La NASA montre le CO2 dans l’atmosphère ! // NASA shows CO2 in the atmosphere !

Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique que nous connaissons à l’heure actuelle. Cependant, son augmentation dans l’atmosphère serait encore plus rapide sans les puits de carbone terrestres et océaniques qui absorbent ensemble environ la moitié des émissions anthropiques chaque année. Les techniques de modélisation informatique du Global Modeling and Assimilation Office de la NASA ont permis aux scientifiques de faire apparaître les sources et les puits de CO2 et de mieux comprendre d’où vient le carbone et où il va.
Les vidéos réalisées par la NASA ont été mises en ligne en juin 2023. Elles ont été créées à partir des données relatives aux émissions de dioxyde de carbone en 2021. Elles ont l’aspect de tourbillons sur toute la planète et montrent l’évolution de ces émissions entre le début et la fin de l’année 2021.

https://svs.gsfc.nasa.gov/5110

On s’attardera sur les 3 animations proposées par la NASA.

La première animation montre le CO2 entré dans l’atmosphère terrestre au cours de l’année 2021. Il est réparti entre les quatre principaux contributeurs : les combustibles fossiles en orange, la biomasse en rouge, les écosystèmes terrestres en vert et l’océan en bleu. Les points à la surface montrent comment le dioxyde de carbone atmosphérique est absorbé par les écosystèmes terrestres (en vert) et les océans (en bleu). Bien que les terres et les océans soient des puits de carbone, certains endroits peuvent être des sources à différents moments.
L’animation met en évidence l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Les plantes absorbent du CO2 par photosynthèse pendant leur saison de croissance, mais libèrent une grande partie de ce carbone pendant les mois d’hiver. Parmi les caractéristiques intéressantes, on notera les émissions de combustibles fossiles provenant du corridor urbain nord-est qui s’étend de Washington D.C. à Boston aux États-Unis. L’oscillation rapide au-dessus de la forêt amazonienne montre l’absorption du carbone par les plantes pendant la journée, lorsque le soleil brille, et sa libération pendant la nuit.

La deuxième animation met en évidence les sources et les puits de CO2 en Asie et en Australie. On remarquera en particulier les émissions de combustibles fossiles de la Chine, qui ont contribué à l’augmentation de la charge atmosphérique de CO2 au cours de l’année 2021. En revanche, l’absorption par la biosphère terrestre est visible en Australie pendant la majeure partie de l’année car les émissions et la densité de population y sont beaucoup plus faibles. À la fin de l’animation, les émissions de combustibles fossiles, qui sont libérées, principalement dans l’hémisphère nord, se mélangent vers le sud et obscurcissent l’Australie.

La troisième animation met en évidence l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Les émissions de combustibles fossiles en Europe sont visibles, de même que le rouge qui représente les émissions provenant des incendies en Afrique centrale. Les feux représentent une source de CO2 dans l’atmosphère bien moins importante que les émissions de combustibles fossiles, mais ils sont significatifs car ils peuvent altérer la capacité d’un écosystème à séquestrer le carbone par la suite. Les scientifiques surveillent attentivement la manière dont les émissions de CO2 dues aux incendies sont modifiées par le réchauffement climatique qui allonge la saison des incendies et les rend plus sévères dans de nombreuses régions.

—————————————————

Carbon dioxide (CO2) is the most prevalent greenhouse gas driving global climate change. However, its increase in the atmosphere would be even more rapid without land and ocean carbon sinks, which collectively absorb about half of human emissions every year. Advanced computer modeling techniques in NASA’s Global Modeling and Assimilation Office allow scientists to disentangle the influences of sources and sinks and to better understand where carbon is coming from and going to.

The videos of the swirling emissions were released in June 2023. They are recreated from 2021 carbon dioxide emissions data. They’re shown as swirls all over the planet and how those emissions progressed from the beginning of 2021 to the end of that calendar year.

https://svs.gsfc.nasa.gov/5110

Let’s have a look at the 3 visualizations suggested by NANA.

The first visualization shows the CO2 being added to Earth’s atmosphere over the course of the year 2021, split into four major contributors: fossil fuels in orange, burning biomass in red, land ecosystems in green, and the ocean in blue. The dots on the surface also show how atmospheric carbon dioxide is also being absorbed by land ecosystems in green and the ocean in blue. Though the land and oceans are each carbon sinks in a global sense, individual locations can be sources at different times.

For example, in this view highlighting North America and South America, during the growing season plants absorb CO2 through photosynthesis, but release much of this carbon through respiration during winter months. Some interesting features include fossil fuel emissions from the northeastern urban corridor that extends from Washington D.C. to Boston in the United States. The fast oscillation over the Amazon rainforest shows the impact of plants absorbing carbon while the sun is shining and then releasing it during nighttime hours.

