Quelques nouvelles d’Islande // Some news from Iceland

Le 3 janvier 2024, un séisme de M 4,5, suivi d’un événement de M 3,9, s’est produit près de Trölladyngja, un volcan situé sur la péninsule de Reykjanes entre Grindavík et la capitale, avec une série de répliques. Le Met Office précise que les séismes se sont produits à environ 20 km au NNE de Svartsengi, à une profondeur d’environ 5 km et ont probablement été déclenchés suite à la libération de contraintes dans le sol sur la péninsule de Reykjanes. Les secousses ont été ressenties dans toute la région sud-ouest de l’Islande. Quelques 640 autres séismes ont été enregistrés depuis le séisme du 3 janvier, mais leur fréquence a rapidement diminué. Aucune anomalie géologique n’a été observé à Svartsengi lors de la dernière activité sismique. De la même manière, le Met Office indique que le soulèvement du sol à proximité de la centrale électrique de Svartsengi se poursuit, même si la vitesse de soulèvement a considérablement ralenti ces derniers jours.
Suite aux séismes du 3 janvier, certaines personnes ont évoqué la construction de digues de protection dans la partie la plus occidentale de Hafnarfjörður, étant donné que l’activité sismique pourrait indiquer une possible activité éruptive près de la ville dans les années à venir. Cependant, le département de Protection civile a fait savoir que toute discussion à propos de digues de protection pour la zone de la capitale était prématurée. De toute façon, une évaluation complète des risques liés à l’activité volcanique dans la région est en cours depuis 2012.

Source : Iceland Review, Met Office.

Les étoiles vertes indiquent les 2 principaux séismes du 3 janvier 2024 (Source: Met Office)

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On January 3rd, 2024, an M 4.5 earthquake, followed by another M 3.9 event occurred near Trölladyngja, a volcano located on the Reykjanes peninsula between Grindavík and the capital area, with a series of aftershocks. The Met Office specifies that the earthquakes occurred about 20 km NNE of Svartsengi, at a depth of approximately 5 km and were likely triggered in response to stress released from earth movement elsewhere on the Reykjanes Peninsula. These earthquakes were widely felt in the southwest region of Iceland. In all, about 640 tremors have been recorded since the earthquake, but their frequency rapidly decreased. No signs of geological unrest were observed in Svartsengi during the latest seismic activity. In the same way, the Met Office indicates that land uplift near the Svartsengi Power Station continues, although the rate has significantly slowed in recent days.

Following the 3 January quakes, there was discussion about the construction of protective barriers in the westernmost part of Hafnarfjörður given that the seismic activity might indicate possible eruptions near the town in the coming years. However, the Department of Civil Protection said that any discussion of protective barriers for the capital area was premature while a comprehensive hazard assessment for volcanic activity in the area has been underway since 2012. .

Source : Iceland Review, Met Office.

Les volcans à Fontenay-le-Comte (Vendée) le 9 janvier 2024 !

J’aurai le plaisir de présenter à Fontenay-le-Comte (Vendée) – dans le cadre de l’Université du Temps Libre – une conférence intitulée « Volcans et risques volcaniques »  le mardi 9 janvier 2024 à 14h30 dans l’amphithéâtre du Lycée Bel-Air, 1 Boulevard Hoche.

Entrée : 7 euros pour les non-adhérents à l’UTL.

Séismes et volcans sont souvent associés dans la pensée populaire. Il est malheureusement encore impossible de prévoir les tremblements de terre. Le but de la conférence est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaierai de répondre.

Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, intitulé « L’Etna de Glace et de Feu. »

A l’issue de la conférence, le public pourra se procurer le dernier livre « Histoires de Volcans » que j’ai écrit avec Dominique Decobecq. Des CD d’images de volcans seront également proposés..

D’autres conférences auront lieu prochainement à Montluçon (03), Royan (17), Angoulême (16), Périgueux (24)… Vous trouverez les dates dans la colonne de droite de ce blog. Je donnerai plus d’informations en temps utile.

Photo: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le 30 décembre 2023, le réseau de surveillance du Stromboli (Sicile) a enregistré à 21h53 (UTC,) une explosion majeure, suivie, à 21.54, d’un deuxième événement explosif de moindre intensité. Les explosions ont expulsé une importante quantité de matériaux dont les retombées ont affecté la Sciara del Fuoco jusqu’au littoral.
Les signaux sismique et de déformation ont retrouvé un niveau normal immédiatement après ces événements explosifs qui justifient l’interdiction d’accès au sommet du volcan.

Source : INGV.

