Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Comme je l’ai indiqué la semaine dernière, l’Ubinas (Pérou) est entré dans une nouvelle phase d’activité, avec les premières émissions de cendres observées le 22 juin 2023, ce qui marque le début d’un nouveau processus éruptif.
L’Instituto Geofísico del Perú (IGP) indique que la sismicité sur l’Ubinas est en hausse depuis la mi-mai (événements volcano-tectoniques et longue période), et que du 1er au 18 juin, des panaches fumerolliens se sont élevés à 500 mètres au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte a été relevé à la couleur Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs) le 20 juin.
L’IGP pense que l’activité de l’Ubinas pourrait se prolonger pendant plusieurs mois, comme lors des éruptions de 2006-2009, 2013-2017 et 2019. Ces éruptions ont été marquées par des émissions de cendres volcaniques ;
Source : IGP.

Image satellite de l’Ubinas transmise le 23 juin 2023 par de satellite Copernicus-Sentinal 2.

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L’Agence météorologique japonaise (JMA) a relevé le niveau d’alerte du Kuchinoerabujima ( îles Ryukyu septentrionales) de 1 à 2 le 26 juin 2023, suite à une hausse de la sismicité centrée sur le Mont Shindake.
En plus de la hausse du niveau d’alerte, l’Agence a conseillé à la population de faire attention aux retombées de cendres potentielles dans un rayon d’environ 1 km autour du cratère du Mont Shindake. Le public est également invité à rester vigilant à cause depossibles coulées pyroclastiques jusqu’à environ 2 km à l’ouest du cratère.
Source : JMA

 

Image satellite de la zone volcanique transmise le 5 juin 2023 par le satellite Copernicus-Sentinel 2

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Au Kamchatka, une petite éruption strombolienne a commencé sur le Klyuchevskoy dans la soirée du 22 juin 2023 et une anomalie thermique était visible sur les images satellite. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs). Ce niveau d’alerte est également jaune pour le Bezymianny. Il est maintenu à l’Orange pour l’Ebeko et le Sheveluch.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’activité éruptive se poursuit sur le Mayon (Philippines). La lente émission de lave continue à partir du dôme de lave qui continue de croître dans le cratère sommital et alimente les coulées de lave qui avancent sur 1,3 k et 1,2 km dans les ravines Mi-isi (S) et Bonga (SE). Le dôme reste instable et génère des éboulements incandescents et des coulées pyroclastiques. Les matériaux d’effondrement couvrent une distance de 3,3 km depuis le cratère.

Le 26 juin 2023, le PHIVOLCS a émis un bulletin d’alerte en raison de l’augmentation de l’activité sismique et de la déformation du sol. La hausse de la sismicité s’est accompagnée d’un fort gonflement du sol dans la partie sud-ouest du volcan.

Le 27 juin, l’éruption avait déplacé 20 138 personnes dans 26 villages de la province d’Albay.

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5).
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: PHIVOLCS

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L’activité éruptive modérée se poursuit sur le Cotopaxi (Equateur). Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune (deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

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En Indonésie, l’éruption du Semeru se poursuit. Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Selon Info Semeru (une source d’information locale), une coulée pyroclastique a parcouru 5 km le long du flanc SE dans la soirée du 26 juin 2023. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4).

L’éruption du Merapi se poursuit et la sismicité reste à des niveaux élevés. Le dôme de lave sud-ouest génère des avalanches de lave qui avancent jusqu’à 1,8 km sur le flanc sud-ouest. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4).
Source : CVGHM.

Panache de cendre du Semeru (Photo: C. Grandpey)

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Il n’y a toujours pas d’éruption sur le Kilauea (Hawaï). Les images nocturnes des webcams montrent des points d’incandescence qui sont des restes de la dernière activité éruptive, mais la lave continue à se refroidir sur le plancher du cratère. L’activité sismique est faible. Les tiltmètres du sommet montrent une lente inflation depuis l’arrêt de l’activité éruptive. Aucune activité particulière n’a été observée le long de la zone de rift Est ou de la zone de rift Sud-Ouest.
Source : HVO.

