Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

L’Alaska Volcano Observatory (AVO) vient d’indiquer que l’activité sismique s’est intensifiée sur le volcan Makushin (Aléoutiennes) au cours des deux dernières semaines. Une secousse de M4.2 a été enregistré le 15 juin 2020, suivie d’autres événements de magnitudes comprises entre M 3.1 et M 4.1 Tous ces événements sont concentrés à environ 10 km à l’est du sommet du volcan, à une profondeur d’environ 8 km. Cependant, rien n’indique que l’essaim sismique actuel débouchera sur une éruption.
La sismicité se poursuit actuellement. Les secousses les plus fortes ont été ressenties par les habitants d’Unalaska.
À la suite de cette activité, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune. La dernière éruption du Makushin a eu lieu en 2005, avec un VEI de 1.
Source: AVO.

  ++++++++++

Alors que le volcan a récemment fait la une des journaux avec une possible éruption au 12ème siècle, le niveau d’alerte de l’Asama (Japon) a été élevé à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 25 juin 2020 en raison d’une inflation du flanc ouest depuis le 20 juin. Le nombre de séismes superficiels a également augmenté.
Source: JMA.

+++++++++

On a enregistré en moyenne, entre 6 et 44 séismes volcano-tectoniques chaque jour sur le Kanlaon (Philippines) du 23 au 30 juin 2020 et entre 1 et 4 événements d’origine volcanique du 27 au 29 juin. Les panaches de vapeur s’élèvent à 100-300 m au-dessus du sommet. Les émissions de SO2 ont diminué au cours de la même période. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5) et le PHIVOLCS rappelle au public de rester en dehors de la zone de danger permanent de 4 km de rayon.
Source: PHIVOLCS.

++++++++++

Le volume du dôme de lave du Merapi (Indonésie) dépasse actuellement d’environ 600 m le sommet du volcan. Son volume était estimé à 200 000 mètres cubes le 13 juin 2020. La morphologie du cratère sommital a légèrement changé après l’éruption du 21 juin. Quelque 19 000 mètres cubes ont disparu de la partie sud-ouest du sommet, probablement à proximité ou en bordure du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source: VSI.

++++++++++

On observe une hausse de l’inflation de l’édifice volcanique à proximité du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) depuis le 20 juin 2020. Le dôme de lave dans le cratère a augmenté de volume. Des explosions se produisent parfois et une incandescence est visible de nuit au niveau du cratère. La couleur du niveau d’alerte reste au Jaune et il est rappelé aux habitantsde ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km.
Source: SERNAGEOMIN.

++++++++++

Des explosions stromboliennes continuent à être observées dans le cratère Mackenney du Pacaya (Guatemala) avec la projection de matériaux jusqu’à 200 m au-dessus du cratère. Comme je l’ai écrit précédemment, les coulées de lave parcourent jusqu’à 2 km sur le flanc sud-ouest du volcan.
Source: INSIVUMEH.

++++++++++

Le Reventador (Équateur) est bien actif ces jours-ci, avec une activité sismique soutenue, révélant des explosions, des épisodes de tremor harmonique, des séismes longue période et des signaux indiquant des émissions de gaz, de vapeur et de cendres jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Des blocs incandescents roulent jusqu’à 500 m de distance sur les flancs S et E du volcan. L’incandescence est souvent visible de nuit au niveau du cratère.

Source: Instituto Geofisico.

++++++++++

Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch en raison du risque d’éruptions explosives et de nuages ​​de cendres qui peuvent perturber le trafic aérien dans la région.
Source: KVERT.

++++++++++

Au Japon, on observe une forte hausse d’activité sur l’île Nishinoshima, comme on peut s’en rendre compte sur ces vidéos tournées le 15 juin et le 29 juin 2020 :

https://youtu.be/V4nsVmgeb78

https://youtu.be/4STuFAW49Tw

Des fontaines de lave jaillissent du cratère du cône central ont une partie s’est effondrée, avec de volumineux panaches de cendres de près de 3500 mètres de hauteur. Des blocs sont projetés jusqu’à 2,5 km du cratère. La lave s’écoule dans la partie sud-ouest de l’île et entre dans la mer. Cette forte activité observée depuis plusieurs jours est probablement due à une nouvelle arrivée de magma en surface. Les embarcations doivent toujours respecter un périmètre de sécurité autour de Nishinoshima.

