Lahaina (Ile de Maui) : une ville au riche passé historique // Lahaina, a town with a rich historical past

Située sur la côte ouest de Maui, Lahaina était autrefois la capitale du royaume d’Hawaii. Sa destruction par les gigantesques incendies de ces dernières semaines est une perte terrible pour les Hawaïens de souche. Selon les chiffres officiels, « des centaines de familles ont été déplacées, des dizaines de commerces ont brûlé et de très nombreuses personnes sont mortes ». Selon les derniers bilans, plus de 110 personnes ont péri mais ce nombre est susceptible d’augmenter car un millier de personnes sont toujours portées disparues.
Les Hawaïens disent que la catastrophe de Lahaina a anéanti un lieu riche en histoire et culture hawaïennes. Ils pensent que la tragédie aura un impact à long terme sur leurs communautés.
Pour la plupart des touristes, Lahaina est une destination de vacances populaire, mais l’importance de la ville est bien antérieure à l’intérêt que lui portent les Occidentaux. Une promenade dans Lahaina avant la catastrophe donnait un aperçu du riche passé de l’île. Le trajet d’un bout à l’autre de Front Street était un voyage dans l’histoire du royaume hawaiien. On pouvait remonter dans le temps, jusqu’à 150 ans en arrière ou plus, en visitant les bâtiments.
Déjà avant la création du Royaume d’Hawaii en 1795, Lahaina était un lieu important où se réunissaient les chefs de différentes parties de Maui. En 1802, après que le roi Kamehameha eut conquis plusieurs îles de l’archipel, Lahaina devint la capitale officielle du royaume. En plus d’être le centre politique d’Hawaii, la ville est devenue un bastion de la chasse à la baleine et de la pêche tout au long des années 1800. Le boom économique a fait de Lahaina une plaque tournante du commerce entre Hawaii et le reste du monde.
Honolulu est devenue la capitale en 1845 et, dans les décennies qui ont suivi, les États-Unis ont commencé à vouloir s’approprier Hawaii. Les Américains ont usurpé le gouvernement du royaume et ont refusé le droit de vote aux Hawaiiens autochtones en 1887. Un coup d’État américain a renversé la reine en 1893 et les États-Unis ont annexé Hawaii en tant que territoire en 1898.
Un grand banian vieux de 150 ans dans la vieille ville de Lahaina marquait l’endroit où se trouvait le premier palais du roi Kamehameha. Une grande partie de cet arbre a été détruite par les incendies. D’autres trésors culturels ont été réduits en cendres, comme l’église où sont enterrés les souverains.

Alors que les habitants commencent à évaluer l’étendue des dégâts causés par les incendies, le gouverneur d’Hawaï a déclaré qu’il sera essentiel de prendre en compte les communautés autochtones lors de la reconstruction de Lahaina.
[NDLR : les Hawaïens autochtones qui ont tout perdu auront du mal à se reconstruire. À moins que le gouvernement prenne des mesures restrictives, ils devront faire face à des investisseurs et des agents immobiliers peu scrupuleux qui voudront acheter à bas prix l’endroit où ils vivaient afin de construire de nouvelles résidences de luxe.]

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Situated on the west coast of Maui, Lahaina was once the capital of the Kingdom of Hawaii. With nothing left after the huge wildfires that ravaged it, it is a terrible loss for native Hawaiians. According to official updates, “hundreds of families have been displaced, dozens of businesses have burned, and there’s a strong chance many people have died.” More than 110 people have died but this death toll is likely to largely increase as about 1,000 persons are still reported missing.

Hawaiians say the Lahaina’s disaster leaves them mourning the loss of a place dense with Native Hawaiian history and culture, and they’re bracing for what the tragedy will mean for their communities in the long term.

Many visitors know Lahaina as a popular vacation destination, but the town’s significance long predates Western interest. A stroll through Lahaina town before the disaster gave a glimpse into the rich past of the island. Walking from one end of Front Street to the other end was like a physical timeline of the history of the Hawaiian Kingdom. One could actually see the flow of time in the buildings stemming back 150 or more years.

