Des éruptions à l’ouest d’Hawaii? // Eruptions to the west of Hawaii?

drapeau francais   Dans un de ses derniers numéros, le journal West Hawaii Today pose une question très intéressante: Des éruptions sont-elles susceptibles de se produire à l’ouest d’Hawaii dans les années à venir? Les dernières éruptions connues ont eu lieu sur la grande île d’Hawaï sans oublier que l’Haleakala sur l’île de Maui n’a probablement pas dit son dernier mot.
Beaucoup moins connues et médiatisées, des éruptions sous-marines à l’ouest de Maui ont été signalées à trois reprises au cours des 60 dernières années. La première a eu lieu en août et septembre 1955 près de Necker Island, à 650 km au NO de Honolulu. La plus récente a été observée début 2011, quand le capitaine d’un navire a fait état de « vapeur montant violemment à la surface de la mer » dans les environs de Milwaukee Bank, près de 3200 km au NO de Honolulu. Aucun échantillon n’a été prélevé et l’éruption n’a donc pas pu recevoir de confirmation.
L’éruption sous-marine qui a suscité le plus de questions a été observée beaucoup plus près d’Oahu. Le 22 mai 1956, alors qu’il volait à basse altitude au-dessus du Kauai Channel, le pilote d’un avion militaire a observé « un mile carré d’eau bouillante avec du soufre et de la cendre sur les vagues. » Son équipage a signalé des vapeurs et une odeur de soufre sur la zone. Les vols ultérieurs n’ont signalé que des stries jaunes à la surface de l’eau. Le 24 mai, tous les signes d’une éruption semblaient avoir disparu.
Cet événement est exceptionnel car des morceaux de ponce se sont échoués sur les plages d’Oahu le 28 mai. Des échantillons ont été envoyés au HVO pour identification. Les fragments ont été décrits comme « de la ponce basaltique brun foncé à noire » et des tests ont révélé qu’ils pouvaient flotter pendant quelques heures seulement.
Il y a de fortes chances pour que les événements du 22 mai aient eu lieu le long d’une dorsale sous-marine qui s’étend au nord-ouest de Kaena Point, au large d’Oahu. Cependant, ces dernières années, l’Université d’Hawaii et l’USGS ont exploré minutieusement cette région et n’ont trouvé aucune preuve d’éruptions récentes sur le plancher océanique. On a alors pensé que les fragments pouvaient provenir d’une éruption qui avait eu lieu en1952 sur l’Ile San Benedicto au large de la côte ouest du Mexique, mais les échantillons collectés à Oahu étaient différents. La ponce émise en 1952 à San Benedicto a été décrite comme « brun verdâtre » et n’avait pas de cristaux, tandis que les échantillons de 1956 avaient des cristaux d’olivine et de labradorite – minéraux communs dans les éruptions hawaïennes.

drapeau anglais   In one of its latest issues, the newspaper West Hawaii Today asks a very interesting question : Are future eruptions possible west of the Island of Hawaii? The last known eruptions occurred on Hawaii Big Island without forgetting that Maui’s Haleakala is probably not extinct.

Surprisingly, submarine eruptions west of Maui have been reported three times in the past 60 years. The first was in August and September 1955, near Necker Island, 650 km northwest of Honolulu. The most recent was in early 2011, when a sea captain reported “steam rising up violently from the sea surface” in the vicinity of Milwaukee Bank, almost 3,200 km northwest of Honolulu. No samples were obtained, so volcanic activity could not be confirmed.

The most intriguing possible submarine eruption was reported much closer to Oahu. On May 22nd, 1956, while flying low over the Kauai Channel, the pilot of a military transport reported “a square mile of boiling water with sulphur and ashes on the waves.” His crew reported smelling sulphur fumes hanging over the area; however, subsequent flights over the same area reported only yellow streaks in the water. By May 24th, all signs of an eruption seemed to be dissipating.

This event was exceptional because some pumice washed up on Oahu beaches on May 28th. A few samples were sent to the Hawaiian Volcano Observatory for identification. The fragments were described as “dark brown to black basaltic pumice”and tests revealed that they would float for only a few hours.

