Le Shiveluch et la vague de froid du Midwest des Etats-Unis // Shiveluch and the cold wave in the Midwest

drapeau francaisSe référant aux grandes éruptions volcaniques du passé, connues pour avoir  eu un impact sur le climat, les climatologues américains se demandent si l’éruption en Juin du Shiveluch (Kamchatka / Russie) peut être tenue pour responsable de la vague de froid que le Midwest américain a connue cet été. C’était comme si juillet s’était transformé en octobre!
Ils nous rappellent que quand un volcan connaît une très violente éruption, il peut envoyer de la cendre jusqu’à des dizaines de kilomètres dans la stratosphère ; cette cendre peut ensuite avoir un effet sur les températures en diminuant la quantité de rayonnement solaire. L’exemple le plus récent de ce phénomène a été révélé par l’éruption du Mont Pinatubo aux Philippines en 1991 qui a refroidi la planète de 0.2 – 0.3 ° C pendant trois ans.
Selon plusieurs climatologues, bien que l’éruption du  Shiveluch en Juin soit mineure par rapport à des éruptions antérieures comme celle du Pinatubo, il ne faudrait pas oublier qu’il y a eu deux autres grandes éruptions en Russie et en Islande en 2011. Ces éruptions ont projeté de grandes quantités de cendre qui sont encore présente dans l’air aujourd’hui. Avec l’importante quantité de cendre déjà présente dans l’atmosphère, l’ajout de celle du  Shiveluch a pu avoir eu un impact sur les températures en bloquant les rayons du soleil.
Cependant, alors que certains volcanologues admettent qu’il est possible qu’une éruption influence la température, comme ce fut le cas avec « l’année sans été» en 1816 suite à l’éruption du Tambora en 1815, la plupart ne croient pas que l’éruption de Juin en Russie ait pu être suffisamment importante pour avoir un impact sur les températures.
Quels que soient les effets controversés de l’éruption du Shiveluch sur la météo du Midwest des Etats Unis, les prévisions d’automne prévoient la poursuite du temps frais dans cette région pour le mois de septembre. Les prévisions pour la fin octobre et novembre font état d’un temps encore plus froid et une chute de neige précoce n’est pas impossible

Source : AccuWeather.

 

 

drapeau anglaisReferring to the large volcanic eruptions of the past that have been known to influence climate, U.S. climatologists wonder whether the June eruption of Shiveluch (Kamchatka / Russia) can be held responsible for the cold wave the US Midwest has been experiencing this summer. It was « Julytober »!

They remind us that when a volcano erupts violently, it can send ash tens of kilometres into the stratosphere which can then influence temperatures by aiding in a decreased amount of solar radiation. The most recent example of this phenomenon was exhibited by the eruption of Mount Pinatubo in the Philippines in 1991 which cooled the globe by 0.2 – 0.3°C over three years.

According to several climatologists, although the eruption of Mount Sheveluch in June was minor compared to previous eruptions like Mount Pinatubo, there were two big eruptions in Russia and Iceland in 2011. These eruptions launched high amounts of ash into the air that still remain present today. With a lot of ash already existent in the atmosphere, the addition of the ash from Mount Sheveluch may have then had the ability to possibly influence temperatures by blocking out sunlight.

However, while some volcano experts agree that it is possible for an eruption to influence temperature, as observed in the historic « the year without a summer » in 1816 resulting from the disastrous 1815 eruption of Mount Tambora, most do NOT believe that the June Russian eruption was massive enough to impact temperatures.

Whatever the debated effects of Mount Shiveluch’s eruption on Midwestern weather, the weather fall forecast predicts continued cool weather for the Midwest states into September. Heading into late October and November, even colder weather is predicted, making an early snowfall possible for the area.

Source : AccuWeather.

