Les faux vainqueurs de l’Everest // Mt Everest’s fake winners

J’ai souvent consulté la presse indienne et anglo-saxonne ces derniers temps pour obtenir des informations sur la catastrophe glaciaire dans le nord de l’Inde. En plus des nouvelles sur la tragédie himalayenne, j’ai lu un article expliquant que le Népal avait interdit à deux alpinistes indiens et à leur chef d’équipe de faire de l’alpinisme pendant six ans dans le pays. En effet, une enquête a révélé qu’ils ont menti et n’ont jamais atteint le sommet de l’Everest en 2016. L’exploit réalisé par les deux alpinistes avait pourtant été validé à l’époque par le département du tourisme. Les poursuites à leur encontre ont commencé quand ils n’ont pu produire aucune preuve de leur exploit au moment où l’un des deux hommes a été pressenti pour recevoir le prestigieux Tenzing Norgay Adventure Award en 2020. Les affirmations des deux alpinistes selon lesquelles ils avaient atteint le sommet de l’Everest ont été contestées par d’autres expéditions.

Un responsable du Ministère du Tourisme népalais a déclaré qu’au cours de l’enquête et avec les témoignages d’autres alpinistes, il a été conclu que les deux hommes n’avaient jamais atteint le sommet et n’avaient fourni ni photos fiables du sommet, ni d’autres preuves de leur réussite. Ils avaient soumis de faux documents, y compris des photographies. Les faits ont été confirmés par d’autres sherpas.

En conséquence, les deux alpinistes ont interdiction de fréquenter la région de l’Himalaya pendant six ans, à partir de l’année 2016. Leur attestation d’arrivée au sommet de l’Everest a été annulée. Le Ministère du Tourisme a également infligé une amende à l’agence qui avait organisé l’ascension et aux sherpas qui y ont participé.

Atteindre le sommet de l’Everest et ses 8 848 m est considéré comme un exploit par les alpinistes du monde entier. Beaucoup de ceux qui ont réussi à arriver au sommet ont par la suite gagné de l’argent grâce à des conférences ou des livres racontant leurs expéditions.

Les Indiens ont gravi l’Everest pour la première fois dans les années 1960 et en 1984 Bachendri Pal est devenue la première femme indienne à vaincre la montagne. Les Indiens ont également établi des records en tant que «premiers jumeaux», «première femme amputée», «plus jeune fille de tous les temps» et «femme la plus âgée» à gravir la montagne.

Ce n’est pas la première fois que des alpinistes indiens sont condamnés pour avoir prétendu avoir atteint le sommet sans y être parvenus. En 2017, la police de l’État du Maharashtra, dans l’ouest de l’Inde, a révoqué deux policiers après qu’une enquête a révélé que leur affirmation d’être le premier couple indien à escalader l’Everest était fausse. La police a déclaré que le couple avait «falsifié des photographies» pour montrer qu’ils avaient réussi. Le département du tourisme népalais avait initialement validé leur ascension, mais a ensuite annulé cette décision après enquête.

Source: BBC News.

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 I have often read the Indian and Anglo-Saxon press these last days to get more information about the glacial disaster in northern India. Beside the news about the Himalayan tragedy, I found an article explaining that Nepal had banned two Indian climbers and their team leader for six years from mountaineering in the country after an investigation found they had faked their 2016 climb up Mt Everest.

The two mountaineers’ climb was certified by the tourism department at the time. The action against them came when they failed to produce any evidence after one of the men was nominated for the prestigious Tenzing Norgay Adventure Award in 2020. The pairs’ claims they had reached Mt Rverest’s summit were queried by other climbers.

A Nepal tourism ministry official said that during their investigations with other climbers, they found that the two « never reached the summit » and had failed to produce any reliable pictures of the summit and other evidence. They had submitted fake documents, including photographs. The facts were confirmed by other sherpas.

As a consequence, the two mountaineers have been placed under a six-year ban – starting retrospectively in 2016. Their Everest summit certification has also been revoked. The tourism ministry has also fined the company that organised the climb and the sherpas that supported them.

Reaching the top of the 8,848 m mountain is considered as a remarkable feat for mountaineers around the globe. Many of those who have succeeded in scaling the mountain have subsequently gone on to have lucrative careers as motivational speakers and authors.