Mauvaise période pour le tourisme volcanique à Hawaii

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Après 89 jours à l’Orange en raison d’une hausse de l’activité sismique, le niveau d’alerte du Nevado del Ruiz (Colombie) a été abaissé à la couleur Jaune le 27 juin 2023.

Source : Servizio Geologico Colombiano.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world.

As In indicated last week, Ubinas (Peru) has entered a new phase of activity, with the first ash emissions observed on June 22nd,, 2023, marking the start of a new eruptive process.

The Instituto Geofísico del Perú (IGP) reports that seismicity at Ubinas had been increasing since mid-May (volcano-tectonico and LP events), and that from June 1st to 18th, fumarolic plumes rose 500 meters above the crater. The Alert Level was raised to Yellow (the second level on a four-color scale) on June 20th.

IGP suggests that activity at Ubinas could extend for several months, similar to the eruptions that occurred in 2006-2009, 2013-2017, and 2019. These eruptions were characterized by the expulsion of volcanic ash ;

Source : IGP.

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The Japan Meteorological Agency (JMA) raised the Alert Level for Kuchinoerabujima (northern Ryukyu Islands) from 1 to 2 on June 26th, 2023, following an increase in seismicity centered on Mount Shindake..This level prohibits entry to areas surrounding.

In addition to the higher alert level, the agency has advised residents and visitors to be aware of potential ashfall within approximately 1 km from Mount Shindake’s crater. The public is also urged to stay vigilant against possible pyroclastic flows about 2 km west of the crater.

Source : JMA.

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In Kamchatka, a minor Strombolian eruption began at Klyuchevskoy in the evening of June 22nd, 2023 and a bright thermal anomaly was visible in satellite images. The Aviation Color Code was raised to Yellow (the second level on a four-color scale). It is also Yellow for Bezymianny. It is kept at Orange for Ebeko and Sheveluch.

Source : KVERT.

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Eruptive activity continues at Mayon (Philippines). Slow lava effusion continues from the growing lava dome in the summit crater and feeds lava flows that advance down the Mi-isi (S) and Bonga (SE) drainages over 1.3 km and 1.2 km, respectively. The dome remains unstable and produces incandescent rockfalls and pyroclastic flows. The collapse material travele as far as 3.3 km from the crater.

On June 26th, 2023, PHIVOLCS released an advisory due to increased seismic activity and ground deformation. The increased seismicity was accompanied by a sharp increase in ground tilt on the SW part of the volcano.

On June 27th, the eruption had displaced a total of 20,138 people from 26 villages within the province of Albay.

The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale).

Source : PHIVOLCS.

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Moderate eruptive activity continues at Cotopaxi (Ecuador). The Alert Level is kept at Yellow (the second level on a four-color scale)

Source : Instituto Geofisico.

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In Indonesia, the eruption of Semeru continues. Steam and ash plumes rise as high as 1 km above the summit. According to Info Semeru (a local news source) a pyroclastic flow traveled 5 km down the SE flanks in the evening of June 26th, 2023. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4).

The eruption of Merapi continues and seismicity remains at elevated levels. The SW lava dome produces lava avalanches that travel as far as 1.8 km down the SW flank. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4).

Source : CVGHM.

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There is currently no eruption at Kilauea (Hawaii). Overnight webcam views show some incandescence from previously erupted lava as it continues to cool on the crater floor. Seismic activitt is low. Summit tiltmeters have revealed gradual inflation since the pause in eruptive activity. No unusual activity has been observed along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone.

Source : HVO.

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After 89 days at Orange due to increased seismic activity, the alert level for Nevado del Ruiz (Colombia) was lowered to Yellow on June 27th, 2023.

