Eruptions volcaniques et hivers froids en Irlande // Volcanic eruptions and cold winters in Ireland

drapeau francais   En étudiant scrupuleusement 40.000 chroniques médiévales – les Annales Irlandaises – et en les comparant à des mesures effectuées à partir de carottes de glace, des chercheurs ont réussi à lier les conséquences climatiques des éruptions volcaniques aux épisodes de froid extrême en Irlande sur une période de 1200 ans, entre 431 et 1649.
Leur étude, qui a été récemment publiée dans la revue Environmental Research Letters, a montré que sur cette durée jusqu’à 48 éruptions volcaniques explosives ont pu être identifiées par le projet Greenland Ice Sheet (GISP2) qui enregistre chaque année les dépôts de sulfate volcanique dans les carottes de glace.
Parmi ces 48 événements volcaniques, 38 ont été étroitement associés à 37 événements de froid extrême identifiés en examinant systématiquement les entrées écrites dans les Annales Irlandaises et en recensant les phénomènes météorologiques observés directement, tels que les fortes chutes de neige et le gel, les périodes pendant lesquelles la glace a recouvert les lacs et les rivières, ainsi que les descriptions contemporaines de temps anormalement froid.
Une conclusion importante de l’étude est que les éruptions volcaniques explosives sont fortement et constamment impliquées dans la survenue de phénomènes météorologiques froids au cours de cette longue période temps (1200 ans) en Irlande. Il est rare que de tels événements météorologiques extrêmes se produisent dans un pays au climat océanique comme l’Irlande.
On sait que, suite à l’injection de dioxyde de soufre dans la stratosphère, les éruptions volcaniques peuvent jouer un rôle important dans la régulation du climat de la Terre. A l’issue des éruptions, le dioxyde de soufre se transforme en particules d’aérosols sulfatés qui réfléchissent la lumière solaire et entraînent un refroidissement temporaire de la surface de la Terre.
Alors que les effets globaux des éruptions récentes sont assez bien connus, comme celle du Pinatubo en 1991, on sait moins de choses sur leurs effets sur le climat avant l’apparition des instruments de mesures, ou encore leurs effets à l’échelle régionale. Les Annales Irlandaises ont permis d’apporter des réponses à ces deux questions.
Les grandes éruptions sont susceptibles de refroidir le climat en été ; en revanche, pendant l’hiver, les éruptions de basse latitude dans les tropiques ont plutôt tendance à réchauffer une grande partie de l’hémisphère nord car elles provoquent un renforcement des vents d’ouest qui apportent, par exemple, l’air plus chaud océanique en Europe. Toutefois, l’étude a identifié plusieurs cas où des éruptions de basse latitude semblaient correspondre à des hivers extrêmement froids en Irlande. Par exemple, les chercheurs ont été surpris de constater que, dans les années 1600, l’éruption au Pérou du Huaynaputina avait entraîné des hivers extrêmement froids en Irlande les années suivantes.
La possibilité que les éruptions tropicales puissent entraîner des hivers plus rigoureux en Irlande met en lumière la complexité de la relation volcans-climat en termes de réaction climatique régionale aux événements volcaniques.

Source : California Science & technology News.

drapeau anglais   By critically assessing over 40,000 written Irish medieval chronicles and comparing them with measurements taken from ice cores, researchers successfully linked the climatic aftermath of volcanic eruptions to extreme cold weather events in Ireland over a 1200-year period from 431 to 1649.

Their study, which has recently been published in the journal Environmental Research Letters, showed that over this timescale up to 48 explosive volcanic eruptions could be identified in the Greenland Ice Sheet Project (GISP2) ice-core, which records the deposition of volcanic sulphate in annual layers of ice.
Of these 48 volcanic events, 38 were associated, closely in time, with 37 extreme cold events, which were identified by systematically examining written entries in the Irish Annals and picking out directly observed meteorological phenomena and conditions, such as heavy snowfall and frost, prolonged ice covering lakes and rivers, and contemporary descriptions of abnormally cold weather.
A major result of the study is that explosive volcanic eruptions are strongly, and persistently, implicated in the occurrence of cold weather events over this long timescale in Ireland. In their severity, these events are quite rare for the country’s mild maritime climate.
It is well-known that through the injection of sulphur dioxide into the stratosphere, volcanic eruptions can play a significant role in the regulation of the Earth’s climate. Sulphur dioxide is converted into sulphate aerosol particles after eruptions which reflect incoming sunlight and result in an overall temporary cooling of the Earth’s surface.
While the global effects of recent eruptions are quite well-known, such as the 1991 Mount Pinatubo eruption, less is known about their effects on climate before the beginning of instrumental weather recording, or their effects on regional scales; the Irish Annals provided an opportunity to explore both of these issues.

