Ambassadeur des Pôles, c’est fini !

Au vu de la liste des ambassadeurs thématiques proposée par le Sénat, la France n’a plus d’Ambassadeur des Pôles ! Ségolène Royal aura donc été la deuxième et dernière personnalité politique à occuper cette fonction. Après son limogeage (nous de l’avons pas encore vue à Limoges !) en janvier 2020, le gouvernement semble avoir décidé de mettre purement et simplement fin à cette fonction créée pour Michel Rocard.

Pourtant, à l’époque où Ségolène Royal occupait encore le poste, le gouvernement estimait que l’importance des pôles dans le réchauffement climatique méritait cette représentation. A noter que le gouvernement n’a pas non plus remplacé son ambassadeur chargé des négociations sur le climat, ce qui est plus mauvais signe. On comprend mieux maintenant l’absence d’Emmanuel Macron à la dernière COP de Madrid. N’est pas défenseur de l’environnement qui veut !

Le but de la fonction d’Ambassadeur des Pôles occupé par Michel Rocard de 2009 à 2016 était de sensibiliser à la situation de cette zone de la planète où le réchauffement climatique va deux fois plus vite qu’ailleurs, comme je ne cesse de la rappeler sur ce blog. Avec cette absence d’ambassadeur, la France ne participe plus au groupe de travail du Conseil de l’Arctique sur l’avenir de la navigation dans la zone. Avec la fonte des glaces, les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest vont s’ouvrir à la navigation maritime, avec le fort risque de marée noire et de pollution qu’une telle circulation va forcément impliquer. La France n’est pas décisionnaire dans le Conseil de l’Arctique où siègent les représentants des pays riverains, mais elle dispose d’un siège d’observateur non négligeable.

L’observation de la situation en Antarctique faisait également partie de la fonction d’Ambassadeur des Pôles. La France est signataire du traité international de Madrid qui fait de l’Antarctique une terre de paix et de recherche. Par sa présence, l’Ambassadeur aurait pu plaider la cause des scientifiques français et de leurs moyens sur place, alors que d’autres pays comme la Chine installent de nouvelles bases. La France a tenté de créer un sanctuaire marin pour préserver les ressources en poissons, sans succès pour l’instant. Pour pouvoir faire avancer les choses, il faut la présence d’un fin diplomate et un poids lourd politique.

A mes yeux, le titre d’Ambassadeur des Pôles n’est pas simplement honorifique. Il suppose la participation à des négociations importantes pour l’avenir de notre planète. L’Accord de Paris signé lors de la COP 21 va fêter son cinquième anniversaire. On se rend malheureusement compte qu’aucun progrès significatif n’a été réalisé pendant cette période. Le coup de marteau de commissaire-priseur de Laurent Fabius n’aura pas servi à grand-chose !

Source : France Info.

La banquise continue de fondre, le saccage de l’Arctique va bientôt commencer, mais quelle importance? (Photo : C. Grandpey)

Enfin une bonne nouvelle !

Ségolène Royal a reçu une lettre du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères lui annonçant son licenciement à venir de sa mission bénévole d’ambassadrice des pôles. D’après plusieurs articles de presse, l’ancienne ministre de l’Écologie sera officiellement démise de ses fonctions lors du Conseil des ministres du vendredi 24 janvier. Le ministère  estime que Madame Royal n’a pas honoré son devoir de réserve en mettant en cause la politique du gouvernement. Elle avait notamment affirmé, mi-décembre sur France Info, qu’Emmanuel Macron était « bien sûr » responsable de la crise actuelle avant de dénoncer « la brutalité de cette réforme des retraites » dont elle demandait le retrait.

Et en plus elle ment!