Source : Servizio Geologico Colombiano.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Eruption du Mayon (Philippines) : utilisation abusive de l’intelligence artificielle // Misuse of artificial intelligence

On parle beaucoup de l’intelligence artificielle aujourd’hui et de toutes les possibilités qu’elle offre pour faciliter nos tâches. Mais il y a un hic : l’intelligence artificielle (IA) peut être utilisée pour déformer la réalité et proposer des images erronées d’un événement. C’est ce qui s’est passé ces derniers jours à propos de l’éruption en cours sur le Mayon aux Philippines.
Des images montrant le Mayon en train de propulser une haute fontaine de lave dans le ciel ont été partagées des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, au moment où alors que le volcan émettait de la cendre et projetait des roches incandescentes en juin 2023. Ces images ont été générées à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle et le PHIVOLCS explique qu’elles ne reflètent pas l’activité réelle du Mayon.
Trois des images semblent montrer un épais panache de cendres et de la lave en train de s’échapper du volcan, tandis que la quatrième image montre une vue de loin du Mayon, avec une route bien éclairée au premier plan.
Le montage a été partagé près de 50 000 fois sur Facebook et Twitter. Au vu de leurs commentaires, certains internautes pensaient que les images correspondaient à la situation réelle sur le Mayon.
En réalité, une seule des images est une véritable photo du volcan en juin 2023. Trois des images utilisées avaient été initialement partagées le 11 juin par un utilisateur de Facebook.
Les images ont été créées à l’aide de Bing Image Creator, un outil en ligne mis au point par Microsoft qui génère des images à partir de textes. L’auteur du montage a déclaré : « Je suis concepteur de logos, graphiste et développeur web. J’ai pensé qu’il serait intéressant de présenter l’IA, cette nouvelle technologie, sur les médias sociaux ».
Les images comportent un logo Bing Image Creator dans leur coin inférieur gauche. Le site web de l’outil indique que le logo est ajouté pour « indiquer que l’image a été créée à l’aide d’Image Creator ».
La capture d’écran ci-dessous compare le montage présenté dans le message trompeur (à gauche) et l’une des images générées par l’IA (à droite) avec le logo Image Creator.

Une recherche d’images a permis de trouver la quatrième photo publiée sur Facebook le 12 juin. Elle fait partie d’un album réalisé par un photographe de la province philippine d’Albay qui collectionne des images du volcan depuis des années.
La capture d’écran ci-dessous compare la photo en haut à droite du montage avec la photo partagée le 12 juin (à droite) :

Le problème est que l’on pourrait croire – à tort – que les trois images générées par l’IA représentent l’activité actuelle du Mayon. Elles représentent une fontaine de lave, qui a été observée lors des éruptions du volcan en 2000, 2001 et 2018. À l’heure actuelle, le PHIVOLCS indique que l’activité volcanique du Mayon montre « une extrusion très lente de lave au niveau du cratère ».

Source : Yahoo News.

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Dans le même temps, le PHIVOLCS indique que la très lente effusion de lave avec sa source dans le cratère sommital du Mayon continue d’alimenter des coulées de lave et des avalanches de débris dans les ravines Mi-isi (sud) et Bonga (sud-est). Les coulées de lave avancent sur environ 1 300 mètres et 1 200 mètres le long des ravines Mi-isi et Bonga, tandis que les matériaux d’effondrement couvrent une longueur de 3 300 mètres depuis le cratère. 16 coulées pyroclastiques d’une durée d’environ 3 minutes ont été observées au cours des dernières 24 heures. Les émissions de SO2 étaient en moyenne de 663 tonnes/jour le 24 juin 2023. Les paramètres de déformation du sol sur le long terme indiquent que le Mayon est toujours en phase d’inflation, en particulier dans ses parties nord-ouest et au sud-est.
Le niveau d’alerte 3 est maintenu sur le volcan. Il est donc recommandé d’évacuer la zone de danger permanent (PDZ) dans un rayon de 6 km en raison du risque de coulées pyroclastiques et de lave, d’éboulements et d’autres dangers liés à l’activité volcanique.

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There is a lot of talk about artificial intelligence these days and all the opportunities it offers to make our tasks easier. However, there is a hitch : artificial intelligence (IA) may be used to distort reality and may offer fake images of an event. This is what happened in the past days about the current eruption of Mount Mayon in the Philippines.

Images that appear to show Mount Mayon spraying a tall fountain of lava in the air have been shared tens of thousands of times online as the volcano spewed ash and rocks in June 2023. The images have been generated using an artificial intelligence tool and the Philippine Institute of Volcanology and Seismology (Phivolcs) says they do not reflect Mayon’s real activity.

