La Caverne du Pont d’Arc // The Pont D’Arc Cavern (Ardèche / France)

drapeau francaisIl y a quelques jours, je me suis rendu en Ardèche afin de visiter la Caverne du Pont d’Arc, réplique fidèle de la Grotte Chauvet, interdite d’accès pour des raisons évidentes de protection de ce patrimoine unique.

Je craignais que ce nouveau site créé à des fins scientifiques mais aussi touristiques dénature le paysage. En fait, il n’en est rien. On découvre le parking et l’entrée au tout dernier moment et l’ensemble reste très discret, malgré l’abondance de béton qui a servi à le confectionner.

La visite (réservation obligatoire via le site Internet) du fac-similé de la Grotte Chauvet est très intéressante et on se rend parfaitement compte de la richesse de cette caverne maintenue à l’abri des regards pendant des millénaires grâce aux éboulements qui en ont obstrué l’entrée. Le bestiaire est impressionnant, ainsi que les morceaux de squelettes d’ours qui jonchent le sol. Tout au long de la visite, je me suis posé des questions sur le sens qu’il faut attribuer aux peintures et gravures. En effet, si certaines semblent assez faciles à comprendre, d’autres restent très mystérieuses comme les panneaux de points-paumes ou encore la fameuse fresque du Sacré-Cœur, située à proximité de l’entrée. Représente-t-elle des gerbes éruptives des volcans du Bas-Vivarais qui étaient actifs il y a 36 000 ans, donc à l’époque où les Aurignaciens fréquentaient la région ? Je me suis à nouveau posé la question en regardant, dans le lointain, les ensembles volcaniques depuis le belvédère (dont la table d’orientation pourrait être améliorée !). Personnellement, je ne le crois pas car les paysages et phénomènes naturels n’apparaissent pas dans les gravures des grottes préhistoriques, en tout cas pas de manière évidente. Même la fresque découverte à Çatalhöyük en Turquie pourrait bien représenter une peau de léopard plutôt qu’un volcan. Malheureusement, la nature humaine n’a pas encore fait naître l’alter ego de Champollion pour déchiffrer les symboles de la Grotte Chauvet.

Je recommande aux visiteurs de la Caverne du Pont d’Arc de pénétrer dans la Galerie de l’Aurignacien où des bornes tactiles, des cartes et autres outils pédagogiques leur permettront de découvrir cette période-clé de l’humanité, ou de compléter leurs connaissances.

Au final, je suis ressorti fort satisfait de cette visite, même si je n’ai pas ressenti cette fois l’émotion et l’émerveillement éprouvés pendant ma découverte de l’original de la Grotte de Lascaux lorsque j’avais une douzaine d’années, deux ou trois ans avant que son accès soit définitivement interdit. Dans la Caverne du Pont d’Arc, il manque quelque chose d’authentique, ne serait-ce que l’odeur, la fraîcheur et l’humidité de l’air ambiant qui effleurent encore ma peau plus de cinquante ans après. Certes, les ornements de la Caverne du Pont d’Arc sont superbes mais, en y regardant bien, on décèle une certaine artificialité dans la voûte de la grotte qui prend parfois des allures de carton pâte. Là encore, cette remarque n’appartient qu’à moi et ce point de vue est probablement faussé par mon souvenir extraordinaire de Lascaux.

