Un défi sportif pour montrer les effets du réchauffement climatique // A sporting challenge to show the effects of global warming

A plusieurs reprises sur ce blog, j’ai indiqué que les passages du nord-est et du nord-ouest allaient bientôt pouvoir être empruntés à des fins commerciales, avec tous les risques environnementaux que comporte une telle navigation.

En attendant les gros navires, c’est le frêle esquif d’Yvan Bourgnon* – un catamaran de sport – qui s’est glissé entre les icebergs du Passage du Nord-Ouest, ce qui a permis au navigateur franco-suisse de réaliser un authentique exploit. En effet, il a effectué ce voyage périlleux en solitaire, sans habitacle et sans assistance !

La performance sportive avait également pour but de sensibiliser le grand public aux effets du réchauffement climatique.

Il aura fallu à Yvan Bourgnon deux mois et six jours pour boucler son défi Bimedia. Parti le 13 juillet dernier de Nome en Alaska, Yvan a rejoint Nuuk, capitale du Groenland, point final de son extraordinaire périple de 7500 km. Le passage du Nord-Ouest relie l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique, en passant par les îles arctiques du grand Nord Canadien (voir la carte ci-dessous).  .

Le Passage du Nord-Ouest est une voie maritime sur laquelle seuls les brise-glaces et quelques autres navires expérimentaux ont osé s’aventurer, et qu’Yvan Bourgnon vient de l’ouvrir pour la première fois de l’histoire à un petit voilier d’à peine 6.30m de long sur 4m de large !

Le parcours est jalonné de sites mythiques qui ont pour noms Détroit de Béring, Barrow, Mer de Beaufort, Golfe d’Amundsen ou encore Baie de Baffin. Ils sont souvent associés à des éléments climatiques hostiles, sans oublier l’omniprésence des ours polaires qui, à cause du réchauffement climatique, sont de plus en plus agressifs car sous-alimentés.

Il est bon de rappeler que ce passage maritime nord reliant l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique en passant par les îles arctiques du grand Nord Canadien n’était pas navigable il y a encore quelques années. Sous l’effet du réchauffement des eaux et de la fonte partielle de la banquise entre le pôle et le continent, le passage du Nord-Ouest est devenu une route océanique possible, quelques semaines par an. Pour Yvan Bourgnon, qui a fait l’expérience concrète de ce changement, le Défi Bimedia ambitionne aussi de porter un témoignage essentiel sur les conséquences du réchauffement climatique et sur la présence de nombreux déchets océaniques rencontrés sur la route.

*Yvan Bourgnon est un skipper franco-suisse. Il est le frère cadet de Laurent Bourgnon, avec qui il a remporté la Transat en double Jacques-Vabre en 1997. Ce n’est pas un débutant ; entre octobre 2013 et juin 2015, il a  déjà effectué un tour du monde sur un catamaran non habitable de 6,30 m, sans GPS, en faisant le point à l’aide d’un sextant et de cartes papier.

Source: Le Défi Bimedia.
http://ledefibimedia.com/

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Several times on this blog, I indicated that the northeast and north-west passages would soon become shipping lanes for commercial purposes, with all the environmental risks involved in such navigation.
Ahead of the big ships, Yvan Bourgnon * ‘s fragile skiff – a sports catamaran – slipped between the icebergs of the Northwest Passage, enabling the Franco-Swiss navigator to make an authentic feat. Indeed, he performed this perilous journey alone, without a cockpit and without assistance!
This performance was also aimed at raising public awareness of the effects of global warming.
It took Yvan Bourgnon two months and six days to complete his Bimedia challenge. After a start from Nome (Alaska) on July 13th, Yvan reached Nuuk, the capital of Greenland, the final point of his extraordinary journey of 7500 km. The Northwest Passage connects the Atlantic Ocean to the Pacific Ocean, through the Arctic Islands of the Canadian Great North (see map below). .
The Northwest Passage is a seaway on which only the icebreakers and a few other experimental vessels have dared venture, and Yvan Bourgnon has just opened it, for the first time in history, to a small sailing boat barely 6.30m long by 4m wide!
The route is dotted with mythical sites such as Bering Strait, Barrow, Beaufort Sea, Amundsen Gulf or Baffin Bay. They are often associated with hostile climatic elements, not to mention the omnipresence of polar bears which, because of global warming, are increasingly aggressive because they are undernourished.
It is worth recalling that this northern maritime passage linking the Atlantic Ocean to the Pacific Ocean through the Arctic islands of Canada’s Great North was not navigable a few years ago. As a result of the warming of the waters and the partial melting of the ice between the pole and the mainland, the Northwest Passage has become a possible shipping route a few weeks a year. For Yvan Bourgnon, who has actually experienced this change, the Bimedia Challenge also aims to give an essential testimony on the consequences of global warming and on the presence of a lot of ocean waste encountered on the road.