Three of the images appear to show thick smoke and lava shooting out of the volcano into the air, while the fourth image shows Mayon from a distance with a well-lit road in the foreground.

The collage was shared almost 50,000 times in posts on Facebook and on Twitter. Comments on the posts indicate some users believed the images all showed the current situation at Mount Mayon.

Actually only one of the images is a genuine photo of the volcano in June 2023. Three of the images used in the misleading post were originally shared on June 11th by a Facebook user.

The images were created using Bing Image Creator, an online tool developed by Microsoft that generates images from text prompts. The author of the montage said : « I’m a logo designer, graphic artist, web developer. I thought it would be nice to showcase AI, this new technology, on social media. ».

The images include a Bing Image Creator logo in their bottom-left corners. The website for the tool says the logo is added to « help indicate that the image was created using Image Creator ».

Above (image 1) is a screenshot comparison of the collage in the misleading post (left) and one of the AI-generated images (right) with the Image Creator logo.

A reverse image search found the fourth photo posted on Facebook on June 12th. It is part of an album by an Albay-based photographer who has been capturing images of the volcano for years.

Above (image 2) is a screenshot comparison of the photo on the top-right of the collage (left) and the photo that was shared on June 12th (right).

The problem is that the three AI-generated images could be misinterpreted as depicting current activity. They depict a lava fountain, which was seen in Mount Mayon’s eruptions in 2000, 2001 and 2018. At the moment, Phivolcs says that Mayon’s volcanic activity shows « a very slow extrusion of lava from the crater ».

Source : Yahoo Actualités.

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In the meantime, PHIVOLCS indicates that the very slow effusion of lava from Mayon’s summit crater continues to feed lava flows and collapse debris on the Mi-isi (south) and Bonga (southeastern) gullies. The lava flows have advanced over about 1,300 meters and 1,200 meters along Mi-isi and Bonga gullies, respectively, while collapse debris have been deposited over 3,300 meters meters from the crater. 16 pyroclastic flows lasting about 3 minutes were observed during the past 24 hours. SO2 emissions averaged 663 tonnes/day on June 24th, 2023. Longer-term ground deformation parameters indicate that Mayon is still inflated, especially on the northwest and southeast.

Alert Level 3 is maintained over the volcano. It is therefore recommended that the 6-km radius Permanent Danger Zone (PDZ) be evacuated due to the danger of pyroclastic and lava flows, rockfalls and other volcanic hazards.

Les risques d’une vie sur les pentes du Mayon (Philippines) // The hazards of life on the slopes of Mt Mayon (Philippines)