Photo: C. Grandpey

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En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une belle vidéo (en anglais) intitulée « The eruption’s aftermath ». Le document présente les conséquences de l’éruption du 18 décembre 2023 sur la péninsule de Reykjanes (Islande), la menace pour la centrale de Svartsengi, le Blue Lagoon et la bourgade de Grindavik On voit les digues de terre en cours d’édification pour protéger ces sites. Une carte nous montre les points névralgiques. N’hésitez pas à regarder cette vidéo en plein écran. Les images hivernales de la péninsule de Reykjavik sont très belles.

https://youtu.be/-2Pt8LdYIPU

Sur le terrain, on enregistre toujours une activité sismique. Le sol continue à se soulever dans le secteur de Svartsengi où se situe probablement la source de l’intrusion magmatique, mais l’inflation s’est stabilisée. La prévision éruptive s’arrête là. Pour la suite des événements, c’est la Nature qui décide.

Un lecteur de mon blog s’est rendu à Grindavik le 28 décembre 2023. Il m’explique que, malgré l’autorisation de retourner chez eux, les habitants désertent leurs foyers, peut-être par peur. La bourgade ressemble à une ville fantôme (il règne une atmosphère de fin du monde). Les commerces sont fermés et seuls quelques ouvriers sont là pour colmater les fissures. L’accès à Grindavik est toujours interdit aux non-résidents et 3 postes de sécurité sont en place sur les 3 routes menant à la ville. Par ailleurs le Blue Lagoon est toujours fermé.

Grindavik sous la menace d’une éruption (Crédit photo: Iceland Review)

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Une hausse de la sismicité a été observée sur le Lewotobi (Île de Flores / Indonésie) le 12 décembre 2023. Elle a été suivie d’une séquence de séismes de type « tornillo » indiquant des mouvements de fluides en profondeur. Une éruption s’est produite le 23 décembre dans le cratère Laki-laki et a duré environ 24 minutes. Une fracture de 160 m de long sur le flanc supérieur NO émettait des panaches blancs denses qui s’élevaient à 300 m de hauteur. Le 1er janvier 2024, l’amplitude du tremor a augmenté et une nouvelle bouche s’est ouverte le long d’une fracture située sur le flanc supérieur SSE. Elle a produit un panache de cendres qui s’est élevé de 1 à 1,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte a été porté à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3 km des cratères Perempuan et Laki-laki et à 4 km des flancs NNW et SSE du cratère Laki-laki.

Sur l’île de Sumatra (Indonésie), l’activité éruptive du Marapi se poursuit, même si le brouillard et la pluie empêchent parfois de bonnes observations visuelles du sommet. Le 27 décembre 2023, un panache dense de cendres s’est élevé à 1,5 km au-dessus du sommet. D’autres panaches de cendres s’élevaient de 500 à 700 m au-dessus du sommet entre le 31 décembre 2023 et le 1er janvier 2024. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 3 km du cratère sommital.
Source : CVGHM.

Séquence éruptive sur le Marapi en décembre 2023

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Du 29 décembre 2023 au 2 janvier 2024, le réseau sismique de Bulusan (Philippines) a enregistré 116 séismes volcaniques. Parmi ceux-ci, 110 étaient des événements volcano-tectoniques associés à la fracturation des roches à des profondeurs de 2 à 6 km sous le flanc S du volcan ; les six autres étaient des événements basse fréquence associés au mouvement de fluides. Les données de déformation du sol continuent d’enregistrer une inflation sur le flanc S depuis février 2023. Le niveau d’alerte reste à 1. Il est rappelé au public de ne pas entrer dans la zone de danger permanente (PDZ) d’un rayon de 4 km.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: Wikipedia

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Une séquence éruptive strombolienne a débuté sur le Klyuchevskoy (Kamchatka) le 27 décembre 2023 et une anomalie thermique a été identifiée sur des images satellite. Le 30 décembre, un panache de cendres s’élevait jusqu’à 6 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne a été portée à Orange. Le 31 décembre, des explosions généraient des panaches de cendres qui ont atteint 6,5 km d’altitude. Une anomalie thermique a persisté jusqu’au 1er janvier, même si aucune explosion n’a été détectée. La couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Jaune.
Source : KVERT.


Crédit photo: KVERT

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De petites éruptions phréatiques sont toujours observées sur le Poás (Costa Rica). Elles éjectent des matériaux à 50 m au-dessus de la surface du lac. Le 27 décembre 2023, un petit événement phréatique a éjecté un panache d’eau et de sédiments à 100 m au-dessus du lac, avec un panache de vapeur et de gaz qui s’est élevé à 500 m de hauteur. D’autres événements phréatiques ont été enregistrés les 29 et 30 décembre, avec des projections de sédiments, d’eau et de gaz ne dépassant pas 200 m au-dessus du lac.
Source : OVSICORI.