Indians first summited Everest in the 1960s and in 1984, Bachendri Pal became the first Indian woman to climb the mountain. Indians have also set records for « the first twins », « the first female amputee », « the youngest girl ever » and « the oldest woman ever » to ascend the mountain.

This is not the first time Indian climbers have been called out for faking claims that they reached the summit. In 2017, police in the western Indian state of Maharashtra socked two officers after an inquiry found their claim to be the first Indian couple to climb Everest was fake. The police said the couple had « morphed photographs » to show a successful ascent.

Nepal’s tourism department had initially certified their ascent but rescinded that decision after an investigation.

Source : BBC News.

Vue de l’Everest (Source : Wikipedia)

Parc National des Virunga (RDC) = Danger ! // Virunga National Park (DRC) = Danger !

Situé à la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda, le Parc National des Virunga en République Démocratique du Congo s’étend sur 7800 km² dans la province du Nord-Kivu. Des bords du lac Kivu au volcan Nyiragongo, à la sortie de Goma, jusqu’aux monts Rwenzori à la frontière avec l’Ouganda vers le nord, le plus ancien parc naturel d’Afrique sert de refuge à des espèces menacées comme le gorille des montagnes,  passion de la célèbre primatologue Dian Fossey, assassinée en 1985.

Dans un article publié le 18 février 2019 France Info nous apprenait que le parc national des Virunga était de nouveau accessible aux touristes après plus de neuf mois de fermeture imposée par plusieurs incidents meurtriers. Le 11 mai 2018, une ranger avait été tuée et trois personnes, dont deux touristes britanniques, avaient été enlevées puis libérées. Entre le 9 avril et le 21 mai de la même année, deux militaires, un civil, cinq gardes et un chauffeur avaient également été abattus dans le parc par des hommes armés non identifiés.

En 2019, la sécurité du parc a été soumise à un audit et les rapports ont révélé que tous les indicateurs sécuritaires étaient bons. C’est qui a justifié la réouverture aux touristes le 15 février 2019 des deux premiers sites du parc, le volcan Nyiragongo, et le site de Kibumba où vivent les gorilles de montagne.

L’embellie aura été de courte durée. Le 10 janvier 2021, au moins six éco-gardes ont été tués dans le parc national des Virunga au cours d’une attaque perpétrée par des hommes armés, probablement des Maï-Maï, un groupe de miliciens aux activités criminelles. L’attaque a eu lieu dans l’espace situé entre Nyamitwitwi et Nyamilima, dans le centre du parc. Le parc a bien sûr été de nouveau fermé aux visiteurs.

Créé en 1925, le parc national des Virunga est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Joyau naturel, les Virunga sont aussi le théâtre des confits de la région troublée du Nord-Kivu, où des groupes armés se disputent le contrôle des richesses du sol et du sous-sol. Le parc est surveillé par 689 rangers armés, dont au moins 200 ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions, dans l’histoire récente du parc.

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Located on the border with Rwanda and Uganda, the Virunga National Park in the Democratic Republic of the Congo covers an area of  7,800 km² in the province of North Kivu. From the shores of Lake Kivu to the Nyiragongo volcano, on the outskirts of Goma, to the Rwenzori mountains on the border with Uganda to the north, Africa’s oldest natural park serves as a refuge for endangered species such as the mountain gorillas, the passion of the famous primatologist Dian Fossey, murdered in 1985.

In an article published on February 18th, 2019, France Info informed us that the Virunga National Park was again accessible to tourists after more than nine months of closure imposed by several deadly incidents. On May 11th, 2018, a ranger was killed and three people, including two British tourists, were kidnapped and then released. Between April 9th and May 21st of the same year, two soldiers, a civilian, five guards and a driver were also shot dead in the park by unidentified gunmen.

In 2019, the park’s safety was audited and reports found that all safety indicators were good. This is what justified the reopening to tourists on February 15th, 2019 of the first two sites of the park, the Nyiragongo volcano, and the Kibumba site where mountain gorillas live.

The upturn was short-lived. On January 10th, 2021, at least six eco-guards were killed in Virunga National Park in an attack by armed men, possibly Mai-Mai, a militia group with criminal activities. The attack took place in the space between Nyamitwitwi and Nyamilima, in the center of the park. The park was of course closed to visitors again.