Even before the formation of the Kingdom of Hawaii in 1795, Lahaina was an important place where chiefs from different parts of Maui would gather. But in 1802, after King Kamehameha had conquered several islands on the archipelago, Lahaina was made the Hawaiian Kingdom’s official capital.

In addition to being the political center of Hawaii, it became a whaling and fishing bastion throughout the 1800s. The economic boom made Lahaina a global trade hub that connected Hawaii to the rest of the world.

Honolulu became the capital in 1845 and, in the decades that followed, the United States began its effort to claim Hawaii. Americans usurped the kingdom’s government and denied suffrage to Native Hawaiians in 1887. An American coup overthrew the queen in 1893 and the U.S. annexed it as a territory in 1898.

A large 150-year-old banyan tree in Old Lahaina marked the place where King Kamehameha’s first palace stood. Much of that tree has now been burned in the fires. Otherc ultural treasures lwere destroyed by the fire, including a church where royals were buried As residents begin to process the damage and destruction caused by the fires, the Governor of Hawaii said it was critical to consider indigenous communities when making decisions about next steps for the community.

[Editor’s note : Native Hawaiians who have lost everything will find it difficult to rebuild. Unless the government takes restrictive measures, they will have to face unsrupulous investors and real estate agents who will want to buy at a low cost the place where they lived in order to buid new residences for rich people.]

Image satellite montrant les incendies à Lahaina

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Le HVO m’a envoyé un message indiquant que le Kilauea (Hawaii) n’est actuellement pas en éruption, mais que le sommet montre de réels signes d’activité pouvant annoncer une prochaine éruption.
Le nombre de séismes sous la région sommitale du Kilauea est passé d’une moyenne d’environ 20 événements par jour à plus de 40 au cours de la semaine dernière. La déformation du sol est également significative au sommet, et semblable à la situation observée avant l’éruption du 7 juin 2023.
La sismicité a culminé avec 100 événements le 13 août, dont un de magnitude M 4,3 qui a été ressenti à travers l’île d’Hawaï. La plupart des séismes se sont produits à une profondeur de 0 à 2 km sous la caldeira du Kilauea, y compris l’Halema’uma’u, mais ont également été détectés au nord-est vers le Kīlauea Iki et le long de l’extrémité sud de la caldeira.
L’augmentation de la sismicité s’est accompagnée d’une brève augmentation de l’inflation du sol. Les émissions de gaz restent faibles, ce qui correspond à l’absence d’activité éruptive au sommet.
Ces observations révèlent que le magma s’accumule sous la surface de la région sommitale du Kilauea. Une éruption peut se produire sans prévenir, mais rien ne montre qu’elle est imminente. Le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne pour le Kilauea restent respectivement à ADVISORY (surveillance conseillée) et au Jaune.
Aucune activité particulière n’a été notée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest du Kīlauea.
Source : HVO.

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L’éruption de l’Ubinas (Pérou) se poursuit de manière modérée. Cinq explosions ont été enregistrées au cours de la semaine écoulée, avec des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 2 500 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à Orange (troisième niveau sur une échelle de quatre couleurs) et le public est prié de rester à 4 km du cratère.
Source : IGP.

Image satellite de l’Ubinas transmise le 23 juin 2023 par de satellite Copernicus-Sentinal 2.

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Ces derniers jours, l’activité était assez intense sur le Stromboli (Sicile). Dans les premiers jours d’août, un petit débordement de lave a été observé dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. L’activité de spattering a été soutenue dans le secteur du cratère nord.
Au cours de ces différents événements, le tremor a montré des valeurs moyennes.
Source : INGV.

Capture image webcam le 12 août 2023

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La situation n’a pas beaucoup changé sur le Fuego (Guatemala). Les panaches de cendres s’élèvent généralement jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère et provoquent des retombées dans les zones sous le vent. Les ondes de choc font vibrer les structures dans les localités autour du volcan et des grondements se font parfois entendre. Des avalanches de blocs descendent plusieurs ravines. La plupart du temps, les explosions éjectent des matériaux incandescents jusqu’à 200 m au-dessus du sommet.
Source : INSIVUMEH.