* Yvan Bourgnon is a Franco-Swiss skipper. He is the younger brother of Laurent Bourgnon, with whom he won the Transat en Double Jacques-Vabre in 1997. He is not a beginner; between October 2013 and June 2015, he already sailed around the world on a 6.30 m non-habitable catamaran, without a GPS, using a sextant and paper maps.

Source: Le Défi Bimedia.
http://ledefibimedia.com/

Source: Défi Bimedia

Ouverture de l’Océan Arctique: La crainte des marées noires // Opening of the Arctic Ocean: The fear of oil spills

Au moment où la fonte de la glace ouvre de nouvelles voies de navigation et de nouveaux gisements dans l’Océan Arctique, on craint que cette nouvelle situation provoque une pollution à grande échelle, notamment par une marée noire ou des fuites de gaz naturel. Des tests sont actuellement en cours pour anticiper une telle situation qui serait sans aucun doute une catastrophe environnementale.

À la fin du mois de juillet, un robot – l’Aqua-Guard Triton RotoX – a été testé dans la Mer de Beaufort au moment de la débâcle. Le but était de voir s’il pourrait nettoyer le pétrole lors d’une marée noire dans l’Arctique. Cet « écumeur de pétrole », commandé à distance depuis le pont d’un brise-glace, est l’une des nombreuses technologies testées dans le cadre d’un programme de recherche et de développement de la Garde côtière des États-Unis. Le RotoX, fabriqué au Canada, a été conçu pour récupérer le pétrole à la surface de l’eau de l’Arctique au moment de la débâcle, c’est à dire au moment où la mer est jonchée de morceaux de glace. Selon les écologistes,  une telle situation est susceptible d’être causée par l’exploitation du pétrole au large des côtes de l’Alaska. Deux scénarios potentiels de marées noires sont envisageables: un événement catastrophique provoqué par un tanker comme l’Exxon Valdez, ou plus probablement, une marée noire provoquée par un petit navire suite à un déversement involontaire ou un accident.

À l’heure actuelle, il existe une technologie qui permet d’éliminer le pétrole dans les eaux libres de glace et sur la banquise. Le problème reste insoluble quand la surface de la mer est recouverte de morceaux de glace. Le RotoX est équipé de multiples «dents» de couleur orange qui dépassent légèrement de l’avant de l’appareil. Après l’avoir dirigé vers des plaques de glace et des nappes de pétrole, il découpe la glace en morceaux plus petits qui peuvent ensuite être récupérés. Le fait qu’il soit télécommandé depuis un navire est un avantage comparé aux récupérateurs de pétrole traditionnellement traînés par de gros navires. Le RotoX est plus maniable et pourrait en théorie se déplacer entre les morceaux de glace pour atteindre les nappes de pétrole. La pratique est toutefois décevante.

Après avoir fait fonctionner « l’écumeur de pétrole » dans un environnement dépourvu de glace, l’équipe scientifique l’a testé dans une eau couverte de plaques de glace d’épaisseur variable. Les résultats n’ont pas été convaincants. Bien que le RotoX ait réussi à se déplacer au sein des plaques de glace, ses dents étaient si puissantes qu’elles sont devenues un handicap pour atteindre les nappes de pétrole.

Pendant que le RotoX était testé dans les eaux de l’Arctique, un responsable de la Garde Côtière a froidement déclaré que les États-Unis n’avaient pas les moyens de nettoyer une marée noire dans l’Arctique. Déjà en 2014, le National Research Council (NRC) avait publié une étude qui mettait en évidence les obstacles naturels que les équipes de nettoyage devraient rencontrer lors d’une marée noire dans l’Arctique et formulait des recommandations pour améliorer la capacité des États-Unis à faire face à un tel événement. Le NRC a également précisé que le personnel, les équipements et les ressources de sécurité capables de répondre à une marée noire de grande ampleur dans l’Arctique n’étaient pas suffisants.

