Le Groenland et les nouvelles voies de navigation // Greenland and new shipping lanes

La volonté du président Trump de contrôler (voire d’annexer) le Groenland repose sur trois motivations principales :

1) des raisons stratégiques et sécuritaires liées à la situation géographique de l’île. Elles apparaissent clairement si l’on regarde une carte de l’Arctique. Par ailleurs, la Chine et la Russie s’intéressent également au Groenland, et Donald Trump n’a aucune envie de se faire devancer et qu’elles s’emparent de l’île.

2) la richesse du sous-sol en pétrole, gaz naturel, minéraux et terres rares, souvent enfouis sous la calotte glaciaire, constitue un autre facteur., même si certaines de ces ressources semblent très difficiles à extraire.
3) Enfin, la fonte des glaces dans l’océan Arctique ouvrira de nouvelles voies de navigation. Les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest acquerront une importance inédite. Ils permettront aux transporteurs maritimes d’économiser des millions de dollars de carburant en empruntant un itinéraire beaucoup plus court entre l’Europe et l’Asie. Les routes nordiques étaient jusqu’à présent praticables uniquement durant la saison chaude. Un navire commercial russe, escorté par un brise-glace, a été le premier à les emprunter en hiver, en février 2021, prouvant ainsi leur faisabilité (voir ma note du 1er mars 2021). Depuis, de nombreux navires russes et chinois ont emprunté ces routes à plusieurs reprises. L’autre solution pour acheminer des marchandises depuis les ports russes ou les pôles industriels d’Asie de l’Est consiste à passer par le sud. Cette route, via le canal de Suez, est plus longue d’environ 5 000 kilomètres.

Selon l’Institut arctique, comparée au trajet par le canal de Suez, la route maritime du Nord permettrait aux transporteurs maritimes de réaliser jusqu’à 50 % d’économies – carburant et autres dépenses compris – en réduisant par exemple la distance entre le Japon et l’Europe à une dizaine de jours seulement, contre environ 22 jours aujourd’hui. Une analyse de 2024 du Middlebury Institute of International Studies indiquait également que la route du Nord permettrait de gagner une dizaine de jours sur un trajet similaire entre Shanghai (Chine) et Rotterdam (Pays-Bas).
Avec le réchauffement continu de l’océan Arctique et la réduction de la banquise en hiver, le trafic maritime par le nord devrait augmenter considérablement. Le contrôle de ce passage et de la longue côte groenlandaise qu’il longe revêtira donc une grande importance.

En 2022, la NOAA a publié des graphiques montrant les nouvelles routes maritimes qui deviendront accessibles aux pétroliers autour du Groenland au cours des prochaines décennies. Les modélisations de la NOAA montrent une augmentation considérable du nombre de trajets possibles, tant pour les navires polaires prévus pour naviguer à travers la banquise que pour les navires classiques qui ne sont pas équipés pour affronter la glace. La NOAA prévoit même que d’ici 2059, avec la réduction prévue de la glace de mer, il sera probablement possible pour un navire polaire d’emprunter la route la plus directe, en passant directement par le pôle Nord.

Les graphiques publiés par la NOAA en 2022 montrent les routes maritimes à travers l’Arctique qui devraient devenir accessibles aux navires classiques (en bleu) et aux navires polaires (en rouge) autour du Groenland au cours des prochaines décennies. (Source : NOAA)

Source : CBS News via Yahoo News.

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President Trump’s desire to control (or even annex) Greenland has three motivations :

1) There are strategic and security reasons due to the geographical situation of the island. They are easy to understand when you look at a map of the Arctic. Besides China and Russia are also interested in Greenland and Mr. Trump would not like them to take it over instead.

2) Another reason is the wealth of oil, natural gas, minerals and rare earths that are hidden in the ground, very often beneath the ice cap. Some of them will be very difficult to extract.

3) At last, the melting of the ice in the Arctic Ocean will open new shipping lanes. The North-East and North-West passages will take an importance they did not have until now. They will allow shippers to save millions of dollars in fuel by taking a much shorter route between Europe and Asia.  Northern routes were long only passable in warmer months. A Russian commercial vessel, aided by an icebreaker, first traversed the route in the winter in February 2021, proving it was possible (see my post of March 1st, 2021). Since then more Russian and Chinese vessels have sailed the northern routes repeatedly.