Source : Japanese Coast Guard.

———————————————

 Here is some news of volcanic activity around the world.

The Alaska Volcano Observatory (AVO) has just indicated that seismic activity increased at Makushin volcano (Aleutians) over the past 2 weeks. An M4.2 earthquake was recorded on June 15th, 2020, followed by more events with magnitudes between M 3.1 and M 4.1 All the earthquakes are clustered about 10 km   east of the summit of the volcano at a depth of about 8 km. However, there is no indication that the current seismic swarm will lead to an eruption.

Seismicity is continuing right now. The largest earthquakes have been felt by residents of Unalaska.

As a consequence of this activity, the aviation colour code has been raised to Yellow. Makushin’s last eruption occurred in 2005, with a VEI 1.

Source : AVO.

+++++++++

While the volcano recently made the headlines about a possible eruption in the 12th century, the alert level of Asama (Japan) was raised to 2 (on a scale of 1 – 5) on June 25th, 2020 because of an inflation on the W flank since June 20th. The number of shallow earthquakes had also increased.

Source: JMA.

++++++++++

An average of 6-44 volcano-tectonic earthquakes per day was recorded at Kanlaon (Philippines) during 23-30 June, 2020 and 1-4 volcanic earthquakes during 27-29 June. Steam plumes rise 100-300 m above the summit. SO2 emissions have decreased during the same period. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5) and PHIVOLCS reminds the public to remain outside the 4-km-radius Permanent Danger Zone.

Source: PHIVOLCS.

++++++++++

The volume of Mt Merapi’s lava dome (Indonesia) is currently rising about 600 m above the summit. Its volume was estimated at 200,000 cubic meters on June 13th, 2020. The morphology of the summit crater area had slightly changed after the 21 June eruption. About 19,000 cubic metres had been removed from the SW part of the summit, likely near or part of the crater rim. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are asked to stay outside the 3-km exclusion zone.

Source: VSI.

++++++++++

An increase in the rate of inflation in the vicinity of Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile) has been observed since June 20th, 2020. The lava dome in the crater has increased in volume. Occasional explosions continue to be recorded, and nighttime crater incandescence is visible. The Alert Level remains at Yellow, and residents are reminded not to approach the crater within 3 km.

Source: SERNAGEOMIN.

++++++++++

Strombolian explosions are observed at Pacaya’s Mackenney Crater (Guatemala) with the ejection of material as high as 200 m above the crater. As I put it previously, lava flows travel as far as to 2 km on the SW flank of the volcano.

Source: INSIVUMEH.

++++++++++

Reventador (Ecuador) is quite active these days with a high level of seismic activity, including explosions, harmonic tremor, long-period earthquakes, and signals indicating gas, steam and ash emissions as high as 1 km above the summit. Incandescent blocks roll as far as 500 m down the S and E flanks. Nighttime crater incandescence is often visible.

Source : Instituto Geofisico.

++++++++++

In Kamchatka, the aviation colour code remains Orange for Ebeko, Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch because of the risk of explosive eruptions and ash clouds that may affect air traffic in the region.

Source: KVERT.

++++++++++

In Japan, there is a strong increase in activity on Nishinoshima Island, as can be seen on these videos shot on June 15th and June 29th, 2020:
https://youtu.be/V4nsVmgeb78

https://youtu.be/4STuFAW49Tw

Lava fountains are gushing from the crater of the central cone, a part of which has collapsed, with voluminous ash plumes almost 3500 metres high. Blocks were ejected as far as 2.5 km from the crater.Lava is now flowing in the southwest part of the island and rntering the sea. This strong activity observed for several days is probably due to new magma ascent. Boats should stay away from a safety perimeter around Nishinoshima.
Source: Japanese Coast Guard.

