Des nouvelles de l’iceberg A68a // More news of iceberg A68a

Comme je l’ai écrit précédemment, l’iceberg A68a (2600 km2) a commencé à se briser en plusieurs morceaux, mais cela ne signifie pas pour autant que les phoques et les manchots de l’île de Géorgie du Sud sont hors de danger. Un morceau de 144 km2, baptisé A68d, s’est détaché de la masse de glace il y a quelques semaines et les images fournies le 21 décembre par le satellite Copernicus Sentinel-2 montrent que de nouvelles fissures sont apparues sur l’iceberg tabulaire. Cependant, le monstre reste encore relativement homogène. Il a déjà laissé échapper deux autres fragments : A68e (655 km2) et A68f (225 km2).

Même si l’A68a se brise en plusieurs morceaux, chacun d’eux pourrait représenter un danger pour la faune locale s’il venait à s’échouer le long de la côte de la Géorgie du Sud. Les manchots et les phoques auraient plus de difficulté à chercher du poisson et du krill.

À l’heure actuelle, tous les fragments de l’A68a sont entraînés dans les eaux rapides du courant circumpolaire antarctique. On pense que ce courant va les entraîner autour de la pointe sud de l’île avant de les faire remonter vers le nord. Les satellites vont suivre leur progression autour du plateau continental peu profond. Il y a un certain nombre d’endroits où les fragments pourraient s’accrocher au plancher marin et s’immobiliser.

Source: La BBC.

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As I put is before, the giant A68a iceberg (2,600 sq km) has started to break up, but this does not mean the seals and penguins of South Georgia island are safe. A chunk of ice, 144 sq km, dubbed A68d, broke free a few weeks ago and the images provided on December 21st by the Copernicus Sentinel-2 satellite show more fissures on the tabular iceberg. However, the monster has not split apart yet. Two other fragments have already broken free, they were named A68e (655 sq km) and A68f (225 sq km).

Even if A68a breaks into several pieces, each of them could become a danger to the local fauna if it were to anchor along the coast of South Georgia. The penguins and seals would find it more difficult to forage for fish and krill.

At the moment, all the berg fragments are entrained in the fast-moving water of the Southern Antarctic Circumpolar Current Front. This is likely to sweep the icebergs around the island and then throw them north. Satellites will monitor their progress as they skirt the shallow continental shelf. There are a number of places where the fragments could get caught and anchor in place.

Source : The BBC.

Image satellite de l’A68a le 21 décembre 2020 (Source : Copernicus)

Nouvelles de l’iceberg A68a en Antarctique // News of A68a iceberg in Antarctica

Comme je l’ai écrit précédemment, un iceberg d’une superficie d’environ 4300 km2 – la taille des Alpes-Maritimes en France – s’est détaché de la plateforme glaciaire Larsen C, dans l’ouest de l’Antarctique, en 2017. Baptisé A68a, l’énorme morceau de glace dérive vers le nord depuis cette époque et se dirige maintenant vers l’île de Géorgie du Sud dont il est actuellement éloigné d’un peu moins de 200 kilomètres.

Si l’A68a s’échoue le long de l’île, il peut y demeurer pendant une dizaine d’années et perturber la faune locale qui trouve sa nourriture dans les eaux riches de l’océan. C’est maintenant le commencement de l’été austral qui marque aussi le début de la période de nourrissage des bébés phoques et des poussins des manchots. Pendant cette période, la distance à parcourir pour trouver de la nourriture (poisson et krill) est essentielle. En particulier, si les manchots doivent faire un grand détour, cela signifie qu’ils ne reviendront as à temps pour empêcher leurs poussins de mourir de faim.

Pourtant, l’iceberg  présente également des avantages s’il reste au large des côtes de Géorgie du Sud. Il transporte avec lui d’énormes quantités de poussières qui fertilisent le plancton océanique qui, à son tour, joue une rôle important dans la chaîne alimentaire. Ce plancton absorbe également du carbone de l’atmosphère, ce qui compense en partie les émissions anthropiques de CO2.

Bien que les images satellitaires semblent montrer que l’A68a se dirige droit vers la Géorgie du Sud, il se pourrait qu’il dévie sa course vers le nord. Pour le moment, on ne sait pas s’il va s’échouer et rester bloqué, ou s’il va dériver au-delà de l’île. Une demande a été adressée à l’Agence spatiale Européenne pour qu’elle fournisse de nouvelles images satellitaires, en particulier à partir de ses satellites radar Sentinel-1.

Comme je l’ai précisé dans une note précédente, les courants pourraient faire parcourir à l’A68a une boucle autour de l’extrémité sud de la Géorgie du Sud, avant de le faire remonter le long du plateau continental et le faire se diriger vers le nord-ouest. Malgré tout, il est très difficile de dire précisément ce qui va se passer.

