Cumbre Vieja (La Palma) : nouvelles de l’éruption // News of the eruption

21 heures : Cela fait 25 jours que le Cumbre Vieja est entré en éruption. Elle est particulièrement destructrice. Les coulées de lave ont détruit 1458 bâtiments sur l’île de La Palma, selon la mise à jour publiée le 13 octobre 2021 par Copernicus. 640,27 hectares de terres ont été recouverts par la lave. L’Institut Géographique National (IGN) a enregistré plus de 60 séismes au cours des dernières 24 heures dans la zone de l’éruption, dont un événement de magnitude M 4,4 à Mazo ce 13 octobre pendant l’après-midi, à une profondeur de 36 kilomètres. Le séisme a été ressenti avec plus ou moins d’intensité dans pratiquement toute l’île. Pour rappel, le 12 octobre, les autorités ont ordonné l’évacuation de quelque 800 habitants de divers centres de population de La Laguna, à Los Llanos de Aridane, suite à l’avancée de la coulée de lave au nord-ouest et de sa proximité avec le périmètre d’exclusion. Selon Pevolca, on ne devrait pas assister à l’ouverture d’un nouveau centre d’émission à proximité du cône volcanique.

Source : El Pais.

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9:00 pm : It has been 25 days since Cumbre Vieja started erupting. The eruption is very destructive. Lava flows have destroyed 1,458 buildings on the island of La Palma, according to the update released on October 13th, 2021 by Copernicus. 640.27 hectares of land have been covered by lava. The National Geographic Institute (IGN) has recorded more than 60 earthquakes in the last 24 hours in the area of the eruption, with an event of magnitude M 4.4 in Mazo this October 13th during the afternoon, at a depth of 36 kilometers. The earthquake was felt with varying degrees of intensity in practically the whole island. As a reminder, on October 12th, the authorities ordered the evacuation of about 800 iresidents of various population centers of La Laguna, in Los Llanos de Aridane, following the progress of the lava flow to the northwest and its proximity to the exclusion perimeter. According to Pevolca, there should not be the opening of a new emission center near the volcanic cone.
Source: El Pais.

Observation de la faune aux Etats Unis : ne pas trop s’approcher! // Observing wildlife in the U.S.: not too close!

Les touristes qui se rendent aux États-Unis et plus particulièrement dans les parcs nationaux doivent savoir qu’il est illégal de s’approcher et de déranger des animaux sauvages. Les contrevenants peuvent recevoir de lourdes amendes et même des peines de prison s’ils sont surpris. Il ne faudrait pas pas oublier que la délation est un sport national aux États-Unis. Même si les rangers ne vous ont pas vu, d’autres personnes peuvent vous dénoncer à la police.
C’est ce qui est arrivé à trois visiteurs du parc national du Katmai en Alaska. Ils risquent de lourdes peines pour avoir approché de trop près en 2018 un groupe de grizzlies qui se nourrissaient dans la Brooks River à l’intérieur du Parc.
Le 9 août 2018, peu avant 19h. heure locale, les trois hommes se trouvaient sur la plate-forme d’observation de la Brooks River sur le site bien connu de Brooks Falls. Le trio a ensuite quitté la plate-forme d’observation autorisée et est descendu dans la rivière alors qu’un groupe d’ours bruns se nourrissait de saumons sur la chute d’eau et dans la rivière. Les autorités expliquent que les trois hommes se sont approchés à moins de 15 mètres des ours et ont « créé une situation dangereuse » pour les animaux sauvages.
Les rangers ont été informés de la situation le lendemain par plusieurs personnes qui avaient observé la scène en direct grâce aux webcams et avaient vu les trois personnes en contact étroit avec les ours.
Le Service des parcs nationaux enquête actuellement sur cette affaire. S’ils sont reconnus coupables, les trois hommes pourraient chacun faire face à un maximum de six mois de prison, une amende de 5 000 dollars et un an de mise à l’épreuve.
La réglementation du Parc National du Katmai stipule qu’« il est interdit de s’approcher de tout grand mammifère à moins de 50 mètres et de rester à moins de 50 mètres d’un ours en train de s’alimenter, pendant la période de frai du saumon, par exemple ».
Source : USA Today.

