L’avenir inquiétant de l’Antarctique de l’Est // The disturbing future of East Antarctica

En janvier 2015, le brise-glace australien RSV Aurora Australis a failli être pris dans la glace dans l’Est Antarctique. Le navire a finalement réussi à échapper à ce piège et les scientifiques à bord ont eu le temps d’installer des instruments de mesure qui ont confirmé que les eaux plus chaudes de l’océan s’enfoncent sous la bande de glace qui se trouve devant le Glacier Totten et la font fondre par en dessous (voir schéma ci-dessous). Cela pourrait expliquer pourquoi le Glacier Totten, l’un des plus grands de l’hémisphère sud, a perdu de son volume au cours des dernières décennies.
De telles constatations n’annoncent rien de bon pour l’Antarctique de l’Est. Cette région est à peu près aussi grande que les États-Unis et la plus grande partie se situe sur un haut plateau qui s’élève jusqu’à 4 093 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec des températures qui peuvent plonger à -95°C. Du fait de l’isolement et des très basses températures de l’Est Antarctique, les chercheurs avaient conclu qu’il avait été stable dans le passé et qu’il était peu susceptible de changer à l’avenir, contrairement à l’Ouest Antarctique.

Au cours des dernières années, ces prévisions concernant l’Est Antarctique se sont avérées fausses. En survolant le continent à bord d’un avion équipé d’instruments capables d’observer sous la glace, une équipe australienne de glaciologues a constaté qu’une grande partie de l’Antarctique de l’Est se trouve en dessous du niveau de la mer, ce qui la rend extrêmement vulnérable à l’eau plus chaude de l’océan. Les chercheurs ont également découvert des indices montrant que l’immense glacier Totten, qui détient à lui seul autant de glace que l’Antarctique de l’Ouest, a rétréci et s’est allongé à plusieurs reprises dans le passé, signe qu’il pourrait à nouveau reculer dans le futur.
Bien que l’Antarctique de l’Est ne semble pas perdre beaucoup de glace aujourd’hui, il y a des signes qui montrent qu’il subit les effets du changement climatique. Si toute la glace au-dessous du niveau de la mer dans l’Antarctique de l’Est devait disparaître, cela entraînerait une hausse de près de 20 mètres du niveau des océans.
Les chercheurs tentent maintenant de recueillir autant d’informations que possible sur l’Antarctique de l’Est pour mieux entrevoir l’avenir. Il se pourrait que pendant les prochains siècles, la couche de glace atteigne un point de non retour. Déjà en 2013, une équipe scientifique avait détaillé le comportement de la glace autour de l’Antarctique en combinant l’imagerie satellitaire, les enquêtes aéroportées et les modèles climatiques. Les chercheurs avaient constaté que six plateformes glaciaires de l’Est de l’Antarctique, y compris le glacier Totten, fondaient par en dessous à une vitesse beaucoup plus grande que prévu. D’autres surprises sont apparues lorsque les chercheurs ont examiné de plus près certains des glaciers de l’Est Antarctique. L’imagerie satellitaire et les mesures aériennes entre 1996 et 2013 ont montré que l’épaisseur du glacier Totten s’était réduite de 12 mètres et que sa ligne de mise à la terre – le point où la glace qui provient du continent commence à flotter sur l’océan – avait reculé de 3 kilomètres.
Chaque été, un avion australien parcourt l’Antarctique dans tous les sens pour observer la glace en utilisant un radar ainsi que des capteurs gravitationnels et magnétiques. Les vols ont révélé un paysage extrêmement spectaculaire sous la calotte de glace. Les résultats préliminaires des survols effectués en janvier 2017 ont confirmé l’existence d’un canyon de 1100 kilomètres, presque aussi profond que le Grand Canyon aux États-Unis. L’équipe scientifique a également découvert des fosses sous-marines qui s’étendent depuis le front du glacier Totten jusqu’à sa ligne de mise à la terre 125 kilomètres à l’intérieur des terres et à 2,7 kilomètres au-dessous du niveau de la mer. Un tel paysage facilite probablement l’arrivée des eaux chaudes océaniques qui viennent éroder rapidement la glace.
Les menaces pour les plateformes glaciaires pourraient également provenir de l’intérieur du continent antarctique, en particulier des lacs qui se cachent sous la calotte de glace et qui envoient périodiquement des eaux de fonte vers la côte. C’est ainsi qu’il y a une dizaine d’années le Lac Cook, sous la calotte de glace de la Terre de Wilkes, s’est vidangé brutalement en libérant 5,2 milliards de mètres cubes d’eau, le plus grand événement de ce type jamais observé en Antarctique. De tels phénomènes pourraient être un autre facteur déstabilisant, provoquant une avancée plus rapide des glaciers et le vêlage d’un plus grand nombre d’iceberg.
Alors que la vulnérabilité de l’Antarctique de l’Est devient de plus en plus évidente, les chercheurs sont de plus en plus inquiets pour le futur. La seule façon de prévoir des décennies ou des siècles à venir est d’utiliser des modèles informatiques qui simulent la réaction de la glace au changement climatique. Au vu des simulations, la calotte de glace antarctique ne changera pas beaucoup au cours des 500 prochaines années si le réchauffement climatique se limite à environ 1,6°C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici la fin du siècle, ce qui correspond plus ou moins aux objectifs de la COP 21 de Paris. Cependant, si les températures augmentent de plus de 2,5°C au-dessus des niveaux pré-industriels d’ici 2100 et continuent à grimper par la suite, la fonte de la glace antarctique entraînera une hausse du niveau des océans de 5 mètres en 2500, avec près de la moitié provoquée par la fonte de l’Antarctique de l’Est. Si l’on prend également en compte la glace du Groenland, le niveau de la mer à l’échelle de la planète augmentera d’au moins 7 mètres, assez pour inonder une grande partie des principales villes côtières comme Mumbai, Shanghai, Vancouver et New York.
Source: Scientific American.