The events of May 22nd were most likely located along a submarine ridge extending northwest from Kaena Point, Oahu. However, in recent years, University of Hawaii and U.S. Geological Survey scientists have explored this region in detail and found no evidence of recent eruptions on the ocean floor. It was thought the fragments might have originated from a 1952 eruption in the San Benedicto Islands off the west coast of Mexico, but the Oahu samples were different. The 1952 San Benedicto pumice was described as “greenish brown” and had no crystals, while the 1956 samples had crystals of olivine and labradorite — minerals common in Hawaiian eruptions.

Haleakala blog

Haleakala: sa dernière éruption a probablement eu lieu dans la 2ème moitié du 18ème siècle.

(Photo:  C. Grandpey)

Hualalai (Hawaii / Etats Unis): Un volcan dangereusement oublié // A dangerously forgotten volcano

drapeau francais   Moins connu que les autres volcans de la Grande Ile d’Hawaii, le Hualalai mérite toutefois notre attention. Même s’il n’est pas aussi actif que le Kilauea et le Mauna Loa, son histoire éruptive montre que nous aurions tort de l’oublier.

La dernière éruption du Hualalai remonte à 1800-1801, donc il y a quelques heures d’un point de vue géologique. Elle a eu lieu sur le flanc ouest, avec des laves pahoehoe extrêmement fluides qui ont atteint l’océan, détruisant au passage le village de Ka’upulehu. Une légende raconte qu’aucun sacrifice d’animaux ni aucune offrande aux dieux n’a réussi à stopper la lave mais que le roi Kamehameha 1er aurait  réussi à arrêter les coulées en y jetant une mèche de ses cheveux. En circulant en voiture sur la route au pied du versant occidental du Hualalai, on se rend parfaitement compte que l’aéroport Keahole de Kailua-Kona a été construit en plein sur l’une des coulées les plus récentes. A croire de les Américains aiment jouer à la roulette russe !  Des instruments sont installés sur le Hualalai (voir photo ci-dessous) afin de pouvoir anticiper un éventuel réveil.
Même si aucune éruption n’a été observée depuis le 19ème siècle, le Hualalai se manifeste parfois d’une autre manière. En 1929, plusieurs séismes, dont deux de magnitude M 5,5 et M 6,5, ressentis jusqu’à Honolulu, ont secoué le volcan pendant un mois, causant d’importants dégâts au district de Kona. Les scientifiques pensent qu’ils ont été causés par des mouvements de magma peu profonds mais que la lave n’a pas réussi à atteindre la surface. Plus récemment, en 2006, un séisme dont l’épicentre se situait au nord de la baie de Kiholo a , une fois encore, provoqué des dommages encore plus importants. Une amie qui habite sur le versant sud-ouest du Hualalai m’a montré des fissures provoquées par ce tremblement de terre dans sa maison. Comme chez beaucoup d’Hawaiiens, sa demeure n’est pas assurée contre les risques naturels car les sommes demandées par les compagnies sont trop élevées. Comme elle le dit : « Let’s cross our fingers ! » ; espérons qu’aucune catastrophe majeure ne se produira… !

En raison des conditions climatiques variées et de son altitude (2521 mètres), la montagne est recouverte par une végétation très dense qui baigne fréquemment dans le brouillard. Le volcan possède de nombreuses espèces animales, en particulier des oiseaux.

L’ascension du Hualalai est relativement aisée mais le sommet et la plus grande partie des terres autour appartiennent à l’Ecole Kamahameha qui en interdit l’accès. La quasi-totalité des itinéraires vers le sommet passant par la propriété, l’ascension est donc théoriquement  illégale. C’est dommage car les cratères sommitaux – le Luamakami et le Puhia Pele – comptent parmi les plus profonds de l’île. Le second a été exploré jusqu’à 263 mètres sous sa surface et le Luamakami est connu pour s’enfoncer encore plus profondément.