Activité volcanique à proximité de l’aéroport de Rome? // Volcanic activity close to Rome airport?

drapeau francais1) Un cratère émettant sous pression des nuages ​​de gaz jusqu’à 5 mètres de hauteur est apparu le samedi 23 Août à proximité de l’extrémité de la piste de l’aéroport de Rome Fiumicino. Les automobilistes ont été surpris de voir un nuage de gaz chaud et malodorant sortir d’un cratère qui venait de se former au milieu d’un carrefour giratoire à moins de 800 mètres de l’extrémité d’une piste.
Le cratère mesurait environ 1,80 mètres de large et 90 centimètres de profondeur quand les pompiers et les volcanologues sont arrivés sur les lieux et ont isolé le rond-point pour éviter l’inhalation du gaz, soupçonné d’être un cocktail de dioxyde de carbone, d’hydrogène sulfuré et de méthane. Des tests sont actuellement en cours.
Alors que les rapports initiaux ont suggéré que le gaz provenait de matière organique en décomposition, un volcanologue a affirmé qu’il s’agissait plus probablement d’une activité volcanique. Le système volcanique potentiellement actif le plus proche dans la région recouvre les Monti Albani, à 20 km au SE de la capitale, dont la dernière activité connue remonte à quelque 20.000 ans.
Un volcanologue italien a indiqué que les gaz emprisonnés dans le sol peuvent rester à haute température pendant des dizaines de milliers d’années après une éruption et remonter de temps en temps à la surface. Des phénomènes semblables ont été observés ailleurs autour de Rome, avec des animaux domestiques tués après avoir respiré du gaz.
Malgré sa proximité, aucune alarme n’a été décrétée à l’aéroport de Rome.
Source: presse italienne.

2) L’analyse chimique des gaz émis par la bouche n’a pas vraiment révélé de surprises. On a affaire à du dioxyde de carbone, du sulfure d’hydrogène et, en moindre quantité, du méthane. Les scientifiques italiens font remarquer qu’un tel phénomène naturel n’est pas nouveau dans la région. Le Latium est une zone volcanique et de tels incidents se sont déjà produits dans le secteur des Monti Sabatini ou près de Ciampino. Partout où l’on perce dans cette région, il y a une forte probabilité d’assister à des émissions gazeuses.
Selon les scientifiques sur place, le phénomène n’a pas pris d’ampleur. Il n’est pas considéré comme dangereux, à condition de ne pas s’approcher du site. Si les émissions de gaz devaient continuer, une intervention pourrait être envisagée. On percerait le sol autour de la bouche active et on injecterait du ciment jusqu’à recouvrir le mini volcan. Avant cela, une analyse du sol devra toutefois être effectuée pour s’assurer que la bouche n’est pas en train de devenir plus profonde et que d’autres éruptions ne sont pas susceptibles de se déclencher dans cette zone.

Source : Corriere della Sera.

 

drapeau anglais1) A geyser crater spraying clouds of gas up to 5 metres in the air appeared on Saturday, August 23rd, close to the end of the runway at Rome’s Fiumicino airport. Motorists were alarmed to notice hot, stinking gas spurting from a newly formed crater in the middle of a roundabout less than 800 metres from the end of a runway.
The crater measured about 1,80 metres wide and 90 centimetres deep, before firefighters and volcanologists arrived to seal off the roundabout to prevent inhalation of the gas, suspected to be a cocktail of carbon dioxide, hydrogen sulphide and methane. Tests are now underway.

While initial reports suggested the gas came from rotting organic matter trapped underground, one expert said volcanic activity was more likely. The nearest possibly still active volcanic system in the area is the Monti Albani, 20 km SE of the capital, whose last known activity occurred about 20,000 years ago.
An Italian volcanologist indicated that gas underground can remain hot for tens of thousands of years after volcanoes erupt, and every now and then it can rise to the surface. Similar things have been observed elsewhere around Rome, with domestic animals being killed after they breathed in the gas.

Despite its proximity, no alarm was created at Rome’s airport.
Source: Italian press.

2) The chemical analysis of the gases emitted by the vent did not really reveal any surprises. They include carbon dioxide, hydrogen sulfide, and smaller quantities of methane. Italian scientists indicate that this natural phenomenon is not new in the region. Lazio is a volcanic area and similar incidents have already occurred in the area of ​​Monti Sabatini or near Ciampino. Wherever you drill in this area, there is a high probability of triggering gaseous emissions.
According to scientists, the phenomenon has not been extensive. It is not considered dangerous, if not approaching the site. If emissions were to continue, an intervention might be considered. The soil would be pierced around the active vent and cement would be injected to cover the mini volcano. Before that, a soil test should be done to make sure that the vent is not becoming deeper and more eruptions are not likely to occurr in this area.

Source : Corriere della Sera.