Je recommande très chaudement la visite de la Caverne du Pont d’Arc. Toutes les informations pratiques se trouvent à cette adresse :

http://www.cavernedupontdarc.fr/

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drapeau-anglaisA few days ago, I went to visit the Pont d’Arc Cavern, the faithful replica of the Chauvet Cave whose access is forbidden for obvious reasons of protection of this unique heritage.
I feared that this new site, created for both science and tourism, might ruin the landscape, but it doesn’t. You reach both parking and entry at the last moment and everything is very discreet, despite the abundance of concrete.
The visit (reservations are required via the website) of the facsimile of the Chauvet Cave is very interesting and gives a very good idea of the richness of this cave that has been kept out of sight for thousands of years due to the landslides that have blocked the entrance. The bestiary is impressive, as well as the pieces of bear skeletons that are littering the ground. Throughout the visit, I asked myself questions about the meaning to be attributed to the paintings and prints. While some seem to be fairly easy to understand, others remain very mysterious, like the points-palms panels or the famous fresco of the Sacred Heart, near the entrance. Does it show eruptions of the Lower Vivarais volcanoes which were active 36,000 years ago, at a time when the Aurignacians frequented the area? I again asked myself the question while standing on the belvedere (the orientation table should be improved!) and looking in the distance at the ancient volcanoes. I think the answer is no because landscapes and natural phenomena do not appear in the frescoes of the prehistoric caves, at least not clearly. Even the fresco discovered at Çatalhöyük in Turkey could represent a leopard skin rather than a volcano. Unfortunately, human nature has not given birth to Champollion’s alter ego to decipher the symbols of the Chauvet Cave.
I strongly recommend the visit of the “Gallery of the Aurignacian” where touch screens, maps and other educational tools will enable people to discover this key period of humanity, or supplement their knowledge.
In the end, I was very satisfied with the visit although I have not felt the emotion and wonderI experienced during my discovery of the original Lascaux cave when I was 12 years old or so, two or three years before its access was permanently prohibited. In the Pont d’Arc Cavern, I missed something authentic, like the smell, the coolness and the humidity of the ambient air that I can still feel on my skin more than fifty years later. Certainly, the ornaments of the Pont d’Arc Cavern are superb but, looking at it carefully, one detects some artificiality in the vault of the cave which sometimes looks like cardboard paste. Again, this remark belongs to me and this view is probably distorted by my amazing memories of Lascaux.
I do recommend a visit to the Pont d’Arc Cavern. General information can be found at:
http://www.cavernedupontdarc.fr/

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Eruptions volcaniques du bas Vivarais?

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Des fresques exceptionnelles à la Caverne du Pont d’Arc…

Lascaux

Lascaux, un grand souvenir de mon adolescence…

Les volcans à Périgueux (Dordogne) !

Je présenterai le mardi 3 mai 2016 une conférence intitulée « Volcans et risques volcaniques » dans le cadre de l’Université du Temps Libre de Périgueux (Dordogne). Elle aura lieu à 15 heures au complexe Cap Cinéma – Place Francheville.

Le but de cette conférence est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaierai de répondre.

Mon exposé se poursuivra avec deux diaporamas (une vingtaine de minutes chacun) en fondu-enchaîné sonorisé destinés à illustrer deux grands types de volcans. « La Java des Volcans » conduira le public auprès des volcans gris d’Indonésie tandis que « Hawaii le Feu de la Terre » fera côtoyer les coulées de lave rouge du Kilauea.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer les ouvrages Terres de Feu et Mémoires Volcaniques. Pour rappel, Volcanecdotes et Killer Volcanoes sont épuisés.

Les personnes qui ne sont pas adhérentes de l’UTL de Périgueux et qui désireraient assister à ma conférence doivent impérativement m’indiquer leurs noms et prénoms (grandpeyc@club-internet.fr) que je transmettrai à la personne préposée à l’accueil.

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Photos: C. Grandpey

Date record pour la débâcle sur le Yukon à Dawson City // Record breakup date on the Yukon River in Dawson City

drapeau-francaisEncore un signe du réchauffement climatique dans le Grand Nord: Aujourd’hui 23 avril 2016 à 11h15 (heure locale) le fleuve Yukon vient de se libérer de ses glaces à Dawson City. L’événement n’avait jamais eu lieu aussi tôt. Le précédent record était le 28 avril 1940. Chaque année, les paris vont bon train pour déterminer la date du « breakup ». Cette année, le gagnant a empoché la coquette somme de 4340 dollars.