The second visualization highlights CO2 sources and sinks over Asia and Australia. The most notable feature is fossil fuel emissions from China, which contribute to the increasing atmospheric burden of CO2 over the course of 2021. In contrast, drawdown from the land biosphere is visible over Australia for much of the year because emissions and population density are much lower. By the end of the animation, fossil fuel emissions which are released predominantly in the Northern Hemisphere are mixing southward obscuring Australia.

The third visualization highlights Europe, the Middle East, and Africa. European fossil fuel emissions are visible as is red representing emissions from fires over central Africa. Fires represent a much smaller source of CO2 to the atmosphere than fossil fuel emissions, but are significant because they can alter the ability of an ecosystem to sequester carbon in the future. Scientists are carefully monitoring how CO2 emissions from fires are altered by climate change, which is bringing longer and more severe fire seasons to many areas.

Islande : nouvelles de l’éruption // Iceland : news of the eruption

12 juillet 2023 – 07h00 (heure française) : Ce matin, l’une des webcams montre la bouche active sur la fissure éruptive. L’éruption, qui se déroule près de Litli-Hrútur sur la péninsule de Reykjanes, a perdu de l’intensité depuis son début le 10 juillet. Comme je l’ai écrit précédemment, cela est probablement dû à une diminution de la pression du magma et des gaz.
Malgré cette accalmie apparente, le Met Office islandais (IMO) déconseille fortement de s’approcher du site de l’éruption. La zone présente des dangers notamment des concentrations de gaz dangereuses, voire mortelles, dans les zones basses, et l’ouverture soudaine de nouvelles fissures éruptives à proximité des bouches actives. .
Les dernières données de l’IMO indiquent que le magma se déplace sous le mont Keilir, avec des déformations entre Litli-Hrútur et Keilir. Si de nouvelles bouches éruptives devaient s’ouvrir, ce serait très probablement à Litli-Hrútur. La sismicité sur la péninsule de Reykjanes est actuellement faible. Le tremor éruptif est stable à des valeurs moyennes.
La coulée de lave émis par l’éruption se dirige essentiellement vers le sud-est et dans une vallée peu profonde au sud de Litli-Hrútur. Selon l’IMO, plusieurs possibilités sont envisageables. La lave devrait bientôt remplir cette vallée et continuer à s’écouler vers le sud. Elle pourrait également se diriger vers le sud-est d’une petite crête en bordure de la vallée peu profonde. À partir de là, la lave pourrait prendre la direction du sud et contourner la crête. Si elle s’écoule vers le sud, il est probable qu’elle finira par entrer dans la Merardalir et recouvrira la coulée de 2022.

++++++++++

Il y a beaucoup de monde sur le site de l’éruption. Le 11 juillet 2023 à 22h00, il y avait environ 400 voitures sur le parking près de la montagne Skála-Mælifell. Environ 3 000 personnes ont visité le site de l’éruption ce jour-là. Il est vrai que nous sommes en juillet et que la météo est bonne en ce moment dans le sud de l’Islande.
Comme je l’ai écrit précédemment, un nouveau sentier (différent de ceux vers les éruptions de 2021 et 2022), appelé Meradalaleið, ou. Meradalur Trail, a été ouvert vers le site de l’éruption . Les visiteurs doivent se garer sur Suðurstrandavegur, près de la montagne Skála-Mæifell, et marcher jusqu’à un point d’observation près de Vatnsfell. Le trajet est long d’environ 7 km (14 km aller-retour). Noter que la distance exacte varie entre 14 km et 20 km aller-retour selon les sites web. Pour plus d’informations sur les sentiers et les parkings, il suffit de cliquer sur ce lien:
https://www.visitreykjanes.is/en/volcano-eruption/eruption-information/hiking-and-parking

Source : médias islandais.

++++++++++

18 heures : L’accès au site de l’éruption ne semble pas si facile que cela. Les secouristes ont dû venir en aide à plusieurs touristes près du site de l’éruption le 11 juillet au soir et aux premières heures du 12 juillet. Selon l’équipe de secours, le sauvetage des randonneurs piégés par la lave est « quasiment impossible ». On a recensé sept cas de blessures mineures ou de fatigue sur le site de l’éruption…
Comme indiqué ci-dessus, environ 3 000 personnes, plus ou moins bien préparées, se sont rendues sur le site le 11 juillet. La foule de visiteurs a commencé à se disperser vers 3 heures du matin le 12 juillet.
Les sauveteurs sont venus en aide à des touristes, comme ceux qui s’étaient éloignés du sentier balisé ou qui n’avaient pas réussi à atteindre le point de vue. Ils rappellent qu’il est dangereux de s’aventurer près de la lave. « La seule façon d’atteindre une personne en difficulté serait une évacuation par hélicoptère, ce qui n’est pas toujours possible. Les chances de sauver des personnes piégées par des coulées de lave sont minces, et tune personne qui tomberait dans la lave serait sure de mourir ».
Plusieurs touristes ont approché les équipes de secours et indiqué qu’ils avaient entendu des « coups » venant du sous-sol, semblables à des battements de cœur. Les sauveteurs pensent que la source de ces coups se trouve probablement à l’intérieur du champ de lave.

