’émission de toxines, sont souvent néfastes aux écosystèmes marins.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisTheories about the mass extinction of dinosaurs, 66 million years ago, never stop evolving. Some geologists believe their brutal disappearance was due to the enormous volcanic eruptions of the Deccan traps in southwestern India.
A recent study by climatologists at the Potsdam Institute for Climate Impact Research and published in the Geophysical Research Letters of January 13th, 2017 states that dinosaurs disappeared because of the cold caused by the fall of an asteroid on Earth, whereas volcanic eruptions do not hold any responsibility.
The researchers coupled the collision with the asteroid to a model of climate simulation, 66 million years ago, at the end of the Cretaceous. Carbon dioxide (CO2) was much higher than today, as was the average temperature of the Earth, which reached 18.9°C. It was in this climatic context that the impact of an asteroid of about ten kilometres in diameter, travelling at 20 km per second, took place in Chicxulub, in the Yucatan Peninsula in Mexico. The shock probably generated an energy equivalent to several billion times that of the Hiroshima bomb.
The collision with the asteroid dug a crater about 180 km in diameter and projected into the atmosphere water vapour, CO2 and sulphated aerosols, as well as sulphur dioxide (SO2). In total, it was probably a mass of 100 gigatons that was lifted by the impact of the asteroid, 10 000 times more than the mass of sulphur released during the eruption of the Pinatubo (Philippines) in 1991, and which brought down the temperature of our planet by 0.4°C. In the stratosphere, sulphur-based aerosols created a parasol effect that reflected solar radiation back to space. This cooled the surface of the Earth, whether on the continents or the oceans, with the death of the vegetation. Moreover, according to German climatologists, this cooling  lasted for years or even decades. The temperature of the air probably increased from + 19°C to -15°C. The most optimistic hypothesis indicates a decrease in temperature of 26°C, with 3 to16 years of freezing, a net increase of the icefield, and a return to normal after 30 years.
In addition to causing the death of the dinosaurs, this collision with an asteroid also disrupted the oceans. Under the effect of the low temperatures, surface water became heavier and sank, while the warmer, deeper waters came up to the surface, accompanied by a large amount of nutrients generated by the degradation of marine organisms at the bottom of the sea. This influx of surface nutrients boosted the production of zoo- and phytoplankton. However, these planktonic blooms, which are accompanied by a high consumption of oxygen dissolved in water and toxin emissions, are often detrimental to marine ecosystems.

Source: International news media.

yucatan

Image radar de la partie SO du cratère d’impact de l’astéroïde dans la Péninsule du Yucatan. (Source: NASA)

 

Mais qui donc a tué les dinosaures ? // Who on earth killed the dinosaurs ?

drapeau-francaisLa cause de la disparition des dinosaures il y a quelque 66 millions d’années est une question qui taraude le monde scientifique et aucune réponse définitive n’a été fournie à ce jour. Il y a quelques semaines, certains chercheurs faisaient coïncider l’activité volcanique des trapps du Deccan en Inde avec la collision d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatan au Mexique. Aujourd’hui, les partisans de cette dernière théorie défendent leur beefsteak et émettent des doutes sur l’hypothèse volcanique. Parmi ceux-ci, des chercheurs de l’Université britannique de Leeds pensent que les écoulements basaltiques des trapps n’ont joué qu’un rôle mineur, voire négligeable, dans la disparition des dinosaures. Ils pensent que les quantités de dioxyde de soufre émises par ces éruptions étaient très insuffisantes pour affecter la vie animale ou végétale sur Terre. Leurs modélisations révèlent que les émissions de SO2 n’auraient provoqué qu’une baisse de 4,5°C des températures et que l’effet de cette chute du mercure n’aurait pas duré plus d’une cinquantaine d’années. Pour entraîner une extinction de masse, il aurait fallu que le refroidissement se prolonge pendant un siècle ou plus. Dans le même temps, d’autres scientifiques pensent que l’impact de l’astéroïde au Mexique a pu contribuer à accélérer l’activité éruptive en Inde.
Le débat reste donc ouvert et ne semble pas près d’être clos !
Source : The Washington Post.