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Visitors to the U.S. and more particularly National Parks should know that going close to and disturbing wild animals is illegal. The offenders may receive heavy fines and even prison sentences if they are caught. Tourists should not forget that whistleblowing is common in the U.S. Even if the rangers have not seen you, other people may report to the police.

This is what happened to three men in Alaska’s Katmai National park. They are facing federal charges in after the group approached a group of wild brown bears while they were feeding in 2018.

On August 9th, 2018, before 7 p.m. local time, the three visitors were at the viewing platform of Brooks River at Brooks Falls in Katmai National Park.

The trio then left the authorized viewing platform and went down into the river. At the same time, a group of brown bears were feeding at Brooks Falls, as well as in the river. Authorities say the men came within 15 meters of the bears and « created a hazardous condition » for the wild animals.

National park rangers became aware of the situation the next day after multiple people who were watching live bear camera feeds saw the three people in close contact with the bears and called in.

The National Parks Service is investigating the case. If convicted, the three men could each face up to a maximum of six months in prison, a $5,000 fine and a year of probation.

The rules in Katmai National par say that « approaching any large mammal within 50 yards and remaining within 50 yards of a bear using a concentrated food source, like spawning salmon, is prohibited. »

Source: USA Today.

Rencontres avec les ours du Katmai (Photos: C. Grandpey)

Eruption du Cumbre Vieja (La Palma) : dernières nouvelles // Latest news

12 heures : Pevolca a annoncé ce mardi 12 octobre 2021que le confinement des localités touchées par le risque d’émanations de gaz prétendument toxiques dans le polygone Callejón de la Gata a été levé. La mesure avait touché près de 3 000 habitants. Le cabinet de crise a pris cette décision après avoir analysé les données de qualité de l’air.

Les coulées de lave émises suite à l’effondrement du cône éruptif ont porté la zone touchée à 595 hectares. La branche la plus au nord est actuellement la plus active. L’Insurance Compensation Consortium a déjà versé plus de 4,1 millions d’euros d’indemnisation aux personnes touchées par l’éruption. L’agence a reçu 661 demandes d’indemnisation, dont 511 correspondent à des logements ou communautés de propriétaires, 102 à des voitures, 45 à des entreprises, entrepôts, hôtels et établissements non industriels, et trois à des industries.

Source: El Pais.

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17 heures : Les autorités ont ordonné ce mardi l’évacuation d’entre 700 et 800 habitants de plusieurs quartiers de La Laguna, à Los Llanos de Aridane à cause de l’avancée de la coulée de lave au nord-ouest et de sa proximité avec le périmètre d’exclusion. La coulée, qui avance au rythme de 10 ou 15 mètres par heure, a traversé en diagonale le parc industriel du Callejón de La Gata.

La sismicité reste significative. L’IGN a enregistré 64 secousses au cours des dernières heures dans les environs de l’éruption du Cumbre Vieja. La plus forte, d’une magnitude de M 4,1 a été localisée à Villa de Mazo à une profondeur de 37 kilomètres, et a été ressentie dans pratiquement toute l’île. A noter également une hausse du tremor au cours des dernières heures.

En ce moment, comme le montrent les webcams, la lave qui alimentait le delta dans la mer est inactive.

Source: Presse espagnole.

Le directeur technique de Pevolca a expliqué qu’il existe actuellement trois coulées de lave actives, toutes à travers la zone d’exclusion évacuée depuis le début de l’éruption. En plus de la première coulée, qui a atteint la mer et a créé le delta de lave, il y en a une autre plus au sud qui se trouve sur le delta de l’éruption de San Juan en 1949 qui va vers le Charcón. Enfin, il y en a une troisième, plus au nord qui véhicule une plus grande quantité de lave, ce qui a provoqué encore plus de dégâts aux cultures et aux bâtiments.

Cette troisième coulée, à son tour, se divise en deux branches, dont l’une avance vers la plage du Perdido à un rythme très élevé. Actuellement, elle est à 300 mètres de la mer, où elle pourrait créer un nouveau delta, ou bien rejoindre une coulée existante, mais les scientifiques de Pevolca se refusent à tout pronostic.

Source: Pevolca.

