La Pompéi du Japon / The Pompeii of Japan

drapeau francais  Le 10 décembre dernier, on pouvait lire dans la presse japonaise que les restes d’un adulte – de toute évidence un soldat – et d’un enfant avaient été découverts sur le site de Kanai Higashiura , près de Shibukawa, dans la préfecture de Gunma. Ils étaient enfouis dans une couche de cendre volcanique datant du début du 6ème siècle, époque où le volcan Harunayama Futatsudake est entré en éruption. A noter qu’il entrera à nouveau en éruption une cinquantaine d’années plus tard. C’est la première fois que des restes humains de l’époque Kofun sont découverts sur ce site qui a été baptisé « la Pompéi du Japon ». C’est aussi la première fois qu’une armure datant de cette époque est découverte en ce lieu. Les armures précédentes se trouvaient dans des tombes, en général à côté du défunt.
Quand il a été découvert, l’homme avait le visage tourné vers le sol, en direction du volcan Harunayama. Les archéologues pensent qu’il s’était d’abord agenouillé avant de tomber et qu’il courait se protéger d’une coulée pyroclastique en compagnie de sa famille. L’homme ne tenait pas son enfant ; il est probable que ce dernier a été entraîné loin de son père par la coulée.
Vous trouverez l’intégralité de l’article ainsi que des illustrations à cette adresse :
http://japanesearchaeology.com/2012/12/11/kanai-higashiura-iseki-remains-found-of-kofun-period-man-wearing-armor/

 

   On December 10th 2012, one could read in the Japanese newspapers that the remains of a Kofun-Period infant and adult male – obviously a soldier – were recovered from the Kanai Higashiura site, Shibukawa city, Gunma prefecture. They were buried under a layer of volcanic ash dating to the early-6th century when the Harunayama Futatsudake volcano erupted. Another eruption also took place 50 years later. This marks the first discovery of Kofun-Period human remains on this site known as “the Pompeii of Japan”. It is also the first time an armour dating back to that period has been discovered here. Previous armours had all been found from tombs, placed next to their owners.
The adult male was found face down in the direction of Harunayama. Judging by the angle of his legs, researchers believe he fell forward from a kneeling position. He probably fleeing from a pyroclastic flow and running for cover with his family. The man was not clutching the baby. Perhaps the infant was washed away in the pyroclastic flow.
You’ll find the whole article and photos at this address:
http://japanesearchaeology.com/2012/12/11/kanai-higashiura-iseki-remains-found-of-kofun-period-man-wearing-armor/

Gestion des risques volcaniques / Management of volcanic risks

drapeau francais.jpgCe n’est pas la première fois qu’un document est publié en matière de gestion des risques volcaniques et, une fois de plus, je crains fort qu’il soit beaucoup trop long et beaucoup trop théorique et ne serve pas à grand-chose quand une crise éruptive majeure se produira dans le monde. Il a malgré tout le mérite d’exister.

Cette fois, il est le fruit de l’Union Européenne dans le cadre du projet MIAVITA (”Mitigate and Assess risk from Volcanic Impact on Terrain and human Activities). Il s’agit d’un livret de 200 pages (!) téléchargeable gratuitement à cette adresse : http://miavita.brgm.fr/default.aspx. Il s’adresse à toutes les institutions et personnes responsables de la gestion d’une crise volcanique. « Il encourage la création d’un lien idéal entre les différentes parties prenantes concernées par la gestion des risques, facilitant ainsi les interactions entre les autorités et les scientifiques ».

Le fascicule qui se divise en 6 parties est particulièrement destiné aux pays en voie de développement.

drapeau anglais.jpgThis is not the first time a document has been edited about the management of volcanic risks and, once again, I am afraid it is far too long and theoretical and will not be very useful when an eruptive crisis occurs in the world.

This time, it is the result of the EU project MIAVITA (which stands for “Mitigate and Assess risk from Volcanic Impact on Terrain and human Activities”). It is a booklet of 200 pages (!) which can be downloaded for free at: http://miavita.brgm.fr/default.aspx.. It is addressed to all the institutions and people that deal with the management of volcanic crises. “It promotes the creation of an ideal bridge between different stakeholders involved in risk management, improving and facilitating interactions among authorities and scientists”.