Ce soir, l’éruption semble stable sur les webcams avec une bouche modérément active sur la fissure éruptive. La sismicité est faible sur la péninsule de Reykjanes. Le tremor éruptif semble également stable. Personne ne sait comment l’éruption va évoluer. L’activité n’est pas très intense. Je n’ai pas l’intention de me rendre en Islande. Si c’était le cas, j’attendrais quelques jours pour m’assurer que l’activité éruptive ne va pas diminuer davantage….

Vue de la bouche active sur la fissure le 12 juillet 2023 au soir

La sismicité a bien diminué sur la péninsule de Reykjanes (Source : IMO)

————————————————

July 12th, 2023 – 07:00 am (French time) : This morning onre of the webcams shows the eruptive vent on the eruptive fissure. It is still quite active, but the intensity of the eruption near Litli-Hrútur on the Reykjanes Peninsula has seen a significant drop in intensity since its start on July 10th. As I put it before, this is likely due to a decrease in the release of magma and gases.

Despite this apparent lull, the Icelandic Met Office (IMO) strongly advises against approaching the eruption site. The area poses several risks, including the potential for dangerous and even lethal gas concentrations in low-lying areas, and the sudden opening of new eruption fissures near existing vents.

The latest IMO data indicates that magma is moving beneath Keilir Mountain, causing changes to the landscape between Litli-Hrútur and Keilir. If new eruption vents were to form, they would most likely appear at Litli-Hrútur. Seismicity on the Reykjanes Peninsula is currently low. The eruptive tremor is stable at medium values.

The lava flow is currently mostly directed to the southeast and into a shallow valley south of Litli-Hrútur. It is expected to fill this valley soon and continue flowing south. Lava may also potentially flow towards the southeast of a small ridge at the edge of the shallow valley. From there, the likely flow paths are towards the south and around the ridge. If the lava continues to flow southwards, it is expected to eventually flow into and over the 2022 Merardalir lava flow.

Visitors are constantly warned that conditions near the eruption fissures and lava field can change rapidly. The main hazards lie with the gases and the possibility of new fissures happening near the existing vents with little warning.

++++++++++

There are a lot of people on the eruption site. On July 11th, 2023 at 10 :00 pm, there were approximately 400 cars in the parking lot near Skála-Mælifell mountain. Approximatley 3,000 people visited the eruption site on July 11th. We are in July and the weather is fine these days in southern island.

As I put it before, a new trail to the eruption site (differing from the trails to the previous two eruptions in the area), referred to as Meradalaleið, or. Meradalur Trail, has been opened. Visitors should park on Suðurstrandavegur, near Skála-Mæifell mountain, and hike to a viewing point near Vatnsfell. The hike is approximately 7 km long (14 km return). Reports of the exact distance of the trail vary between 14 km and 20 km return according to the websites. For more information on hiking trails and parking, click here :

https://www.visitreykjanes.is/en/volcano-eruption/eruption-information/hiking-and-parking

Source : Icelandic media.

++++++++++

06:00 pm : Access to the eruption site does not seem that easy. Rescue workers had to assist several hikers near the eruption site on July 11th in the evening and into the early hours of July 12th.. According to the rescue team, rescuing hikers who become trapped in the lava is “a near impossibility.” There were seven instances of minor injuries or fatigue at the eruption site..

As mentioned above, an estimated 3,000 hikers, with varying levels of preparedness, trekked to the site on July 11th. The procession of hikers began to disperse at around 3:00am on July 12th..

The rescuers succeeded in assisting hikers, even those who strayed from the marked trail or failed to reach the viewpoint. They warn of the perils of venturing near the lava. “The only possible method would be an aerial evacuation, which isn’t always feasible. The chances of rescuing individuals trapped by fresh lava flows are slim, and anyone falling into the lava would perish.”

Several travellers approached the rescue teams, reporting sensations of a ‘knocking’ from beneath the ground, akin to a heartbeat. However, the rescuers believe the source of the knocking was probbly within the lava fields.

Tonight, the eruption looks stable on the webcams with one moderately active vent on the eruptive fissure. Seismicity is low on the Reykjanes Peninsula. The eruptive tremor looks stable too. Nobody knows haow the eruption will develop. Activity is not very intense. I do not intend to travel to Iceland. If i did, I would wait a few days and make sure eruptive activity is not declining any more….