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In January 2015, the Australian icebreaker RSV Aurora Australis nearly got caught in the ice in East Antarctica. The ship finally managed to escape the trap and the scientists on board could set up measuring instruments that confirmed that warm waters from the surrounding ocean sneaked underneath the floating tongue of the Totten Ice Shelf – a vast floating ice ledge in front of the largest glacier in East Antarctica – and eat the ice away from below (see figure below). This could explain why Totten has been thinning in the past few decades.

Findings such as these are revealing some frightening truths about East Antarctica. This region is about as big as the entire United States and the majority of it stands on a high plateau up to 4,093 metres above sea level, where temperatures can plunge to −95°C. Because the East Antarctic Ice Sheet seems so cold and isolated, researchers thought that it had been stable in the past and was unlikely to change in the future, a stark contrast to the much smaller West Antarctic Ice Sheet.

In the past few years, however, the knowledge and prediction about East Antarctica turned out to be wrong. By flying across the continent on planes with instruments that probe beneath the ice, an Australian team of glaciologists found that a large fraction of East Antarctica is well below sea level, which makes it more vulnerable to the warming ocean than previously thought. The researchers also uncovered clues that the massive Totten glacier, which holds about as much ice as West Antarctica, has repeatedly shrunk and grown in the past, another sign that it could retreat in the future.

Although East Antarctica doesn’t seem to be losing much ice today, there are indications that it is feeling the heat of climate change and is responding in measurable ways. If all the ice below sea level in East Antarctica were to disappear, the height of the world’s oceans would swell by nearly 20 metres.

Researchers are now trying to gather as much information as possible about East Antarctica to better predict what is to come. Their concern is that over the next few centuries, the ice sheet there might reach a tipping point. Already in 2013, a scientific team detailed the behaviour of ice around the margin of Antarctica by combining satellite imagery, airborne surveys and climate models. The researchers found evidence that six East Antarctic ice shelves, including Totten, were melting from below at rates much higher than expected. More surprises emerged when the researchers took a closer look at some of East Antarctic glaciers. Satellite imagery and airborne surveys between 1996 and 2013 showed that the surface of the Totten glacier dropped by 12 metres and that its grounding line—the point at which the ice flowing off the continent begins to float on the ocean—retreated inland by up to 3 kilometres.

Every Antarctic summer since then, the Australian aircraft have been criss-crossing Antarctica to peer through the ice using radar as well as gravitational and magnetic sensors. The flights have revealed a dramatic landscape hidden beneath the relatively flat ice sheet. Preliminary results from airborne surveys this January 2017 confirmed the existence of a 1,100-kilometre-long canyon, almost as deep as the Grand Canyon in the United States. The team also found underwater troughs that extend all the way from the edge of the Totten Ice Shelf to the grounding line 125 kilometres inland, and as deep as 2.7 kilometres below sea level. This kind of landscape could allow warming waters from offshore to quickly reach and erode the ice.