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drapeau-anglaisThe cause of the disappearance of the dinosaurs some 66 million years ago is a question that torments the scientific world and no definitive answer has been provided yet. A few weeks ago, some researchers explained that volcanic activity in the Deccan trapps coincided with the collision of an asteroid in the Yucatan Peninsula in Mexico. Today, proponents of this last theory defend their arguments and cast doubt on the volcanic hypothesis. Among these, researchers from the British University of Leeds believe the basaltic flows of the Indiann trapps played only a minor, if not negligible, part in the disappearance of the dinosaurs. They think that the quantities of sulfur dioxide emitted by these eruptions were very insufficient to affect animal and plant life on Earth. Their models show that SO2 emissions probably caused a temperature drop of 4.5°C whose effect did not last more than fifty years. To cause a mass extinction, the cooling should have continued at least for one century. Meantime, other scientists think that the impact of the asteroid in Mexico contributed to accelerate the eruptive activity in India.
The debate remains open and does not seem close to being closed!
Source: The Washington Post.

Tyrannosaurus

Tyrannosaurus, l’un des derniers dinosaures à prospérer sur Terre avant l’extinction.
(Source : Wikipedia)

Des roches volcaniques pour expliquer la présence de l’eau sur Terre // Volcanic rocks to explain the presence of water on Earth

drapeau-francaisLes scientifiques ont longtemps débattu des origines de l’eau sur Terre, cette eau qui rend possible la vie humaine, contrairement aux astres stériles qui nous entourent. Ils se sont longtemps demandés comment l’eau a pu arriver sur notre planète. Bien qu’il semble probable que l’eau de notre système solaire soit très vieille, on ne sait pas si la Terre s’est formée à partir de molécules d’eau présentes dès les origines, ou si ces molécules sont arrivées plus tard, par exemple lors d’une collision avec un astéroïde
Dans une étude publiée dans la revue Science, une équipe de chercheurs américains tente de démontrer que la Terre possède de l’eau depuis le tout début de son existence et qu’aucun astéroïde n’a été nécessaire. Ils pensent que les grains de poussière riches en H2O qui ont contribué à former la planète étaient déjà en mesure de conserver l’eau liquide au moment où la Terre est née.
Pour trouver des preuves de cette eau ancienne, il fallait des échantillons quasiment vierges de la Terre à ses premières heures. La meilleure solution était d’examiner les roches volcaniques prélevées sur la Terre de Baffin en 1985. En remontant vers la surface, ces roches n’ont jamais été contaminées par des arrivées sédimentaires de la croûte, et les recherches précédentes montrent que leur source est restée intacte depuis la formation de la Terre. Ce sont parmi les roches les plus primitives jamais trouvées à la surface de notre planète. L’eau qu’elles contiennent donne aux scientifiques un aperçu précieux de l’histoire précoce de la Terre et de la provenance de son eau.
En analysant les échantillons, les scientifiques ont cherché la présence de deutérium, une forme modifiée de l’hydrogène qui crée «l’eau lourde». Ils savaient que le rapport du deutérium à l’hydrogène crée une signature unique dans l’eau de chaque planète, comète, ou astéroïde. Donc, si l’eau de l’origine de la Terre présentait des points communs avec un morceau d’astéroïde, cela signifierait que notre première eau était le résultat d’une violente collision.
Cependant, l’examen des échantillons de l’île de Baffin a montré que l’eau était très pauvre en deutérium. La conclusion est donc que l’eau de la Terre provient de la poussière qui a formé les planètes de notre système solaire. Une grande partie de ce liquide se serait évaporée au moment où ces particules de poussière ont fusionné pour donner naissance à la Terre, mais il en restait suffisamment pour ensemencer notre planète avec de l’eau.
Il reste encore de nombreuses questions sans réponses à propos de l’humidité fortuite de notre planète. Puisque l’eau est nécessaire à la vie, savoir comment nous avons pu nous retrouver sur une planète recouverte d’océans pourrait aider les scientifiques à déterminer la probabilité de la vie dans le reste de l’univers.
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisScientists have long debated the origins of Earth’s water that made human life possible, unlike the barren planets that surround us. They have long wondered how it got here. While it seems likely that the water in our solar system is very old, they are not sure whether Earth formed with water molecules on it or whether those molecules arrived later, for instance during a collision with an asteroid
In a study published in the magazine Science, a team of American researchers present new evidence that the Earth has had its water since the very beginning and that no asteroid was required. They suggest that the H2O-rich grains of dust that helped form the planet were able to retain liquid water as the Earth was born.
To find evidence of this ancient water, they had to find the most pristine possible samples of an infant Earth. There was only one solution to find the required samples: examine volcanic rocks taken from the arctic Baffin Island in 1985. On their way to the surface, these rocks were never affected by sedimentary input from crustal rocks, and previous research shows their source region has remained untouched since Earth’s formation. They are among the most primitive rocks ever found on Earth’s surface, and so the water they contain gives scientists an invaluable insight into the Earth’s early history and where its water came from.
While analysing the samples, the researchers looked for deuterium, a modified form of hydrogen that creates « heavy water. » Scientists have found that the ratio of deuterium to hydrogen creates a unique signature in the water of every planet, comet, or asteroid. So if the Earth’s earliest water seemed similar to something expected from a chunk of asteroid, it is likely that our first water had been delivered by a violent collision.
On examining the samples from Baffin Island, the scientists found water that was very poor in deuterium. Their conclusion was that the Earth’s water came from the dust that formed our solar system’s planets. A lot of this liquid would have evaporated as these dust particles fused together to give birth to Earth, but enough of it remained to seed our planet with water.
There are still plenty of questions to answer about the serendipitous wetness of our planet. Since water is necessary for life, figuring out just how we could end up on a planet covered in ocean could help scientists determine how likely life is out in the rest of the universe.
Source: The Washington Post.