The alternative way to get goods from ports in Russia or the manufacturing powerhouses of East Asia is to go south. But that course, through Egypt’s Suez Canal, is about 5,000 kilometers longer.

According to the Arctic Institute, compared to the Suez Canal route, the Northern Sea Route can save shippers as much as 50% in costs, considering fuel and other expenses, by reducing the distance from Japan to Europe, for instance, to only about 10 days compared to the roughly 22 today. A 2024 analysis by the Middlebury Institute of International Studies also said the northern route would shave about 10 days of a similar journey from Shanghai, China, to Rotterdam in the Netherlands.

As sea temperatures continue warming and winter ice cover shrinks, shipping traffic via the north is likely to increase, so control over that passage and the long Greenlandic coastline that it skirts will be of greater importance.

The NOAA shared graphs in 2022 predicting the new routes that would become available to regular tankers around Greenland over the coming decades. NOAA’s modeling shows a dramatic increase in viable journeys for both polar-class vessels fortified to forge through sea ice, and normal open water-faring ships. The agency even predicts that by 2059, it will likely be possible for a polar-class vessel to sail the most direct route, right across the North Pole, as the formation of sea ice reduces further.

Source : CBS News via Yahoo News.

2025 : La glace de mer toujours trop réduite en Arctique et Antarctique // 2025 : Sea ice extent still too low in Arctic and Antarctic

L’étendue de la banquise (ou glace de mer) arctique semble avoir atteint son maximum annuel le 22 mars 2025. Il s’agit du maximum le plus faible enregistré en 47 ans de relevés satellitaires. Les précédents minimums ont été observés en 2017, 2018, 2016 et 2015.
Le 22 mars, la banquise arctique a atteint son étendue maximale avec 14,33 millions de kilomètres carrés. Cette étendue maximale est inférieure de 1,31 million de kilomètres carrés à la moyenne maximale de 15,64 millions de kilomètres carrés observée entre 1981 et 2010, et inférieure de 80 000 kilomètres carrés au précédent maximum le plus faible, enregistré le 7 mars 2017.
Le maximum de cette année a été atteint 10 jours plus tard que la date moyenne du 12 mars pour la période 1981-2010.
La faible étendue de banquise a persisté sur la majeure partie de l’Arctique durant l’hiver 2024-2025. Notamment, le golfe du Saint-Laurent est resté pratiquement libre de glace et la mer d’Okhotsk a connu une étendue de banquise nettement inférieure à la moyenne. Seule la mer du Groenland oriental a affiché une étendue proche de la moyenne durant l’hiver. L’étendue de la banquise dans la mer de Béring est restée faible pendant une grande partie de la saison ; toutefois, la croissance observée entre fin février et fin mars a permis de rapprocher la région des conditions moyennes et a été le principal facteur contribuant à l’augmentation de la banquise arctique en mars. La température a été de 1 à 2 degrés Celsius supérieure à la moyenne dans l’Arctique et les mers environnantes, ce qui a forcément ralenti le rythme de croissance de la glace.
Il convient également de noter que la banquise arctique a atteint son minimum annuel le 10 septembre 2025, se classant au 10ème rang des plus faibles étendues jamais enregistrées par satellite. Avec 1,6 million de km², le minimum de 2025 partage cette place avec ceux de 2008 et 2010. Le NSIDC souligne que les 19 plus faibles étendues de banquise jamais enregistrées se sont toutes produites au cours des 19 dernières années.
Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

 

Étendue de la banquise arctique le 22 mars 2025. La ligne orange représente l’étendue moyenne pour cette date entre 1981 et 2010. (Source : NSIDC)

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Les données du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) montrent que la banquise antarctique a atteint son maximum hivernal de 17,81 millions de kilomètres carrés le 17 septembre 2025. Cela représente 900 000 km² de moins que l’étendue maximale moyenne de la période 1981-2010. Cette période représente la référence historique par rapport à laquelle l’étendue de la banquise est généralement comparée. Le minimum du 17 septembre représente la troisième plus faible étendue jamais enregistrée par satellite et cela marque la troisième année consécutive de forte diminution de la banquise antarctique. 2025 rejoint 2023 et 2024 parmi les trois plus faibles étendues maximales jamais enregistrées. L’étendue de la glace est inférieure de 900 000 km² à la moyenne de 1981-2010. D’après un expert, « l’allongement progressif du minimum de la banquise antarctique suscite de vives inquiétudes quant à la stabilité et à la fonte de la calotte glaciaire ». En effet, on sait que la banquise antarctique sert de rempart aux glaciers de l’Ouest antarctique. Si elle venait à disparaître, des glaciers comme le Thwaites viendraient finir leur course dans l’océan dont ils feraient s’élever le niveau.
La carte ci-dessous illustre l’étendue maximale de la banquise antarctique le 17 septembre 2025, jour où elle a atteint son maximum annuel. La ligne jaune représente la moyenne de la période 1981-2010.
Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