Nishinoshima le 15 juin 2020 (Crédit photo : JCG)

 Nishinoshima le 29 juin 2020 (Crédit photo : JCG)

Voitures électriques et salars d’Amérique du Sud // Electric cars and South American salars

 A fa fin du mois de mai 2020, le président Emmanuel Macron a annoncé un vaste plan de soutien à l’industrie automobile française, victime d’un coup d’arrêt dû à la crise sanitaire. Depuis l’usine Valeo à Etaples (Pas-de-Calais), il a égrainé une série de mesures destinées à sauvegarder la filière automobile française et ses 400 000 emplois directs: renforcement des aides à l’achat de voitures électriques et hybrides, hausse des primes à la conversion des voitures polluantes… Le chef de l’Etat veut « faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe en portant à plus d’un million par an, sous cinq ans, la production de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides » dans le pays.

Cette déclaration n’a pas vraiment convaincu les ONG de défense de l’environnement qui dénoncent, à l’instar de Greenpeace France, un plan « climaticide ». Il est vrai que les voitures électriques, si elles contribuent beaucoup moins que les véhicules thermiques à la pollution de l’atmosphère, ne sont pas exemptes de reproches, à commencer par la fabrication de leurs batteries. J’ai attiré à plusieurs reprises l’attention sur la destruction des salars sud-américains par l’extraction du lithium.

Au Chili, le désert d’Atacama détient 40 % des réserves mondiales de lithium, l’ingrédient principal utilisé pour les batteries de voitures électriques et hybrides, sans oublier les batteries des téléphones portables et des ordinateurs. C’est une véritable ruée vers l’or qui s’est déclenchée dans le « triangle du lithium », autrement dit les salars ou déserts de sel d’Argentine du Chili et de Bolivie. Le Chili reste le leader dans ce domaine avec des prix très compétitifs qui s’expliquent par des conditions d’extraction optimales. L’Argentine et la Bolivie sont en retrait. En Bolivie, le salar d’Uyuni abrite le plus important gisement de lithium au monde. Selon l’USGS, le pays disposerait de plus de 9 millions de tonnes de matière première. Ayant eu la chance d’admirer la splendeur de ce désert de sel, je suis furieux quand je lis des articles de presse qui annoncent le saccage à venir de ce désert de sel.

Comme je l’ai expliqué précédemment, le processus d’extraction du lithium consiste à évaporer l’eau où il est contenu. Les mines assèchent donc le désert. On estime à 430 milliards le nombre de litres d’eau qui ont été perdus sur le seul plateau d’Atacama. Et le mal ne fait que commencer. Le gouvernement chilien mène toutefois des études pour évaluer d’autres salars où étendre l’exploitation du lithium pour préserver ceux de l’Atacama.

Les mines d’exploitation de lithium sont gérées par des entreprises privées qui payent un loyer au gouvernement pour l’exploitation des mines. Une partie des profits est reversée sous forme de taxes qui doivent être réinvesties dans des infrastructures à Santiago.

Ce que ces habitants du désert dénoncent, ce n’est pas seulement la destruction d’un territoire ; c’est aussi la confiscation de leur droit à participer à l’avenir de leurs enfants. Ils sont d’accord pour que le pays se développe grâce à l’exploitation du lithium, mais ils veulent aussi en faire partie. Mais leur lutte est loin d’être gagnée, et il est fort à parier que le désert de sel disparaîtra, entraînant dans sa destruction des effets aussi graves que ceux de la destruction de la forêt amazonienne.

En constatant des dégâts créés par l’extraction du lithium pour permettre la fabrication de véhicules moins polluants, on se rend compte que l’on remplace des technologies fossiles par d’autres qui induisent elles aussi des problèmes environnementaux. Quelle est la solution ? Peut-être nous faudrait-il changer la manière dont nous utilisons ces technologies, ainsi que la quantité de ce que nous produisons et consommons.