Le Fuego e l4acatenango vus depuis Antigua (Photo: C. Grandpey)

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L’éruption du Mayon (Philippines) se poursuit sans changement significatif. L’épanchement de lave au niveau du cratère sommital alimente des coulées sur les flancs S, SE et E. Elles parcourent en général entre 1,1 et 3,4 km. Les effondrements au niveau du dôme de lave et des fronts de coulées génèrent des chutes de blocs incandescents et des coulées pyroclastiques qui s’engouffrent dans les ravines Mi-Isi, Bonga et Basud jusqu’à 4 km de distance. La sismicité reste élevée. Les émissions de SO2 se situent en moyenne entre 799 et 2 689 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et il est rappelé à la population de rester en dehors de la zone de danger permanent (PDZ) de 6 km de rayon. Il est conseillé aux pilotes d’éviter de voler près du sommet.
Source : PHIVOLCS.

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L’éruption du Merapi (Java / Indonésie) se poursuit et la sismicité reste à des niveaux élevés. Le dôme de lave SO produit de nombreuses avalanches de lave qui parcourent jusqu’à 2 km dans plusieurs ravines. Les changements morphologiques du dôme de lave SO sont dus à des effondrements continus de matériaux. Un survol du volcan le 10 août 2023 a estimé que le volume du dôme SO était de 2 764 300 mètres cubes et que le dôme dans le cratère principal présentait un volume de 2 369 800 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3-7 km du sommet en fonction des endroits.
Source : CVGHM.

Crédit photo: VSI

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Pour rappel, l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) a pris fin le 10 août vers 5 heures du matin. Comme à l’accoutumée, l’Observatoire indique qu’aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation.

Source : OVPF.

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Dans ses dernières mises à jour, l’AVO indique qu’une activité explosive se poursuit sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska). Un nuage de cendres de basse altitude à 5 – 7 km au-dessus du niveau de la mer et se déplaçant vers le nord-est est visible dans les données satellitaires. Cette situation fait suite à une augmentation de plusieurs heures du tremor éruptif. Des signaux d’explosion sont observés et le Service météorologique national a détecté des éclairs à proximité du volcan.
Sur la base des cycles éruptifs précédents, d’importantes émissions de cendres devraient se poursuivre au cours des prochaines heures. Des coulées pyroclastiques et de boue sont probables sur les flancs du volcan.

Toutefois, le tout dernier bulletin de l’AVO (16 août au matin) indique que l’activité du Shishaldin marque le pas en ce moment.

Crédit photo: AVO

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world.

The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has sent me a message indicating that Kilauea is currently not eruptiing, but the summit is exhibiting signs of elevated unrest.

Earthquake rates beneath Kīlauea summit region have increased from an average of about 20 earthquakes per day to over 40 earthquakes per day during the past week. Ground deformation rates are also high at the summit, similar to conditions before the June 7th, 2023, eruption.

Seismicity peaked at 100 events on August 13th, including an M 4.3 event that was felt across the Island of Hawaii.  Most earthquakes occurred at 0–2 km depth beneath the Kilauea caldera, including Halemaʻumaʻu, but also extended northeast towards Kīlauea Iki Crater and along the southern end of the caldera.

The increase in seismicity was accompanied by a brief increase in the rate of ground tilt. Gas emissions remain low, reflective of the current lack in eruptive activity at the summit.

These observations indicate that magma is accumulating beneath the surface of Kilauea’s summit region. An eruption might occur with little or no warning, but there is no sign that an eruption is imminent. The Volcano Alert Level and Aviation Color Code for Kilauea remain at ADVISORY and YELLOW, respectively.

No unusual activity has been noted along Kīlauea’s East Rift Zone or Southwest Rift Zone.

Source : HVO.

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The eruption of Ubinas Peru) continues in a moderate way. Five explosions were recorded during the past week with ash plumes that rise up to 2,500 m above the summit. The Alert Level remains at Orange (the third level on a four-color scale) and the public is asked to stay 4 km away from the crater.

Source : IGP.

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In recent days, activity was quite intense at Stromboli (Sicily). In the first days of August, a small lava overflow was observed in the upper part of the Sciara del Fuoco. Spattering activity was sustained in the North Crater area.
During these different events, the tremor showed medium values.
Source: INGV.