Et si le Mont Fuji entrait en éruption? // What if Mount Fuji erupted?

drapeau francaisLes Japonais sont inquiets. Alors que le Mont Fuji vient d’apparaître sur la liste des sites du Patrimoine Culturel Mondial de l’UNESCO, ils craignent qu’un tremblement de terre majeur dans le pays déclenche une éruption de ce volcan mythique.
C’est pourquoi les autorités préfectorales de Yamanashi, Shizuoka et Kanagawa s’efforcent de mettre au point un plans d’évacuation, en collaboration avec le gouvernement central. Le plan devrait être prêt d’ici mars 2014.
Selon la première partie de ce plan, jusqu’à 750 000 personnes devraient être évacuées en raison des importantes coulées de lave et des écoulements pyroclastiques.
Le plan – qui est actuellement à l’état de projet – divise la région autour du mont Fuji 1) en une zone où des bouches éruptives sont susceptibles d’apparaître et 2) en trois autres zones que les coulées de lave pourraient atteindre respectivement en moins de trois heures, une journée et 40 jours.
Plus de 10 000 personnes escaladent le Mont Fuji chaque jour pendant la haute saison, mais elles ne figurent pas parmi les 750 000 personnes évacuées. (A noter que le nombre de visiteurs sur la montagne a augmenté depuis sa nomination en juin au Patrimoine Mondial de l’UNESCO).
Toute évacuation réelle devrait donc être plus difficile que prévu par le projet de plan. Le plan d’évacuation définitif va donc probablement inclure des mesures pour remédier à la paralysie généralisée des réseaux de circulation, y compris à Tokyo, ainsi que les coulées de boue générées par la fonte de la neige qui se déplacent plus rapidement et plus amplement que la lave.
Lorsque le plan d’évacuation définitif sera prêt en 2014, les trois préfectures ont l’intention de procéder à un exercice d’évacuation commun.

Source : The Japanese Times.

 

drapeau anglaisThe Japanese are anxious. While Mount Fuji has just been to UNESCO’s list of World Heritage cultural sites, it is feared that a major earthquake in the country might trigger an eruption of the mythical volcano.

Therefore, the Yamanashi, Shizuoka and Kanagawa prefectural governments are working out evacuation plans in collaboration with the central government. The plans should be ready by March 2014.

According to the first part of the plan, up to 750,000 residents would have to be evacuated due to widespread lava and pyroclastic flows.

The draft plan divides the region around Mount Fuji into 1) an area where volcanic vents are likely to be created and 2) three other areas lava flows are expected to reach within three hours, one day and up to 40 days, respectively.

As many as 10,000 people climb Mount Fuji daily during the peak climbing period, but they are not counted among the 750,000 evacuees. (The number of visitors to the mountain has been increasing since its designation as a World Heritage site in June.)

Any actual evacuation therefore is expected to be more difficult than envisioned by the draft plan. The final evacuation plan thus will likely include measures to address the widespread paralysis of traffic systems, including in Tokyo, as well as mud flows from melted snow, which move faster and more widely than lava.

When the final plan is ready in 2014, the three prefectures aim to conduct a joint evacuation drill.

Source: The Japanese Times.

Fuji-blog

(Crédit photo:  Wikipedia)

Avions et cendre volcanique // Airplanes and volcanic ash

drapeau francaisComme je l’indiquais dans ma note du 5 juillet 2013 à propos du regain d’activité du Popocatepetl, six compagnies américaines ont annulé 47 vols au départ et à l’arrivée des aéroports de Mexico et de Toluca. Cette situation – et d’autres qui ont précédé – montrent que nous ne sommes pas en mesure de faire face à un nuage de cendre volcanique et que la prochaine éruption d’un volcan semblable à l’Eyjafjalajökull (Islande) en 2010 entraînera à nouveau de fortes perturbations dans le trafic aérien.

Chaque fois qu’un volcan du Kamchatka ou des Aléoutiennes se manifeste, les observatoires invitent les pilotes à faire preuve de la plus grande prudence. On l’a vu récemment avec le Pavlof au mois de juin. Le volcan émettait alors un panache d’une hauteur d’environ 5400 mètres. Afin d’éviter tout contact avec cette cendre volcanique, la compagnie alaskienne PenAir a annulé pendant deux jours ses vols vers Cold Bay.

