Nouveau record de température en juillet 2016 // New temperature record in July 2016

drapeau-francaisSelon la NOAA, juillet 2016 a été le mois le plus chaud de l’histoire moderne et a établi un nouveau record depuis le début des relevés de températures il y a 137 ans. Le précédent record avait été observé en juillet de l’année dernière. C’est également la quinzième fois consécutive qu’un record mensuel de température est battu, la plus longue série de ce type en 137 ans. En juillet, la température moyenne globale au-dessus des terres et à la surface des océans a été de 16,67°C, soit 0,87°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle. Le record de juillet 2015 a été battu de 0,06°C.

Cette hausse constante des températures est due à l’effet cumulé des gaz à effet de serre et du phénomène El Niño qui réchauffe l’est du Pacifique et peut perturber le climat de la planète pendant une période de deux à sept ans. Selon certains scientifiques, il est probable que 2017 sera une année un peu moins chaude car El Niño est en train de s’affaiblir. A noter que les climatologues ne voient pas arriver El Niña qui, contrairement à El Niño, pourrait apporter un peut de fraîcheur.

1998 avait déjà été une année record en matière de température suite à la forte influence de El Niño. Il a fallu attendre 2005 pour voir l’effet s’estomper. Cela avait d’ailleurs poussé certains scientifiques à affirmer – à tort – que le réchauffement climatique de la Terre était terminé. Il est fort à craindre que, si l’année 2017 est moins chaude, des voix se feront entendre pour dire de telles sottises. La tendance sur le long terme est au réchauffement de la planète avec, cela va de soi, quelques variations non significatives.

Source : NOAA.

————————————-

drapeau-anglaisAccording to NOAA, July 2016 was the hottest month in modern history and has set a new record since the beginning of temperature records 137 years ago. The previous record was observed in July of last year. It is also the fifth consecutive time that a monthly temperature record is broken, the longest series of its kind in 137 years. In July, the average global temperature over land and ocean surfaces was 16.67°C, 0.87°C above the 20th century average. The record for July 2015 was beaten by 0.06°C.
This constant rise in temperatures is due to the cumulative effect of greenhouse gases and the El Niño phenomenon that warms the eastern Pacific and disrupts the global climate for a period of two to seven years. According to some scientists, it is likely that 2017 will be a slightly cooler year because El Niño is beginning to weaken. It should be noted that climatologists do not see El Niña coming around; unlike El Niño, it could bring a bit of coolness.
1998 was already a record year in terms of temperature due to the strong influence of El Niño. It took until 2005 to see the effect fade. This had also led some scientists to assert – incorrectly – that global warming was over. It is to be feared that if 2017 is less hot, voices will be heard to say such nonsense. The trend over the long term is to global warming with, of course, a few insignificant changes.
Source: NOAA.

NOAA

Source: NOAA.

Dioxyde de carbone: Volcans contre activités humaines // Carbon dioxide: Volcanoes vs. human activities

drapeau francaisIl y a eu récemment un certain nombre de discussions entre scientifiques pour savoir si les volcans contribuaient davantage au réchauffement et au changement climatiques que les activités humaines. Des études récentes montrent que les activités humaines émettent chaque année au moins 60 fois plus de dioxyde de carbone (CO2) que les volcans. De grandes éruptions peuvent certes émettre ponctuellement autant de CO2 que les activités humaines, mais de tels événements sont trop rares et éphémères pour pouvoir rivaliser avec les émissions anthropiques annuelles.

Les activités humaines  telles que la combustion des combustibles fossiles ou la déforestation, ont émis environ 40 milliards de tonnes de CO2 en 2015. Selon le Global Carbon Project (http://www.globalcarbonproject.org/), depuis le début de la Révolution Industrielle, plus de 2000 milliards de tonnes de dioxyde de carbone ont été envoyés dans l’atmosphère par les activités humaines.
Les volcans émettent du dioxyde de carbone de deux manières: 1) pendant les éruptions et 2) par le biais des évents fumerolliens, des roches et des sols poreux, ainsi que par l’eau qui alimente les lacs volcaniques et les sources chaudes. Les estimations de CO2 d’origine volcanique doivent prendre en compte à la fois les sources éruptives et les sources annexes.
En 2011, le scientifique américain Terry Gerlach a fait la synthèse de cinq estimations relatives aux émissions planétaires de dioxyde de carbone d’origine volcanique publiées entre 1991 et 1998. Les estimations mondiales étaient de l’ordre 0,3 ± 0,15 milliards de tonnes de CO2 par an, ce qui signifie que les émissions anthropiques de CO2  étaient plus de 90 fois supérieures aux émissions volcaniques.
En 2013, un autre groupe de scientifiques a publié une estimation mise à jour en utilisant des données plus précises. Les auteurs ont conclu que l’estimation globale la plus fiable était d’environ 0,6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an. Ce résultat signifie que le CO2 anthropique dépasse d’au moins 60 fois le CO2 volcanique.