drapeau anglais   Although its is less well-known than the other volcanoes of Hawaii Big Island, Hualalai deserves our attention. Even though it is not as active as Kilauea and Mauna Loa, the eruptive history shows that we should not forget it.
The last eruption of Hualalai was in 1800-1801, so a few hours ago from a geological point of view. It produced on the western flank highly fluid pahoehoe lava flows that reached the ocean, destroying the village of Ka’upulehu. A legend says that no animal sacrifice nor offering to the gods managed to stop the lava but King Kamehameha 1st could stop the flow by throwing in it a lock of his hair. While driving along the road at the foot of the western slope of Hualalai, one realises that Keahole Airport in Kailua-Kona was built right on one of the most recent lava flows. Americans like playing Russian roulette! Instruments have been installed on Hualalai (see photo below) so as to anticipate a possible eruption.
Although no eruption has been observed since the 19th century, Hualalai sometimes becomes alive in another way. In 1929, several earthquakes, including two with magnitudes of M 5.5 and M 6.5, felt as far as Honolulu, shook the volcano during one month, causing extensive damage to the Kona District. Scientists believe they were caused by shallow movements of magma which failed to reach the surface. More recently, in 2006, an earthquake whose epicentre was located north of Kiholo Bay, once again caused even greater damage. A friend of mine who lives on the southwestern slope of Hualalai showed me the cracks caused by the earthquake in her home. As with many Hawaiians, this home is not insured against natural hazards as the sums of money asked by the companies are too high. As she says: « Let’s cross our fingers and let’s no major catastrophe will happen …!”
Due to various climatic conditions and the altitude (2521 meters), the mountain is covered by dense vegetation that is frequently shrouded with fog. The volcano has many animal species, particularly birds.
The ascent of Hualalai is relatively easy but the top and most of the land around the summit belongs to Kamahameha School that prohibits access. This means almost all routes to the summit cross the property and using them is theoretically illegal. It’s a shame because the summit craters – Luamakami and Puhia Pele – are among the deepest in the island. The latter was explored down to 263 metres below the surface and Luamakami is known to be even deeper.

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Station GPS sur le Hualalai  (Crédit photo: USGS / HVO)

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Faune sur le Hualalai  (Photos:  C. Grandpey)

Kilauea: Mort sur le champ de lave (suite) // Death on the lava field (continued)

drapeau francais   Suite à ma note du 9 mai sur le décès d’un randonneur à Hawaii, voici quelques détails supplémentaires qui vont dans le sens des conseils que je donnais à l’issue de l’article.

La victime est un Canadien âgé de 57 ans qui était parti de Kalapana avec un ami afin de se rendre sur le champ de lave pour y voir les coulées de plus près. Sur le chemin du retour, ils se sont perdus. L’un des randonneurs a commencé à paniquer et, sous le coup de la chaleur et de la fatigue, s’est effondré. Son ami est allé cherché de l’aide et de l’eau mais au retour, il a été incapable de retrouver son ami. Quand les secours sont arrivés sur place, il était trop tard ; l’homme avait cessé de vivre.

Cet accident révèle deux erreurs commises par les randonneurs.

D’une part, il semble évident que la quantité d’eau emportée était insuffisante. Il faut savoir que la marche sur le champ de lave hawaiien est longue et pénible et il fait de plus en plus chaud au fur et à mesure que l’on approche du site actif et des coulées. Personnellement, en plus des bouteilles d’eau, je glisse une canette de Coca-Cola dans mon sac à dos. Elle est souvent bienvenue au terme de la randonnée.

D’autre part, on a souvent tendance à minimiser la taille du champ de lave sur la plaine côtière. Au départ de Kalapana, on aperçoit les gaz et (au crépuscule) le rougeoiement émis par les coulées et on a l’impression que la distance à parcourir n’est pas énorme. En fait, c’est souvent une illusion optique et il faut marcher pendant plusieurs kilomètres avant d’arriver à destination. Le retour à Kalapana est plus compliqué car les coulées se trouvent souvent vers le pied du pali et de ce secteur, on ne voit plus le point de départ à Kalapana. D’où la nécessité d’avoir une boussole ou (encore mieux) un GPS.