Threats to ice shelves could also come from the Antarctic interior, namely from lakes under the ice sheet that periodically send flood waters towards the coast. A decade ago, Lake Cook beneath the ice sheet in Wilkes Land suddenly drained, gushing 5.2 billion cubic metres of flood water, the largest event of this type ever reported in Antarctica. Such floods could be another destabilizing factor, causing faster ice flow and more iceberg calving.

As East Antarctica’s vulnerability comes into focus, researchers are increasingly concerned about the future. In their simulations, the entire Antarctic Ice Sheet does not change much in the next 500 years if global warming is limited to less than about 1.6°C above pre-industrial levels by the end of the century, roughly in line with what the Paris COP21 aims to achieve. However, if temperatures rise more than about 2.5°C above pre-industrial levels by 2100 and continue climbing, Antarctic ice melt will raise ocean levels by 5 metres by 2500, with nearly half of that coming from East Antarctica. With Greenland ice also melting, the global sea level would rise by at least 7 metres, enough to inundate large parts of major coastal cities such as Mumbai, Shanghai, Vancouver and New York.

Source : Scientific American.

Source: Wikipedia

Source: NASA

Source: Antarctic Glaciers

 

L’Islande et les effets du réchauffement climatique // Iceland and the effects of climate change

Les effets du changement climatique et du réchauffement de la planète affectent profondément la nature islandaise depuis une trentaine d’années, avec une forte augmentation de la végétation. Il faut s’attendre à de nouveaux changements avec la hausse des températures.
Les effets du réchauffement climatique sur la nature islandaise sont visibles sur la végétation verte qui a augmenté de 80% au cours des 30 dernières années. L’effet est particulièrement visible dans le sud, l’ouest et le nord-ouest de l’Islande, un peu moins dans l’est et le nord-est.
La surface occupée par les forêts de bouleaux s’est accrue de 9% depuis 1990. La plus forte augmentation a lieu dans les secteurs où les températures ont connu la plus forte hausse. La croissance moyenne d’un bouleau est 8 fois plus rapide aujourd’hui qu’elle ne l’était en 1970, et il en va de même pour la plupart des plantes.
Les biologistes et les pêcheurs en rivière sont préoccupés par l’effet du changement climatique sur le saumon de l’Atlantique Nord qui remonte dans les rivières islandaises. La hausse des températures pourrait affecter le retour des jeunes saumons quand ils quittent l’océan pour rejoindre les rivières. Biologistes et pêcheurs sont encore plus préoccupés par la truite et l’omble chevalier. L’omble chevalier est répandu en Islande, mais la population a diminué rapidement alors que celle de truites fario tend à augmenter. Cette dernière a tendance à remplacer l’omble dans les rivières islandaises car il préfère une eau froide alors que la truite se satisfait de températures plus élevées.
Le réchauffement climatique provoque des changements drastiques dans le domaine des terres cultivables. Les agriculteurs se réjouissent de ce changement, mais les scientifiques s’inquiètent car la nature est en train de perdre un de ses écosystèmes, un type de landes baptisé rústamýri par les Islandais. Leur surface diminue considérablement et elles auront probablement disparu au cours des prochaines décennies si le changement climatique se poursuit.

A côté de la végétation, d’autres effets du changement climatique concernent les glaciers islandais. Des observations récentes ont révélé qu’ils couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Beaucoup d’entre eux ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres.

Un effet non négligeable de la fonte des glaciers en Islande est une hausse du niveau des terres car la pression glaciaire diminue. Des chercheurs ont récemment observé le même phénomène au Groenland et ils l’attribuent à la réaction du manteau terrestre qui se trouve sous la croûte, à la verticale des zones concernées. Ce phénomène peut modifier le littoral et avoir un effet sur l’érosion de la mer. Ainsi, le port de Höfn, dans le sud de l’Islande, devient de moins en moins profond suite au recul du glacier Vatnajökull, ce qui rendra problématique l’entrée des bateaux dans le port. Le phénomène est moins apparent au Groenland car la mer est profonde le long des côtes.