———————————————-

At the end of May 2020, President Emmanuel Macron announced a vast plan to support the French automobile industry which had been brought to a halt by the Covid-19 crisis. From the Valeo factory in Etaples (Pas-de-Calais), he initiated a series of measures intended to safeguard the French automotive sector and its 400,000 direct jobs: increased aid for the purchase of electric and hybrid cars, increase bonuses for the conversion of polluting cars … The French President wants to “make France the first nation producing clean vehicles in Europe by bringing to more than a million per year, within five years, the production of electric vehicles, plug-in hybrids or hybrids » in the country.”
This statement did not really convince environmental defense NGOs who, like Greenpeace France, denounce a “destructive plan for the climate.”. It is true that electric cars, if they contribute much less than thermal vehicles to air pollution, are not free from reproach, starting with the manufacture of their batteries. I have repeatedly drawn attention to the destruction of South American salars by the extraction of lithium.
In Chile, the Atacama Desert holds 40% of the world’s reserves of lithium, the main ingredient used for batteries in electric and hybrid cars, not to mention batteries in cell phones and computers. It was a real gold rush that started in the « lithium triangle », in other words the salars or salt deserts of Argentina, Chile and Bolivia. Chile remains the leader in this field with very competitive prices which are explained by optimal extraction conditions. Argentina and Bolivia are lagging behind. In Bolivia, the Uyuni Salar is home to the largest deposit of lithium in the world. According to USGS, the country has more than 9 million tonnes of this mineral. I was very fortunate to admire the splendor of this salt desert, I am furious when I read press articles announcing the coming rampage of this wonderful place.
As I explained earlier, the process for extracting lithium is to evaporate the water where it is contained. The mines therefore dry up the desert. An estimated 430 billion liters of water have been lost on the Atacama Plateau alone. And the evil is just beginning. The Chilean government is, however, carrying out studies to assess other salars where to extend the exploitation of lithium so as to preserve those of Atacama.
The lithium mines are operated by private companies that pay rent to the government for mining. Part of the profits are transferred in the form of taxes which are reinvested in infrastructure in Santiago.
What the people who live close to these deserts denounce is not only the destruction of a territory; it is also the confiscation of their right to participate in the future of their children. They agree that the country will develop thanks to the exploitation of lithium, but they also want to a part of the cake. But their struggle is far from won, and it is a safe bet that the salt desert will disappear, leading to its destruction in the same way as the Amazon rainforest is being destroyed.
When we see the damage caused by the extraction of lithium to allow the production of less polluting vehicles, we realize that we are replacing fossil technologies by others that also cause environmental problems. What is the solution ? Perhaps we should change the way we use these technologies, as well as the amount of what we produce and consume.

*

Salar d’Uyuni (Photos : C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, avec référence au rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution.

Comme je l’ai indiqué précédemment, un fort épisode éruptif a été observé sur le Sangay (Equateur) le mardi 9 juin 2020, avec une colonne de cendres qui s’est élevée jusqu’à 7 km d’altitude. Des retombées de cendres ont été observées dans plusieurs provinces. L’Instituto Geofisico indique que des coulées pyroclastiques ont dévalé le flanc sud-est du volcan. Le 9 juin au soir, le nuage de cendres s’étirait sur 400 km

++++++++++

 L’épisode éruptif observé sur le Cleveland (Aléoutiennes / Alaska) le 1er juin 2020 a détruit le dôme de lave qui s’était formé en janvier 2019 et a évacué une grande quantité de matériaux du cratère sommital. Des coulées de débris ont parcouru environ 2,9 km le long du flanc E et plus de 2,7 km le long du flanc N. Aucune activité significative n’a été observée les jours suivants. Le niveau d’alerte volcanique reste à la Vigilance (Watch) et la couleur de l’alerte pour l’aviation est maintenue à l’Orange.
Source: AVO.

++++++++++

Au Kamchatka, la couleur de l’alerte pour l’aviation reste à l’Orange pour le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch, ainsi que pour l’Ebeko sur l’île de Paramushir.