Étendue de la banquise antarctique le 17 septembre. La limite moyenne de la banquise pour la période 1981-2010 est représentée en jaune. (Source : NSIDC)

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En février 2025, la combinaison d’une étendue de banquise arctique record pour la saison et d’une étendue antarctique bien inférieure à la moyenne à son minimum annuel a entraîné la plus faible couverture de glace de mer dans le monde pour un mois donné depuis le début des observations satellitaires à la fin des années 1970.

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Arctic sea ice extent appears to have reached its annual maximum on March 22, 2025. This is the lowest maximum in the 47-year satellite record, with previous low maximums occurring in 2017, 2018, 2016, and 2015.

On March 22, Arctic sea ice reached its maximum extent for the year, at 14.33 million square kilometers. This year’s maximum extent is 1.31 million square kilometers below the 1981 to 2010 average maximum of 15.64 million square kilometers and 80,000 square kilometers below the previous lowest maximum that occurred on March 7, 2017.

This year’s maximum occurred 10 days later than the 1981 to 2010 average date of March 12.

Low sea ice extent persisted around most of the Arctic during the 2024 to 2025 winter season. Notably, the Gulf of St. Lawrence remained virtually ice free and the Sea Okhotsk had substantially lower sea ice extent than average. Only the East Greenland Sea had near-average extent through the winter. The Bering Sea ice extent was low for much of the season, but growth from late February through late March brought the region closer to average conditions and was the primary contributor to the increase of total Arctic sea ice during March. Temperatures were 1 to 2 degrees Celsius above average in the Arctic and the surrounding seas, which likely slowed the rate of ice growth.

It should also be noted that Arctic sea ice reached its annual minimum on 10 September 2025, ranking as the joint-10th lowest in the satellite record. At 1.6 million km2, the 2025 minimum shares the spot with 2008 and 2010. The NSIDC notes that all 19 of the lowest sea ice extents in the record have occurred in the past 19 years.

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

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Data from the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) shows that Antarctic sea ice reached a winter maximum of 17.81million square kilometres on 17 September 2025. This is 900,000 km2 below the 1981-2010 average maximum extent, the historical baseline against which more recent sea ice extent is typically compared. This is the 3rd lowest extent in the satellite record and marks the 3rd consecutive year of severely depleted Antarctic sea ice.  2025 joins 2023 and 2024 as the three lowest maximum extents ever recorded. The ice extent is 900,000 square kilometers below the 1981-2010 average. According to one expert, the “lengthening trend of lower Antarctic sea ice poses real concerns regarding stability and melting of the ice sheet”. Indeed, we know that the Antarctic sea ice acts as a barrier to the glaciers of West Antarctica. If it were to disappear, glaciers like the Thwaites would eventually flow into the ocean, causing sea levels to rise.

The map above shows Antarctic sea ice on the day of its maximum extent for the year on 17 September 2025, where the yellow line shows the 1981-2010 average.

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

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In February 2025, the combination of record-low Arctic sea ice extent for the time of year and much-below-average Antarctic extent at its annual minimum resulted in the lowest global sea ice cover for any month since the beginning of satellite observations in the late 1970s.

Après le Venezuela, le Groenland ? // After Venezuela, will Greenland be next ?