Un ranger m’a indiqué un jour que les accidents ou les pertes d’orientation sont relativement fréquents à Hawaii. Il n’est, bien sûr, fait état que des accidents les plus graves. La presse laisse de côté les chutes et les brûlures qui sont monnaie courante sur le champ de lave.

drapeau anglais   Further to my note of May 9th on the death of a hiker in Hawaii, here are some additional details that confirm the advice I gave at the end of the article.
The victim is a 57-year-old Canadian who had left Kalapana with a friend to go to the lava field to see the lava flows closer. On the way back, they got lost. One of the hikers began to panic, and because of the heat and fatigue, he collapsed. His friend went to get help and water, but on his way back, he was unable to find his friend. When paramedics arrived on site, it was too late, the man was dead.
This incident reveals two mistakes committed by the hikers.
On the one hand, it seems clear that the amount of water they had brought along was insufficient. Everybody should know that walking on the Hawaiian lava field is long and strenuous and it’s getting hotter and hotter as you as you approach the active site and the lava flows. Personally, in addition to water bottles, I slip a can of Coca-Cola in my backpack. It is often welcome at the end of the hike.
On the other hand, there is a tendency to minimize the size of the lava field on the coastal plain. From Kalapana, gases and (at dusk) the glow emitted by lava can be seen and it seems that the distance is not so great. Actually, it is often an optical illusion and you have to walk several kilometers before reaching your destination. Walking back to Kalapana is more complicated because the flows are often located near the base of the pali and from that point, you do not see the point of departure in Kalapana. Hence the need for a compass or (even better) a GPS.
A ranger told me one day that accidents or loss of orientation are relatively common in Hawaii. Of course, only the most serious accidents are reported. The press ignores the falls and burns that are common on the lava field.

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(Photo:  C.  Grandpey)

Kilauea (Hawaii) & Popocatepetl (Mexique)

drapeau francais   La situation semble s’être stabilisée sur le Popocatepetl et le Kilauea qui ont connu une hausse d’activité au cours des derniers jours.

Sur le Kilauea, la courbe du tiltmètre sommital qui montrait une grande stabilité, connait maintenant une forte baisse. En conséquence, le niveau de la lave dans le pit crater de l’Halema’uma’u a commencé à baisser lui aussi. De nouvelles coulées apparaissent de temps à autre sur le plancher du Pu’uO’o. La lave s’écoule toujours sur les versants E et N du cône. Elle continue à entrer dans l’océan sur deux sites de part et d’autre de la limite du Parc des Volcans.

Source : HVO.

Sur le Popocatepetl, on continue à enregistrer des épisodes de tremor harmonique d’amplitude moyenne à forte. Les intervalles entre ces épisodes ont tendance à devenir plus longs.

Une explosion a été enregistrée le 14 mai vers 10 heures. Un survol du volcan a permis de constater que le dôme avait un diamètre de 350 mètres et une hauteur d’une cinquantaine de mètres (voir photo ci-dessous) . Après l’explosion, la taille du dôme semblait avoir légèrement diminué. Les scientifiques du CENAPRED pensent que cette explosion pourrait marquer le début d’un processus de destruction du dôme.

Source : CENAPRED.

drapeau anglais   The situation seems to have stabilised both on Popocatepetl and Kilauea during the past days.

On Kilauea, the summit tiltmeter that showed a great stability has now started decreasing. As a consequence, the level of lava within Halema’uma’u pit crater is decreasing too. At Pu`u `O`o, new flows sporadically issue within the crater while lava flows remain active on the east flank and north base of the cone. Lava continues to enter the ocean in 2 locations spanning the Hawai`i Volcanoes National Park boundary.

Source: HVO.

On Popocatepetl, harmonic tremor segments of medium and large amplitude are still registered. Intervals between these episodes are getting longer.

An explosive event occurred on May 14th at about 10 o’clock. A flight performed after this event revealed that the dome was 350 metres in diameter and 50 metres thick (see photo below). After the explosion, the dome appeared to have slightly deflated. CENAPRED scientists think that the explosion might represent the beginning of the dome’s destruction.

Source: CENAPRED.

Popo-blog

Cette capture d’écran du CENAPRED  montre l’explosion observée dans la matinée du 14 mai.

Popo-dome