Catastrophe écologique au Kamchatka (suite) // Environmental disaster in Kamchatka (continued)

Comme je l’ai écrit précédemment (voir ma note du 10 octobre), une pollution à grande échelle affecte la côte de la péninsule du Kamtchatka (Russie). De nombreuses questions restent en suspens sur la cause possible de ce désastre écologique. Jusqu’à présent, les plongeurs pensaient qu’il s’agissait de la fuite de produits pétroliers et de phénol à partir de navires en transit dans le golfe d’Avacha, ou d’une manœuvre militaire qui aurait pu polluer une rivière qui se jette dans l’océan.

Afin de trouver une solution et de mettre fin aux théories contradictoires, le gouverneur du Kamtchatka a invité des experts américains, japonais et chinois à participer aux investigations. Les scientifiques russes, quant à eux, sont persuadés que ce sont des algues toxiques, et non une pollution, qui ont anéanti la vie marine au large des côtes de la péninsule.
Quelle que soit la cause, la région du Kamtchatka est confrontée à une situation environnementale catastrophique avec la mort d’un grand nombre d’animaux marins..
Le groupe d’experts examinera les résultats et hypothèses des analyses qui ont déjà été effectuées. Comme indiqué plus haut, des scientifiques russes pensent que c’est un phénomène appelé Marée Rouge, dû à l’activation rapide d’algues toxiques, qui a tué la vie marine. Il va donc falloir mettre sur pied des expéditions pour découvrir ce qui a conduit à l’activation des algues.
L’expression Marée Rouge désigne un phénomène causé par la prolifération d’algues qui libèrent de fortes toxines qui décolorent l’eau et appauvrissent sa teneur en oxygène. Selon les dernières mesures, jusqu’à 95% des animaux marins ont été tués dans le golfe d’Avacha. On se souvient que la communauté locale de surfeurs – les premiers à signaler la situation alarmante – se  plaignaient de maux de gorge, de maux de tête et de problèmes oculaires.
Le problème n’est pas dû à l’activité volcanique et sismique car les volcans actuellement en éruption se trouvent à 300 ou 400 kilomètres de la zone de la catastrophe.
Les services de surveillance environnementale de la Russie ont signalé un excès de phosphates, de fer,de phénols et d’ammonium,dans des proportions atteignant respectivement 10,8 fois, 7,2 fois, 6,9 ​​fois et 6,2 fois la normale. La surveillance satellitaire a révélé qu’au moins un navire avait déversé des matières polluantes dans la mer. Une procédure pénale a été ouverte pour pollution du milieu marin.
Jusqu’à présent, l’hypothèse selon laquelle des déchets militaires en provenance d’un site construit à l’époque soviétique sur le volcan Kozelsky serait la cause de la pollution a été écartée. En revanche, l’effet nocif des substances enfouies dans la baie de Prilivnaya ne peut être exclu.
Les résultats d’une expédition de plongeurs au sud de la péninsule du Kamtchatka qui a débuté le 11 octobre devraient être publiés prochainement.

Voici une vidéo montrant l’ampleur de la pollution :

https://youtu.be/YYTeGxo3Y5A

Source: The Siberian Times.

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As I put it before (see my post of October 10th) a wide-scale pollution has affected the coast of the Kamchatka Peninsula in Russia. Many questions were asked about the possible cause of the pollution. Up to now, it was attributed to the leakage of oil products and phenol from ships passing through the Avacha Gulf, or to a military manoeuvre that might have polluted a river that flows into the ocean.

In order to find a solution and put an end to the conflicting theories, the Governor of Kamchatka has invited US, Japanese and Chinese experts to loin the investigation. Russian scientists insist it was toxic algae not pollution that killed marine life off the peninsula’s coast.

With the pollution, the Kamchatka region faces a challenging environmental situation which involves the mass death of marine animals in Avacha Bay of the Pacific Ocean.

The research group will work remotely and examine the available analyses results and hypotheses. A group of Russian scientists said that according to their research it was the so-called Red Tide – the rapid activation of toxic algae – that killed marine life. One of the next tasks will be to organise expeditions to find out what led to the activation of the algae.

A Red Tide is a generic term for a phenomenon caused by blooming algae releasing strong toxins which discolour the water and deplete oxygen in the water. Up to 95% of marine animals were killed at the Avacha Gulf according to the earlier probes, with the local community of surfers who were the first ones to flag the alarming situation complaining about throat aches, headaches and temporary worsening eyesight.

The version of the harmful effects of volcanic and seismological activity has been ruled out, since the volcanoes that are now erupting are located at a distance of 300-400 kilometres from the water area.