++++++++++

Un séisme longue période a été enregistré sous le Nevados de Chillán (Chili) le 6 juin 2020. Le  panache de cendres qui a accompagné cet événement s’est élevé à plus de 760 m au-dessus de la bouche éruptive avant de s’étirer vers le nord-est. Des coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs NW, N, E et SE du volcan. Le niveau d’alerte reste au Jaune et il est rappelé aux habitants de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km
Source: SERNAGEOMIN.

++++++++++

Le 9 juin 2020, GeoNet a indiqué qu’une émission de gaz de courte durée accompagnée d’un léger soulèvement de la zone autour de la bouche active avait été enregistrée la semaine précédente à White Island (Nouvelle-Zélande). L’activité était probablement liée à une nouvelle arrivée de magma à faible profondeur. Des températures élevées (autour de 450°C) continuent d’être enregistrées autour de la bouche active. Les émissions de gaz ont diminué les jours suivants, ce qui laisse supposer que l’activité a été de courte durée. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte pour l’aviation reste au Jaune. L’accès du public à l’île est interdit.
Source: GeoNet.

++++++++++

L’activité reste soutenue sur l’île volcanique Nishinoshima (Japon), avec de grandes coulées de lave et des panaches de cendre émis par le cône central (voir photo ci-dessous). Il est demandé aux pêcheurs de rester en dehors de la zone d’exclusion d’un rayon de 2,6 km autour de l’île.

En 2016, Nishinoshima présentait une superficie de 2.7 km2  qui atteint maintenant 2.89 km2 avec les derniers épisodes éruptifs.

Source : Garde Côte Japonais.

———————————————

Here is some news of volcanic activity around the world, with reference to the Smithsonian Institution’s Weekly Report.

As I put it previously, Sangay (Ecuador) went through a strong eruptive episode on Tuesday, June 9th, 2020, with an ash column that that rose up to 7 km above sea level. Ashfall was observed in several provinces. The Instituto Geofisico indicated that pyroclastic flows travelled down the southeastern flank of the volcano. On June 9th in the evening, the volcanic ash cloud was drifting over 400 km.

++++++++++

The eruption at Cleveland (Aleutians / Alaska) on June 1st, 2020 destroyed the January 2019 lava dome and ejected a large amount of material from the summit crater. Volcanic debris flows travelled about 2.9 km down the E flank and more than 2.7 km down the N flank. No significant volcanic activity was noted in the following days. The Volcano Alert Level remains at Watch and the Aviation Colour Code is kept at Orange.

Source : AVO.

++++++++++

In Kamchatka, the Aviation Colour Code remains at Orange for Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch, as well as for Ebeko on Paramushir Island.

++++++++++

A long-period earthquake was recorded beneath Nevados de Chillán (Chile) on June 6th, 2020. An ash plume associated with the earthquake rose more than 760 m above the eruptive vent and drifted NE. Pyroclastic flows descended the NW, N, E, and SE flanks. The Alert Level remains at Yellow and residents are reminded not to approach the crater within 3 km

Source: SERNAGEOMIN.

++++++++++

On June 9th, 2020, GeoNet reported that a short-lived gas pulse and a minor uplift in the eruptive vent area were recorded the previous week at White Island (New Zealand). The activity was likely linked to new magma emplaced at a shallow depth. High temperatures (around 450°C) continue to be recorded in the vent area. Gas emissions declined during the next days, suggesting the activity was short-lived. The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Color Code remained at Yellow. Public access to the island is prohibited.

Source: GeoNet.

++++++++++

Activity is still high at Nishinoshima (Japan), with large lava flows and ash emissions from the central cone, as can be seen on the photo below. Fishermen are asked not to enter the marine exclusion zone of about 2.6 km from the island.

In 2016, the island was about 2.7 km2 but the eruptions that have occurred since 2017 increased the island to more than 2.89 km2.

Source: Japanese Coast Guard.

Vue du cône éruptif sur Nishinoshima (Crédit photo : JCG)

L’éruption cataclysmale du volcan Huaynaputina (Pérou) // The cataclysmal eruption of Huaynaputina volcano (Peru)

Comme je l’ai indiqué dans les derniers bulletins d’activité volcanique dans le monde, la situation est relativement calme actuellement. Faute de munitions, certains médias se tournent vers le passé. C’est le cas du National Geographic qui vient de rappeler qu’en 1600 un volcan péruvien a connu une éruption cataclysmique qui a perturbé le climat de la planète, ave un hiver volcanique en Russie.