Pourtant, dans les mois qui ont suivi l’éruption du volcan islandais, des efforts ont été déployés pour essayer de trouver une solution. C’est ainsi que des scientifiques norvégiens et allemands ont testé sur l’Etna en novembre 2011 une caméra infrarouge dont le but est d’indiquer aux pilotes 10 minutes à l’avance la présence d’un nuage de cendre volcanique. Cette technologie, déjà utilisée par la compagnie à bas coût EasyJet, est censée faire économiser aux compagnies aériennes les millions d’euros, de livres ou de dollars qu’elles perdent quand leurs avions sont cloués au sol pendant une éruption. Le problème – comme je l’indiquais sur ce blog à l’époque – c’est que les tests ont été effectués à une période où l’Etna était calme. Pourquoi ne pas les avoir renouvelés au moment des paroxysmes ?

En juin 2011, le gouvernement britannique a nommé un « Monsieur nuage de cendre » censé piloter un groupe de recherche dont le travail consistait à analyser les données sur les concentrations de cendre dans l’atmosphère au moment d’une éruption volcanique. Il s’agissait d’affiner le modèle fourni par le Met Office et d’éviter la désorganisation du trafic aérien, comme ce fut le cas en Ecosse pendant l’éruption du Grimsvötn. Aucune information n’a été rendue publique sur le travail de ce groupe de recherche.

Plus récemment, c’est la compagnie irlandaise Aer Lingus qui prétendait en mars 2013 que son nouveau système de détection et de prévision de cendre volcanique réduira les perturbations causées aux avions en Europe. La nouvelle technologie a été présentée aux responsables de la compagnie. Elle utilise des satellites et des modélisations pour détecter les nuages de cendre et prévoir leur trajectoire. Là encore, les tests ont été effectués en période de calme volcanique et ils s’appuient essentiellement sur des simulations informatiques.

En conclusion de ma note du 9 mars 2013 relative à cette dernière information, j’écrivais :  « Reste à savoir ce qui se passera le jour où le Katla ou l’un de ses copains reprendra du service en émettant un volumineux nuage de cendre. Il y a un fossé énorme entre la théorie et la pratique, la simulation et la réalité ! » Je reste persuadé que la panique dans les aéroports sera la même qu’au printemps 2010 !

 

drapeau anglaisAs I mentioned in my note of July 5th, 2013 about the increased activity of Popocatepetl, six U.S. airlines canceled 47 flights to and from the airports of Mexico City and Toluca. This situation – and others before – shows that we are not able to cope with a volcanic ash cloud and the next eruption similar to Eyjafjalajökull (Iceland) in 2010 will again cause major disruptions in air traffic.
Whenever a volcano of Kamchatka and the Aleutians occurs, observatories invite pilots to exercise extreme caution. We saw it recently in June with the eruption of Pavlof. The volcano then emitted a plume up to about 5400 meters. To avoid contact with the volcanic ash, the Alaskan company PenAir canceled two days its flights to Cold Bay.
However, in the months that followed the eruption of the Icelandic volcano, efforts were made to try to find a solution. Thus Norwegian and German scientists tested on Mount Etna in November 2011 an infrared camera whose purpose was to indicate to the pilot 10 minutes in advance the presence of a cloud of volcanic ash. This technology, already used by the low-cost airline company EasyJet, is expected to save airlines the millions of pounds or dollars they lost when their aircraft are grounded during an eruption. The problem – as I mentioned on this blog by that time – is that the tests were conducted at a time when Etna was quiet. Why were they not renewed during the paroxysms?
In June 2011, the British government appointed a « Mister ash cloud » supposed to pilot a research group whose work was to analyze the data on concentrations of ash in the atmosphere during a volcanic eruption. This was to upgrade the model provided by the Met Office and avoid disruption to air traffic, as was the case in Scotland during the eruption of Grímsvötn. No information has been made public about the work of this research group.
More recently, it was the Irish airline Aer Lingus which claimed in March 2013 that its new system of detection and forecasting of volcanic ash would reduce disturbances to aircraft in Europe. The new technology was presented to company officials. It uses satellites and models to detect ash clouds and predict their path. Again, the tests were carried out during quiet volcanic periods and they rely heavily on computer simulations.
As a conclusion to my note of 9 March 2013, I wrote: « The question is to know what will happen the day the Katla or one of her will become active again and send large clouds of ash in the sky. There is a huge gap between theory and practice, simulation and reality! « I remain convinced that the panic in the airports will be the same as in the spring of 2010!

Eyjafjallajokull-blog

L’Eyjafjöll en 2010  (Crédit photo:  Wikipedia)