Un article publié dans plusieurs journaux anglo-saxons décrit des scènes observées aux philippines sur le volcan Mayon. Elles sont très semblables à celles qui ont déjà été décrites lors de l’éruption du volcan Merapi en Indonésie en 2010.
Au début de l’article, la police locale interpelle une femme dont le village se trouve dans la zone de danger permanent et fait partie de ceux qui ont été évacués en raison du risque d’une violente éruption du Mayon. La femme explique qu’elle connaît les risques mais demande de rester quelques minutes de plus pour récupérer l’uniforme scolaire de sa fille et pour nourrir les cochons. Elle dit prier pour que l’éruption ne s’aggrave pas, car sa famille vit ici. Il leur est difficile de rester dans le camp d’évacuation où il y a trop peu de toilettes pour tant de monde et où il fait chaud. « Les enfants tombent malades. »
Son village, Calbayog, se trouve sur les pentes nord-est du Mayon et se situe bien à l’intérieur de la zone de danger permanent d’un rayon de 6 kilomètres. L’accès y est interdit, mais des milliers de villageois pauvres font fi des restrictions et continuent à y vivre depuis des générations. Des activités permettant de gagner un peu d’argent, comme l’extraction de sable et de gravier ; les visites touristiques se sont développées malgré l’interdiction et les fréquentes éruptions du Mayon, 53 depuis 1616.
Le clocher de pierre de l’église franciscaine de Cagsawa, qui date du 16ème siècle, dépasse du sol. Il représente un symbole de la fureur mortelle du Mayon. Le clocher est la seule chose qui reste de l’église qui a été ensevelie lors d’une éruption en 1814. Elle a tué quelque 1 200 personnes, dont beaucoup s’étaient réfugiées dans l’église située à environ 13 kilomètres du volcan.
Les milliers de villageois qui vivent dans la zone de danger du Mayon reflètent la situation critique de nombreux Philippins pauvres qui sont contraints de vivre dans des endroits dangereux à travers l’archipel, que ce soit près de volcans actifs comme le Mayon, sur des flancs de montagne exposés aux glissements de terrain, le long de côtes vulnérables, sur des failles sismiques, et dans des villages exposés à des crues soudaines. De plus, chaque année, une vingtaine de typhons et de tempêtes s’abattent sur les Philippines.
La plupart des habitants de Calbayog ont été évacués lorsque le Mayon a commencé à expulser doucement de la lave après plusieurs jours d’activité. Des journalistes ont été autorisés par la police à participer brièvement à une patrouille de contrôle maison par maison dans un quartier de Calbayog. Ils ont pu constater que certains habitants faisaient fi de l’interdiction et persistaient à vivre dans leurs maisons. Un villageois a expliqué à la police qu’il devait rester parce que les 40 coqs de combat qu’il élevait risquaient d’être volés s’il partait. Dans deux autres maisons, on pouvait entendre de la musique ou des émissions d’information à la radio, et dans au moins trois autres, du linge était suspendu au soleil.
À Mi-isi, un autre village situé bien à l’intérieur de la zone de danger permanent, un habitant se moque des mises en garde des autorités et des volcanologues. Il a déclaré : « Moi, je n’ai pas peur, mais les étrangers auront probablement une crise cardiaque s’ils vivent ici ». Il a ajouté qu’il ne savait plus combien de fois il avait été témoin de la fureur du Mayon. Il a survécu pendant des décennies grâce à sa ferme maraîchère, sa porcherie, sa cocoteraie et un travail intermittent pour le compte d’une carrière de gravier et de sable située à proximité.
En dépit de ces exceptions, le gouvernement philippin prend des mesures pour protéger la population. Depuis que le volcan a commencé à émettre de la lave, l’armée, la police et les autorités locales ont déplacé plus de 20 000 villageois de la zone de danger. Ces personnes ont été transférées vers 28 abris temporaires, principalement des écoles. Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, la plupart des salles de classe étant désormais occupées par des foules de personnes évacuées et leurs effets personnels, les enseignants sont contraints de faire cours dans les couloirs, dans les chapelles et sous les arbres.
La crise éruptive du Mayon est un défi supplémentaire pour le président Ferdinand Marcos Jr, qui a pris ses fonctions en juin 2022. Il a hérité d’une économie mise à mal par la pandémie de coronavirus qui a aggravé la pauvreté, le chômage et la dette dans pays. Il s’est rendu à Albay pour distribuer des paquets de nourriture et rassurer les personnes évacuées sur l’aide du gouvernement. Il a aussi averti que l’éruption du Mayon pourrait se prolonger pendant des mois. Le nombre de villageois déplacés pourrait plus que doubler si l’éruption du Mayon devenait violente et mettait des vies en danger.
Par le passé, on a relogé des milliers de villageois dans des maisons loin du Mayon, mais beaucoup sont retournés sur ses pentes fertiles du volcan en raison de l’insuffisance des moyens de subsistance dans les sites de réinstallation établis par le gouvernement. Le manque d’emplois et d’opportunités ailleurs oblige les gens à continuer à risquer leur vie en cultivant des légumes et en cherchant d’autres sources de revenus sur les pentes du volcan. Ils sont confrontés à une sorte de roulette russe qui oscille entre la vie et la mort.
Sources : ABC News, The Independent, BBC World.