Although the effect of big eruptions on the climate in summer is likely to cause cooling, during the winter, low-latitude eruptions in the tropics have instead been known to warm large parts of the northern hemisphere as they cause a strengthening of the westerly winds that brings, for example, warmer oceanic air to Europe; however, this study identified several instances when low-latitude eruptions appeared to correspond to extreme cold winters in Ireland. One example is the 1600 eruption in Peru of Huaynaputina, which the researchers found, against expectations, to be associated with extreme cold winter weather in Ireland in the following years.
The possibility that tropical eruptions may result in severe winter cooling for Ireland highlights the considerable complexity of the volcano-climate system in terms of the regional expression of the response of climate to volcanic disturbances.
Source : California Science & technology News.

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L’éruption du Pinatubo (1991) a eu un effet certain sur le climat de la planète. Elle est décrite dans mon dernier livre « Killer Volcanoes, éruptions meurtrières des temps modernes » (voir colonne de gauche de ce blog).

[Crédit photo:  Wikipedia]

 

Le dégel du permafrost: un danger pour la planète!

Bien que ce ne soit pas lié au monde des volcans, j’aimerais m’attarder à nouveau sur le réchauffement climatique et ses effets sur notre environnement.

Il y a quelques jours, l’Anchorage Daily News, quotidien très populaire en Alaska, a publié un article consacré à la fonte du permafrost (ou pergélisol), phénomène auquel sont très sensibles les contrées nordiques. Lorsque l’on voyage en Alaska ou dans le Yukon, on s’aperçoit très vite des conséquences de sa fonte sur les infrastructures routières, avec de longues balafres qui rendent parfois la conduite délicate (voir ma note du 16 septembre 2011). Il y a deux ans, Nicolas Vanier (Le Dernier Trappeur) me confiait qu’il avait vu des forêts « s’effondrer » en Sibérie car le sol gelé n’était plus là pour les maintenir à la verticale.

L’article de l’Anchorage Daily News attire l’attention des lecteurs sur un autre aspect de la fonte du pergélisol : les émanations gazeuses. En effet, les chercheurs ont commencé récemment à mesurer les émissions de méthane (CH4) et de gaz carbonique (CO2) provoquées par la fonte du permafrost et ils se sont aperçus que les quantités – non encore prises en compte lors des réunions internationales sur le réchauffement climatique – étaient bien supérieures à ce qui avait été estimé jusqu’alors.

Le permafrost – sol qui reste gelé pendant au moins deux années d’affilée – recèle de vaste quantités de matière végétale en décomposition. Au moment du dégel, cette matière libère du CO2 et, encore plus inquiétant, du CH4. Le réchauffement global de la planète provoque un effet cyclique : au cours du réchauffement de la Terre, les températures plus élevées sont une menace pour le permafrost qui va fondre et libérer ces mêmes gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de la Terre.

Il est donc urgent que la communauté internationale prenne en compte l’impact du permafrost et les émissions de CO2 et CH4 lors des réunions sur le changement climatique. Les chercheurs américains ont démontré que le permafrost présent à la surface de la Terre contient 1700 gigatonnes de carbone sous forme de matière organique gelée (une gigatonne est équivalent à un milliard – 109 tonnes). Cela représente deux fois la quantité de carbone actuellement présente dans l’atmosphère ! On réalise donc l’impact que les gaz libérés lors du dégel du  permafrost pourraient avoir dans les années à venir en cas d’accélération du phénomène.

Le rapport des chercheurs recommande par ailleurs aux nations où le permafrost est très répandu (Etats Unis, Canada, Chine et Russie) de créer des réseaux de surveillance et de mettre au point des plans afin d’atténuer les dégâts occasionnés par le dégel du pergélisol, en particulier dans les régions les plus exposées. En Alaska par exemple, des entreprises, des routes ainsi que des infrastructures gazières et pétrolières ont été construites sur des zones où le sol était gelé en permanence, donc très stable. Si ce sol vient à dégeler, ces structures peuvent s’effondrer. Actuellement, les responsables des routes du Yukon essayent de mettre au point des techniques qui permettraient de limiter les dégâts causés par le dégel du permafrost.