De temps en temps, de très violentes éruptions peuvent libérer du dioxyde de carbone avec des quantités pouvant dépasser les émissions humaines pendant quelques heures. Ce fut le cas des éruptions du Mont St. Helens en 1980 et du Pinatubo en 1991. Cet excès de CO2 n’a duré que 8 ou 9 heures alors que les émissions anthropiques de dioxyde de carbone continuent jour après jour, mois après mois, année après année. Cependant, les volcans ont contribué, en certaines occasions, au réchauffement climatique en produisant des quantités importantes de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre. Ce fut le cas il y a 250 millions d’années quand un déversement de lave en Sibérie a peut-être duré des centaines de milliers d’années. Selon certains scientifiques, une telle éruption à grande échelle et sur une longue durée a probablement entraîné une hausse suffisante des températures pour provoquer l’un des pires événements d’extinction dans l’histoire de notre planète.

De nos jours, plutôt que réchauffer la Terre, les éruptions volcaniques ont souvent l’effet inverse. Elles  produisent souvent de la cendre et des aérosols qui réfléchissent la lumière du soleil vers l’espace, ce qui entraîne une baisse de la température sur Terre. Ainsi, en 1815, l’éruption du Tambora a émis suffisamment de cendre et d’aérosols pour réduire à néant l’été en Europe et en Amérique du Nord en 1816.
Source: NJtoday.net
http://njtoday.net/

 ————————————————–

There were a lot of debates recently to know whether volcanoes were larger contributors to global warming and climate change than human activities. Recent studies show that human activities emit 60 or more times carbon dioxide (CO2) than volcanoes each year. Large, violent eruptions may match the rate of human emissions for the few hours that they last, but they are too rare and ephemeral to rival humanity’s annual emissions.

Human activities – mostly the burning of fossil fuels and deforestation – emitted roughly 40 billion tons of CO2 in 2015. According to the Global Carbon Project (http://www.globalcarbonproject.org/), since the start of the Industrial Revolution, more than 2,000 billion tons of carbon dioxide have been added to the atmosphere by human activities.

Volcanoes emit carbon dioxide in two ways: during eruptions and through vents, porous rocks and soils, and water that feeds volcanic lakes and hot springs. Estimates of global CO2 emissions from volcanoes have to take both erupted and non-erupted sources into account.

In 2011, USGS scientist Terry Gerlach summarized five previous estimates of global volcanic carbon dioxide emission rates that had been published between 1991 and 1998. The global estimates fell within a range of about 0.3 ± 0.15 billion tons of CO2 per year, which implied that human carbon dioxide emissions were more than 90 times greater than volcanic CO2 emissions.

In 2013, another group of scientists published an updated estimate using more accurate data. The authors concluded that the best overall estimate was about 0.6 billion tons of carbon dioxide per year. Taken at face value, the result implies that anthropogenic CO2 exceeds global volcanic CO2 by at least a factor of 60 times.

Occasionally, eruptions are powerful enough to release carbon dioxide at a rate that may exceed the global rate of human emissions for a few hours. This was the case with the eruptions of Mount St. Helens in 1980 and Pinatubo in 1991. While this excess of CO2 only lasted 8 or 9 hours, human emissions of carbon dioxide continue day after day, month after month, year after year. However, volcanoes on some occasions contributed to global warming by producing significant amounts of carbon dioxide and other greenhouse gases. This was the case 250 million years ago when an extensive flood of lava poured continually from the ground in Siberia perhaps hundreds of thousands of years. According to some scientists, this large-scale, long-lasting eruption likely raised global temperatures enough to cause one of the worst extinction events in our planet’s history.

Today, rather than warming the Earth, volcanic eruptions often have the opposite effect. Eruptions often produce volcanic ash and aerosol particles which reflect sunlight back into space, cooling global climate. Thus, the 1815 eruption of Mount Tambora produced enough ash and aerosols to cancel summer in Europe and North America in 1816.

Source: NJtoday.net

 Panache-Kilauea

Panache de gaz du Kilauea à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

Panache-Semeru

Panache de cendre du Semeru en Indonésie (Photo: C. Grandpey)

Pinatubo-blog

 Double couche d’aérosols émise par l’éruption du Pinatubo en août 1991.