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Dernière minute : Environ 18 999 personnes issues de 5 466 familles sont actuellement hébergées dans 28 centres d’hébergement provisoire établis, généralement dans des salles de classe de la province d’Albay, en raison de l’éruption du Mayon. Cependant, le nombre total de personnes déplacées est plus élevé, car beaucoup ont trouvé refuge auprès d’amis et de parents.
On apprend aujourd’hui qu’au moins 628 personnes déplacées, âgées de 2 à 64 ans, sont tombées malades dans les centres d’hébergement. C’est ce qu’indique un rapport publié par le Conseil national de gestion des catastrophes. Ces personnes ont contracté diverses affections comme la fièvre, la toux, la gastro-entérite, les infections respiratoires aiguës et les maladies de peau.
Le gouvernement provincial, qui a déclaré l’état de catastrophe naturelle, a apporté une aide importante aux localités touchées. Environ 1,47 million de dollars d’aide ont été distribués. Cette aide comprend des produits de première nécessité tels que de l’eau distillée, des kits d’hygiène, des tentes et des matériaux pour les abris, des paquets de nourriture pour les familles, des kits de couchage et du combustible.
Le niveau d’alerte du Mayon est maintenu à 3. Le passage au niveau d’alerte 4, qui suppose une éruption potentiellement explosive dans les heures ou les jours à venir, n’est pas à l’ordre du jour pour le moment
Source : Médias philippins.

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An article publisehed in several Anglo-saxon newspapers describes scenes on Mount Mayon (Philippines) very similar to those that had already been described during the 2010 eruption of Mount Merapi in Indonesia.

At the beginning of the article, the local police spots a woman whose village lies within the danger zone and is among those that have been evacuated beccause of the risk of a violent eruption of Mt Mayon. The woman said she knew the risks but begged to stay a few minutes more to get her daughter’s school uniform from their shack and feed her pigs. She sys she is praying this eruption won’t get worse because the livelihood of her family is here and it’s difficult to stay in the evacuation camp with few toilets for so many, and the heat. ” Children are getting sick there.”

Her village, Calbayog, lies in Mayon’s northeastern foothills and is well within the 6-kilometer radius permanent danger zone. Entry is prohibited, but thousands of poor villagers have flouted the restrictions and made it their home for generations. Lucrative businesses such as sand and gravel quarrying and sightseeing tours have also thrived openly despite the ban and the mountain’s frequent eruptions which amount to 53 since 1616.

A terrifying symbol of Mayon’s deadly fury is the belfry of the 16th-century Franciscan stone church of Cagsawa which protrudes from the ground. It’s all that’s left of the church that was buried in an 1814 eruption which killed about 1,200 people, including many who sought refuge in the church, about 13 kilometers from the volcano.

The thousands of villagers who live within Mayon’s danger zone reflect the plight of many impoverished Filipinos who are forced to live in dangerous places across the archipelago, near active volcanoes like Mayon, on landslide-prone mountainsides, along vulnerable coastlines, atop earthquake fault lines, and in low-lying villages often engulfed by flash floods. Each year, about 20 typhoons and storms lash the Philippines.

Most residents were evacuated from Calbayog when Mayon started to gently expel lava after days of unrest. Journalists were allowed by police to briefly join a house-to-house patrol of a Calbayog neighborhood and saw a few defiant residents still in their houses. One villager insisted to police that he had to remain because the 40 roosters he had bred for cockfights might be stolen if he left. Dance music or radio news broadcasts could be heard at two houses, and at least three others had laundry hanging on clotheslines in the sun.

At Mi-isi, another village well inside the permanent danger zone, one resident laughed off warnings from authorities and volcano scientists. He said : « I’m not scared, but outsiders will probably have a heart attack if they live here.” He added that he had lost count of the times he had witnessed Mayon’s fury. He has survived for decades thanks to his vegetable farm, piggery, coconut grove and on-and-off work as caretaker of a nearby gravel and sand quarry.

Despite these exceptions, the Philippine government is taking mrasures to protect the population. Since the volcano began expelling lava, soldiers, police and local officials have moved more than 20,000 villagers from the danger zone in forced evacuations to 28 temporary shelters, mostly schools. As I put it in a previous post, with most classrooms now crammed with impoverished evacuees and their belongings, teachers have been forced to hold classes in school corridors, in chapels and under trees.