En l’an 1600, dans le sud du Pérou, le volcan Huaynaputina entre en éruption, dévaste la région et détruit une dizaine de villages. A partir de l’analyse géologique des dépôts éruptifs et de l’étude des chroniques de l’époque, une équipe de chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD, ex-Orstom) et de l’Institut Géophysique du Pérou (IGP) a pu reconstituer cette éruption qui est la plus importante que les Andes aient connues depuis la conquête espagnole.

Le volcan Huaynaputina se trouve sur le bord d’un haut plateau du sud du Pérou, à 75 kilomètres de la ville d’Arequipa qui se trouve elle-même sous la menace du volcan Misti. Du 19 février au 15 mars, des pluies de cendres et de lapilli, suivies par de nombreuses coulées pyroclastiques, ensevelirent au moins dix villages, faisant quelque 1500 victimes, et chamboulèrent le paysage sur un rayon de 30 à 60 kilomètres autour du volcan.

Les chercheurs distinguent trois phases majeures dans l’éruption du Huaynaputina.

– La première, de type plinien, est la plus considérable par son intensité et par ses conséquences. Le 19 février, un panache s’éleva au-dessus du volcan jusqu’à une hauteur estimée à 35 kilomètres ; en s’écroulant, ce panache fit s’accumuler près de 8 kilomètres cube de dépôts en dix-neuf heures environ. Cette retombée  de matériaux fut observée par des témoins de l’époque jusqu’à 600 kilomètres au nord-ouest du volcan et reste encore identifiable aujourd’hui jusqu’à 350 kilomètres de sa source.

– Après une période d’accalmie, l’activité explosive reprit du 24 au 27 février et des séismes d’origine volcanique détruisirent la cathédrale d’Arequipa à 75 kilomètres de là. Lors de cette phase, de type ignimbritique, des coulées pyroclastiques riches en ponces, furent canalisées jusqu’à 40 kilomètres de leur point de départ dans le canyon du Rio Tambo et les nombreuses vallées qui cisaillent le haut plateau sur lequel s’élève le volcan.

– Du 28 février au 15 mars, une nouvelle série de coulées pyroclastiques cendreuses, associées à des explosions hydromagmatiques, fut à l’origine de dépôts que l’on peut actuellement observer jusqu’à plus de 60 kilomètres du volcan. Certaines de ces coulées pyroclastiques s’engouffrèrent dans le canyon du Rio Tambo, créant des barrages à l’origine de lacs temporaires. Lorsque ces barrages cédèrent, des lahars dévastèrent cette vallée sur 120 kilomètres jusqu’à l’océan Pacifique.

Au cours des mois qui suivirent l’éruption, des coulées pyroclastiques secondaires apparurent sur les pentes les plus abruptes du volcan. Certaines chroniques rapportent que le ciel resta obscurci par la poussière près de neuf mois après le début du cataclysme.

Dans leur étude, les chercheurs de l’IRD et de l’IGP ont essayé d’expliquer la magnitude de cette éruption du Huaynaputina. Selon eux, elle s’esplique par au moins deux phénomènes. D’une part, lors de son ascension, le magma est entré en contact avec de l’eau provenant d’un système hydrothermal superficiel, ce qui a contribué à accroître la fragmentation du magma et l’intensité de l’explosion. D’autre part, un magma légèrement plus acide a été émis depuis le réservoir magmatique lors de la phase ignimbritique et des phases postérieures. Cela a entretenu le caractère très explosif de cette éruption et a permis au volcan de vomir un volume d’environ 13 km3 de matériaux.

Les scientifiques précisent que ce type d’éruption est vraisemblablement exceptionnel dans l’histoire du Huaynaputina qui n’aurait connu qu’une seule autre éruption de ce type il y a 9 700 ans environ.