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The situation has not much changed at Fuego (Guatemala). Ash plumes usually rise as high as 1.1 km above the crater and cause ashfall in downwind areas. Shock waves rattle structures in communities around the volcano and rumbling is sometimes heard. Block avalanches descend several drainages. On most days explosions eject incandescent material as high as 200 m above the summit.

Source : INSIVUMEH.

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The eruption of Mayon (Philippines) continues with no significant changes. Slow lava effusion from the summit crater feeds flows on the S, SE, and E flanks. The lava flows travel over 1.1 – 3.4 km. Collapses at the lava dome and from the lava flows produce incandescent rockfalls and pyroclastic flows that descend the Mi-Isi, Bonga, and Basud drainages as far as 4 km. Seismicity is still high. SO2 emissions average between 799 and 2,689 tonnes per day. The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale) and residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ). Pilots are advised to avoid flying close to the summit.

Source : PHIVOLCS.

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The eruption of Merapi (Java / Indonesia) continus and seismicity remains at elevated levels. The SW lava dome produces numerous lava avalanches that travel as far as 2 km along several drainages. Morphological changes to the SW lava dome are due to continuing collapses of material. Analysis of a 10 August aerial survey estimated that the SW dome volume was 2,764,300 cubic meters and the dome in the main crater was an estimated 2,369,800 cubic meters. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit based on location.

Source : CVGHM.

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As a reminder, the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island), which started on July 2nd, 2023, ended on August 10th around 5 a.m. As usual, the Observatory indicates that no hypothesis has been ruled out as to the evolution of the situation.
Source: OVPF.

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In its latest updates, AVO indicates that explosive eruptive activity is continuing at Shishaldin (Aleutians / Alaska). A low-level ash cloud 5 – 7 km above sea level and moving northeast is evident in satellite data. This follows a several-hour increase in seismic tremor. Explosion signals have been observed and the National Weather Service has detected lightning in the vicinity of the volcano.

Based on previous eruption cycles, significant ash emissions are likely to continue for the next few hours. Pyroclastic and mudflows are likely on the flanks of the volcano.

However, AVO’s latest update (Auguqt 16th in the morning) indicates that Shishaldin’s activity is now decreasing.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Les dernières éruptions du Kamaʻehuakanaloa (Hawaii) // The latest eruptions of Kamaʻehuakanaloa (Hawaii)

