On s’ennuie sur l’île de la Réunion ! // No eruption at Reunion Island !

On s’ennuie sur l’île de la Réunion. ! En 2024, aucune éruption n’a eu lieu au Piton de la Fournaise. Les fous du volcan scrutent le ciel et vont bientôt faire des offrandes aux dieux si la situation ne se débloque pas….

Pour les rassurer, l’OVPF fait remarquer que le Piton n’est pas mort. Le dernier bulletin couvrant l’année 2024 indique que suite à la dernière éruption – 2 juillet – 10 août 2023 – deux périodes d’inflation de l’édifice volcanique ont été enregistrées en novembre 2023 et mars 2024. Elles correspondaient à une mise en pression du réservoir magmatique superficiel situé à 1,5-2 km sous la surface. La deuxième phase d’inflation de mars 2024 s’est accompagnée d’une hausse de la sismicité sous les cratères sommitaux. La mise en pression du réservoir n’a pas été suffisante pour déclencher une intrusion magmatique vers la surface.

Depuis avril 2024, l’activité sismique est restée faible sous le Piton de la Fournaise et une légère déflation de l’édifice est enregistrée.

Après consultation des archives, l’OVPF nous apprend qu’Il faut remonter à 2013 pour connaître une année sans éruption. La dernière période sans éruption avait duré 1288 jours entre le 10/12/2010 et le 20/06/2014. L’Observatoire nous rappelle que l’activité volcanique n’est pas continue ; elle présente des fluctuations majeures à l’échelle décennale avec des cycles éruptifs entrecoupés de plusieurs années sans éruption.

Source : Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF).

Photos: C. Grandpey

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People are bored on Reunion Island. ! In 2024, no eruption took place at Piton de la Fournaise. The volcano’s madmen are scanning the sky and will soon make offerings to the gods if the situation does not improve….
To reassure them, the OVPF points out that the Piton is not dead. The latest report covering the year 2024 indicates that following the last eruption – July 2nd – August 10th, 2023 – two periods of inflation of the volcanic edifice were recorded in November 2023 and March 2024. They corresponded to a pressurization of the shallow magma reservoir located 1.5-2 km below the surface. The second phase of inflation in March 2024 was accompanied by an increase in seismicity under the summit craters. The pressurization within the reservoirwas not sufficient to trigger a magmatic intrusion towards the surface.
Since April 2024, seismic activity has remained low under Piton de la Fournaise and a slight deflation of the structure has been recorded.
After consulting the archives, the OVPF informs us that we have to go back to 2013 to observe a year without an eruption. The last period without an eruption lasted 1288 days between December 10th, 2010 and June 20th, 2014. The Observatory reminds us that volcanic activity is not continuous; it presents major fluctuations on a decadal scale with eruptive cycles interspersed with several years without an eruption.
Source : Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF).

Îles volcaniques : Antilles, Polynésie, Réunion

On a pu lire le 30 novembre 2024 sur le site Guadeloupe la 1ère un article consacré à la surveillance des volcans des Petites Antilles, de l’archipel de la Société en Polynésie ou de l’île de La Réunion. Au travers de leurs éruptions, ils ont influencé la géographie, l’histoire et l’identité de ces régions. Aujourd’hui, les scientifiques cherchent à anticiper les éventuels aléas déclenchés par ces géants. Nous ne savons pas prévoir mes éruptions, mais les instruments dont sont truffés ces volcans permettent de mieux comprendre, voire d’anticiper, leur comportement.

L’article rappelle que dans l’arc insulaire des Petites Antilles, émergé il y a plusieurs millions d’années grâce à la subduction de la plaque Amérique sous la plaque Caraïbe, tous les sommets sont d’origine volcanique. Près de vingt volcans sont considérés comme actifs dans les Petites Antilles.