(Source : NASA)

Un feu étrange en Afrique du Sud // A strange fire in South Africa

drapeau-francaisDes équipes de sismologues et géologues se sont rendues dans le Limpopo pour trouver une explication à un feu étrange qui s’est déclaré dans cette province sud-africaine située dans la partie septentrionale de l’ancien Transvaal. Le feu a blessé trois personnes, dont deux enfants.
Les habitants de Zaaiplaas, près de Stoffberg, craignent le retour de la cendre et de la fumée qui s’échappaient du feu, qui est éteint pour l’instant. Le service d’incendie local arrose abondamment depuis une semaine le sol brûlant qui se trouve dans une grande zone humide de la taille de deux terrains de rugby.
Aujourd’hui, il ne reste du feu que des tas de cendre et des zones d’effondrement du sol, avec de grandes fractures dont certaines présentent une largeur d’une trentaine de centimètres.
Les gens ont pris conscience du danger lorsque l’eau de la zone humide a commencé à disparaître au début de l’année. Ils ont d’abord pensé que c’était à cause de la sécheresse. Une odeur s’échappait de l’endroit où se trouvait l’eau. Par moment, l’odeur était vraiment désagréable ; à d’autres moments, elle disparaissait.
On ne sait pas vraiment ce qui s’est passé. La zone concernée surmonte le craton de Kaapvaal, une ancienne zone de la croûte terrestre vieille de 3,4 milliards d’années et aujourd’hui refroidie. Les scientifiques affirment qu’il serait vraiment très surprenant que la région montre aujourd’hui des signes d’activité sismique.
Le craton de Kaapvaal couvre environ 1,2 millions de kilomètres carrés ; il s’étend du Lesotho au Botswana et pénètre dans le sud du Zimbabwe et de l’ouest du Mozambique. Les scientifiques qui étudient le phénomène de Sehlakwane devront se demander si l’activité n’est pas un prolongement du mouvement du Rift Est Africain et n’est pas provoqué par l’activité sismique au Mozambique. Il convient de noter aussi que la région possède une importante activité minière.
La situation dans le Limpopo me rappelle un événement dans le centre de l’Alaska en septembre 2013 quand un incendie d’origine inconnue s’est déclaré à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Eagle, un village de moins de 100 habitants, accessible par la route uniquement pendant les mois d’été.
La population de Eagle a commencé à percevoir une odeur de soufre. Le mystérieux incendie a commencé à inquiéter les gens. Les autorités ont déclaré que la cause du feu était un dépôt de schiste bitumineux qui s’était enflammé sous la montagne et brûlait régulièrement, en s’étendant de plus en plus au fur et à mesure que s’effondraient les bords de la dépression qu’il creusait.
Source: Journaux sud-africains.

——————————————

drapeau-anglaisTeams of seismologists and geologists are racing to find an explanation for a strange fire in Limpopo, a South African province in the northern part of the former Transvaal. The fire has injured three people, including two children.

Residents of Zaaiplaas, near Stoffberg, are terrified that the ash and smoke that billowed up from the fire, extinguished for now, will return. The local fire department has been dousing the burning ground – a large wetland the size of two rugby fields – since last week.

Today the only signs of fire are piles of ash, collapsing turf and large cracks in the ground, some of which are nearly 30cm wide.

People became aware of the danger when the water from the nearby wetland started disappearing earlier this year. They first thought it was because of the drought. They could smell something coming from where the water used to be. Sometimes the smell was really unpleasant, at other times it would disappear.

There have been no reports yet about what exactly is happening. The area is situated on top of the 3.4 billion-year-old Kaapvaal craton, an area of ancient crust [undisturbed for millions of years], which is cold. Scientists say that if it was showing signs of seismic activity now, it would be incredible.

The Kaapvaal craton is about 1.2 million square kilometres and stretches from Lesotho to Botswana and into southern Zimbabwe and western Mozambique. Scientists investigating the Sehlakwane phenomenon would have to consider whether the activity was not an extension of movement of the East African Rift, or attributable to seismic activity in Mozambique. It should also be noted that extensive mining activity does occur in the region.

The situation in Limpopo reminds me of an event in central Alaska in September 2013 when a fire of unknown origin was spotted about 40 km northeast of the community of Eagle, a town of less than 100 accessible by road only during the summer months.