Crédit photo: OVSICORI

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

On December 30th, 2023, the Stromboli (Sicily) monitoring network recorded, at 9:53 p.m. (UTC), a major explosion, followed, at 9:54 p.m., by a second explosive event of less intensity. The explosions expelled a large quantity of material whose fallout affected the Sciara del Fuoco all the way to the coast.
The seismic and deformation signals returned to a normal level immediately after these explosive events which justify the access ban to the summit of the volcano.
Source: INGV.

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By clicking on the link below, you will see a nice video (in English) entitled “The eruption’s aftermath”. The document presents the consequences of the eruption of December 18th, 2023 on the Reykjanes Peninsula (Iceland), the threat to the Svartsengi power plant, the Blue Lagoon and the town of Grindavik We can see the earthen dikes being built to protect these sites. A map shows us the hotspots. Feel free to watch this video in full screen. The winter images of the Reykjavik peninsula are very beautiful.
https://youtu.be/-2Pt8LdYIPU

On the field, seismic activity is still recorded. The ground continues to rise in the Svartsengi area where the source of the magma intrusion is probably located, but the inflation is now more stable. Eruptive prediction does not go any further. For the next events, Nature will decide.

A follower of my blog went to Grindavik on December 28th, 2023. He explains that, despite the authorization to return to their homes, residents are deserting them, perhaps out of fear. The town looks like a ghost town (there is an atmosphere of the end of the world). The businesses are closed and only a few workers are there to seal the fissures in the ground. Access to Grindavik is still prohibited to non-residents and 3 security posts are in place on the 3 roads leading to the town. Furthermore, the Blue Lagoon is still closed.

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Seismicity at Lewotobi (Flores Island / Indonesia) increased on 12 December 2023 and was followed by the emergence of “tornillo” earthquakes indicating fluid movement at depth. An eruption occurred on 23 December at the Laki-laki crater and lasted about 24 minutes. A 160-m-long fissure on the upper NW flank was visible afterwards and it emitted dense white plumes that rose 300 m. On 1 January, 2024, the amplitude of the tremor increased. A new vent opened along a fissure located on the upper SSE flank and produced an ash plume that rose 1-1.5 km above the summit. The Alert Level was raised to 3 (on a scale of 1-4) and the public was asked to stay 3 km away from the Perempuan and Laki-laki craters and 4 km from the NNW and SSE flanks of Laki-laki.

On Sumatra island (Indonesia), eruptive activity at Marapi continues, though fog and rain occasionally prevent visual observations of the summit. On 27 December, 2023 a dense ash plume rose 1.5 km above the summit. More ash plumes were rising 500-700 m above the summit during 31 December 2023-1 January 2024. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3 km away from the summit crater.

Source : CVGHM.

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From 29 December 2023 to 2 January 2024, the seismic network at Bulusan (Philippines) recorded a total of 116 volcanic earthquakes. Out of those, 110 were volcano-tectonic events associated with rock fracturing at depths of 2-6 km beneath the S flank of the volcano; the other six were low-frequency events associated with fluid movement. Ground deformation data have continued to record inflation at the S flank since February 2023. The Alert Level remains at 1. The public is reminded not to enter the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

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An explosive Strombolian eruption began at Klyuchevskoy (Kamchatka) on 27 December 2023 and a thermal anomaly was identified in satellite images. On 30 December an ash plume rose as high as 6 km above sea level. The Aviation Color Code was eaised to Orange. On 31 December explosions generated ash plumes that rose to 6.5 km a.s.l. A thermal anomaly persisted through 1 January, though explosions were not detected. The Aviation Color Code was lowered to Yellow.

Source : KVERT.

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Small phreatic eruptions are still observed at Poás (Costa Rica). They eject material 50 m above the lake surface. On 27 December 2023, a small phreatic event ejected a plume of water and sediment 100 m above the lake and produced a steam-and-gas plume that rose 500 m. More phreatic events were recorded on 29 December and 30 December, with the ejection of sediment, water, and gas no higher than 200 m above the lake.

Source : OVSICORI.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Pas-de-Calais : alerte climatique

C’est toujours la même rengaine : « Du jamais vu ! «  avec des scènes de désolation devant les dégâts et des scènes de désespoir au sein de la population. Début janvier 2024, le Pas-de-Calais est à nouveau en état d’alerte face aux risques d’inondations et de crues. L’alerte rouge a de nouveau été déclenchée et des renforts ont été envoyés pour aider les équipes locales.

Crédit photo: AFP

Les médias attirent l’attention du public sur le plus spectaculaire, mais je n’ai guère entendu de reportages mettant le doigt sur la cause de ces inondations : le réchauffement climatique. La hausse globale des températures amènera de telles situation à se reproduire de plus en plus souvent.