Dawson City a été au cœur de la Ruée vers l’Or à la fin du 19ème siècle. La bourgade compte aujourd’hui quelque 1320 habitants. Ils étaient plus de 40 000 dans les années 1890. La recherche de l’or continue aujourd’hui le long de la Klondike et de la Bonanza, mais ne n’ai pas trouvé la moindre pépite lors de mon séjour à Dawson en 2013 !

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drapeau-anglaisHere is another sign of global warming in the far North. Today April 23rd, 2016 at 11:15 am (local time) the Yukon River has just released its ice in Dawson City. The event had never taken place so early. The previous record was 28 April 1940. Each year, betting is underway to determine the date of the « breakup ». This year the winner pocketed a cool 4340 dollars.
Dawson City was the heart of the Gold Rush in the late 19th century. The village now has a population of 1,320. There were more than 40,000 people in the 1890s. The search for gold continues today along the Klondike and Bonanza, but I did not find any nugget during my stay in Dawson in 2013!

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Photos: C. Grandpey

El Chichon (Mexique) cause de l’effondrement de la civilisation maya ? // Did El Chichon (Mexico) cause the collapse of the Maya civilisation ?

drapeau-francaisLa civilisation maya est l’une des plus anciennes d’Amérique, avec des origines remontant à la préhistoire. Les implantations mayas des Basses-Terres du sud, telles que Copán, Tikal ou Palenque, connurent leur niveau de développement le plus élevé à la période classique, entre le 6ème et le 9ème siècle de notre ère, avant d’être rapidement abandonnées entre la fin du 8ème et du 9ème siècle.

La cause du dépeuplement quasi total des puissantes cités mayas à l’aube du 9ème siècle reste mal connue. Des hypothèses ont été avancées pour expliquer la chute brutale de la civilisation maya, mais les spécialistes ne sont toujours pas d’accord sur les causes d’un bouleversement aussi radical. Guerres, désastres écologiques, famines ou une combinaison de ces facteurs sont les raisons généralement avancées pour expliquer ce déclin.

Aujourd’hui, les scientifiques pensent que l’on peut établir un lien entre la chute de la civilisation maya au 6ème siècle et une éruption du volcan El Chichon au Mexique. Une équipe néerlandaise a étudié des dépôts de cendre et découvert que l’âge des matériaux correspond au « hiatus » de la civilisation maya. C’est une époque où cette population très évoluée d’Amérique centrale a connu des bouleversements culturels et une instabilité politique. En particulier, les Mayas ont abandonné les Basses Terres auxquelles ils étaient très attachés.
Une importante trace de soufre dans les carottes de glace prélevées aux pôles indique qu’il y a eu une éruption majeure quelque part sur Terre en l’an 540, juste au début du « hiatus » de plusieurs décennies qui a fait s’effondrer la civilisation maya. Cet événement a été probablement important car il a laissé une signature bien marquée dans les couches de glace et a très vraisemblablement eu un impact climatique à l’échelle mondiale, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement dans la région de l’éruption.
Les recherches actuelles se concentrent sur les retombées de cendre qui ont affecté les Basses Terres mayas. Il se pourrait que ces téphra soient reliés chimiquement à El Chichon. Des échantillons ont été prélevés dans le lac Tuspan et le delta Usumacinta-Grijavala sur la côte mexicaine. L’utilisation de plusieurs techniques, pas seulement la datation par le Carbone 14, a permis de déterminer l’âge des chutes de cendre qui se situerait autour de l’an 540.
Pour savoir si El Chichon est vraiment à l’origine du soufre détecté dans les carottes de glace, il faudrait une analyse chimique qui n’a pas encore été effectuée. La seule chose dont on est à peu près sûr pour le moment, c’est que l’événement s’est probablement déroulé sous les tropiques.