On se souvient que l’île de Montserrat a été profondément affectée par le réveil du volcan Soufrière Hills en 1995, avec l’évacuation d’une partie de la population. En 1997, plusieurs éruptions ont ravagé l’aéroport. Plymouth, la capitale a été détruite et recouverte de cendres à 80%. Une grande partie de l’île est désormais une zone d’exclusion. En février 2010, une explosion a provoqué des nuées ardentes et un panache de cendres qui a atteint les îles voisines de la Guadeloupe et d’Antigua.

Crédit photo: Wikipedia

Une autre Soufrière domine la Guadeloupe. Le volcan a connu sa dernière activité importante en 1976-1977. En 1976, 70 000 personnes ont été déplacées à tort par ordre préfectoral, sur recommandation de Claude Allègre qui avait profité de l’absence d’Haroun Tazieff, alors en Équateur, pour interpréter faussement les résultats de l’équipe du volcanologue français. 25 000 avaient anticipé une possible catastrophe et trouvé refuge sur Grande-Terre. Beaucoup ne reviendront pas.

Crédit photo: Wikipedia

L’éruption la plus dramatique a été celle de la Montagne Pelée en 1902 à la Martinique. Ce réveil tragique a détruit Saint-Pierre et tué pas moins de 28 000 personnes. C’est l’éruption la plus meurtrière du 20ème siècle. À noter qu’elle a occulté une éruption du Santa Maria qui a eu lieu au même moment au Guatemala et qui a tué quelque 5 000 personnes. L’éruption de la Pelée a été remarquablement narrée par Alfred Lacroix dans son ouvrage Les éruptions de la Montagne Pelée. Il a été le premier à décrire avec précision le déroulement des coulées pyroclastiques. De nos jours, le volcan est surveillé par les scientifiques de l’Observatoire volcanologique et sismologique de la Martinique (OVSM).

Photo: C. Grandpey

La Dominique héberge neuf volcans actifs, dont le Morne aux Diables et le Morne Trois Pitons. L’activité volcanique a créé des sources chaudes. Le Boiling Lake est l’un des rares cratères bouillonnants au monde. Ravagée par d’autres catastrophes naturelles telles que les ouragans, « l’île nature des Caraïbes » se reconstruit. Les habitants acceptent avec fatalisme une prochaine catastrophe inéluctable.

Crédit photo: Geology Science

S’agissant de la Caraïbe, j’ajouterai Kick ’em Jenny, volcan sous-marin actif situé au fond de la mer des Caraïbes, à 8 km au nord de l’île de Grenade. L’édifice s’élève à 1 300 m au-dessus du fond de la mer. La première éruption historique ce volcan date de 1939 avec un nuage de vapeur et de débris et une série de tsunamis d’environ deux mètres de hauteur qui ont frappé les côtes du nord de la Grenade et du sud des Grenadines. Les habitants de la Caraïbe sont intrigués par ce volcan et m’ont posé plusieurs questions à l’issue de ma dernière conférence au CDST de Saint Pierre.

Source: Smithsonian Institution

L’île de La Réunion dans l’océan Indien et les îles de l’archipel de la Société en Polynésie française connaissent un autre contexte géologique. Elles sont situées sur des zones de points chauds où le magma remonte du manteau terrestre et perce la croûte océanique, créant ainsi des volcans qui émergent de l’océan et qui, peu à peu avec l’aide de l’érosion, disparaissent sous la surface de l’océan. Les récifs coralliens qui les entourent forment un anneau de corail créant un atoll.

Le Piton de la Fournaise entre régulièrement en éruption à La Réunion. C’est l’un des volcans les plus actifs de la planète. Les éruptions peuvent s’observer de loin – de trop loin selon beaucoup de gens – et elles attirent des foules de spectateurs fascinés par la beauté des colères de la Terre.

Photo: C. Grandpey

Opérations de secours dans des tunnels de lave à la Réunion

Le vendredi 4 octobre 2024, la Préfecture de la Réunion avait organisé un exercice dans le tunnel de lave 2007, dont l’objectif était de mettre en pratique la coordination des services de secours dans le cadre du « plan ORSEC interventions en site souterrain ». Placés sous la direction du sous-préfet de Saint-Pierre, les services ont eu à sécuriser et évacuer deux victimes ayant chuté après s’être aventurées non-accompagnées par un professionnel dans le tunnel.