Dans une note diffusée le 26 décembre 2019 et intitulée « Ségolène Royal snobe le Conseil de l’Arctique »,  j’indiquais que l’ambassadrice chargée des négociations internationales pour les pôles Arctique et Antarctique était convoquée devant l’Assemblée Nationale pour donner des explications sur son absence à l’ensemble des réunions officielles du Conseil de l’Arctique. Il est bon de rappeler que le Conseil de l’Arctique est une instance intergouvernementale qui réunit 8 États membres, des organisations de peuples autochtones, des scientifiques et des pays observateurs comme la France. Certaines ont lieu tous les six mois, d’autres tous les deux ans.

Ségolène Royal a affirmé que son absence aux réunions du Conseil de l’Arctique ne posait pas de problème, et que son prédécesseur Michel Rocard ne s’y était rendu qu’une fois en sept ans. C’est faux ! Contrairement à ce qu’affirme Madame Royal, Michel Rocard, décédé en 2016, s’est bel et bien rendu trois fois aux réunions du Conseil de l’Arctique, en 2009, 2011 et 2013. Sa présence est mentionnée sur les listes d’émargement, accessibles en ligne sur le site du Conseil de l’Arctique.

L’absence de Ségolène Royal à ces réunions est fort regrettable. En effet, elle aurait pu faire entendre la voix de la France et s’opposer aux Etats Unis qui ne voulaient pas qu’il y ait dans le document final la moindre référence à la COP 21, au changement climatique ou aux 2°C. Un spécialiste des pôles a souligné que « la France avait un boulevard » pour « incarner un leadership climatique » et que cette occasion a été gâchée par l’absence de Madame Royal aux différentes réunions.

Source : France Info.

Ségolène Royal snobe le Conseil de l’Arctique !

Souvenez-vous : En 2017, Ségolène Royal est devenue « ambassadrice chargée des négociations internationales pour les pôles Arctique et Antarctique. » Après avoir échoué à prendre la direction du programme des Nations Unies pour le développement ; après s’être vue refuser un poste de ministre par le nouveau Président de la République, l’ancienne députée des Deux-Sèvres avait évoqué de multiples pistes de reconversion, notamment chroniqueuse télé… Au final, elle est en charge de la préservation de la banquise sur laquelle je doute fort qu’elle ait jamais mis les pieds. En 2009, Nicolas Sarkozy avait créé à l’attention de Michel Rocard un poste d’ « ambassadeur en charge de la négociation internationale aux pôles Arctique et Antarctique. » Depuis la mort de l’ancien Premier Ministre socialiste en 2016, le poste était resté vacant et confié à des diplomates. C’est donc Madame Royal qui a été nommée pour assurer cette charge. A noter qu’elle n’est pas rémunérée. Pour l’assister, trois collaborateurs sont en revanche pris en charge par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Transition écologique et solidaire.

A l’initiative de deux députés, Ségolène Royal va être convoquée devant l’Assemblée Nationale pour rendre des comptes sur la charge qui lui a été confiée. Une demande d’audition devrait également lui être adressée par la Commission des Affaires Etrangères.

Les députés veulent entendre ses explications sur « son absence à l’ensemble des réunions officielles du Conseil de l’Arctique qui se sont tenues depuis sa nomination » et « ses interventions médiatiques quasiment hebdomadaires sur la politique nationale. »

En novembre 2019, des enquêtes avaient attiré l’attention sur le comportement de Ségolène Royal. Il lui était reproché de se servir de sa fonction  et de ses trois collaborateurs pour promouvoir des activités personnelles. Comme à son habitude, Madame Royal avait déclaré avec l’aplomb qu’on lui connaît que ces « insinuations » étaient « calomnieuses. » Elle avait dénoncé des « attaques » lancées « comme par hasard au moment où (elle) apparaît dans les sondages la mieux placée pour relever le défi de la gauche à l’élection présidentielle » en 2022.

Il faudra quand même qu’elle justifie ses absences à répétition aux réunions du Conseil de l’Arctique ! A l’heure où Emmanuel Macron prétend être un défenseur de la planète  – en brillant par son absence à la COP 25 de Madrid – le peu d’intérêt que porte Ségolène Royal à la fonte de l’Arctique fait quelque peu désordre !

Source : France Info,