Baffin

La Terre de Baffin vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

De la péninsule du Yucatan (Mexique) aux Trapps du Deccan (Inde)

drapeau-francaisGéologues et paléontologues débattent depuis longtemps sur les causes possibles de l’extinction de masse à la fin du Crétacé, avec en particulier la disparition des dinosaures.
Plusieurs études ont été publiées montrant que cette extinction était synchrone avec l’impact d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatan au Mexique il y a 66 millions d’années. L’impact a probablement provoqué un bouleversement autour de la Terre, avec des tsunamis et des séismes, des nuages de matériaux incandescents dans l’atmosphère, provoquant des incendies dans les forêts de la planète en retombant à sa surface. La poussière produite par l’impact, s’ajoutant à la fumée des incendies, aurait bloqué les rayons du soleil et provoqué un hiver d’impact qui a duré pendant des années.
De nombreux chercheurs sont sceptiques devant une autre hypothèse qui affirme que l’impact de l’astéroïde et le volcanisme dans les Trapps de l’Inde étaient liés. Toutefois, des recherches récentes tendent à prouver qu’une relation existe effectivement entre les deux événements.
Ces derniers jours, une étude publiée dans la revue Science conclut que les séismes générés par l’impact de l’astéroïde dans la péninsule du Yucatan il y a 66 millions d’années ont eu un effet significatif sur les petites éruptions qui avaient lieu à cette époque dans les Trapps du Deccan et les ont transformées en d’énormes épanchements de lave qui ont duré des centaines de milliers d’années.
L’étude, qui s’appuie sur une datation plus précise des éruptions volcaniques avant et après l’impact de l’astéroïde, pourrait permettre de mettre fin, une fois pour toutes, au débat de longue date sur la (ou les) cause(s) de l’un des plus grands événements d’extinction de masse de tous les temps.
Les auteurs de la dernière étude ont daté des échantillons de lave des Trapps du Deccan en utilisant des radio-isotopes d’argon. Ils ont constaté un changement brusque de l’activité volcanique moins de 50 000 années après l’impact de l’astéroïde. Ils ont remarqué que les éruptions du Deccan ont commencé au moins 173 000 ans avant l’impact et ont continué pendant au moins 500 000 ans après. De plus, ils ont pu déterminer la taille et l’intensité de chaque éruption majeure en se basant sur des estimations lave émise. Avant l’impact, les éruptions ont produit environ 71 000 kilomètres cubes de lave, avec une moyenne d’environ 400 millions de mètres cubes chaque année. A  partir d’environ 50 000 ans après l’impact de l’astéroïde, les volcans et les fractures du Deccan ont commencé à émettre de la lave à raison d’environ 900 millions de mètres cubes par an.
Le problème était de connaître le lien entre l’événement dans le Yucatan et le volcanisme du Deccan! L’étude explique que l’impact de l’astéroïde qui a produit le cratère de Chicxulub a déclenché un énorme événement sismique – probablement équivalent à M 11 – qui a fondamentalement modifié le système d’alimentation des chambres magmatiques du Deccan. L’impact de l’astéroïde et le volcanisme du Deccan auraient contribué ensemble à recouvrir la planète de poussière et de gaz nocifs, ce qui a changé radicalement le climat. Les auteurs ont constaté que l’émission de ce grand volume de magma a continué pendant environ 500 000 ans après l’extinction de masse. Il a fallu également environ 500 000 ans à la faune marine et aux océans pour retrouver les valeurs qui étaient les leurs avant l’extinction de masse. C’est aussi le temps qu’il a fallu au volcanisme pour arriver à son terme.
Affaire à suivre… !
Source: Synthèse de la presse scientifique.