Autrefois connu sous le nom de Lōʻihi, le volcan sous-marin, qui se trouve à environ 30 km au large de la côte sud de la Grande Ile d’Hawaii, a été renommé Kamaʻehuakanaloa en 2021 par le Hawaii Board of Geographic Names. Le volcan est entré en éruption au moins cinq fois au cours des 150 dernières années, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs du département des Sciences de la Terre de l’Université d’Hawall. Elle a été publiée dans la revue Geology.
Les chercheurs ont pour la première fois pu estimer l’âge des éruptions les plus récentes de ce volcan, ainsi que huit éruptions plus anciennes remontant à environ 2 000 ans.
Selon l’auteur principal de l’étude, Kamaʻehu est le seul exemple de volcan hawaiien pré-bouclier actif. Sur les autres volcans hawaiiens, cette première phase de l’histoire d’un volcan est cachée par les coulées de lave qui se produisent pendant la phase bouclier proprement dite. C’est pourquoi il y a un grand intérêt à étudier la croissance et l’évolution du Kamaʻehu.
Auparavant, la seule éruption connue et confirmée de ce volcan sous-marin s’était produite en 1996. Elle n’a été découverte que parce qu’elle a coïncidé avec un grand essaim sismique détecté à distance par des sismomètres sur la Grande Île.
Seuls les sismomètres peuvent être utilisés pour détecter les éruptions actives en cours des volcans sous-marins car les séismes sont transitoires. Afin de déterminer l’âge des éruptions plus anciennes du Kamaʻehu, les scientifiques ont adopté une approche différente. Ils ont utilisé un spectromètre de masse pour mesurer de minuscules quantités d’isotope radium-226 dans des morceaux de lave vitreuse qui ont été prélevés à l’aide d’un submersible. sur les affleurements du fond marin au niveau du Kamaʻehu.
Le magma contient naturellement du radium-226 dont la radioactivité se désintègre à un rythme prévisible. Les chercheurs ont utilisé la quantité de radium-226 présente dans chaque échantillon pour déduire le temps approximatif écoulé depuis l’émission de lave sur le fond marin.
On pense que les volcans hawaiiens traversent une série d’étapes au cours de leur croissance. Le Kamaʻehu est actuellement dans sa première phase de croissance «pré-bouclier», tandis que son voisin, le Kilauea, est dans la phase principale d’édification du bouclier.
La chimie de la lave émise par les volcans hawaiiens change avec le temps. Les derniers âges d’éruption pour les laves du Kamaʻehu, révélés par les mesures de la chimie de la lave, montrent que l’échelle de temps de la variation de la chimie de la lave sur ce volcan pré-bouclier est d’environ 1 200 ans.
A côté de cela, la chimie de la lave du Kilauea change sur une échelle de temps de quelques années à quelques décennies seulement, avec un cycle complet d’environ 200 ans. Les auteurs de l’étude pensent que la cause de cette différence est liée à la position des deux volcans au-dessus du point chaud hawaiien. Les modèles et d’autres données isotopiques du thorium-230 montrent que le centre d’un panache mantellique s’élève probablement plus rapidement que sa marge. Les résultats de la nouvelle étude, en particulier le facteur de six échelles de temps plus longues pour la variation de la chimie de la lave du Kamaʻehu, confirment cette idée.
Les laves d’aspect le plus récent ont le plus de radium-226, et inversement pour les laves d’aspect plus ancien qui sont fracturées et brisées et recouvertes de sédiments marins.
Le fait que le Kamaʻehu soit entré en éruption cinq fois au cours des 150 dernières années implique une fréquence de 30 ans entre les éruptions de ce volcan. C’est beaucoup plus long que pour le Kilauea, qui est presque continuellement en éruption, avec des pauses peu fréquentes de quelques années seulement.
L’équipe scientifique espère mieux comprendre comment les volcans hawaïens fonctionnent depuis leurs premiers stades de croissance jusqu’à leur maturité complètqui reste souvent active. Cela permettra une meilleure approche des processus profonds qui animent les éruptions volcaniques prenant leur source à l’intérieur du mystérieux panache mantellique sous le point chaud hawaiien.
Source : USGS/HVO.

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Formerly known as Lōʻihi, the submarine volcano, which lies about 30 km off the south coast of the Big Island, was renamed Kamaʻehuakanaloa in 2021 by the Hawaii Board of Geographic Names, The volcano has erupted at least five times in the past 150 years, according to a new research led by University of Hawaii Earth scientists. It was published in the journal Geology.

The researchers for the first time have been able to estimate the ages of the most recent eruptions – as well as eight older eruptions going back about 2,000 years.

According to the lead author of the study, Kamaʻehu is the only active and exposed example of a pre-shield Hawaiian volcano. On the other Hawaiian volcanoes, this early part of the volcanic history is covered by the great outpouring of lava that occurs during the shield stage. Thus, there is great interest in learning about the growth and evolution of Kamaʻehu.

Previously, the only known and confirmed eruption of the Hawaiian underwater volcano happened in 1996. It was only discovered because it coincided with a large swarm of earthquakes detected remotely by seismometers on the Big Island.

Seismometers only can be used to detect the ongoing active eruptions of submarine volcanoes because earthquakes are transient. In order to determine the ages of older eruptions at Kamaʻehu, the scientists took a different approach. They used a mass spectrometer to measure tiny amounts of the isotope radium-226 in pieces of quenched glassy lava that were sampled from the seafloor outcrops of Kamaʻehu using a submersible.”

Magma naturally contains radium-226, which radioactively decays at a predictable rate.The researchers used the amount of radium-226 in each sample to infer the approximate time passed since the lava was erupted on the seafloor.

Hawaiian volcanoes are thought to transition through a series of growth stages. Kamaʻehu is currently in the earliest submarine “pre-shield” stage of growth, whereas its active neighbouring volcano Kilauea is in its main shield-building stage.