The handbook is divided into 6 main sections and is particularly oriented towards developing countries.

Séismes & tsunamis / Earthquakes and tsunamis

drapeau francais.jpgLe Japon a encore été frappé par un violent séisme de M 7,3 le 7 décembre à 8h18 (TU). Il ne semble pas y avoir de dégâts majeurs, ni de victimes. Suite à ce tremblement de terre, une alerte tsunami a été lancée. La vague produite pas l’événement a été de taille relativement modeste (1 mètre de hauteur), sans comparaison avec celle qui a ravagé le secteur de Sendai et Fukushima suite au séisme de M 9 du 11 mars 2011.

Suite à ce dernier séisme, l’USGS a donné quelques éléments permettant d’apprécier les conséquences des séismes en fonction de leur magnitude et leur aptitude à déclencher des tsunamis :

Magnitudes inférieure à 6,5 : Ces séismes ne déclencheront probablement pas de tsunamis.

Magnitudes comprises entre 6,5 et 7,5 : Les séismes de ce type ne produisent en général pas de tsunamis destructeurs. Toutefois, de petites variations du niveau de la mer peuvent être observées à proximité de l’épicentre. Quand des dégâts ou des victimes sont recensés, c’est à cause des effets secondaires comme les glissements de terrain ou des effondrements sous-marins.

Magnitudes comprises entre 7,6 et 7,8 : Ces séismes peuvent déclencher des tsunamis destructeurs, en particulier près de leur épicentre. A des distances plus grandes, on peut observer des variations du niveau de la mer. Les tsunamis susceptibles de produire des dégâts à de grandes distances sont rares lors de séismes de cette magnitude.

Magnitudes de 7,9 et plus : Des tsunamis destructeurs sont possibles dans les régions proches de l’épicentre. Des variations significatives du niveau de la mer, accompagnées de dégâts, peuvent se produire sur des zones plus grandes.

Lors d’un séisme de magnitude M 9, il ne faudrait pas négliger l’apparition d’une réplique supérieure à M 7,5. A ce jour, la réplique la plus forte jamais enregistrée avait une magnitude de M 7,1 ; elle n’a pas entraîné de tsunami destructeur.

drapeau anglais.jpgOnce again, Japan was struck by a powerful earthquake (M 7.3) on December 7th at 8 :18 (UTC). No major damage and no casualties have been reported. Due to this earthquake, a tsunami warning was launched. The tidal wave was only one metre high, much less impressive than the one that destroyed the Sendai and Fukushima area on March 11th 2011.

USGS has taken advantage of this opportunity to give some elements that allow to value the effects of earthquakes according to their magnitude and their ability to trigger tsunamis:

Magnitudes below 6.5
Earthquakes of this magnitude are very unlikely to trigger a tsunami.

Magnitudes between 6.5 and 7.5
Earthquakes of this size do not usually produce destructive tsunamis. However, small sea level changes may be observed in the vicinity of the epicenter. However, damage or casualties may occur due to secondary effects such as landslides or submarine slumps.

Magnitudes between 7.6 and 7.8
Earthquakes of this size may produce destructive tsunamis especially near the epicenter; at greater distances small sea level changes may be observed. Tsunamis capable of producing damage at great distances are rare in the magnitude range.

Magnitude 7.9 and greater
Destructive local tsunamis are possible near the epicenter, and significant sea level changes and damage may occur in a broader region.

Note that with a magnitude 9.0 earthquake, the probability of an aftershock with a magnitude exceeding 7.5 is not negligible. To date, the largest aftershock recorded has been magnitude 7.1 that did not produce a damaging tsunami.

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Zones à risque sismique à l’échelle de la planète.

(Avec l’aimable autorisation de l’USGS)

Les volcans ont-ils tué les dinosaures? Did volcanoes kill the dinosaurs?