Il y a en fait deux signatures très proches l’une de l’autre dans les carottes de glace, avec un second événement qui se serait produit en l’an 536. Cet événement pourrait être une éruption quelque part en Amérique du Nord, peut-être l’Alaska. Les données fournies par les cernes d’arbres en Europe du Nord à cette époque révèlent un très fort refroidissement, phénomène qui se produit en général quand de grands volumes d’aérosols sulfatés sont dispersés à travers le monde. Les simulations font ressortir un abaissement de deux degrés de la température moyenne pendant l’été dans toute l’Europe du Nord. Des preuves archéologiques et d’autres informations montrent aussi des perturbations sociales suite à une série de mauvaises récoltes et des épidémies de peste.
Si l’on considère ces deux éruptions ensemble et si l’on examine leur impact sur une période de 10 ans, en se concentrant sur l’hémisphère Nord, on constate que ce double événement volcanique est certainement celui qui a le plus perturbé le climat pendant les 1200, voire 2000, dernières années.

Reste à savoir si ce double événement volcanique a entraîné la disparition de la civilisation maya…
Source: BBC Nouvelles: http://www.bbc.com/news

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drapeau-anglaisThe Maya civilisation is one of the oldest in America, with origins dating back to prehistoric times. Maya settlements in the Southern Lowlands, such as Copán, Tikal and Palenque, reached their highest level of development in the classical period between the 6th and 9th century AD, before being quickly abandoned between late 8th and 9th century.
The cause of the almost total depopulation of powerful Maya cities at the dawn of the 9th century remains unclear. Hypotheses have been advanced to explain the sudden fall of the Maya civilization, but experts still do not agree on the causes of such a radical upheaval. Wars, ecological disasters, famine or a combination of these factors are usually cited as reasons for the decline.

Scientists think they can now tie the disruption that hit the Maya civilisation in the 6th century to an eruption of the El Chichon volcano in Mexico. A Dutch team has investigated ashfall deposits, finding the age of the materials to be a good match for the so-called Mayan « hiatus ». This was a time when the sophisticated Central Americans experienced cultural upheaval and political instability. They also abandoned many of their favoured lowland sites.

A sulphur spike in ice core records from the poles indicates there was a big eruption somewhere on Earth in AD 540, right at the start of the multi-decade hiatus. It must have been a major event to have left such a distinctive signature in the frozen layers, and very likely led to global climate impacts and severe environmental degradation in the region of the blast.

Current research is centered on ashfall dispersed across what were the Mayan lowlands. This tephra can be connected chemically to El Chichon. Samples have been collected from Lake Tuspan and the Usumacinta-Grijavala delta on the Mexican coast. Using multiple techniques, not just radiocarbon, the ages of the ash fall has been found to be around AD 540.

Whether El Chichon really is the source of the sulphur seen in the ice cores would require a chemical analysis that has yet to be done. The best one can say at the moment is that the event was probably located in the tropics.

There are actually two closely spaced signatures in the ice record, with the second occurring in AD 536. This event could be an eruption somewhere in North America, perhaps Alaska. Tree ring data in northern Europe from this time indicates there was very strong cooling – something you might expect if large volumes of sulphate aerosols were dispersed across the globe. The simulations suggest there was a reduction of two degrees in average summer temperatures across Northern Europe. Archaeological evidence and other information also speak to societal disruption, such as a run of poor harvests and outbreaks of plague.

If one takes these two eruptions together and look at their impact over a 10-year period, focusing on the Northern Hemisphere, then this double event would have been clearly the strongest volcanic forcer of climate of at least the last 1,200 years, probably more like 2,000 years.

The point is to know whether this double volcanic event really led to the disappearance of the Maya civilisation…

Source: BBC News: http://www.bbc.com/news

El Chichon

El Chichon vu depuis l’espace en 1986 (Crédit photo: NASA)

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Tikal 02

Vues du site maya de Tikal au Guatemala (Photos: C. Grandpey)