Source : Iceland Review.

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The effects of climate change and global warming have been clearly seen on Icelandic nature over the last 30 years, with much increase in vegetation. More great changes are expected with the average temperatures on the rise.

One of the effects of global warming on Icelandic nature can be observed on green vegetation which has increased 80% in the last 30 years. The effect is most visible in South, West and North West Iceland, less in East and North East.

Birch forests have expanded 9% since 1990. The greatest expanse is where the temperatures have risen the most. The average growth of a birch tree is 8 times faster now than it was in 1970, and the same goes for most plants.

Biologists and anglers are both worried about the effect on the big North Atlantic salmon that lives in Icelandic rivers. Increased temperatures might affect the return of the salmon from the ocean to the rivers when it has reached puberty. They are even more worried about trout. Arctic char is a common species in Iceland, but the population has been diminishing rapidly. The number of brown trout is however increasing. The population of Arctic char is diminishing rapidly, and is being replaced by brown trout. Arctic char prefers colder water opposed to the brown trout which can easily survive in higher temperatures.

Global warming is causing drastic changes to tillage in Iceland. Farmers are happy about much of this change, but scientists are worried because Icelandic nature is losing one of its special ecosystems, rústamýri (a type of moorland). They are shrinking considerably and will be completely gone in the next decades if climate change continues.

Beside vegetation, other effects of climate change concern the glaciers. Recent observations have revealed that they are covering 12 per cent less than thought before. Some of them have retreated by several hundred metres, even kilometres.

An effect of glacier melting is an uplift of the ground as the pressure exerted by the glaciers is decreasing. Researchers have observed a similar phenomenon in Greenland and they attribute it to a reaction of Earth’s mantle beneath the crust, vertically from the concerned areas. This phenomenon may change the shores and have an effect on sea erosion. Thus, the harbour of Höfn in southern Iceland is getting less and less deep because of the retreat of Vatnajökull Glacier. This which might soon become a problem for the boats entering the port. In Greenland, the problem is less crucial as the sea becomes rapidly very deep along the coasts.

Source : Iceland Review.

Vue de Hallormsstaður, l’une des rares forêts de bouleaux dans l’est de l’Islande. (Crédit photo : Wikipedia)

Orques contre narvals // Orcas vs. narwhals

Une étude* effectuée par l’Institut de Biologie Arctique de l’Université de Fairbanks a suivi en parallèle les comportements des orques et des narvals dans une partie de l’Arctique canadien ; elle a révélé que dès que les orques se trouvent à une centaine de kilomètres des narvals, ces derniers se mettent à nager plus vite que d’habitude pour se réfugier dans des eaux peu profondes près du rivage. Une fois que les orques ont quitté la zone, les narvals, connus pour leurs longues défenses qui leur ont valu le surnom de «licornes des mers», ont repris leurs habitudes dans les eaux profondes de l’océan. Les résultats ont surpris les scientifiques qui s’attendaient à ce que les narvals soient certes effrayés par les orques, mais pas aussi rapidement et régulièrement
Le nouveau comportement des narvals est indubitablement lié au changement climatique. En effet, ces animaux  vivent dans les zones où la glace est épaisse. Au fur et à mesure que la glace de mer s’amincit et que l’accès aux eaux ouvertes devient plus facile, les orques fréquentent de plus en plus les eaux de l’Arctique au large de l’est du Canada et du Groenland, là où vivent la plupart des narvals de la planète. En Alaska, les orques ont agrandi leur territoire en se dirigeant vers le nord par le détroit de Béring pour s’installer dans la Mer des Tchouktches, à l’image des baleines à bosse et des rorquals.
La nouvelle étude a utilisé des données de suivi satellitaire recueillies en 2009 dans Admiralty Inlet, un fjord profond au large de l’île de Baffin. Les orques ne sont pas vraiment une nouveauté à Admiralty Inlet, écosystème marin partiellement clos, mais les nombres de ces cétacés a considérablement augmenté, en particulier au cours des deux dernières décennies.
L’étude a été la première à utiliser le suivi simultané par satellite de toutes les espèces de prédateurs marins et de leurs proies. Le déplacement des orques a été suivi à l’aide de balises implantées temporairement dans leur graisse, tandis que les narvals ont été suivis par des dispositifs fixés à leurs crêtes dorsales. Les études antérieures sur le comportement des narvals avaient utilisé des enregistrements de sons émis par les orques ou avaient observé des suites immédiates d’attaques de ces mammifères.
La nouvelle étude a montré que lorsque les orques sont entrés dans Admiralty Inlet, les narvals se sont dirigés vers les zones moins profondes où ils étaient probablement moins vulnérables. Lorsque les orques ont quitté le fjord, les narvals ont regagné les eaux profondes avant de quitter le fjord à leur tour, un par un. Les données de télémétrie recueillies après 2009 confirment les observations faites par les populations indigènes de la région. Les Inuits de la Baie de Baffin ont vu les mammifères marins s’éloigner pour éviter leurs prédateurs. Ils utilisent le mot Aarlirijuk qui signifie « peur des orques» pour faire référence à ce comportement. Ces observations sont présentées dans le détail dans une étude canadienne publiée en 2012. Un habitant de la région a déclaré aux chercheurs avoir vu un narval s’échouer pratiquement sur la plage pour éviter les orques ; d’autres autochtones ont affirmé qu’ »il y avait une fois tant de narvals sur le rivage que les gens auraient même pu les toucher ».
En ce qui concerne les narvals mentionnés dans la dernière étude, on ignore si l’un des animaux équipés de balises a été attaqué par les orques. Tous ont survécu pendant la période d’étude, ce qui semble montrer que les attaques susceptibles de se produire ont échoué. L’étude aura des implications pour d’autres mammifères marins de l’Arctique qui pourraient devenir des proies pour la population d’orques en hausse.