Russia’s environment watchdog has reported excess of phosphates in the coastal waters by 10.8 times, iron by 7.2 times, phenols by 6.9 times and ammonium by 6.2 times. At least one ship has been found to be dumping polluted waste into the water according to satellite monitoring. Russian Investigative Committee opened a criminal case into pollution of the marine environment.

So far the version of the military waste site built in Soviet times by the Kozelsky volcano causing the pollution was ruled out. The harmful effect of the substances that are buried at the Prilivnaya Bay cannot be excluded.

Results of the divers expedition to the south of the Kamchatka peninsula that set off on 11 October should be released soon.

Here is a video showing the extent of the pollution:

https://youtu.be/YYTeGxo3Y5A

Source: The Siberian Times.

Source : Wikipedia

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Suite à la baisse de la sismicité, l’absence d’activité éruptive et d’anomalie thermique de surface ces dernières semaines, l’AVO a abaissé la couleur de l’alerte aérienne du Pavlof (Aléoutiennes / Alaska) au Vert et le niveau d’alerte volcanique à Normal. Cependant, les éruptions du Pavlof se produisent souvent avec peu ou pas d’activité préalable ; le volcan doit donc être surveillé en permanence.
Source: AVO.

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Au Kamtchatka, on observe une activité strombolienne sur le Klyuchevskoy, avec une coulée de lave dans la ravine Apakhonchich sur le flanc SE. On observe également de fortes explosions générant des panaches de cendres qui s’étirent sur 200 km vers le SE. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange le 8 octobre 2020.

Des explosions sont également observées sur l’Ebeko. Elles génèrent des panaches de cendres jusqu’à 3 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.

Une anomalie thermique a été détectée par des satellites sur le Sheveluch dont la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.
Source: KVERT.

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Au Guatemala, l’activité est toujours intense sur le Fuego avec une moyenne de 5 à 19 explosions par heure. Les ondes de choc habituelles secouent les bâtiments jusqu’à 7 – 15 km du sommet. Des matériaux incandescents éjectés jusqu’à 100 à 400 m de hauteur ; ils provoquent des avalanches de blocs dans plusieurs ravines. Ces avalanches atteignent parfois la végétation. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones sous le vent. Le 9 octobre 2020, des lahars ont dévalé plusieurs ravines sur les flancs du Fuego, provoquant une fermeture de route.

Une activité strombolienne accompagnée de coulées de lave se poursuit sur le Pacaya. Les explosions dans le cratère Mackenney éjectent des matériaux jusqu’à 200-300 m au-dessus de la bouche éruptive. Au moins quatre coulées de lave sont toujours actives sur les flancs N et E; elles avancent sur 200-400 m.
Source: INSIVUMEH.

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Le Popocatepetl (Mexique) montre son activité habituelle, avec des émissions de vapeur et de gaz, dont la plupart contiennent de petites quantités de cendres. De petites  retombées de cendres sont signalées dans les zones sous le vent. Une incandescence est parfois observée au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2.
Source: CENAPRED.

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Here is some news of volcanic activity around the world :

With a decline of seismicity and no eruptive activity or unusual surface temperatures observed in recent weeks, AVO has lowered the aviation colour code for Pavlof (Aleutians / Alaska) to Green abd the volcanic alert level to Normal. However, eruptions at Pavlof often occur with little or no precursory activity, and the volcano needs to be continually monitored.

Source: AVO.

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In Kamchatka, strombolian activity is observed at Klyuchevskoy, with a lava flow advancing down the Apakhonchich drainage on the SE flank. One also observes strong explosions generating ash plumes that drift over 200 km SE. The aviation colour code was raised to Orange on October 8th, 2020.

Explosions are also observed at Ebeko. They produce ash plumes up to 3 km above sea level. The aviation colour code is kept at Orange.

A thermal anomaly has been identified by satellites over Sheveluch whose aviation colour code remains at Orange.

Source: KVERT.

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In Guatemala, activity is still high at Fuego with an average of  5-19 explosions per hour. The usual shock waves rattle buildings within 7-15 km of the summit. Incandescent material ejected 100-400 m high cause avalanches of blocks in several drainages. These avalanches sometimes reach the vegetation. Ashfall is reported in several downwind areas. On October 9th, 2020, lahars descended multiple drainages on Fuego’s flanks, causing a road closure.

Strombolian activity and lava effusion continue at Pacaya. Explosions in the Mackenney Crater eject material up to 200-300 m above the vent. At least four lava flows are still active on the N and E flanks; travelling over 200-400 m.

Source: INSIVUMEH.

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Popocatepetl (Mexico) is showing its usual steam-and-gas emissions, most of which contain minor amounts of ash. Minor ashfall is reported in downwind areas. Incandescence is sometimes observed above the crater. The alert level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED.