The chemistry of the lava erupted from Hawaiian volcanoes changes through time. The new eruption ages for the lavas from Kamaʻehu, coupled with measurements of lava chemistry, reveal that the timescale of variation in lava chemistry at this pre-shield volcano is about 1,200 years.

In contrast, Kilauea lava chemistry changes over a timescale of only a few years to decades, with a complete cycle throughout about 200 years. The authors of the study think that the origin of this difference is related to the position of the two volcanoes over the Hawaiian hot spot. Models and other isotope data from thorium-230 suggest that the center of a mantle plume should rise faster than its margin. The results of the new study, specifically the factor of six longer timescale of variation in lava chemistry at Kamaʻehu, provides independent confirmation of this idea.

The lavas with the freshest appearance had the most radium-226, and vice versa for the lavas with the older appearance, that is, fractured and broken and covered with marine sediment.

The fact that Kamaʻehu erupted five times within the last 150 years implies a frequency of 30 years between eruptions at this volcano. This is much slower than at Kilauea, which erupts almost continuously, with infrequent pauses of only a few years.

The research team hopes to better understand how Hawaiian volcanoes work from their earliest growth stages to their full, and frequently active, maturity to help understand the deep controls on volcanic eruptions that initiate within the mysterious, upwelling mantle plume under the Hawaiian hot spot.

Source : USGS / HVO.

 Carte bathymétrique du Kamaʻehuakanaloa (Source : HVO)

Image de laves jeunes (en haut) et plus anciennnes (en bas) sur le Kamaʻehuakanaloa (Source : Japan Agency for Marine-Earth Science and Technology)

Incendies à Maui (Hawaii) : un désastre ! // Wildfires in Maui (Hawaii) : a disaster !

Si vous parlez de l’île hawaïenne de Maui à un volcanophile, il va immédiatement penser à l’Haleakala, le volcan et sa caldeira colorée qui sont l’une des attractions touristiques. Dans le folklore hawaiien, la dépression sommitale de l’Haleakala était à la maison de la grand-mère du demi-dieu Maui. Selon la légende, la grand-mère de Maui aurait aidé son petit-fils à capturer le soleil au lasso afin de le forcer à ralentir sa course à travers le ciel, et donc de prolonger la journée.

Quand je me suis rendu à Maui, je n’ai pas manqué, en redescendant de l’Haleakala, d’aller observer les baleines en pleine mer et j’ai adoré flâner dans les rues de Lahaina dont le nom nom signifie « soleil cruel » en hawaïen, en raison des sécheresses fréquentes. Cette fois, la cruauté n’est pas celle du soleil, mais du feu et il faudra un certain temps avant que les touristes reviennent à Lahaina. La ville historique vient d’être détruite par les flammes. Vu depuis le ciel, le spectacle est désolant. On observe une étendue grise et noire, une friche de quartiers disparus et de structures carbonisées, y compris le long de la célèbre Front Street où il faisait bon faire du shopping et se restaurer. Des bateaux dans le port ont été brûlés et de la fumée plane encore au-dessus de la ville qui date des années 1700. C’est – ou plutôt c’était – la plus grande localité du côté ouest de l’île. Plus de 1 000 structures ont été détruites par les flammes. Le nombre de morts s’élève à au moins 80 et les survivants racontent des histoires effarantes de courses avec le feu, avec leurs seuls vêtements sur le dos. La Garde côtière a déclaré avoir secouru 14 personnes qui ont sauté à l’eau pour échapper aux flammes et à la fumée. On peut voir sur les photos prises à Lahaina une file de véhicules incendiés, certains avec des corps calcinés à l’intérieur. Il semble que ces personnes essayaient de s’enfuir, mais sont restées bloquées dans la circulation et n’ont pas pu sortir de Front Street.
C’est la catastrophe naturelle la plus meurtrière de l’État d’Hawaii, devant le tsunami de 1960 qui a tué 61 personnes à Hilo, sur la Grande Île. Les autorités indiquent que le nombre de victimes est malheureusement susceptible d’augmenter à mesure que les opérations de recherche se poursuivront. L’incendie de végétation le plus meurtrier aux États-Unis est le Camp Fire de 2018 en Californie, qui a tué au moins 85 personnes et dévasté la ville de Paradise.
Alimenté par la sécheresse de l’été et des vents violents lors du passage de l’ouragan Dora à proximité de l’archipel, l’incendie a pris Maui par surprise. Le feu a avalé la végétation desséchée qui recouvre l’île, puis s’est attaqué aux maisons et à tout ce qui se trouvait sur son passage. C’est la dernière d’une série de catastrophes causées par des conditions météorologiques extrêmes dans le monde cet été. Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique augmente la probabilité de tels événements.
De nombreux touristes ont été évacués vers le principal aéroport de l’île et ont ainsi pu rentrer chez eux. Environ 11 000 personnes ont quitté Maui le 9 août 2023 et au moins 1 500 autres devaient partir le lendemain.
Les communications ont été fortement perturbées sur l’île, le 911, les téléphones fixes et cellulaires ont parfois connu des pannes. L’électricité a également été coupée dans certaines parties de Maui.
La Grande Ile d’Hawaï doit également faire face actuellement à des incendies, mais il n’est pas fait état de blessés ou de maisons détruites.
Le président Joe Biden a décrété l’état de catastrophe naturelle à Maui. Il a promis que «toute personne qui a perdu un être cher, ou dont la maison a été endommagée ou détruite, obtiendra de l’aide du gouvernement dans les meilleurs délais.
Source : médias d’information américains.