* http://www.pnas.org/content/114/10/2628.abstract

Source: Alaska Dispatch News.

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A study* by the Institute of Arctic Biology at the University of Fairbanks that simultaneously tracked movement of orcas and narwhals in a portion of the Canadian Arctic found that as soon as killer whales were within about 100 kilometres of narwhals, narwhals swam faster than normal to shallower waters close to shore. Once the orcas left the area, the narwhals, known for their distinctive long tusks and sometimes referred to as « unicorns of the sea, » returned to their normal swimming patterns in deep offshore waters. The results surprised the scientists who expected narwhals to be scared away by killer whales but not in such an immediate pattern triggered by the predators’

The new behaviour of narwhals is undoubtedly linked to climate change. Narwhals thrive in areas of heavy pack ice. But as sea ice diminishes and open-water access increases, orcas are becoming more common in the Arctic waters off eastern Canada and Greenland that are home to most of the world’s narwhals. In Alaska as well, orcas have been expanding their range northward through the Bering Strait into the Chukchi Sea, as have normally subarctic humpback and fin whales.

The new study used satellite-tracking data collected in 2009 in Admiralty Inlet, a deep fjord off northern Baffin Island. Killer whales are not entirely new to Admiralty Inlet, a body of water that is a partially enclosed marine ecosystem, but orca numbers there have increased substantially, especially in the last decade or two.

The study was the first to use simultaneous satellite tracking of any marine predator and prey species. The killer whales’ movement was tracked by tags temporarily attached to the blubber, while the narwhals were tracked by devices attached to their dorsal ridges. Past studies of narwhal responses have used recordings of killer whale sounds or have observed immediate aftermath of killer whale attacks.

The new study showed that when killer whales entered the inlet, the narwhals headed toward the shallower areas where they were presumably less vulnerable. When the killer whales departed the inlet, the narwhals moved back to their patterns of swimming as individuals in deeper waters before migrating out of the inlet one by one. The telemetry data, which was also collected in years beyond 2009, confirms observations made by the region’s indigenous people. The Inuit of Baffin Bay watched marine mammals swim away from the meat-eating predators and have a term for the behaviour, Aarlirijuk, meaning « fear of killer whales. » Those observations are detailed in a Canadian study published in 2012. One local resident told researchers that he saw a narwhal partially beach itself to avoid killer whales, and others said “there were once so many narwhal on shore that people could even touch them.”

As for the narwhals in the new study, it is unknown whether any of the tagged animals were individually targeted by killer whales. All survived during the study period, so any attacks that might have happened were unsuccessful. The study has implications for other Arctic marine mammals that might be prey to increasing numbers of killer whales.

* http://www.pnas.org/content/114/10/2628.abstract

Source: Alaska Dispatch News.