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drapeau-anglaisGeologists and palaeontologists have long debated about what caused the Cretaceous-Tertiary mass extinction event, with the disappearance of the dinosaurs.
Several studies have been published showing that the extinctions were synchronous with the asteroid impact in Mexico’s Yucatan Peninsula 66 million years ago. The impact sent shockwaves around the planet that caused tsunamis and earthquakes, and sent burning debris high into the atmosphere, causing global forest fires as it rained back down on to the surface. Dust from the impact, together with smoke from the fires, blanketed the planet, blocking out sunlight and triggering an impact winter which lasted for years.
Many researchers were sceptical about another idea that pretended that the asteroid impact and volcanism in the Indian Traps were related. However, recent research tends to prove that a links exists between both events.
A recent study published in the journal Science concludes that earthquakes generated by the impact of a meteorite into Mexico’s Yucatan Peninsula 66 million years ago changed the series of small eruptions in India’s Deccan Traps volcanic field into huge events lasting hundreds of thousands of years.
The findings, based on the most accurate dates yet for the volcanic eruptions both before and after the asteroid impact, may help settle a long-standing debate about what caused one of the greatest mass extinction events of all time.
The authors of the study examined lava samples from the Deccan flood basalt using high-resolution argon radio isotope dating techniques. They found a sudden change in volcanism within 50,000 years of the impact. They found that the Deccan eruptions started at least 173,000 years before the asteroid hit and continued for at least 500,000 years after the impact. What’s more, the researchers were able to determine the size and strength of each major eruption, based on lava flow estimates. Before the impact, the eruptions produced about 71,000 cubic kilometres of lava—an average rate of about 400 million cubic metres each year. But starting about 50,000 years after the asteroid impact, Deccan volcanoes and fissures began spewing lava at an average rate of about 900 million cubic metres per year.
The problem was to explain the link between the Yucatan event and the Deccan volcanism. The study explains that the asteroid impact that produced the Chicxulub Crater caused a huge seismic event that fundamentally changed the plumbing system in the Deccan volcano magma chambers. It was probably the equivalent of an M11 earthquake. Both the impact and the volcanism blanketed the planet with dust and noxious fumes, drastically changing the climate. The authors found this large volume of magma continued erupting for approximately 500,000 years after the mass extinction. The time it took marine fauna and many aspects of ocean chemistry to recover back to pre-extinction values is about half a million years, which happens to be the amount of time it took the volcanism to die down.
To be continued…!
Source: Summary of several scientific articles.

Trapps

Vue des trapps du Deccan (Crédit photo: Wikipedia)