Le National Geographic nous apprend que ce cataclysme et l’obstruction solaire qui l’a accompagné ont provoqué un hiver volcanique en Russie où ce fut l’hiver le plus rude des 6 derniers siècles, avec les températures estivales en dessous de 0°C pendant la nuit.

Près de deux millions de personnes, soit le tiers de la population russe à l’époque du tsar Boris Godounov, moururent de la famine qui s’ensuivit. Ce sombre épisode précipita la chute du tsar.

Source : IRD.

———————————————–

As I have indicated in volcanic activity reports around the world, the situation is relatively calm these days. Due to lack of ammunition, some media are looking to the past. This is the case of the National Geographic which has just recalled that in 1600 a Peruvian volcano experienced a cataclysmic eruption which disrupted the climate of the planet, with a volcanic winter in Russia.
In 1600, in southern Peru, the Huaynaputina volcano erupted, devastated the region and destroyed a dozen villages. From the geological analysis of the eruptive deposits and the study of chronicles of the time, a team of researchers from the Research Institute for Development (IRD, ex-Orstom) and the Geophysical Institute of Peru (IGP) was able to reconstruct this eruption which has been the most important in theAndes since the Spanish conquest.
The Huaynaputina volcano is located on the edge of a high plateau in southern Peru, 75 kilometres from the city of Arequipa which itself is under the threat of the Misti volcano. From February 19th to March 15th, rains of ash and lapilli, followed by numerous pyroclastic flows, buried at least ten villages, causing some 1,500 victims, and turned the landscape upside down over a radius of 30 to 60 kilometres around the volcano.
Researchers distinguish three major phases in the eruption of Huaynaputina.
– The first, of the Plinian type, was the most impressive in its intensity and its consequences. On February 19th, a plume rose above the volcano to an estimated height of 35 kilometres; as it collapsed, this plume spread nearly 8 cubic kilometres of deposits in about nineteen hours. This fallout of materials was observed by witnesses of the time up to 600 kilometres north-west of the volcano and remains identifiable today up to 350 kilometres from its source.
– After a period of calm, explosive activity resumed from  February 24th to 27th and volcanic earthquakes destroyed the cathedral of Arequipa, 75 kilometres away. During this phase, of ignimbritic type, pyroclastic flows rich in pumice, were channeled up to 40 kilometres from their starting point in the canyon of Rio Tambo and the numerous valleys which slash the high plateau on which the volcano rises.
– From February 28th to March 15th, a new series of ashy pyroclastic flows, associated with hydromagmatic explosions, caused the accumulation of deposits that can currently be observed up to 60 km from the volcano. Some of these pyroclastic flows rushed into the canyon of the Rio Tambo, creating dams at the origin of temporary lakes. When these dams collapsed, lahars devastated this valley over 120 kilometres to the Pacific Ocean.
In the months following the eruption, secondary pyroclastic flows appeared on the steepest slopes of the volcano. Some chronicles report that the sky remained obscured by dust almost nine months after the start of the cataclysm.
In their study, IRD and IGP researchers tried to explain the magnitude of this eruption of Huaynaputina. They think it was caused by at least two phenomena. On the one hand, during its ascent, the magma came into contact with water coming from a shallow hydrothermal system, which contributed to increase the fragmentation of the magma and the intensity of the explosion. On the other hand, a slightly more acidic magma was emitted from the magmatic reservoir during the ignimbritic phase and the later phases. This maintained the highly explosive nature of this eruption and allowed the volcano to vomit a volume of about 13 km3 of material.
Scientists point out that this type of eruption is probably exceptional in the history of Huaynaputina which probably went through only one other eruption of this type about 9,700 years ago.
The National Geographic informs us that this cataclysm and the solar obstruction which accompanied it caused a volcanic winter in Russia where it was the harshest winter of the last 6 centuries, with summer temperatures below 0°C at night.
Nearly two million people, one third of the Russian population during the time of Tsar Boris Godunov, died of the ensuing famine. This dark episode precipitated the fall of the Tsar.
Source : IRD.

Vue du cratère du Huaynaputina et des environs (Crédit photo : Wikipedia)