Les scientifiques pensaient que l’A68a se disloquerait avant d’atteindre la Géorgie du Sud. La solution idéale serait que l’iceberg puisse effectivement amorcer une rotation autour de la Géorgie du Sud et se diriger ensuite vers le nord. En arrivant dans les eaux océaniques plus chaudes et plus agressives, il devrait commencer à se désagréger.

S’agissant des satellites, leur utilisation pour suivre la trajectoire des gros icebergs profite également aux skippers du Vendée Globe. En effet, quand les gros icebergs arrivent dans les eaux plus chaudes, ils se disloquent en plusieurs morceaux de petite taille – les « growlers » – qui représentent une menace pour les navigateurs.. La surveillance satellite permet d’en détecter la plupart et donc d’accroître la sécurité, même si certains de ces morceaux de glace peuvent passer inaperçus

Source : British Antarctic Survey.

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As I put it before, an iceberg with an area of about 4 300 km2 – the size of the French Alpes-Maritimes – broke off from the Larsen C ice shelf, West Antarctica, in 2017. The huge chunk of ice has been drifting north ever since and is now heading towards the island of South Georgia from which it is currently distant by less than 200 kilometres.

If it becomes grounded near the island, it could be stuck there for 10 years and cause disruption to the local wildlife that forage in the food-rich ocean. It is now the start of the southern summer which is the beginning of the pup- and chick-rearing period of the seals and penguins. During this period, the actual distance they have to travel to find food (fish and krill) really matters. If they have to do a big detour, it means they are not going to get back to their young in time to prevent them from starving to death in the interim.

However, the iceberg also brings benefits if it remains in the open ocean. It carries enormous quantities of dust that fertilise the ocean plankton in the water that cascades up the food chain. This plankton also draws in carbon from the atmosphere, partially offsetting human CO2 emissions.

Although satellite imagery suggests A68a could be on a direct path for South Georgia, it could continue north. One does not know yet whether it will ground and get stuck, or drift past the island. A request is going into the European Space Agency for more satellite imagery, particularly from its pair of Sentinel-1 radar spacecraft.

As I put it in a previous post, the currents might take it on what looks like a strange loop around the south end of South Georgia, before then spinning it along the edge of the continental shelf and back off to the northwest. But it is very difficult to say precisely what will happen.

Scientists expected A68 to break apart before it reaches South Georgia. The ideal solution would be if the iceberg could spin around South Georgia and then head on northwards. When arriving in the warmer and more aggressive ocean waters it should start breaking up.

As far as satellites are concerned, their use to follow the routes of large icebergs also benefits Vendée Globe skippers. Indeed, when large icebergs arrive in warmer waters, they break up into several ice cubes – the « growlers » – which represent a threat to navigators. Satellite surveillance makes it possible to detect most of them and therefore increase safety, although some of these pieces of ice may go unnoticed

 Source : British Antarctic Survey.

Image satellite de l’A68a le 29 novembre 2020 alors qu’il se trouvait à 200 km des côtes de la Géorgie du Sud (Source: NASA / NOAA)

Octobre 2020 4ème mois d‘octobre le plus chaud dans le monde // October 2020 4th hottest October in the world

Selon les dernières données de la NASA et de la NOAA qui reposent sur 141 années d’archives, la température globale à la surface des terres et des océans en octobre 2020 arrive en quatrième position pour un mois d’octobre avec 0,85°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle. Les dix mois d’octobre les plus chauds ont eu lieu depuis 2005. Octobre 2020 est le 44ème mois d’octobre consécutif et le 430ème mois consécutif avec des températures supérieures à la moyenne du 20ème siècle.

La température à la surface des terres et des océans dans l’hémisphère Nord en octobre 2020 a également été la quatrième de tous les temps, tandis que l’hémisphère sud a connu son neuvième mois d’octobre le plus chaud en 141 ans.

L’Europe a connu son mois d’octobre le plus chaud, avec un écart de température de + 2,17°C, ce qui dépasse le record précédent établi en 2001 de 0,06°C.

L’Amérique du Sud a connu son deuxième mois d’octobre le plus chaud depuis le début des relevés dans cette région en 1910.

Les hausses de température en octobre 2020 en Afrique, en Asie, dans les Caraïbes et à Hawaï se classent parmi les 10 plus élevées jamais enregistrés en octobre.

Dans le même temps, l’Amérique du Nord a eu des températures d’octobre proches de la moyenne.

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’étendue moyenne de glace de mer dans l’Arctique en octobre a été la plus faible pour un mois d’octobre. Octobre 2020 a été le 20ème mois d’octobre consécutif avec une étendue de glace de mer inférieure à la moyenne dans l’Arctique. Selon le NSIDC, une étendue de glace de mer inférieure à la moyenne a été observée dans tous les secteurs de la bordure eurasienne de l’Océan Arctique et dans la Baie de Baffin.

En revanche, l’étendue de la glace de mer en Antarctique en octobre 2020 a été la plus vaste observée en octobre depuis 2015 et elle occupe la 12ème position dans les 42 années de relevés satellitaires.