« kīpuka », un nouveau magazine sur les volcans !

Un nouveau magazine de vulgarisation scientifique dédié aux volcans vient d’apparaître sur le marché. Intitulé kīpuka, il s’adresse à tous les amateurs et amatrices de volcans.

Le magazine est trimestriel. Les quatre numéros annuels paraissent fin mars, fin juin, fin septembre et fin décembre. Ils contiennent l’actualité éruptive et scientifique du trimestre écoulé, en plus d’articles de fond.

kīpuka est disponible en deux versions : papier et numérique. La version papier est vendue par courrier, à l’exemplaire ou par le biais d’un abonnement annuel.

kīpuka est écrit et mis en page artisanalement à Clermont-Ferrand par Jean-Marie Prival, ancien journaliste spécialisé et docteur en volcanologie.

Bien illustré par de nombreuses photos, le magazine est très agréable à lire. Deux numéros sont déjà parus. Il faut lui souhaiter une longue vie !

Le lien sur internet: https://www.kipuka.fr/site/

Le granit, preuve d’un ancien volcanisme sur la Lune // Granite, evidence of ancient volcanism on the Moon

Une équipe scientifique du Planetary Science Institute a découvert une grande formation de granit sous un ancien complexe volcanique lunaire. Les conclusions de l’équipe ont été publiées dans la revue Nature le 5 juillet 2023. Cette découverte est une nouvelle preuve que la face cachée de la Lune a autrefois été le théâtre d’éruptions volcaniques.
Le granit a été découvert sous le complexe Compton-Belkovichce que les chercheurs pensaient être une formation volcanique. Ce granit s’est probablement formé à la suite du refroidissement du magma qui a alimenté des éruptions il y a environ 3,5 milliards d’années.
Les chercheurs pensaient depuis longtemps que cette zone de la Lune était effectivement une ancienne structure volcanique. Toutefois, ils ne s’attendaient pas à trouver une aussi vaste zone de magma refroidi, d’une largeur estimée à une cinquantaine de kilomètres. Cette découverte pourrait permettre aux scientifiques d’expliquer la formation de la croûte à la surface de la Lune au début de l’histoire de la planète.
Pour faire cette découverte, les scientifiques ont utilisé les données recueillies par le Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA. Les données fournies par l’Orbiter leur ont permis de mesurer la température sous la surface du complexe Compton-Belkovich. Elles ont révélé une chaleur qui ne pouvait provenir que d’éléments radioactifs qui n’existent sur la Lune que sous forme de granite, une roche ignée que l’on trouve dans le système d’alimentation des volcans et qui se forme lorsque le magma se refroidit sans entrer en éruption.
La formation du granite sur Terre est généralement le résultat de l’eau et de la tectonique des plaques qui créent de vastes zones de roche fondue sous la surface de notre planète. Les granites sont fréquents sur Terre, mais beaucoup plus rares sur la Lune en raison de l’absence d’eau et de tectonique des plaques. Cette découverte pourrait donc donner des indications sur les conditions qui régnaient sur la Lune lorsqu’elle était le siège d’une activité volcanique.
Source : space.com.

——————————————–

A large formation of granite was discovered beneath an ancient lunar volcano by a team of scientists from the Planetary Science Institute. The team’s findings were published in the journal Nature on July 5th, 2023. The discovery is further evidence that the far side of the Moon once glowed with volcanic eruptions.

The granite was found under a suspected volcanic feature called the Compton-Belkovich complex. It was probably formed as the result of cooling magma that fed eruptions of lunar volcanoes around 3.5 billion years ago.

Researchers have long suspected this area of the Moon to be an ancient complex of volcanoes. However, they di not expect to find such a large patch of cooled magma, with an estimated width of around 50 kilometers. The discovery could help scientists explain how the lunar crust formed in the Moon’s early history.

To make their discovery, the scientists used data collected by NASA’s Lunar Reconnaissance Orbiter. The data produced by the orbiter allowed the team to measure temperatures below the surface of the Compton-Belkovich complex. The data showed heat that could only come from radioactive elements that only exist on the Moon as granite , an igneous rock found in the « plumbing » of volcanoes and created when magma cools without erupting.

The formation of granite on Earth is usually the result of water and plate tectonics creating large areas of melted rock beneath our planet’s surface. Though common on Earth, granites are much scarcer on the Moon as a result of the absence of both water and plate tectonics. That means this discovery could point toward the conditions found on the Moon when it was host to volcanic activity.

Source : space.com.

Les données micro-ondes montrent de la chaleur sous le complexe Compton-Belkovich (Source : NASA).