Fonte du permafrost dans les Alpes // Permafrost melting in the Alps

Quand je parle de la fonte du permafrost sous l’effet du réchauffement climatique, je fais en général référence aux terres arctiques d’Alaska ou de Sibérie. Il ne faudrait pas pour autant oublier que le permafrost existe également sur nos montagnes à très haute altitude. Certes, ce n’est pas la terre qui gèle, mais les roches des sommets des Alpes ou des Pyrénées sont très sensibles aux variations de température et à leur réchauffement.

Nous venons d’en avoir la triste preuve le 24 août 2017 en Suisse où une masse rocheuse de quatre millions de mètres cubes s’est détachée de la paroi du Piz Cengalo et s’est déversée dans une vallée en direction du petit village de Bondo. Huit randonneurs sont portés disparus et la centaine d’habitants a dû évacuer en urgence. Selon le service sismologique suisse, les vibrations causées par cet effondrement équivalaient à un séisme de magnitude 3.

Cet événement n’est pas vraiment une surprise car des chutes de pierre avaient été enregistrées depuis plusieurs années dans la zone en 2011, 2012, 2016 et le 21 août 2017. Un gros éboulement s’était déjà produit fin 2011 au Piz Cengalo. Environ 1,5 million de mètres cubes de roches étaient tombées dans une vallée inhabitée.

Les effondrements au Piz Cengalo confirment qu’avec la fonte du permafrost dans les Alpes, de nombreux sommets sont en train de partir en miettes et vont continuer à le faire dans les prochaines années. Il ne fait guère de doute que l’éboulement à Bondo a été causé par les fortes chaleurs qui ont fait fondre la glace assez fracturée en altitude. On peut imaginer qu’il y avait du permafrost, avec de la glace qui maintenait les éléments. Avec les grandes chaleurs qu’on a connues récemment, il y a eu fonte de cette glace qui s’est détachée en bloc et est arrivée sur le cours d’eau en dessous. Ce dernier, à son tour, a emporté les matériaux de la chute.

Source : Presse suisse.

Voici des images de l’avalanche de roches à Bondo:

https://youtu.be/Fjfn4bWKABA

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When I write about the melting of the permafrost as a result of global warming, I usually refer to the Arctic territories of Alaska or Siberia. It should not be forgotten that the permafrost also exists on our mountains at very high altitude. Of course, it is not the earth that freezes, but the rocks of the summits of the Alps or the Pyrenees are very sensitive to the variations of temperature and their increase.
We have had the sad proof of this on August 24th, 2017 in Switzerland where a rock mass of four million cubic metres broke off the wall of Piz Cengalo and rushed into a valley in the direction of the small village of Bondo. Eight hikers were reported missing and the hundred or so inhabitants had to evacuate in urgency. According to the Swiss seismological service, the vibrations caused by this collapse amounted to an M 3 earthquake.
This event is not really a surprise as stonefalls had been recorded for several years in the area in 2011, 2012, 2016 and on 21 August 2017. A major rockslide had already occurred at the end of 2011 at Piz Cengalo. About 1.5 million cubic metres of rocks had fallen into an uninhabited valley.
The collapse at Piz Cengalo confirms that with the melting of permafrost in the Alps, many peaks are crumbling and will continue to do so in the coming years. There is little doubt that the landslide at Bondo was caused by the latest heatwaves that melted the ice which is fractured at high altitude. One can imagine that behind, there was permafrost, ice that held the elements. With the recent hot weather, this ice melted and broke away as a whole, and then fell in the river underneath, which in turn carried away the materials of the fall.
Source: Swiss Press.

Here are images of the rock avalanche in Bondo:

https://youtu.be/Fjfn4bWKABA

Image extraite du document diffusé sur YouTube

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2 réflexions au sujet de « Fonte du permafrost dans les Alpes // Permafrost melting in the Alps »

  1. Bonjour Claude,
    « Chaud de vent »
    En fait, à mon humble avis, je ne pense pas que la glace puisse souder quoi que se soit à part bien sur des molécules d’eau. Mais il s’agit alors d’un simple changement d’état de l’eau. Par contre c’est bien celui-ci et dans ce sens qui provoque la rupture des fissures dans les roches et en provoque l’éclatement. C’est l’effet du gel bien connu. Lorsque la glace fond, et plutôt brutalement, c’est l’eau qui servant de lubrifiant facilite le glissement des roches fracturées par le gel. En suisse, c’est l’écoulement d’une grande quantité d’eau qui aura permit au bloc de tomber et à la coulée de boue de parfaire la catastrophe. Je ne pense pas que nous puissions ici parler de permafrost, les roches dures n’étant pas vraiment imbibées d’eau. Par contre, c’est bien le réchauffement des couches basses de l’atmosphère et le vent chaud qui souffle qui amplifient et accélèrent la fonte des glaces d’altitude. Cela illustre encore une fois ce à quoi nous allons être bientôt confronté, à savoir un énorme problème de stockage : plus de stockage de l’eau douce, plus d’eau douce, plus de stockage de l’eau douce, plus de barrage hydroélectriques et donc plus de stockage d’électricité, plus de stockage de l’eau douce plus d’irrigation des cultures. Bien sûr, à l’instar des grandes théories économiques qui alimentent joyeusement nos procédés industriels, c’est le « juste à temps » qu’il nous faudra adopter et donc attendre la pluie pour faire pousser le maïs et la vigne, et se désaltérer à l’eau de mer, ou essayer de faire du vin avec des raisins secs.
    Par ailleurs, je pensais vraiment que parler de réchauffement climatique en hiver était une erreur psychologique majeure puisqu’elle provoquait uniquement une espèce de moquerie du commun des mortels grelottant de froid. Par contre je m’attendais qu’en plein été, plutôt torride, cela prenne une réelle ampleur médiatique. Et bien non, il fait chaud et c’est normal on est en été, rien d’extraordinaire, il y a du mazout pour nos bagnoles, comme d’habitude, les crèmes solaires ont de l’effet, comme d’habitude, et les clims marchent à fond sans problème d’électricité.
    Il me semble pourtant qu’à force de n’avoir pas froid aux yeux devant cette menace, on va bientôt crever de chaud, et c’est probablement cela qui fait froid dans le dos.
    Attendons, mais pas le dégel, c’est déjà fait.
    Chaudes amitiés
    Pierre Chabat

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    1. Bonjour Pierre,
      Merci pour ce commentaire pertinent, comme d’habitude. Peu importe si le mot « permafrost » n’est pas le plus approprié s’agissant des Alpes. Au final, on aboutit au même résultat, avec l’eau qui gèle et qui fait éclater les matériaux qui l’entourent.S’agissant du permafrost arctique, il ne peut pas trop s’effondrer vu qu’il est à l’horizontale. Dans les Alpes, c’est bien sûr différent. Comme vous, je suis effaré quand je vois la politique de l’autruche adoptée par nos concitoyens vis à vis du réchauffement climatique. Au lieu d’aller se faire rôtir sur les plages de la Méditerranée, il serait utile qu’ils aillent faire un tour en Amérique du Sud et au Pérou en particulier où les glaciers sont en train de disparaître ainsi que toute l’économie qu’ils faisaient vivre: barrages hydro-électriques, eau potable, irrigation, ce qui entraîne une désertification des vallées. Comme disait ma grand-mère, « la fin ne sera pas belle ».
      Bonne journée, encore très chaude en Limousin; la météo prévoit 36°C pour cet après-midi…
      Très cordialement,
      Claude Grandpey

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