Au moment où ces statistiques sont divulguées, la température globale à la surface des terres et des océans pour l’année 2020 arrive en deuxième position dans les 141 années d’archives avec 1,00°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle (14,1°C). Cette valeur n’est inférieure que de 0,03°C au record établi en 2016. L’année 2020 figurera très probablement parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées.

Source: NASA et NOAA.

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According to the latest NASA and NOAA data, the October 2020 global land and ocean surface temperature was the fourth highest for October in the 141-year record at 0.85°C above the 20th-century average. The ten warmest Octobers have occurred since 2005.

October 2020 marked the 44th consecutive October and the 430th consecutive month with temperatures above the 20th-century average.

The Northern Hemisphere land and ocean surface October 2020 temperature was also the fourth highest on record, while the Southern Hemisphere had its ninth-warmest October in the 141-year record.

Europe had its warmest October on record, with a temperature departure of +2.17°C. This surpassed the previous record set in 2001 by 0.06°C.

South America had its second-warmest October since regional records began in 1910.

Africa, Asia, and the Caribbean and Hawaiian regions’ October 2020 temperature departures ranked among the 10 highest for October on record.

Meanwhile, North America had a near-average October temperature.

The October average Arctic sea ice extent was the smallest for October. October 2020 marked the 20th consecutive October with below-average Arctic sea ice extent. According to the NSIDC, below-average sea ice extent was observed in all of the sectors of the Eurasian side of the Arctic Ocean and in the Baffin Bay.

Antarctic sea ice extent during October 2020 was the largest October Antarctic sea ice extent since 2015 and the 12th-largest October Antarctic sea ice extent in the 42-year satellite record.

At this moment of 2020, global land and ocean surface temperature is the second highest in the 141-year record at 1.00°C above the 20th-century average of 14.1°C. This value is only 0.03°C shy of tying the record set in 2016.

The year 2020 is very likely to rank among the three warmest years on record.

Source: NASA & NOAA.

Source: NOAA

Ambassadeur des Pôles, c’est fini !

Au vu de la liste des ambassadeurs thématiques proposée par le Sénat, la France n’a plus d’Ambassadeur des Pôles ! Ségolène Royal aura donc été la deuxième et dernière personnalité politique à occuper cette fonction. Après son limogeage (nous de l’avons pas encore vue à Limoges !) en janvier 2020, le gouvernement semble avoir décidé de mettre purement et simplement fin à cette fonction créée pour Michel Rocard.

Pourtant, à l’époque où Ségolène Royal occupait encore le poste, le gouvernement estimait que l’importance des pôles dans le réchauffement climatique méritait cette représentation. A noter que le gouvernement n’a pas non plus remplacé son ambassadeur chargé des négociations sur le climat, ce qui est plus mauvais signe. On comprend mieux maintenant l’absence d’Emmanuel Macron à la dernière COP de Madrid. N’est pas défenseur de l’environnement qui veut !

Le but de la fonction d’Ambassadeur des Pôles occupé par Michel Rocard de 2009 à 2016 était de sensibiliser à la situation de cette zone de la planète où le réchauffement climatique va deux fois plus vite qu’ailleurs, comme je ne cesse de la rappeler sur ce blog. Avec cette absence d’ambassadeur, la France ne participe plus au groupe de travail du Conseil de l’Arctique sur l’avenir de la navigation dans la zone. Avec la fonte des glaces, les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest vont s’ouvrir à la navigation maritime, avec le fort risque de marée noire et de pollution qu’une telle circulation va forcément impliquer. La France n’est pas décisionnaire dans le Conseil de l’Arctique où siègent les représentants des pays riverains, mais elle dispose d’un siège d’observateur non négligeable.

L’observation de la situation en Antarctique faisait également partie de la fonction d’Ambassadeur des Pôles. La France est signataire du traité international de Madrid qui fait de l’Antarctique une terre de paix et de recherche. Par sa présence, l’Ambassadeur aurait pu plaider la cause des scientifiques français et de leurs moyens sur place, alors que d’autres pays comme la Chine installent de nouvelles bases. La France a tenté de créer un sanctuaire marin pour préserver les ressources en poissons, sans succès pour l’instant. Pour pouvoir faire avancer les choses, il faut la présence d’un fin diplomate et un poids lourd politique.

A mes yeux, le titre d’Ambassadeur des Pôles n’est pas simplement honorifique. Il suppose la participation à des négociations importantes pour l’avenir de notre planète. L’Accord de Paris signé lors de la COP 21 va fêter son cinquième anniversaire. On se rend malheureusement compte qu’aucun progrès significatif n’a été réalisé pendant cette période. Le coup de marteau de commissaire-priseur de Laurent Fabius n’aura pas servi à grand-chose !

Source : France Info.

La banquise continue de fondre, le saccage de l’Arctique va bientôt commencer, mais quelle importance? (Photo : C. Grandpey)