Le Groenland et le Danemark ont ​​exprimé leur mécontentement le 4 janvier 2026 après la publication par Katie Miller, épouse du conseiller le plus influent du président Trump, d’une photo du Groenland aux couleurs du drapeau américain. Elle a partagé cette image sur son compte X après l’opération militaire américaine contre le Venezuela. Sa publication était accompagnée du simple mot « Bientôt ».
Le Premier ministre groenlandais a qualifié la publication de « manque de respect ». Il a toutefois ajouté : « Il n’y a ni raison de paniquer ni de s’inquiéter. Notre pays n’est pas à vendre et notre avenir ne se décide pas sur les réseaux sociaux.»
Trump a maintes fois affirmé vouloir annexer le Groenland aux États-Unis. Les initiatives de son gouvernement s’inscrivant dans cette perspective, notamment la nomination d’un envoyé spécial auprès du territoire danois (voir ma note du 27 décembre 2025), ont suscité la colère de Copenhague et de l’Union européenne.
Trump a prétendu que l’annexion du Groenland servirait les intérêts de sécurité nationale des États-Unis, compte tenu de sa position stratégique dans l’Arctique. Le Groenland est également riche en terres rares utilisés dans les secteurs de haute technologie.

Source : Médias d’information internationaux.

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Greenland and Denmark on January 4, 2026 expressed their discontent after Katie Miller, the wife of President Trump’s most influential aide posted a social media picture of Greenland painted in the colours of the US flag. She put the image on her X feed after the US military operation against Venezuela. Her post had a single word above it: « SOON ».

Greenland’s Prime Minister called the post « disrespectful ». But he also said that « there is neither reason for panic nor for concern. Our country is not for sale, and our future is not decided by social media posts ».

Trump has repeatedly made clear that he wants Greenland to become an annexed part of the United States. Moves edging towards that goal by his government – including his appointment of an envoy to the Danish territory (see my post of 27 December 2025) – have drawn the ire of both Copenhagen and the European Union.

Trump has claimed that making the Danish territory part of the United States would serve US national security interests, given its strategic location on the Arctic. Greenland is also rich in key critical minerals used in high-tech sectors.

Source : International news media.

2025, nouvelle année catastrophique pour l’Arctique // 2025, another disastrous year for the Arctic

  Dans son rapport annuel sur l’Arctique, avec référence à des données remontant à 1900, la NOAA vient d’informer le public qu’en 2025 l’Arctique a connu son année la plus chaude jamais enregistrée, avec des conséquences en cascade : fonte des glaciers et de la banquise, verdissement des paysages et perturbations du climat mondial.
Entre octobre 2024 et septembre 2025, les températures ont dépassé de 1,60°C la moyenne de la période 1991-2020, un réchauffement « forcément alarmant » sur une période aussi courte.
L’année 2025 a connu dans l’Arctique l’automne le plus chaud, le deuxième hiver le plus chaud et le troisième été le plus chaud depuis 1900. Sous l’effet de la combustion des énergies fossiles par l’Homme, l’Arctique se réchauffe beaucoup plus vite que la moyenne mondiale, un phénomène connu sous le nom d’« amplification arctique ».

On a des conséquences en chaîne : la hausse des températures augmente la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère, qui elle-même se transforme en une couverture absorbant la chaleur et l’empêchant de s’échapper dans l’espace. Parallèlement, la disparition de la banquise réduit l’albédo ; elle expose des eaux océaniques plus sombres qui absorbent davantage la chaleur du Soleil.
Au printemps, période où la banquise arctique atteint son maximum annuel, on a observé en mars 2025 le plus faible pic jamais enregistré en 47 années de relevés satellitaires. Il s’agit d’un problème pour les ours polaires, les phoques et les morses, qui utilisent la glace comme plateforme pour se déplacer, chasser et mettre bas.
Les modélisations montrent que l’Arctique pourrait connaître son premier été pratiquement sans banquise d’ici 2040, voire plus tôt. La fonte de la banquise arctique perturbe la circulation océanique en injectant de l’eau douce dans l’Atlantique Nord par la fonte des glaces et l’augmentation des précipitations. Les eaux de surface deviennent ainsi moins denses et moins salées, ce qui entrave leur capacité à plonger et à alimenter la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC), notamment le Gulf Stream, qui contribue à la douceur des hivers en Europe. Voir également ma note du 2 novembre 2024 à ce sujet :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

La fonte continue de la calotte glaciaire du Groenland apporte également de l’eau douce à l’océan Atlantique Nord, stimulant la productivité du plancton mais créant aussi des décalages entre la disponibilité de nourriture et les périodes où les espèces qui en dépendent peuvent s’en nourrir.