Trois ans plus tard, le président de la commission du NRC qui a rédigé le rapport et un professeur de l’université Le Moyne de Syracuse (Etat de New York), ont déclaré qu’il fallait investir davantage dans les infrastructures et la logistique, mais aussi développer les relations entre les gouvernements fédéral et étatique et les autorités locales. En ce qui concerne la nouvelle technologie, l’intégration de systèmes de capteurs devrait également être améliorée.

En conclusion, on peut dire que le test du nouvel « écumeur de pétrole » est un élément important du puzzle créé par la gestion de l’augmentation du trafic maritime dans les eaux de l’Arctique, mais il y a encore de nombreux problèmes à résoudre pour faire face à une marée noire. De toute évidence, les États-Unis n’ont toujours pas les moyens d’affronter une telle catastrophe environnementale.

Source: Alaska Dispatch News.

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As shipping lanes open with the melting of the ice in Arctic, together with the discovery of new mineral deposits, there are fears that this new situationmay some day cause a large-scale pollution, especially through an oil spill and natural gas leaks. Tests are currently being made to anticipate such a situation which would undoubtedly be an environmental disaster.

In late July, a robot – the Aqua-Guard Triton RotoX – dipped into the icy Beaufort Sea. The goal was to test whether the prototype could clean up an oil spill in the Arctic. The oil skimmer, which was remotely controlled from the deck of an icebreaker, is one of many technologies being examined by the U.S. Coast Guard’s research and development program. The Canadian-designed RotoX was made to skim oil off Arctic water littered by broken sea ice, the very problem that environmental groups say should preclude oil development in offshore Alaska. Two potential oil spill scenarios are said to be a cause for concern: a catastrophic oil spill from a tanker like the Exxon Valdez, or more likely, a spill from a small ship through an unintentional release or accident.

Currently, technology can clean up oil in open water and in pack ice. But water with broken ice still remains a problem. The RotoX is outfitted with multiple orange « teeth » slightly protruding from the front of the device. After maneuvering the oil skimmer to pockets of ice and oil, it chops up the ice into smaller pieces, which could be pumped through the skimmer or slide underneath. Being able to remotely guide the skimmer from a larger ship also gives it an advantage in ice-filled water. Compared to skimmers that are traditionally dragged along by large ships, RotoX is more nimble and could maneuver around the ice to reach oil spots.

After first deploying the skimmer in non-ice-filled water, the team tested it in waters filled with ice of varying thickness. The results were not really successful. Although the RotoX did well propelling itself through ice floes, the teeth were so powerful that they actually became a detriment in reaching potential oil.

While the oil skimmer was tested in Arctic waters, a Coast Guard official said that the United States was not prepared to clean up an oil spill in the Arctic. In 2014, the National Research Council released a study which acknowledged the natural obstacles that response crews might encounter during an Arctic oil spill, and laid out recommendations to improve the U.S. capability to respond to an oil spill. It also said the number of personnel, equipment and safety resources able to respond to a large Arctic oil spill was not adequate.

Three years later, the chairman of the committee that produced the report and a professor at Le Moyne College in Syracuse, New York, said more investment in infrastructure and logistics is needed, as well as more baseline information and relationships between federal, state and local players. Looking at new technology, and how sensor systems can be integrated into the devices, is also an area for improvement.

In conclusion, we can say that the test of the new oil skimmer was an important piece of the puzzle to gear up for more traffic sailing through Arctic waters, but there are still some limitations in preparing for a large oil spill and the U.S. is not ready to cope with such an environmental catastrophe.

Source: Alaska Dispatch News.

Le nettoyage d’une pollution provoquée par une marée noire au moment de la débâcle reste un problème insoluble (Photo: C. Grandpey)

 

La Chine plante des jalons dans les passages maritimes de l’Arctique // China is preparing the ground in Arctic shipping lanes

Aujourd’hui, avec la fonte de plus en plus précoce de la glace de mer, l’Océan Arctique suscite toute les convoitises, que ce soit pour l’exploitation des ressources qu’il dissimule ou pour l’ouverture de nouvelles voies de navigation.