The crisis is an additional challenge for President Ferdinand Marcos Jr., who took office in June 2022 and inherited an economy battered by the coronavirus pandemic, which deepened poverty, unemployment, hunger and the country’s debt. He has flown to Albay to hand out food packs and reassure the evacuees of government help, but warned that Mayon’s gentle eruption may drag on for months, keeping them away from their homes. Indeed, the number of displaced villagers could more than double if Mayon’s eruption turns violent and life-threatening.

Thousands of villagers have been given homes away from Mayon in the past, but many returned to its fertile slopes because of inadequate livelihood options in government-established relocation sites. The lack of jobs and opportunities elsewhere forces people to continue risking their lives farming vegetables and scrounging for other sources of income at the foot of the volcano. It’s a kind of Russian roulette.You either get lucky or you get killed.

Sources : ABC News, The Independent, BBC World.

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Latest : Around 18 999 individuals from 5 466 families are currently being housed in 28 established evacuation centers, typically in school classrooms, throughout Albay province, because of the Mayon eruption. However, the total number of displaced persons is higher, with many seeking refuge with friends and relatives.

We learn today that at least 628 displaced persons, aged between 2 to 64 years old, have fallen ill in evacuation centers, according to a report released by the National Disaster Risk Reduction and Management Council. These persons have contracted various illnesses, including fever, coughs, colds, gastroenteritis, acute respiratory infection, and skin disease.

The provincial government, which has declared a state of calamity, has extended significant assistance to the affected communities. About 1.47 million dollars of aid have been dispensed. This assistance includes necessities such as distilled water, hygiene kits, tents and shelter materials, family food packs, sleeping kits, and fuel.

The alert level for Mayon is kept at 3. A rise to Alert Level 4, suggesting a potentially explosive eruption within hours to days, is not anticipated at present.

Source : Philippine news media.

Crédit photo: Wikipedia

Crédit photo: Phivolcs

Les centres d’évacuation du Mayon (Philippines) // Mt Mayon’s evacuation shelters

J’ai écrit dans une note précédente qu’en date du 13 juin 2023, 16 152 personnes avaient été évacuées des pentes du Mayon ; parmi elles, 15 493 se trouvent dans des centres provisoires d’hébergement et 659 étaient hébergées par des amis et de la famille. La plupart des personnes contraintes de quitter leurs domiciles vivent dans des fermes situées dans la zone de danger permanent d’un rayon de 6 kilomètres. Les écoles sont souvent utilisées comme abris temporaires, ce qui perturbe les condirions d’enseignement pour des milliers d’élèves. Beaucoup suivent les cours dans des chapelles et des tentes ou sous des arbres en plein air.
Pour le moment, l’éruption n’a fait ni blessé ni mort. Le problème, c’est que personne ne sait combien de temps elle va durer. Les évacuations pourraient s’éterniser pendant des mois et provoquer une crise humanitaire prolongée.
Dans les écoles, chaque salle de classe est devenue un lieu d’hébergement surpeuplé pour plusieurs familles, avec des nattes de couchage, des sacs de vêtements, des réchauds et des jouets pour les enfants. Plus de 17 000 étudiants de cinq villes de la province d’Albay sont concernés par les désagréments provoqués par l’éruption. Environ 80% suivent les cours chaque jour à la maison ou ailleurs grâce à un système dans lequel les parents participent à l’enseignement de leurs enfants en utilisant des «modules d’apprentissage» fournis par l’école.
Cette approche d’apprentissage à distance a été largement utilisée pendant les deux années de pandémie de coronavirus, lorsque la majeure partie des Philippines était en quarantaine, obligeant les gens à rester chez eux
L’un des défis pour les enseignants aujourd’hui est de retrouver les écoliers qui ont été évacués afin de pouvoir confier les modules d’apprentissage à leurs parents.
Certains enseignants tentent de poursuivre les cours en présentiel. Ils retrouvent alors leurs élèves à l’intérieur des salles des fêtes, des chapelles, des gymnases et des garderies, ou bien à l’extérieur dans les jardins et sous les arbres, voire dans les couloirs de l’école.
Dans l’école primaire de San Jose, qui compte plus de 2 400 villageois évacués vers la ville de Malilipot, les enseignants donnent des cours le long d’étroites allées en plein air, dans un jardin fleuri, à l’intérieur d’un minuscule abri prévu pour accueillir des réceptions, et à l’ombre d’un arbre.
Le président Ferdinand Marcos s’est rendu à Albay pour rassurer les personnes évacuées, distribuer de la nourriture et discuter avec le gouverneur de la province et les maires de la ville de l’impact de l’éruption sur les villageois, les écoliers et l’économie de la province.
L’éruption est l’une des calamités naturelles auxquelles est confrontée l’administration locale. Une vingtaine de typhons et autres tempêtes frappent les Philippines chaque année, et les 24 volcans actifs de l’archipel sont secoués par de fréquents séismes.
Certains des villageois évacués se sont plaints de la chaleur et de la surpopulation dans les centres d’hébergement. Les autorités locales se sont engagées à fournir davantage de ventilateurs électriques et à améliorer leur confort. Les centres d’hébergement sont aussi des foyers de problèmes sanitaires et de promiscuité. On le sait : plus l’évacuation sera longue, plus il y aura de problèmes.
Les autorités sont très prudentes aujourd’hui lorsque le PHIVOLCS annonce que le Mayon connaît une hausse d’activité. Ils se souviennent de la dernière éruption de 2018, qui a déplacé des dizaines de milliers de personnes. Une éruption de 1814 a enseveli des villages entiers et tué plus de 1 000 personnes.
Source : The Independent.