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12:00 pm : Pevolca announced this Tuesday, October 12th, 2021 that the containment of municipalities affected by the risk of supposedly toxic gas emanations in the Callejón de la Gata polygon has been lifted. The measure affected nearly 3,000 inhabitants. The crisis cabinet made this decision after analyzing the air quality data.
The lava flows emitted after the collapse of the eruptive cone brought the affected area to 595 hectares. The northernmost branch is currently the most active. The Insurance Compensation Consortium has already paid more than 4.1 million euros in compensation to people affected by the eruption. The agency received 661 claims, of which 511 correspond to housing or communities of owners, 102 to cars, 45 to businesses, warehouses, hotels and non-industrial establishments, and three to industries.
Source: El Pais.

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5:00 pm.: Local authorities on Tuesday ordered the evacuation of 700 – 800 residents of several districts of La Laguna, in Los Llanos de Aridane because of the advance of the lava flow to the northwest and its proximity with the exclusion perimeter. The flow, whichmoves forward at a rate of 10 or 15 meters per hour, crossed the Callejón de La Gata industrial park diagonally.
Seismicity remains significant. IGN recorded 64 events during the last hours in the vicinity of the Cumbre Vieja eruption. The strongest quake, with a magnitude of M 4.1, was located at Villa de Mazo at a depth of 37 kilometers, and was felt almost all over the island. there has been an increase in the tremor over the last few hours.
Right now, as the webcams show, the lava that fed the delta into the sea is inactive.
Source: Spanish press.

Pevolca’s technical director explained that there are currently three active lava flows, all through the exclusion zone that has been evacuated since the start of the eruption. In addition to the first flow, which reached the sea and created the lava delta, there is another more to the south which is on the delta of the San Juan eruption in 1949 which goes towards the Charcón. Finally, there is a third flow further north, which carries more lava, and which has caused more damage to crops and buildings.
This third flow, in turn, divides into two branches, one of which advances towards the beach of Perdido at a very high rate. Currently, it is 300 meters from the sea, where it could create a new delta, or merge with an existing flow, but Pevolca scientists refuse to make any predictions.

Source: Pevolca.

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Les images de l’éruption et de ses conséquences proposées par les webcams à la mi-journée sont impressionnantes. Grosses fontaines de lave et volumineux panaches de cendres. En aval, la lave poursuit son travail de destruction :

Volcans : on sait observer, constater, mais on ne sait pas prévoir !

Les derniers événements à Hawaii, en Islande, à La Palma et sur l’île de Vulcano confirment notre incapacité à prévoir les éruptions volcaniques. Certes, les nombreux instruments installés sur les volcans signalent des anomalies dans les profondeurs de la Terre, mais la suite est beaucoup plus difficile à prévoir. Lorsque la situation semble devenir une menace pour les populations, on applique le principe de précautions et on évacue les zones potentiellement exposées aux coulées de lave, comme cela vient de se produire à La Palma.

A Hawaii, le Kilauea est truffé d’instruments. Pourtant, la dernière éruption a surpris le personnel de l’observatoire, le HVO. Il suffit de lire le rapport de la veille du réveil du volcan. On peut lire le 28 septembre 2021 que « le volcan Kilauea n’est pas en éruption. Suite à la récente intrusion de magma sous la surface dans la zone au sud de la caldeira de Kilauea, qui a considérablement ralenti le 30 août, les niveaux de sismicité et de déformation du sol dans cette zone sont restés proches de ceux qui ont précédé l’intrusion. D’autres données de surveillance, comme les émissions de dioxyde de soufre et les images des webcams, ne montrent aucun changement significatif. […] Ces observations suggèrent que l’apport de nouveau magma à l’intrusion s’est arrêté. » Le 29 septembre 2021, les géologues du HVO ont aperçu « une lueur dans les images de la webcam du sommet du Kilauea indiquant qu’une éruption avait commencé dans le cratère de l’Halema’uma’u. » Les images de la webcam montraient des fissures à la base du cratère, avec des coulées de lave à la surface du lac de lave qui était actif jusqu’en mai 2021. C’est un peu comme s’ils avaient découvert l’éruption en ouvrant la fenêtre de l’observatoire!
C’est ce qu’on appelle une prévision ratée.