Selon l’agence de presse chinoise Xinhua, un navire chinois a effectué avec succès au début du mois de septembre un test de navigation le long du Passage du Nord-Ouest. L’agence a révélé avec grande satisfaction qu’ »un nouveau couloir » avait été ouvert entre l’Amérique du Nord et l’Asie du Nord-Est. Le voyage a été entrepris par le navire Xue Long (le « Dragon des Neiges« ) qui a parcouru en huit jours les 2 293 milles marins (4250 kilomètres) dans l’Arctique canadien. Selon l’agence, le voyage fournira « une riche expérience de navigation » aux futurs navires chinois.
Cependant, si l’annonce a provoqué une explosion de joie à Beijing, elle a fait naître de la gêne au Canada qui revendique la souveraineté de la zone océanique où se trouve le Passage du Nord-Ouest. Le gouvernement canadien considère le voyage du Dragon des Neiges uniquement comme une expédition scientifique, vu que des scientifiques canadiens étaient également à bord du navire.
Même si le gouvernement canadien affirme que le voyage était purement scientifique, certains spécialistes en économie politique le considèrent différemment. Selon eux, « la Chine «se prépare à une augmentation très importante de son trafic commercial». On craint que la Chine envisage d’entreprendre des expéditions de navigation commerciale à grande échelle dans la région, malgré les risques pour l’environnement et les revendications territoriales dont la région fait l’objet.
La Chine n’est pas le premier pays à convoiter une route commerciale arctique au-dessus de l’Amérique du Nord. Il y a des siècles, de nombreux explorateurs européens ont tenté de franchir le passage du Nord-Ouest et les épaves sont nombreuses dans la région. Le Norvégien Roald Amundsen a été le premier à terminer le voyage avec succès en 1906. L’expédition lui a pris 3 années. De nos jours, bon nombre de navires effectuent le trajet en un temps beaucoup plus court, mais les voyages sont encore difficiles et parfois imprévisibles. La plupart concernent le tourisme ou la recherche.
Alors que la glace fond de plus en plus vite dans l’Arctique, le Passage du Nord-Ouest est en train de devenir une route d’expédition viable qui revêt un intérêt particulier pour la Chine. Le pays s’efforce, à coup de milliards de dollars, de créer une nouvelle infrastructure commerciale mondiale connue sous le nom de « Belt and Road. Initiative », autrement dit une nouvelle Route de la Soie.
Une route commerciale passant au nord du Canada serait intéressante pour la Chine. Avec l’itinéraire existant via le canal de Panama, un voyage de Shanghai à New York représente une distance d’environ 10 500 milles nautiques. Le même voyage via le Passage du Nord-Ouest représenterait une distance de 8 600 milles, ce qui permettrait d’économiser sept jours de trajet.
En avril, la Direction de la Sécurité Maritime chinoise a publié un guide sur l’avenir de l’itinéraire. On peut lire que «une fois que cette route sera couramment utilisée, elle changera totalement le transport maritime dans le monde et aura une influence profonde sur le commerce international, l’économie mondiale, les flux de capitaux et l’exploitation des ressources».
La Chine s’intéresse également au « Passage du Nord-Est » qui passe au nord de la Russie et permet aux navires de faire un trajet plus court en évitant le canal de Suez. Le premier navire de fret chinois a effectué ce voyage en 2013. Six autres navires ont fait de même cette année.
La Chine n’a aucune revendication territoriale sur l’Arctique, mais elle fait partie des observateurs au Conseil de l’Arctique depuis 2013 et elle a établi au cours des dernières années une relation économique privilégiée avec l’Islande, le plus petit des Etats membres. Les Chinois ont d’ailleurs acheté des terres en Islande pour y établir des structures commerciales
Source: Agence de presse Xinhua.

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Today, with the increasingly early melting of sea ice, the Arctic Ocean is arousing keen interest, whether for the exploitation of the resources it conceals or for the opening of new shipping lanes .

According to the Chinese news agency Xinhua, a Chinese ship conducted early in September a successful test of a trading route along the Northwest Passage. The agency proclaimed that « a new channel » between North America and Northeast Asia had been opened. The trip was undertaken by a ship called the Xue Long (or « Snow Dragon« ). It travelled 2,293 nautical miles (4250 kilometres) through the Canadian Arctic. The voyage lasted eight days and will provide « a wealth of navigation experience » for future Chinese ships.

However, if the announcement caused celebration in Beijing, it provoked confusion in Canada – the nation which claims sovereignty over the waters containing the Northwest Passage. The Canadian government considered the Snow Dragon trip a scientific research trip and that Canadian scientists were also on board.