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I wrote in a previous post that by June 13th, 2023, 16,152 people had been evacuated from the slopes of Mt Mayon; of those, 15,493 were in evacuation shelters and 659 were staying with friends and family. Most of those forced to evacuate live in farming villages within the 6-kilometer radius permanent danger zone. Schools are often used as shelters, disrupting education for thousands of students, many of whom are having classes in chapels and tents or under trees in the open.

For the moment, the eruption has not caused any injuries or death. But nobody knows how long it will last. The evacuations could drag on for months and cause a prolonged humanitarian crisis.

In the schools, every classroom has turned into an overcrowded sanctuary for several families with sleeping mats, bags of clothes, cooking stoves and toys for children. More than 17,000 students in five Albay towns are among those affected by the displacements for the eruption. About 80% are continuing their daily school lessons through an emergency system in which parents teach their children at home or elsewhere using school-provided “learning modules.”

The temporary distant-learning approach for students was extensively used during the two years of the coronavirus pandemic, when most of the Philippines was under police-enforced quarantine that restricted people to their homes.

One of the challenges for the teachers today is how to track the displaced school children so they can give their parents the learning modules.

Some teachers are trying to continue in-person classes, meeting with their students inside village halls, chapels, gymnasiums and daycare centers, outside in gardens and under trees, or even in school corridors.

At the San Jose elementary school campus now crammed with more than 2,400 displaced villagers in Malilipot town, teachers are holding classes along narrow open-air walkways, in a flower garden, inside a tiny guest hut and under the shade of a tree.

President Ferdinand Marcos has flown to Albay to reassure displaced villagers, hand out food and discuss with the provincial governor and town mayors the impact of the eruption on villagers, schoolchildren and the province’s economy.

The eruption is one of the natural calamities the local administration has to face. About 20 typhoons and storms lash the Philippines every year, and the archipelago’s 24 active volcanoes are shaken by frequent earthquakes.

Some of the displaced villagers have complained about heat and overcrowding in emergency shelters. Local officials pledged to provide more electric fans and improve their condition. Shelters are also hotbeds for sanitary problems and promiscuity. The longer the evacuation, the more problems there are.

Authorities are very cautious today when PHIVOLCS warns that Mt Mayon is becoming active. They remember the last eruption of 2018, which displaced tens of thousands. An 1814 eruption buried entire villages and killed more than 1,000 people.

Source : The Independent.

Personne ne sait comment évoluera l’éruption du Mayon, ni combien de temps elle durera (Crédit photo: Phivolcs)