La fonte des glaces terrestres du Groenland contribue de manière significative à l’élévation du niveau de la mer, exacerbant l’érosion côtière et les inondations provoquées par les tempêtes.
Par ailleurs, le réchauffement plus rapide de l’Arctique que du reste de la planète affaiblit le contraste de température qui contribue à maintenir l’air froid confiné près du pôle. Cette fragilisation du vortex polaire permet aux vagues de froid de se propager plus fréquemment vers les latitudes plus basses.
Le cycle hydrologique de l’Arctique s’intensifie lui aussi. La période d’octobre 2024 à septembre 2025, aussi connue sous le nom d’« année hydrologique » 2024/25, a enregistré des précipitations printanières record et figure parmi les cinq années les plus humides pour les autres saisons, selon les relevés remontant à 1950.
Des conditions plus chaudes et plus humides favorisent la « boréalisation », ou le verdissement, de vastes étendues de toundra arctique. En 2025, ce verdissement de la toundra circumpolaire était le troisième plus élevé des 26 années de relevés satellitaires. Les cinq valeurs les plus élevées ont toutes été observées au cours des six dernières années.
Parallèlement, le dégel du pergélisol provoque des changements biogéochimiques, tels que le phénomène des « rivières couleur de rouille », causé par le fer libéré par le dégel des sols. Les images satellitaires ont permis d’identifier plus de 200 cours d’eau de couleur orangée, ce qui dégrade la qualité de l’eau par une hausse de l’acidité et des concentrations de métaux, et contribue à la perte de biodiversité aquatique. J’ai consacré une note à ce phénomène le 27 juin 2024 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Source : NOAA.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

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In its annual Arctic Report Card, which draws on data going back to 1900, the National Oceanic and Atmospheric Administration ‘NOAA) informs the public that in 2025 the Arctic experienced its hottest year since records began, with cascading impacts from melting glaciers and sea ice to greening landscapes and disruptions to global weather.

Between October 2024 and September 2025, temperatures were 1.60 degrees Celsius above the 1991–2020 mean, a « certainly alarming » warming over so short a timespan.

2025 included the Arctic’s warmest autumn, second-warmest winter, and third-warmest summer since 1900. Driven by human-caused burning of fossil fuels, the Arctic is warming significantly far faster than the global average, with a number of reinforcing feedback loops : a phenomenon known as « Arctic Amplification. »

For example, rising temperatures increase water vapor in the atmosphere, which acts like a blanket absorbing heat and preventing it from escaping into space. At the same time, the loss of bright, reflective sea ice exposes darker ocean waters that absorb more heat from the Sun.

Springtime – when Arctic sea ice reaches its annual maximum – saw the smallest peak in the 47-year satellite record in March 2025. This is an immediate issue for polar bears and for seals and for walrus, that they use the ice as a platform for transportation, for hunting, for birthing pups.

Modeling suggests the Arctic could see its first summer with virtually no sea ice by 2040 or even sooner. The loss of Arctic sea ice also disrupts ocean circulation by injecting freshwater into the North Atlantic through melting ice and increased rainfall. This makes surface waters less dense and salty, hindering their ability to sink and drive the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), including the Gulf Stream, which help keep Europe’s winters milder. See my post of 2 November 2024 on this topic :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Ongoing melt of the Greenland Ice Sheet also adds freshwater to the North Atlantic Ocean, boosting plankton productivity but also creating mismatches between when food is available and when the species that depend on it are able to feed.

Greenland’s land-based ice loss is also a major contributor to global sea-level rise, exacerbating coastal erosion and storm-driven flooding.

And as the Arctic warms faster than the rest of the planet, it weakens the temperature contrast that helps keep cold air bottled up near the pole, allowing outbreaks of frigid weather to spill more frequently into lower latitudes.

The Arctic’s hydrological cycle is also intensifying. The October 2024 – September 2025 period – also known as the 2024/25 « water year » – saw record-high spring precipitation and ranked among the five wettest years for other seasons in records going back to 1950.

Warmer, wetter conditions are driving the « borealization, » or greening, of large swaths of Arctic tundra. In 2025, circumpolar mean maximum tundra greenness was the third highest in the 26-year modern satellite record, with the five highest values all occurring in the past six years.

Permafrost thaw, meanwhile, is triggering biogeochemical changes, such as the « rusting rivers » phenomenon caused by iron released from thawing soils. Satellite images allowed to identify more than 200 discolored streams and rivers that appeared visibly orange, degrading water quality through increased acidity and metal concentrations and contributing to the loss of aquatic biodiversity. I dedicated a post to this phenomenon on June 27th, 2024 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Source : NOAA.