People in Eagle began to smell sulphur. The mysterious fire burning in the distance began to worry them. Officials determined the cause was an oil shale deposit under the mountain that had somehow ignited and was burning steadily, growing as edges of the caldera collapsed.

Source: South African newspapers.

On ne touche pas aux vieilles coulées de lave ! // Don’t meddle with ancient lava flows !

drapeau-francaisIl y a eu récemment beaucoup d’effervescence et d’émotion en Australie quand un agriculteur de la Harman’s Valley, dans le sud-ouest de l’Etat de Victoria, a labouré et enfoui dans le sol toute une partie d’une ancienne coulée de lave pour y créer des pâturages. La coulée de lave en question, d’une longueur de 27 kilomètres, a été émise lors d’une éruption du Mont Napier il y a 36000 ans.
Au cours des dernières semaines, les visiteurs qui se sont arrêtés à la plate-forme d’observation sur la route qui relie Port Fairy à Hamilton, au nord du village de Byaduk,  pour admirer ce que les scientifiques considèrent comme une merveille géologique, se sont retrouvés face à une étendue de terre fraîchement retournée !
La modification apportée au paysage a soulevé des cris d’indignation de la part des géologues, tandis que Aboriginal Victoria, une agence conseil auprès du gouvernement de l’Etat de Victoria, a décrété l’arrêt du travail sur la coulée. L’événement a également déclenché les protestions du propriétaire du terrain qui a affirmé n’avoir rien fait de mal. Selon lui, l’ancien propriétaire de la parcelle avait déjà écrasé la plus grande partie de la roche volcanique il y a 10 ans et il ne se sent donc pas responsable des dégâts causés à la coulée de lave.
Selon un professeur honoraire de l’Université Deakin – qui a plusieurs campus dans l’Etat de Victoria – le concassage de la coulée prive l’Etat d’« une partie importante de son patrimoine qui avait un intérêt touristique, pédagogique et scientifique irremplaçable ».
La coulée de lave de la Harman’s Valley descend du Mount Napier State Park, au sud d’Hamilton, mais la partie qui a été labourée n’est pas protégée. Elle se trouve à plusieurs kilomètres des grottes de Byaduk, de réputation internationale. Elle fait toutefois partie de cette coulée qui présente des phénomènes rares tels que des tunnels de lave et les affleurements connus sous le nom de « tumuli ». La coulée est, en théorie, soumise à la législation du patrimoine autochtone.

D’anciens chercheurs de l’Université Deakin ont rejoint des scientifiques de Melbourne et de la Société Géologique d’Australie pour qu’une législation soit mise en place afin de protéger les sites géologiquement importants dans l’Etat de Victoria dont le pouvoir législatif pour protéger les formations géologiques sur des terres privées est moins important que dans les autres États australiens.

Source. Herald Sun.

————————————-

drapeau-anglaisThere was recently a lot of emotion in the Australian Harman’s Valley, in south-west Victoria, when a local farmer used heavy equipment to roll a section of an ancient lava flow back into the earth to create pasture land. The 27-kilometre-long lava flow was emitted when nearby Mount Napier erupted 36,000 years ago.

In recent weeks, visitors who stopped at a viewing platform on the Port Fairy-Hamilton road just north of Byaduk village to marvel at what scientists considered a geological wonder have been confronted by freshly bared earth extending up the valley.

The alteration to the landscape has produced cries of outrage from geologists, drawn a « stop work » order from Aboriginal Victoria – a key agency that provides advice to the Victorian Government – and brought a protestation from the landowner that he did nothing wrong. In his opinion, the previous owner crushed most of the volcanic rock 10 years ago and did not feel responsible for the damage caused to the lava flow. .

According to an honorary professor from Deakin University which has several campuses in Victoria, the rock crushing has deprived this State of « an important part of its heritage that had irreplaceable tourism, educational and research significance ».

The Harman’s Valley lava stream « flows » out of the Mount Napier State Park, south of Hamilton, but the section that has been crushed is not protected. It is several kilometres from the internationally recognised Byaduk Caves but part of the same flow, which features rare phenomena such as lava tubes and outcrops known as tumuli. However, it is subject to Indigenous heritage legislation.

Senior researchers from Deakin University have joined scientists from Melbourne and the Geological Society of Australia to call for legislation to protect geologically important sites in Victoria which has less legislative power to protect geological formations on private land than other Australian states.

Source. Herald Sun.

Harman

La Harman’s Valley avec le Mont Napier à l’arrière plan.

Harman 02

« Tumulus » dans la Harman’s Valley.

(Crédit photo: Wikipedia)