L’éternel débat sur la cause de la disparition des dinosaures vient de ressurgir avec les résultats d’une étude présentée le 5 décembre 2012 au congrès annuel de l’American Geophysical Union.

D’après des chercheurs de plusieurs universités, dont celle de Princeton (USA), il ne fait aucun doute que ce sont les coulées de lave des Trapps du Deccan (région volcanique pas très loin de Mumbai – anciennement Bombay) qui, en rejetant des quantités importantes de SO2 et de CO2 dans l’atmosphère, ont provoqué un réchauffement de la planète et une acidification des océans, entraînant une extinction de masse à la surface de notre planète il y a quelque 65 millions d’années.

Cette hypothèse va à l’encontre de celle de la météorite qui aurait frappé la Terre à Chicxulub (Mexique) en projetant de formidables quantités de gaz et de poussière dans l’atmosphère. Les rayons du soleil étant bloqués, le cataclysme aurait entraîné un refroidissement de l’atmosphère auquel n’aurait pas survécu la vie à la surface de notre planète. L’impact de cette météorite aurait également pu contribuer à déclencher des éruptions volcaniques, provoquer des séismes et des tsunamis.

La nouvelle étude s’appuie essentiellement sur l’analyse de sédiments récupérés lors d’un forage pétrolier effectué en 2009 au large de la côte orientale de l’Inde. Les trépans ont fait remonter des sédiments enfouis à plus de 3 km de profondeur auxquels les chercheurs ont eu l’autorisation d’avoir accès. Ces sédiments contenaient des quantités importantes de fossiles datant d’une période intermédiaire entre le Crétacé et le Tertiaire, époque où les dinosaures sont censés avoir disparu. Les sédiments portaient la trace de couches de lava qui avaient parcouru 1600 km depuis les Trapps du Deccan. Les chercheurs rappellent que les volcans cette région étaient actifs au Crétacé sur une zone de la taille de l’Europe.  En étudiant les fossiles, les scientifiques se sont rendus compte que certaines espèces de plancton – Guembilitria – avaient réussi à survivre, alors que leur entourage avait péri. Ces observations confirment celles faites ailleurs dans le monde, en Egypte, Israël,  Italie ou Texas, par exemple. Ils donnent l’explication suivante : quand de grosses quantités de soufre (sous forme de pluies acides) sont tombées dans l’océan pendant l’éruption des Trapps du Deccan, ce soufre s’est mêlé au calcium, rendant ce dernier inutilisable pour les créatures qui en avaient besoin pour construire leurs coquilles ou leurs squelettes. A la même époque, les traces de fossiles d’animaux et de plantes terrestres ont disparu en Inde, ce qui laisse supposer que les volcans des Trapps ont provoqué une extinction de masse à la fois sur terre et dans l’océan.

Dans une étude précédente, la même équipe scientifique avait émis des doutes sur l’hypothèse de la destruction des dinosaures par la météorite mexicaine. En effet, les sédiments contenant de l’iridium – signature chimique d’un astéroïde – apparaissent APRES l’extinction de masse, ce qui va à l’encontre de la théorie d’une extinction massive soudaine. De plus, l’impact d’une météorite n’aurait pas généré suffisamment de SO2 et de CO2 pour correspondre aux quantités trouvées dans les roches. La météorite aurait donc contribué à accentuer la disparition des espèces mais ne l’aurait pas provoqué.

L’histoire n’est bien sûr pas terminée car chaque groupe de chercheurs continuera à défendre sa propre théorie, mais c’est aussi cette rivalité qui fait avancer la science !

drapeau francais.jpgVous pourrez lire l’intégralité de l’article (en anglais) sur le site LiveScience à cette adresse :

drapeau anglais.jpgThe whole article can be read on the LiveScience website at this address:

http://www.livescience.com/25324-volcanoes-killed-dinosaurs.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Livesciencecom+%28LiveScience.com+Science+Headline+Feed%29

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(Os de dinosaures – Dinosaur National Monument (Utah / Etats Unis)

(Photo: C. Grandpey)