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Exemple de « forêt ivre » (« drunken forest ») où les arbres ne sont plus maintenus en place par le permafrost

[Crédit photo:  NOAA)

Les fous de Rouzic (Bretagne)

Amoureux des volcans, je ne fais pourtant pas une fixation permanente sur les monstres de feu. La Nature a d’autres superbes choses à nous montrer et, contrairement à certains volcanophiles, il m’arrive d’aller visiter des sites non volcaniques. C’est ainsi que le week-end dernier, à l’issue d’une sortie volcanologique en Bretagne, j’ai délaissé les basaltes âgés de quelque 600 millions d’années pour aller jeter un coup d’œil aux oiseaux qui ont élu domicile aux Sept Iles, petit archipel au large de Perros-Guirec. L’île Rouzic – la plus septentrionale – est le lieu de rassemblement d’environ 20 000 couples de fous de Bassan qui viennent s’y reproduire tous les ans à cette période de l’année. Les fous de Bassan sont des oiseaux de mer qui tirent leur nom  de l’île de Bass, à proximité des côtes orientales de l’Écosse, qui en abrite une colonie particulièrement abondante. La plus grande colonie du continent américain, qui est aussi la plus grande colonie au monde avec plus de 60 000 couples, se trouve sur l’Ile Bonaventure en Gaspésie, à l’est du Québec au Canada. La plus grosse colonie française se situe en Bretagne sur l’Ile Rouzic.  

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(Photos:  C. Grandpey)

Un projet farfelu? // A crazy project?

drapeau francais   C’est bien connu: en France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées! Il semblerait que les Chinois qui, pourtant, ont du pétrole, ne soient pas à court d’idées ! Cinq architectes de ce pays ont imaginé une structure géante baptisée « VolcanElectric Mask ». Elle serait susceptible d’exploiter l’énergie émise par les volcans afin de produire de l’électricité et réduirait en même temps le risque de destruction au moment des éruptions.

En prenant comme modèle le Popocatepetl (Mexique), les concepteurs (la traduction du mot ‘designer’ existe !) chinois ont imaginé un immense dôme qui recouvrirait le sommet du volcan et, tel un bouclier, ferait obstacle à la cendre et autres projections émises par le volcan.

Le dôme a été conçu en prenant comme modèle le corps humain, son système nerveux et la peau qui lui sert d’enveloppe. Partant de la voûte du dôme, des tentacules s’enfoncent dans le volcan pour mesurer sa température, prévoir les éruptions et absorber le CO2 qui sera ensuite utilisé pour produire de la glace sèche.

En période calme, les tentacules permettront de produire de l’électricité à partir de la vapeur obtenue par le contact de l’eau de pluie – qui aura été récupérée – avec la lave chaude du volcan. Au cours de la période calme, la structure pourra accueillir des touristes, des expositions et autres animations.

Quand une éruption est prévue, la structure mobile du dôme permet de le refermer pour empêcher les projections d’atteindre les zones habitées à proximité du volcan. De la glace sèche est fabriquée pour empêcher que l’éruption endommage les tentacules et aussi pour refroidir la lave.

Une fois l’éruption terminée, les téphra sont récupérés et transportés à des fins industrielles. Des laboratoires à l’intérieur du dôme permettent une bonne observation de l’éruption, améliorent la prévision éruptive ainsi que la production d’énergie géothermique.

Vous trouverez plus de détails ainsi que des illustrations à cette adresse :

http://inhabitat.com/volcano-mask-protects-cities-from-eruptions-and-generates-electricity-from-lava/volcano-skyscraper-2013-evolo-competition-5/?extend=1

Source : Inhabitat.com.

 

drapeau anglais   It is well known : in France, we do not have crude oil but we have ideas ! In China, they have oil, but it seems they have ideas too! Five designers of this country have imagined a gigantic structure called VolcanElectric Mask that could harness the untapped power of volcanoes to generate electricity and minimize damage and destruction from eruptions

With Popocatepetl (Mexico) as a model, the proposal calls for a giant dome to cover the volcano, which works as a shield to prevent ash or tephra from choking up the air.

The dome was inspired by the way the body works and takes specific design cues from the nervous system as well as skin. Hanging inside the dome are a series of tentacles burrow into the volcano to monitor temperatures, predict eruptions and absorb CO2, which is then used to create dry ice.

When the volcano is calm, the tentacles work to generate electricity from steam, which is created when collected rain water comes into contact with lava. During this period of calm, the area is open to tourists for hiking, sightseeing and other exhibitions.

When an eruption is expected, the dome closes down in order to contain the tephra and lava and keep it from affecting nearby towns. Dry ice is expelled to protect the tentacles from damage and cool the lava.

After the eruption is over the tephra is collected by the dome and shipped off for use in industrial processes. Research facilities within the dome provide a close up view of the volcano in action and help scientists improve prediction and geothermal energy generation.

You’ll find more details and illustrations about the project at this address:

http://inhabitat.com/volcano-mask-protects-cities-from-eruptions-and-generates-electricity-from-lava/volcano-skyscraper-2013-evolo-competition-5/?extend=1

Source : Inhabitat.com.

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