Le nouvel An à peine fêté, voilà que ressurgissent les traumatismes de 2023. Le 2 janvier, neufs départements du quart nord-ouest de la France étaient placés en vigilance Orange « pluie et inondations ». Le Pas-de-Calais, quant à lui, est passé en vigilance Jaune pour les inondations et Rouge pour les crues. Météo France prévoyait un nouveau renforcement des pluies, parfois accompagné d’orages. Selon Vigicrues, plusieurs cours d’eau risquaient de sortir à nouveau de leur lit. Ces inondations avaient déjà touché plus de 260 communes en 2023, transformant les rues en torrents et affectant quelque 5 849 logements.

 

Il est intéressant de noter que ces inondations ont lieu avec de faibles coefficients de marée, autour de 40 actuellement. Des coefficients de plus de 100 sont annoncés pour les prochaines semaines, ce qui aura forcément un impact sur le comportement des fleuves côtiers et ralentira leur évacuation vers la mer.

La situation générée par les inondations se complique quand surviennent des restrictions d’eau, des coupures d’électricité et des fermetures d’écoles. La grande question est la suivante : que faut-il faire pour s’adapter ? Avec le réchauffement climatique, on sait que les précipitations vont devenir de plus en plus abondantes. Certains diront qu’il n’y a pas urgence à agir car ce ne sont que deux épisodes d’inondations ponctuels. C’est vrai, mais tous les climatologues de la planète s’accordent pour dire que les inondations des zones côtières sont amenées à se multiplier, et pas seulement dans le Pas-de-Calais. A l’échelle de la planète, on sait que des villes comme Miami, New York ou Hong Kong auront un jour les pieds dans l’eau.

 

Photo: C. Grandpey

L’un des principaux phénomènes physiques expliquant cette situation trouve son origine dans le réchauffement des océans : plus l’eau est chaude, plus l’évaporation est importante et plus l’atmosphère se charge en humidité. Puis toute cette vapeur d’eau passe à nouveau à l’état liquide et s’abat à la surface de la Terre. Le CNRS explique qu’en comparant les modèles d’événements similaires entre 1979 et 2000, on note une augmentation de 1 à 3 millimètres de pluie par jour, soit 15 à 30 % de précipitations supplémentaires. A cela s’ajoute la dilatation des océans dont le volume augmente avec les températures et provoque la hausse de leur niveau. Sans oublier, bien sûr, la fonte de la banquise et des glaciers.

 

D’après Météo-France, le Pas-de-Calais sera l’un des départements les plus touchés par la hausse des précipitations, avec entre 20 et 50 mm de cumuls supplémentaires par an.

Alors quoi faire ? Il est clair que les zones côtières du Pas-de-Calais sont en sursis. Si des inondations majeures devaient se reproduire plusieurs fois par an, il faudrait partir et relocaliser les villages les plus menacés à l’intérieur des terres, à l’abri des eaux.

Le Pas-de-Calais n’est pas le seul département dans ce cas. Les délocalisations de maisons qui se trouvent dans des zones à risque d’inondations sont appelées à augmenter, Même si cette option peut apparaître très dispendieuse, au final, elle pourrait être moins coûteuse pour les gouvernements, les villes, les assureurs et les ménages si l’on tient compte de toutes les répercussions directes et indirectes qu’entraînent les dommages occasionnés par les grandes crues sur les bâtiments, le portefeuille des familles et le moral des occupants.

Les enrochements de plus en plus visibles le long de nos côtes (métropole et outre-mer) montrent la fragilité de nos littoraux. Ainsi, face à l’inéluctable avancée de l’océan qui grignote le trait de côte, la commune de Lacanau (Gironde) repense son littoral et ses usages pour maintenir ses activités.

Lacanau, un site menacé par l’océan (photo: C. Grandpey)

Je suis conscient que ce texte ne plaira pas à tout le monde, en particulier aux négationnistes du réchauffement climatique qui rôdent en grand nombre sur les réseaux sociaux. Il ne fait guère de doute – j’espère, bien sûr, me tromper – que de nouvelles inondations à répétition se produiront dans le nord de la France. D’autres littoraux – en Normandie, par exemple – seront confrontés au recul du trait de côte. Si rien n’est fait pour mettre les populations sinistrées à l’abri de ces événements, la situation ne se limitera plus à des dégâts matériels. La santé mentale des populations sera durement affectée Alors, mieux vaut anticiper une catastrophe annoncée.

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Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, en visite à Thérouanne (Pas-de-Calais), a déclaré : « On ne pourra pas partout se dire que c’est en rehaussant chaque année les digues de quelques centimètres, que ça suffira à lutter contre les épisodes climatiques. Regarder la réalité en face, ça peut consister à dire qu’il y a des endroits où il faut qu’il n’y ait (…) plus d’habitations. Ça s’est fait ailleurs en France ». Le ministre aurait-il compris l’urgence de la situation climatique? Même si ce sera une nécessité, force est de reconnaître que vider toute une zone de ses habitations ne sera pas chose facile, pour des tas de raisons. (Source: France Info)