Aire de répartition des narvals (Source: Wikipedia)

Orques en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Prolifération des algues dans l’Océan Arctique // Algae blooms in the Arctic Ocean

Une nouvelle étude par des scientifiques américains (Université d’Harvard) et britanniques montre que le changement climatique stimule la vie dans les eaux de l’Océan Arctique. L’amincissement de la glace de mer laisse entrer davantage de lumière, ce qui permet à des algues microscopiques de proliférer rapidement autour du pôle Nord. Ces algues peuvent maintenant se développer sous la glace et couvrir près de 30 pour cent de la surface de l’Océan Arctique au mois de juillet, au plus fort de l’été. Cela représente une hausse d’environ cinq pour cent en 30 ans. Les scientifiques pensent que les algues seront probablement encore plus répandues dans les prochaines années. La première prolifération importante d’algues a été observée en 2011 dans la Mer des Tchouktches, au nord du Détroit de Béring, une région que l’on pensait trop sombre pour permettre la photosynthèse. Les scientifiques ont basé leurs estimations sur les modèles mathématiques l’amincissement de la glace et les mares d’eau de fonte à la surface de glace ; elles contribuent à laisser pénétrer davantage la lumière du soleil dans les eaux froides en dessous.
Selon une autre étude, l’épaisseur moyenne de la glace de la mer en Arctique était de 1,89 m en 2008, contre 3,64 mètres en 1980. Les algues semblent hiberner en hiver lorsque le soleil disparaît pendant des mois et retrouver une nouvelle vigueur au printemps.
A l’heure actuelle, on ne sait pas très bien quels effets aura la croissance des algues sur la chaîne alimentaire de l’Arctique. Il se pourrait que le phénomène attire plus de poissons vers le nord, mais il existe aujourd’hui très peu d’études sur la prolifération des algues. .
Les dernières observations ne font qu’augmenter les incertitudes quant à l’avenir économique de l’Arctique qui réchauffe en moyenne deux fois plus vite que la planète dans son ensemble. Presque tous les gouvernements attribuent cette tendance à l’accumulation de gaz à effet de serre d’origine anthropique, à l’exception de Donald Trump qui a qualifié de « canular » le réchauffement climatique et vient de signer un décret visant à annuler les lois sur le changement climatique décrétées par l’ancien président Barack Obama.
Les gouvernements des nations arctiques, y compris les États-Unis, se sont efforcés d’instaurer des règles pour la gestion des futurs stocks potentiels de poissons dans l’Océan Arctique en prenant en compte la perte constante de glace de mer. Ils se sont rencontrés pour la première fois à la mi-mars en Islande.
Source: Agence Reuters.

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A new study by scientists in the United States (Harvard University) and Britain shows climate change is stirring life in the Arctic Ocean as thinning sea ice lets in more sunlight, allowing microscopic algae to bloom around the North Pole. The micro-algae may now be able to grow under the ice across almost 30 percent of the Arctic Ocean at the peak of the brief summer in July, up from about five percent 30 years ago. Blooms may become even more widespread. The first massive under-ice bloom of algae was seen in 2011 in the Chukchi Sea north of the Bering Strait, a region until then thought too dark for photosynthesis. The scientists based their estimates on mathematical models of the thinning ice and ponds of meltwater on the ice surface that help ever more sunlight penetrate into the coldwaters below.

The average thickness of Arctic sea ice fell to 1.89 metres in 2008 from 3.64 metres in 1980, according to another study. Sub-ice algae seem to become dormant in winter, when the sun disappears for months, and are revived in spring.

For the time being, it is unclear how the growth might have knock-on effects on the Arctic food chain, perhaps drawing more fish northwards. Very few of these blooms have been observed up to now.

The new algae bloom adds to uncertainties about the economic future of the region that is warming at about double the average rate for the Earth as a whole. Almost all governments blame this trend mainly on a build-up of man-made greenhouse gases, except Donald Trump.who called man-made warming a hoax and has just signed an order to undo climate change regulations issued by former President Barack Obama.

Governments of nations around the Arctic Ocean, including the United States, have been working on rules for managing potential future fish stocks in the central Arctic Ocean as the ice shrinks and thins. They last met in mid-March in Iceland.

Source : Reuters press agency.

Evolution des algues dans l’Arctique (Source: Université d’Harvard)