Though the Canadian government said that the trip was purely for science, some experts viewed it differently. They explained that China was « preparing for a very substantial increase in the amount of shipping. » The trip raised concern that China is preparing for large-scale shipping through the route, despite the considerable environmental concerns and disputed territorial claims in the region.

China wouldn’t be alone in coveting an Arctic trade route above North America. Centuries ago, many European explorers tried their luck making their way through the Northwest Passage ; their shipwrecks still litter the waters. Norwegian Roald Amundsen finally completed the journey successfully in 1906. That journey took Amundsen three years. Nowadays, a fair amount of ships complete the journey in a far shorter time, but the trips are still difficult and sometimes unpredictable. Most tend to be for tourism or research.

As more and more ice melts in the Arctic, the Northwest Passage could become a viable shipping route, something of particular interest for China, which is in the midst of a dramatic, multibillion-dollar push to create a new global trade infrastructure known as « the Belt and Road Initiative. »

A trade route above Canada would be appealing. Under existing routes via the Panama Canal, a journey from Shanghai to New York would last around 10,500 nautical miles. However, the same journey through the northwest passage could be about 8,600 – potentially saving seven days of travel time.

In April, China’s Maritime Safety Administration released a guide to the future of the route. One can read that « once this route is commonly used, it will directly change global maritime transport and have a profound influence on international trade, the world economy, capital flow and resource exploitation. »

China is also interested in the Arctic’s « Northeast Passage, » which passes across the top of Russia and allows ships to make a shorter journey that avoids the Suez Canal. The first Chinese cargo ship to make this journey did so in 2013. Six ships have made that journey this year.

China has no territorial claims to the Arctic, but it became an observer to the Arctic Council in 2013 and it has struck up a close economic relationship with Iceland, the smallest of the member states, over the past few years. It should be noted that the Chine have bought lands in Iceland in order to set up business.

Source: Xinhua press agency.

Vues des passages du Nord-Est et du Nord-Ouest (Source: Wikipedia)

 

La fonte de la glace arctique : Des défis économiques énormes // The melting of Arctic ice : Enormous economic challenges

Au mois de juin dernier, au cours de la formation de son gouvernement, le Président  Macron a nommé Ségolène Royal Ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les Pôles. Cette information s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux avec le lot de moqueries qui accompagnent habituellement l’ancienne ministre de l’environnement.

Pourtant, la situation est loin d’être drôle et cette fonction est beaucoup plus importante qu’on pourrait le croire. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte de la calotte glaciaire et de la glace de mer dans l’Arctique est devenue le nouveau centre d’attention, non pas à cause de la catastrophe environnementale qu’elle représente, mais bien pour les enjeux économiques colossaux qu’elle va permettre. Tous les pays se préparent actuellement à l’exploitation des ressources qui seront bientôt libérées par la fonte des glaces et aux nouvelles voies maritimes qu’il sera possible d’emprunter. Beaucoup de pays lorgnent sur les ressources minières du Groenland, tandis que d’autres s’apprêtent à naviguer dans les passages du nord-est et du nord-ouest libérés de leurs glaces.

Mis à part quelques négationnistes du réchauffement climatique, les climatologues sont unanimes : la fonte des glaces est de plus en plus inquiétante. Pour nombre d’observateurs, les jeux sont faits ! Notre incapacité à remettre en question notre modèle économique a déjà scellé le sort de la planète pour les décennies à venir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La glace de mer dans l’Arctique couvrait 10 millions de km2 en 1950. Aujourd’hui, cette surface s’est réduite à 4 millions de km2 et un Océan Arctique libre de glace en été à l’horizon 2040 est une perspective très probable.

Un article du journal Le Monde paru en mai 2017 informait les lecteurs que dans cette nouvelle course au profit, la France semblait occuper une bonne place. L’archipel Saint-Pierre et Miquelon représenterait le meilleur atout de la France pour profiter des retombées de cette future économie, à l’horizon 2025. Cet archipel serait un atout pour l’économie arctique de la France, et pour s’assurer une place géopolitique stratégique. Situé à seulement 1600 kilomètres de New York au sud, tout comme des mines d’uranium groenlandaises au nord,  Saint-Pierre et Miquelon se situe à la croisée des routes maritimes arctiques et atlantique Nord, et dans une zone riche en hydrocarbures. Géographiquement, l’archipel est idéalement placé au départ du Passage du Nord-Ouest, et à l’arrivée sud de l’Arctic Bridge.

