Sabancaya (Pérou / Peru)

drapeau-francaisL’activité du Sabancaya reste stable et relativement modérée, avec des panaches de cendre qui se dispersent vers l’est-nord-est sur 20-40 km. Voici une petite vidéo montrant en accéléré l’activité du 17 novembre 2016. Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune.

https://youtu.be/NkTWuC6LVXI

Source : INGEMMET.

—————————————

drapeau-anglaisActivity at Sambacaya volcan ois both stable and moderate, with ash plumes that drift NNE, over distances of 20-40 kilometres. The alert level is kept at Yellow.

https://youtu.be/NkTWuC6LVXI

Source: INGEMMET.

saba

Activité typique du Sabancaya en ce moment vue par l’une des webcams.

 

Ubinas & Sabancaya (Pérou / Peru)

drapeau-francaisAu cours des derniers jours, l’activité sismique de l’Ubinas était marquée par une augmentation des événements hybrides et volcano-tectoniques, révélateurs d’une ascension du magma. Les explosions observées le 8 novembre n’ont pas libéré la totalité de l’énergie accumulée à l’intérieur du volcan. Toutefois, les images satellites ne révèlent pas d’anomalie thermique. De petites explosions sont encore observées, essentiellement pendant la nuit. Elles génèrent des panaches de cendre pouvant atteindre 1500 mètres de hauteur. L’activité fumerolienne se caractérise par l’émission de gaz magmatiques qui montent jusqu’à un millier de mètres au-dessus du cratère.

Source : Instituto Geofisico.

L’éruption modérée du Sabancaya se poursuit, avec des panaches de cendre qui se dirigent en général vers le nord-est, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous montrant leur dispersion.

Source : Instituto Geofisico.

———————————-

drapeau-anglaisIn recent days, seismic activity at Ubinas was marked by an increase in hybrid and volcano-tectonic events, indicative of an ascent of magma. The explosions observed on 8 November did not release all the energy accumulated inside the volcano. However, satellite images do not reveal any thermal anomaly. Small explosions are still observed, mainly during the night. They generate ash plumes up to 1,500 meters in height. Fumarolic activity is characterized by the emission of magmatic gases that rise up to a thousand meters above the crater.
Source: Instituto Geofisico.

The moderate eruption of the Sabancaya continues, with plumes of ash that generally move northeastward, as can be seen on this map showing their dispersal.
Source: Instituto Geofisico.

saban

Source: Instituto Geofisico.

Eruption du Sabancaya (Pérou / Peru)

drapeau-francaisLe 8 novembre, la colonne de cendre atteignait 2,4 km au-dessus du cratère.
Une augmentation significative des émissions de cendre a été observée le 9 novembre, avec des retombées à Parjo, Cajamarcana et Salalli. Le panache atteignait une hauteur de 2 km au-dessus du cratère.
Le 10 novembre, des chutes de cendre ont été signalées dans des localités situées entre 30 et 35 km du volcan. L’agence INGEMMET a recommandé aux autorités de mettre en place des mesures visant à protéger la population locale, principalement en distribuant des masques pour prévenir les problèmes respiratoires.
Une nouvelle explosion s’est produite à 15:04 (TU) le 11 novembre. Cette fois, la cendre a atteint environ 3 km au-dessus du cratère (9 km au-dessus du niveau de la mer) et le panache s’est étiré sur 40 km vers l’est et le nord-est.
Avec l’activité à Ubinas et la nouvelle phase éruptive du Sabancaya, le Pérou a maintenant deux volcans simultanément en éruption pour la première fois de son histoire.
Voici une courte vidéo montrant l’éruption de Sabancaya:
https://youtu.be/8IXffal_r34
Source: Instituto Geofisico.

————————————

drapeau-anglaisAs I put it before (see my note of 8 November 2016), during the last couple of weeks, volcanic gas emissions increased significantly at Sabancaya volcano, reaching values of up to 7 173 tons per day on October 23rd. A thermal anomaly was first observed on November 2nd. The alert level was raised to yellow and people were advised not to approach the volcano.
On November 8th, the ash column was reaching 2.4 km above the crater.
A significant increase in ash emissions was observed on November 9th, prompting authorities to issue ashfall alerts in Parjo, Cajamarcana and Salalli. Ash was reaching a height of 2 km above the crater.
By November 10th, ashfall was reported in communities located between 30 and 35 km from the volcano. INGEMMET recommended that authorities implement measures to help protect the local population, mainly by distributing masks to prevent breathing problems.
A new explosion occurred at 15:04 UTC on November 11th. This time, ash reached approximately 3 km above the crater (9 km above sea level) and drifted 40 km east and northeast.
With the activity at Ubinas and the new eruptive phase at Sabancaya, Peru now has two simultaneously erupting volcanoes for the first time in recorded history.
Here is a short video showing the eruption of Sabancaya:
https://youtu.be/8IXffal_r34
Source: Instituto Geofisico.