Une soixantaine de personnes appartenant aux différents organismes de sécurité (SDIS, gendarmerie, etc) ont pris part à l’exercice, avec le concours de la police municipale de Saint-Philippe.

L’exercice a permis de tester les modes opératoires inter-services, la communication entre personnels de secours, ainsi que les manœuvres de brancardage sur ce type de terrain accidenté.

Le lundi 28 octobre, rebelote, mais cette fois ci pour de bon ! Pompiers et spéléologues ont été mobilisés pour porter secours à une femme blessée au genou (déboitement de la rotule) dans le tunnel de la coulée de 2004 lors d’une excursion avec un groupe encadré par un guide professionnel qui a donné l’alerte.

Le groupe se trouvait à 150 mètres environ de l’entrée de la cavité. Le tunnel, comportant quelques passages à franchir en position courbée ou à plat ventre, présentait certaines difficultés d’accès pour les secours.

Aussi, après évaluation de la situation par le centre 15, le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) et le groupement de gendarmerie, il a été convenu de déclencher le « plan ORSEC en milieu souterrain ». Dix pompiers spécialement formés, ainsi que de dix civils du Spéléo secours français sont intervenus.

L’opération était délicate, car il fallait brancarder la victime depuis l’intérieur du tunnel réputé être le plus beau de La Réunion. C’est un milieu géologique fragile, comportant des stalactites volcaniques et autres plafonds chocolatés qu’il convient d’essayer de préserver au maximum. La délicate intervention a duré près de cinq heures, durant lesquelles les secouristes se sont relayés pour porter le brancard. La victime a été finalement extraite du tunnel, puis évacuée vers un centre hospitalier.

Il faut espérer que ce sauvetage dans un tunnel, réalisé avec succès, ne freinera pas le Préfet actuel dans ses efforts pour ouvrir les sites volcaniques aux visiteurs. Il montre que des groupes accompagnés par des guides professionnels qualifiés peuvent parfaitement se rendre sur le terrain volcanique, même en période éruptive, sous réserve que les mesures de sécurité adéquates soient mises en œuvre.

Photos: C. Grandpey

Parc du Volcan (Île de la Réunion)

Le 4 septembre 2024, les élus réunionnais ont donné le premier coup de pioche symbolique pour lancer les travaux du futur Parc du Volcan. Initié il y a près de 30 ans, le projet devrait voir le jour début 2026. D’une superficie de 15 hectares, le lieu doit accueillir trois zones, dont une dédiée à la végétation des Hauts. D’ailleurs, des Tamarins des Hauts ont déjà été plantés. Ce bois endémique et emblématique sera l’un des fleurons de la vitrine végétale du futur parc.

Situé au 27ème kilomètre à la Plaine-des-Cafres, le Parc du Volcan a pour ambition d’être un site d’accueil pour les 400 000 visiteurs du Piton de la Fournaise. Le projet a été réalisé dans l’esprit du Parc des Palmiers, à Trois-Mares. Le coût de la construction est estimé à 13 millions d’euros.

https://www.facebook.com/watch/?v=1565197694395403

Source : Réunion la 1ère.

Comme on peut le lire sur Internet, le nouveau site, établi au Tampon, à la croisée de la RN3 et de la Route des volcans, ressemblera plus à un parc d’attractions qu’à une structure autour du Piton de la Fournaise. Il est vrai que la Cité du Volcan située à proximité remplit parfaitement ce rôle, même si elle possède une ludothèque et des activités destinées au jeune public.

On se retrouve un peu dans la même situation que Vulcania en métropole. Prévu à l’origine pour être une structure à vocation majoritairement scientifique au cœur des volcans de la Chaîne des Puys, le site est devenu un « parc d’attractions et d’animations autour de la découverte des volcans et de la planète Terre, un lieu où s’amuser et découvrir les secrets du volcanisme, des phénomènes naturels et du Système solaire. »

 

Vue du projet (Source : Parc du Volcan)