L’ouverture de nouvelles voies maritimes et l’accès à de nouveaux gisements pétroliers et miniers annonce de nouveaux rapports de force entre les États et une modification des influences politiques dans la région et, par voie de conséquence, dans le monde. La France aura-t-elle des atouts suffisants à Saint-Pierre et Miquelon pour lutter avec les Etats-Unis et la Russie qui ont déjà planté de sérieux jalons dans l’Arctique ? Rien n’est moins sûr !

Il ne faut pas trop se faire d’illusions. Malgré une bonne volonté apparente pour développer les énergies renouvelables, les Etats signataires de l’accord climatique de Paris ne feront guère d’efforts pour rester sous la barre des 2°C de réchauffement, alors qu’ils sont déjà en marche vers ce nouvel eldorado économique tant convoité. La transition écologique et énergétique n’est pourtant pas si inintéressante en termes de considérations économiques et les solutions existent bel et bien pour limiter les dégâts environnementaux. Comme l’a fait remarquer le climatologue Jean Jouzel, « pour être à la hauteur des enjeux climatiques, il faudrait investir dans l’efficacité énergétique 600 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale. Selon l’OCDE, les Etats dépensent 550 milliards de dollars par an en subventions à la consommation et à la production d’énergies fossiles. » Tout est donc affaire de volonté politique car ces ordres de grandeur nous disent bien que le changement est possible.

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Last June, during the formation of his government, President Macron appointed Ségolène Royal as Ambassador in charge of international negotiations for the Poles. This piece of news spread like wildfire on social networks with the usual mockery that accompanies the former Minister of the Environment.
Yet the situation is far from being funny and this appointment is much more important than one might think. As I have explained on several occasions, the melting of the ice sheet and sea ice in the Arctic has become the new centre of attention, not because of the environmental catastrophe it involves, but because of the colossal economic stakes it will allow. All countries are now preparing to exploit the resources that will soon be freed by the melting of the ice and the new shipping lanes that will be open. Many countries are eyeing the mineral resources of Greenland, while others are preparing to navigate along  the northeast and north-west passages that will be free of ice.
Apart from a few negationists of global warming, climate scientists are unanimous: the melting of the ice is more and more worrying. For many observers, the game is lost! Our inability to challenge our economic model has already sealed the fate of the planet for decades to come. The numbers speak for themselves. Sea ice in the Arctic covered 10 million square kilometres in 1950. Today, this area has been reduced to 4 million square kilometres and an Arctic Ocean free of ice in the summer 2040 is a very likely prospect .
An article in the newspaper Le Monde published in May 2017 informed readers that in this new race for profit, France seemed to occupy a good place. The archipelago of Saint Pierre and Miquelon would represent France’s best asset to take advantage of the benefits of this future economy by 2025. This archipelago would be an asset for the Arctic economy of France and a strategic geopolitical location. Located just 1600 kilometres from New York to the south, and from Greenland uranium mines to the north, Saint Pierre and Miquelon is located at the crossroads of the Arctic and North Atlantic shipping routes, and in an area rich in hydrocarbons. Geographically, the archipelago is ideally located at the start of the Northwest Passage, and at the southern entrance to the Arctic Bridge.
The opening up of new shipping routes and the access to new oil and mineral deposits announces a new balance of power between the states and a change in political influences in the region and consequently in the world. Will France have sufficient assets in Saint-Pierre and Miquelon to rival with the United States and Russia which have already planted serious milestones in the Arctic? Nothing is less sure !
One must not be too illusory. Despite an apparent willingness to develop renewable energies, the signatories to the Paris climate agreement will hardly make any effort to stay below 2°C of global warming, as they are already moving towards the new economic Eldorado. The environmental and energy transition is not so uninteresting in terms of economic considerations and the solutions do exist to limit the environmental damage. As French climate scientist Jean Jouzel has remarked, « to be up to the climatic challenges, we would have to invest in energy efficiency $ 600 billion a year on a global scale. According to the OECD, states spend $ 550 billion per year on consumer and fossil fuel subsidies. Everything is therefore a matter of political will. These orders of greatness tell us that change is possible.

Photo: C. Grandpey

La fonte de la glace de mer ouvrira très bientôt des couloirs de navigation da,s les passages du nord-est et du nord-ouest… (Source: Wikipedia)