Created in 1925, Virunga National Park is a UNESCO World Heritage Site. A natural jewel, the Virunga are also the scene of conflicts in the troubled region of North Kivu, where armed groups are vying for control of the riches of the soil and the subsoil. The park is guarded by 689 armed rangers, of whom at least 200 have been killed in the line of duty, in the park’s recent history.

Lac de lave du Nyiragongo (Crédit photo : Wikipedia)

La Montagne Pelée, volcan magnifique et capricieux…

Sur son site web, la chaîne France Info a consacré le 8 janvier 2021 une rubrique à la Montagne Pelée, le tristement célèbre volcan de  la Martinique.

Le titre de l’article annonce la couleur : « La Montagne Pelée, volcan magnifique et capricieux. » C’est vrai que la Pelée est souvent emmitouflée dans les nuages et ne se laisse deviner que par intermittence. Elle semble faire preuve d’une certaine pudeur.

Il faut donc viser et consulter les prévisions météorologiques avant d’emprunter l’un des trois sentiers qui permettent d’accéder au sommet. Le plus facile est celui qui part du parking de l’Aileron (Ajoupa Bouillon, Morne Rouge). Après avoir atteint le dôme de l’Aileron, le sentier se poursuit jusqu’à la Caldeira, avant d’atteindre le Chinois qui n’est autre que le sommet du cône de 1929. La montée n’a rien de vraiment technique mais les pierres et les marches sont souvent glissantes et il faut donc faire preuve de prudence.

Aujourd’hui, aucune manifestation éruptive n’est visible sur la Pelée, mais l’Observatoire volcanologique et sismologique de Martinique (OVSM) a conseillé le 3 décembre 2020 le passage du volcan au niveau d’alerte Jaune (2ème niveau d’alerte sur une échelle qui en comporte 4). Cette préconisation fait suite à la détection de l’évolution de signaux sismiques.

Les chercheurs ont dressé le 8 janvier 2021 un bilan hebdomadaire très précis de la situation. Ils expliquent que « entre le 1er janvier 2021, 16 heures et le 8 janvier 2021, 16 heures, l’OVSM a enregistré́ au moins 65 séismes de type volcano-tectonique de magnitude inférieure ou égale à 1″. Cette hausse de la sismicité serait due à des signaux haute fréquence auxquels s’ajoutent des micros-fracturations.

Depuis le début de l’année, l’OVSM a relevé 249 signaux sismiques longue période (LP) qui ont surtout eu lieu à deux moments, entre minuit et 2 heures le 3 janvier et entre 21h le 3 janvier et 2h le 4 janvier. Les chercheurs ont également enregistré 2 séismes LP isolés. Toutefois, aucune secousse n’a été ressentie par la population.

Selon l’OVSM, cette hausse de la sismicité est normale quand le volcan entre en « phase de réactivation volcanique ». La Montagne Pelée est entrée dans cette phase en avril 2019. L’auteur du dernier rapport précise qu’il s’agit « clairement d’une perturbation du système hydrothermal, probablement engendrée par la circulation de fluides chauds et pressurisés d’origine hydrothermale et/ou magmatique ».

Si la Montagne Pelée présente ces signes d’activité, les scientifiques écartent cependant la possibilité d’une éruption à court terme.

Le reportage de France Info souligne la beauté de la Montagne Pelée qui pourrait figurer prochainement au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le volcan dispose de plusieurs atouts pour cela. Outre son intérêt volcanologique, la montagne est très intéressante du point de vue de la biodiversité, avec un fort taux d’endémisme. Certains Martiniquais se demandent pourquoi la Pelée n’appartient toujours pas au Patrimoine de l’Unesco alors que la Chaîne des Puys (Auvergne) au passé éruptif moins glorieux l’a intégré, après plusieurs tentatives, il est vrai…

Si les nuages de la Montagne Pelée vous contraignent à une attente prolongée pour entreprendre l’ascension, vous pourrez patienter en lisant l’ouvrage « Quatre-vingt-dix secondes «  de Daniel Picouly, paru chez Albin Michel en 2018.

Photos : C. Grandpey

Le réveil du Steamboat Geyser (Yellowstone) n’annonce pas une éruption! // The awakening of Steamboat Geyser (Yellowstone) does not herald a volcanic eruption!