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When you mention the Hawaiian island of Maui to volcano lovers, they immediately think of Haleakala, the volcano and its colourful caldera which are one of the tourists attractions of Maui. In Hawaiian folklore, the depression at the summit of Haleakala was home to the grandmother of the demigod Maui. According to the legend, Maui’s grandmother helped him capture the sun and force it to slow its journey across the sky in order to lengthen the day. People also enjoy watching the whales which can be seen from the seashore, or strolling in the streets of Lahaina.

Unfortunately, it will take some time before tourists come back to Lahaina. The historic city has just been des troyed by the flames and replaced by a wasteland of obliterated neighborhoods and landmarks charred beyond recognition, as the death toll rises to at least 80 and survivors told harrowing tales of narrow escapes with only the clothes on their backs.The Coast Guard said it rescued 14 people who jumped into the water to escape the flames and smoke.

A flyover of historic Lahaina showed entire neighborhoods that had been a vibrant vision of color and island life reduced to gray ash. Block after block was nothing but rubble and blackened foundations, including along famous Front Street, where tourists enjoyed shopping and dining. . Boats in the harbor were scorched, and smoke hovered over the town, which dates to the 1700s and is the biggest community on the island’s west side. More than 1,000 structures were destroyed by the flames. One can see in Lahaina a line of burned-out vehicles, some with charred bodies inside. It looks as if these persons were trying to get out, but were stuck in traffic and couldn’t get off Front Street.

Up to now, the state’s deadliest natural disaster was a 1960 tsunami that killed 61 people on the Big Island. In Maui, the death toll will likely rise further as search and rescue operations continue. The deadliest U.S. wildfire was the 2018 Camp Fire in California, which killed at least 85 people and laid waste to the town of Paradise.

Fueled by a dry summer and strong winds from passing Hurricane Dora, the fire took Maui by surprise, racing through parched growth covering the island and then feasting on homes and anything else that lay in its path. It’s the latest in a series of disasters caused by extreme weather around the globe this summer. Experts say climate change is increasing the likelihood of such events.

Many tourists were evacuated to the island’s main airport and were waiting to be allowed to return home. About 11,000 flew out of Maui on August 9th, 2023 with at least 1,500 more expected to leave the next day.

Communications have been spotty on the island, with 911, landline and cellular service failing at times. Power was also out in parts of Maui.

Hawaii’s Big Island is also currently seeing blazes, although there are no reports of injuries or destroyed homes there.

President Joe Biden declared a major disaster on Maui. He pledged that the federal response will ensure that “anyone who’s lost a loved one, or whose home has been damaged or destroyed, is going to get help immediately.

Source : U.S. News media.

Hawai‘i Department of Land and Natural Resources

Crédit photo: presse hawaiienne

Caldeira de l’Haleakala (Photo: C. Grandpey)