sabancaya

Source: INGEMMET

De l’eau sous les volcans boliviens // Water beneath Bolivian volcanoes

drapeau-francaisDes chercheurs de l’Université de Bristol en Angleterre ont découvert un énorme réservoir d’eau sous le volcan Uturuncu, actuellement inactif, dans les Andes boliviennes. Ils ont fait la découverte en étudiant l’anomalie topographique du haut plateau de l’Altiplano-Puna, un corps magmatique qui ralentit les ondes sismiques et conduit l’électricité, contrairement au magma environnant.
L’eau ainsi découverte, qui est mélangée au magma partiellement fondu, pourrait aider à expliquer pourquoi et comment les éruptions se produisent. Il se peut que cette eau joue également un rôle dans la formation de la croûte continentale sur laquelle nous vivons, et elle pourrait être une preuve supplémentaire que de l’eau circule à l’intérieur de notre planète depuis sa formation.
Les scientifiques ont prélevé des roches émises lors d’une éruption de l’Uturuncu il y a 500 000 ans. Ensuite, en laboratoire, et ils ont introduit différentes quantités d’eau avant d’exposer les échantillons à des conditions imitant celle de l’anomalie observée en Bolivie. L’expérience consistait à soumettre les roches à des pressions 30 000 fois supérieures à la pression atmosphérique et à des températures allant jusqu’à 1500°C. Les scientifiques ont constaté qu’à une certaine teneur en eau, la conductivité électrique correspondait exactement à la valeur mesurée dans l’anomalie. En poids, ils ont calculé que la roche contenait 8 à 10 pour cent d’eau.
On sait que le corps magmatique de l’Altiplano-Puna a un volume d’environ 500 000 kilomètres cubes ; c’est pourquoi les chercheurs estiment qu’il doit contenir une quantité d’eau semblable à certains des plus grands lacs d’eau douce sur Terre. Il ne faut toutefois pas espérer extraire l’eau nouvellement découverte. Elle est dissoute dans la roche partiellement fondue à 950 à 1000°C ; elle n’est donc pas accessible.
L’importante teneur en eau du magma pourrait permettre d’expliquer la composition des roches de la croûte continentale. Lorsque le magma contenu dans le manteau – principalement composé de basalte – s’élève dans la croûte, l’eau contribue à enrichir le basalte en silice et l’appauvrit en magnésium, ce qui finit par donner naissance à des roches comme l’andésite.
D’autres anomalies, avec la même conductivité encore inexpliquée, ont été découvertes sous d’autres volcans, tels que la zone volcanique de Taupo en Nouvelle Zélande, et le Mont St Helens dans l’Etat de Washington.
Cette étude donne un nouvel éclairage sur le cycle de l’eau dans les profondeurs de la Terre et nous rappelle que nous savons bien peu de choses sur le chemin emprunté par l’eau à travers la croûte terrestre et le manteau au cours des périodes géologiques. À l’avenir, si l’on parvient à mieux comprendre comment l’eau peut déclencher des éruptions, cela  pourrait permettre aux volcanologues de mieux interpréter l’activité sismique et peut-être améliorer sa prévision.

Source: New Scientist & Earth and Planetary Science Letters.

————————————

drapeau-anglaisResearchers of the University of Bristol in England have discovered a massive reservoir of water deep beneath the currently dormant Uturuncu volcano in the Bolivian Andes. They made the discovery while studying a huge “anomaly” 15 kilometres beneath the volcano. The anomaly, called the Altiplano-Puna magma body, slows down seismic waves and conducts electricity, unlike surrounding magma.

The unexpected water, which is mixed with partially melted magma, could help to explain why and how eruptions happen. This water may also be playing a role in the formation of the continental crust we live on, and could be further evidence that our planet has had water circulating in its interior since its formation.

The team took rocks that were spat out by an eruption of Uturuncu 500,000 years ago and mixed them with varying amounts of water before exposing them in the lab to conditions mimicking those in the anomaly. This included pressures 30,000 times as high as atmospheric pressure, and temperatures up to 1500 °C. The scientists found that at a particular water content, the electrical conductivity exactly matched the value measured in the anomaly. By weight, they calculated it contains 8 to 10 per cent water.

The Altiplano-Puna magma body is known to be around half a million cubic kilometres in volume, so the researchers estimate it must contain a similar amount of water to some of the largest freshwater lakes on Earth. However, we can forget about extracting the newly found water. It is dissolved in partially melted rock at 950 to 1000 °C, so it’s not accessible.

But increased water content in magma may help to explain the composition of continental crust rocks. When magma in the mantle – mainly composed of basalt – rises up into the crust, the water helps to enrich the basalt with silica and deplete it of magnesium, eventually forming rocks like the andesite.

Other anomalies with similar unexplained conductivity have been discovered beneath other volcanoes, such as those in the Taupo Volcanic Zone in New Zealand, and Mount St Helens in Washington State.

This study illuminates a new feature of Earth’s deep-water cycle, and reminds us how little we know about the pathway of water through Earth’s crust and mantle systems on geologic timescales. In the future, understanding more about how water can trigger eruptions could help volcanologists better interpret seismic activity, perhaps improving predictions.  .

Source: New Scientist & Earth and Planetary Science Letters.

uturuncu

Volcan Uturuncu (Crédit photo: Wikipedia)