Vue du Klyuchevskoy (Source : KVERT)

Septembre 2020 : le plus chaud ! // September 2020 : the hottest !

Ça y est : la NASA et la NOAA viennent de publier les résultats des mesures de températures pour septembre 2020 qui arrive en tête des mois de septembre les plus chauds. La NASA annonce +0,609°C au-dessus de la période 1981-2010, ce qui équivaut à 1,25°C par rapport à 1880-1920. Pour la NASA, 2020 fait pour le moment jeu égal avec 2016 qui avait été dopée par un épisode El Niño extrême, alors qu’en ce moment El Niño est relativement neutre. A noter que les données de la NASA et de la NOAA sont recueillies par un réseau mondial de stations météorologiques, de navires et de bouées. Ce réseau mesure la température de l’air au-dessus des terres et la température de surface de la mer. Il présente donc un bilan de températures extrêmement complet.

Toutes les agences météorologiques ont maintenant publié leurs bilans pour le mois de septembre 2020. ERA5, NASA et NOAA annoncent un record de chaleur. Les trois autres agences (NCEP, RSS, UAH) placent septembre entre la 2ème et la 4ème place depuis le début des archives.

Il s’agit du mois de septembre le plus chaud depuis le début des relevés, si l’on fait la moyenne des six séries.

Source : global-climat.

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Not a real surprise: NASA and NOAA have just published the results of temperature measurements for September 2020, which tops the hottest September. NASA announces +0.609° C above the period 1981-2010, which is equivalent to +1.25°C compared to 1880-1920. For NASA, 2020 is currently on a par with 2016, which had been spiked by an extreme El Niño episode, while El Niño is relatively neutral at the moment. Note that NASA and NOAA data is collected by a global network of weather stations, ships and buoys. This network measures the temperature of the air above land and the sea surface. It therefore presents an extremely comprehensive temperature balance.
All weather agencies have now published their reports for the month of September 2020. ERA5, NASA and NOAA announce record heat. The other three agencies (NCEP, RSS, UAH) place September between 2nd and 4th place since the start of the archives.
This is the warmest September since records began, six series averaged.
Source: global-climat.

Source : global-climat

 

L’accélération des catastrophes naturelles // The acceleration of natural disasters

Le 6 octobre 2020, j’ai publié une note intitulée « Du jamais vu, mais que l’on reverra » ; elle faisait suite aux inondations catastrophiques dans les Alpes Maritimes. Afin d’illustrer mes propos sur la répétition des événements climatiques extrêmes, je donnais quelques exemples recensés au cours du mois de septembre à travers le monde.

Un rapport du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNSDIR) vient apporter de l’eau à mon moulin. On y apprend que le changement climatique est le principal responsable du doublement des catastrophes naturelles dans le monde depuis l’an 2000. Le nombre de catastrophes climatiques est passé de 3 656 pour la période 1980-1999 à 6 681 pour la période 2000-2019. Ces catastrophes naturelles ont tué plus de 1,2 million de personnes depuis 2000.

Les événements les plus fréquents au cours des deux dernières décennies sont les inondations et les tempêtes, et l’ONU s’inquiète de la survenue de vagues de chaleur dans la prochaine décennie.

Le coût lié à ces désastres est de près de 3 000 milliards de dollars depuis 2000. Toutefois, ce chiffre est en dessous de la réalité car un grand nombre de pays, notamment en Afrique et Asie, ne fournissent pas d’informations sur l’impact économique des catastrophes survenues ces 20 dernières années.

Source : ONU.

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On October 6th, 2020, I released a post entitled « Never seen before, but that we will see again »; it followed the catastrophic floods in the Alpes Maritimes. In order to illustrate the repetition of extreme weather events, I gave a few examples identified during the month of September around the world.
A report from the United Nations International Strategy for Disaster Reduction (UNSDIR) brings water to my mill. We learn that climate change is chiefly responsible for the doubling of natural disasters in the world since 2000. The number of climate disasters has increased from 3,656 for the period 1980-1999 to 6,681 for the period 2000-2019 . These natural disasters have killed more than 1.2 million people since 2000.
The most common events over the past two decades are floods and storms, and the UN is concerned about the occurrence of heat waves in the next decade.
The cost linked to these disasters has been close to 3 trillion dollars since 2000. However, this figure is below the reality because a large number of countries, especially in Africa and Asia, do not provide information on the economic impact of disasters over the past 20 years.
Source: UNO.

Anomalies de température annuelle globale de 1979 à 2019 d’après huit agences météorologiques (Source : NOAA)