Crédit photo: HVO

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En Islande, cela fait plus de trois semaines que la lave a cessé de s »écouler du Fagradalsfjall et personne n’est capable de dire si l’éruption est réellement terminée. Lorsque la lave a cessé de s’échapper du cratère principal, les sismomètres ont détecté l’apparition d;’événements dans la région de la montagne Keilir, à quelques kilomètres du Fagradalsfjall. S’agissait-il d’une migration du magma? D’une intrusion magmatique? Une nouvelle sortie de lava allait-elle avoir lieu? Impossible de le dire. Les images satellitaires n’ont détecté aucune inflation ou déformation du sol dans la région du Keilir susceptibles d’indiquer une remontée du magma vers la surface. On est donc dans l’attente. Wait and see, comme disent les Anglo-Saxons. Ces derniers jours on observe un déclin de la sismicité, mais là encore; la prévision volcanique est en berne. Par bonheur, aucune zone habitée ne serait vraiment menacée par la lave. C’est bien cela le but de la prévision volcanique: protéger les populations et éviter que des personnes se fassent tuer.

Calme plat sur le Fagradalsfjall (capture écran webcam)

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S’agissant du Cumbre Vieja sur lîle canarienne de La Palma, les signes annonciateurs d’une éruption sont apparus en octobre 2017, soit quatre ans avant son déclenchement. Un essaim sismique avec des événements entre M 1,5 et M 2,7 avait débuté le 7 octobre de cette année-là sous le Cumbre Vieja, avec 68 événements enregistrés sous le volcan. Les autorités ont décidé d’intensifier la surveillance du volcan.

Nouvelle alerte sismique le 10 février 2018, avec des événements plus significatifs que ceux de l’essaim d’octobre 2017. Leur magnitude allait de M 1,6 à M 2,6. Diminution de la profondeur des séismes au cours de l’essaim, ce qui semblait indiquer une ascension du magma vers la surface.

L’éruption a finalement eu lieu le 19 septembre 2021, donc longtemps après la première alerte sismique. Elle a été précédée d’un un essaim sismique qui avait mis les autorités en alerte pour une éventuelle éruption volcanique.

Il s’agit d’une éruption strombolienne, semblables à celles que l’on observe sur l’Etna. Ce sont les coulées de lave qui représentent le principal danger car elles détruisent tout sur leur passage. le risque humain est très faible et la prévision volcanique a donc moins d’importance que sur des volcans comme le Mayon (Philippines) ou le Merapi (Indonésie).

Personne ne sait combien de temps durera l’éruption du Cumbre Vieja (capture écran webcam)

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On observe des signes d’agitation sur l’île éolienne de Vulcano (Sicile). Ces dernières semaines, les panaches fumerolliens dans le cratère de La Fossa se sont intensifiés. les instruments de mesure ont détecté des modifications des paramètres géophysiques et géochimiques et la température des gaz s’est accrue. Aux dernières nouvelles, elle atteignait 340°C. La dernière éruption de ce volcan remonte aux années 1890, donc très récemment d’un point de vue géologique.

Une alerte du même type que celle de 2021 a été observée dans les années 1990. On avait alors observé une forte hausse de la température des gaz, beaucoup plus importante que le pic actuel. L’alerte s’était produite au printemps, à la veille de la saison touristique. Il ne fallait donc pas se rater dans la prévision. A l’époque, certains paramètres comme la sismicité et la déformation du volcan n’avaient rien d’inquiétant. Aucune mesure particulière n’a été conseillé par l’équipe scientifique qui travaillait sur le volcan a cette époque. Par la suite, la température des gaz a baissé et La Fossa di Vulcano a retrouvé son aspect habituel. Un géochimiste de l’Institut des Fluides de Palerme m’avait expliqué qu’un diapir avait probablement provoqué la hausse des températures.

En 2021, la hausse d’activité a lieu en octobre. Il y aura donc peu de touristes à Vulcano dans les prochains mois. Si une crise éruptive devait se produire, l’évacuation de l’île serait relativement aisée.

Comme l’a fort bien dit le géologue Nieves Sánchez, chercheur à l’Institut géologique et minier d’Espagne, « la volcanologie n’est pas une science exacte. Il y a beaucoup de variables que nous ne contrôlons pas et d’autres que nous ne connaissons même pas. Nous en savons de plus en plus et avons de meilleurs instruments, mais même ainsi, il est souvent impossible de connaître le résultat. Nous faisons de la géologie d’urgence. »

Fumerolles à Vulcano (Photo: C. Grandpey)