Lorsque des événements anormaux ou exceptionnels se produisent dans le Parc National de Yellowstone, ils s’accompagnent souvent de fausses informations, les fameuses fake news. Par exemple, certaines personnes qui ont vu des bisons courir dans le parc ont affirmé que les animaux avaient peur d’une éruption imminente. D’autres touristes ont eu peur lorsqu’ils ont vu que du goudron en train de fondre sur une route, phénomène uniquement causé par l’activité géothermale dans le sous-sol.

Aujourd’hui, les scientifiques expliquent que les éruptions à répétition du célèbre Steamboat Steamboat n’annoncent pas une éruption volcanique majeure. Le geyser, situé dans le Norris Geyser Basin, envoie de l’eau à plus de 90 mètres de hauteur quand il se manifeste.

Le Steamboat, qui est le plus haut geyser actif au monde, s’est réveillé avec des éruptions intenses en 2018 après 34 ans d’activité sporadique. En septembre 2019, l’USGS a indiqué que «le geyser actif le plus haut du monde était entré en éruption à 34 reprises, le plus grand nombre jamais enregistré en un an. Le record de 2018 était de 32 éruptions, et avant cela, le record était de 29 éruptions en 1964. Les plus grosses éruptions du Steamboat durent en général de trois à 40 minutes, et sont suivies de puissants jets de vapeur. Selon le National Park Service, « une fois que l’alimentation en eau est épuisée, le geyser continue tout de même à envoyer de puissants jets de vapeur pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Ses rugissements sont si forts qu’il est difficile d’engager une conversation à proximité. Des campeurs du camping de Norris, à plus d’un kilomètre au nord, ont été réveillés par le bruit. »

Le réveil du Steamboat a donné lieu à des spéculations selon lesquelles cela pourrait annoncer de prochaines éruptions volcaniques dans le secteur. [NDLR : Le Norris Geyser Basin es l’un des ponts les plus chauds du Parc].

Cependant, une nouvelle étude publiée dans les Proceedings of the  National Academy of Sciences, affirme que ce n’est pas le cas. Les scientifiques n’int pas détecté de mouvements du magma qui seraient nécessaire pour une éruption. L’étude, dirigée par un professeur de l’Université de Californie à Berkeley, a également impliqué des chercheurs de l’Université Columbia, de l’Université du Chili, de l’Université Rice, de l’Université de l’Utah, de l’Université de l’Alaska, de l’Université Brown, de l’Université du Texas à El Paso, le Parc National de Yellowstone et l’USGS.

Source: Fox News.

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When abnormal or exceptional events occur in Yellowstone Natinal Park, they are often accompanied by fake news. For instance, some people who saw buffaloes running in the park said they were afraid of an upcoming eruption. Other tourists were alarmed when they saw that tar was melting on a road, a phenomenon only caused by geothermal activity in the subsoil.

Today, scientists explain that the repeated eruptions of the famous Steamboat geyser do not herald a major volcanic eruption. The geyser in the Norris Geyser basin shoots water more than 90 metres into the air during its major eruptions.

Steamboat, which is the world’s tallest active geyser, reawakened with prolific eruptions in 2018 after 34 years of sporadic activity.

In September 2019, the U.S. Geologic Survey indicated that “the world’s tallest active geyser had erupted 34 times, the largest number ever recorded in a year. The 2018 record was 32 eruptions, and prior to that, the record was 29 eruptions in 1964. Steamboat’s larger eruptions tend to last from three to 40 minutes, and are followed by powerful jets of steam. According to the National Park Service, « once the water supply is exhausted, the geyser continues with a powerful steam phase lasting several hours to several days. Its roar is so great that conversation near the geyser is difficult, and visitors in the Norris Campground, a mile to the north, have been awakened by the noise. »

Steamboat’s return to activity sparked speculation that it could indicate future volcanic eruptions in the surrounding geyser basin. [Personal note: The Norris Geyser Basin is one of the hottest spots in the Park].

However, new research, published in the Proceedings of the National Academy of Sciences, suggests this is not the case. Scientists have found few indications of the movement of magma that would be necessary for an eruption.

The research, led by a professor from UC Berkeley, also involved experts from Columbia University, the University of Chile, Rice University, the University of Utah, the University of Alaska, Brown University, the University of Texas at El Paso, Yellowstone National Park and the U.S. Geological Survey.

Source: Fox News.

Photos : C. Grandpey