2èmes Rencontres du Livre à Verneuil sur Vienne (Haute Vienne)

Le dimanche 28 mai de 9 heures à 18 heures auront lieu au Château de Pennevayre à Verneuil sur Vienne les 2èmes Rencontres du Livre. Entrée gratuite.

Elles rassembleront une trentaine d’auteurs dont le rédacteur de ce blog qui se fera un plaisir de dédicacer Terres de Feu, Mémoires Volcaniques et Dans les pas de l’ours.

Photos: C. Grandpey

Bogoslof & Cleveland (Alaska)

Je suis de retour des États-Unis après une virée de 3 semaines dans le sud-ouest et l’ouest du pays. J’avais prévu quelques volcans – mais pas de glaciers – en cours de route. Le but du voyage était la découverte de nouveaux sites et la re-découverte d’autres que j’aime beaucoup. Je publierai quelques photos dans les prochains jours.
Mon blog est resté actif pendant ce temps afin de vous tenir informés des derniers événements naturels. Aucune éruption majeure ne s’est produite pendant que j’étais loin de chez moi. Les derniers événements ont eu lieu dans les îles Aléoutiennes (Alaska).

Le Bogoslof est à nouveau entré en éruption le 16 mai 2017 juste après 22h30 après plus de deux mois d’inactivité. L’événement a duré 73 minutes et a envoyé un panache de cendre jusqu’à 10 200 mètres d’altitude, ce qui a provoqué des retombées à Nikolski sur l’île de Umnak. L’activité a ensuite décliné puis cessé. L’AVO a alors fait passé la couleur de l’alerte aérienne du Rouge à l’Orange et l’alerte volcanique  à Vigilance.
Les dernières observations du Bogoslof montrent que les éruptions ont remodelé l’île avec l’apparition d’un lac en son centre. Un survol en hélicoptère a permis d’observer ce lac rempli d’une eau d’où s’échappait de la vapeur. Les images satellites ont montré que le lac avait une température supérieure à celles des eaux environnantes. Des scientifiques ont déjà signalé la présence de tels lacs sur Bogoslof Island, avec une température suffisamment chaude pour mettre en danger les phoques à fourrure. Ces derniers et les lions de mer de Steller fréquentent Bogoslof Island. Les biologistes pensent que les dernières éruptions ne devraient pas modifier le comportement de ces animaux.

Le Cleveland, à environ 40 km à l’ouest de l’île d’Umnak, a connu lui aussi une brève éruption vers 7h15 mardi dernier. L’explosion a envoyé un panache de cendre moins volumineux que celui du Bogoslof. Les images satellites ont révélé qu’il est monté jusqu’à environ 4 500 mètres d’altitude avant de se diriger vers le SO.
Sources: AVO & Alaska Dispatch News.

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I’m back from the U.S. after a 3-week journey in the south-western and western parts of the country. There were a few volcanoes – but no glaciers – on the way. The aim of the trip was a discovery of new places and the re-discovery of old ones I like very much. I will insert some photos in the next days.

My weblog remained active during that time so that you might be kept informed of the latest natural events. No major eruptions occurred while I was away from home. The latest ones occurred in the Aleutian Islands (Alaska).

Bogoslof erupted again on May 16th 2017 just after 10:30 p.m. after more than two months of inactivity. The event lasted 73 minutes and sent an ash plume up to 10,200 metres a.s.l., causing ash to fall in Nikolski on Umnak Island. The lack of further activity caused AVO to lower Bogoslof’s aviation colour code to « orange » and its alert level to « watch » — down from the more severe « red » and « warning » levels.

The latest observations of Bogoslof volcano showed that Bogoslof Island’s continuous reshaping by the eruptions has produced a lake at the center of the island. Its steaming waters were seen by observatory staff during a helicopter overflight of the volcano. Satellite images showed the lake at temperatures above those of ambient waters in the area. Other scientists have previously reported similar lakes at Bogoslof hot enough to scald fur seals. Fur seals and Steller sea lions are currently visiting Bogoslof, one of their traditional pupping grounds and biologists think the recent eruptions aren’t likely to affect that trend.

Cleveland, about 40 km west of Umnak Island, erupted slightly earlier than Bogoslof at about 7:15 p.m. on Tuesday. That blast sent up a lesser ash plume, which headed southwest over the Pacific Ocean. Satellite images revealed a plume that extended to about 4,500 metres a.s.l.

Sources: AVO & Alaska Dispatch News.

 

Le mystère des cryovolcans sur Cérès // The mystery of cryovolcanoes on Ceres

Dans une note publiée le 10 septembre 2016, j’expliquais qu’une étude publiée dans la revue Nature Communications révéle que les volcans de glace – ou cryovolcans – sur Cérès pourraient aider à résoudre le mystère de l’absence de grands cratères à la surface de cette planète naine.
Une nouvelle étude publiée en février 2017 dans la revue Geophysical Research Letters montre que la couche de glace qui recouvre Cérès a pu subir des changements au fil du temps, ce qui aurait permis à la seule montagne de la planète naine, le cryovolcan Ahuna Mons, de s’étirer progressivement et de s’enfoncer dans la croûte de glace qui recouvre la planète. Il n’est pas impossible que des montagnes semblables se dressaient autrefois à la surface de la planète et qu’elle se soient aplaties avec le temps.
Lorsque la mission Dawn de la NASA a atteint Cérès en 2015, elle a découvert un monde presque plat d’où émergeait une seule montagne, Ahuna Mons dont le sommet se dresse à 4 000 mètres au-dessus de la surface, avec un âge maximum estimé à 200 millions d’années. Des recherches antérieures ont laissé entendre que la montagne pourrait être un volcan glaciaire qui se serait formé selon le processus du cryovolcanisme, mais sa source fait l’objet de discussions.
L’isolement de Ahuna Mons a toujours été un casse-tête pour les scientifiques. D’autres planètes soupçonnées d’héberger des cryovolcans, comme Pluton et les lunes Europa, Triton et Titan, montrent plusieurs signes de tels édifices alors que Cérès n’en possède qu’un seul. Les chercheurs pensent que le cryovolcanisme a pu rester en sommeil sur Cérès jusqu’à assez récemment, mais une telle hypothèse leur semble peu probable.
Une autre option, plus probable celle-là, est que les cryovolcans se sont formés tout au long de la vie de la planète, puis ont disparu. Comme Cérès ne possède pas d’atmosphère ou d’éléments liquides à sa surface, les processus d’érosion par le vent et la pluie qui usent les montagnes sur Terre n’existent pas sur la planète naine.
Les chercheurs n’ont pas concentré leur travail sur la formation de la montagne proprement dite, mais sur ce qui s’est passé après. Ils ont procédé à des modélisations d’Ahuna Mons et ont constaté que, si au moins 40 pour cent de la montagne était constitués de glace, elle avait tendance à « couler » lentement sur ses flancs, un peu comme du miel sur une assiette, ce qui la faisait s’aplatir avec le temps. En ajoutant de la glace, la montagne devenait plus visqueuse, oscillant entre un ensemble solide et liquide.
L’observation des cratères permet de calculer l’âge d’un terrain. Alors que Ahuna Mons manque de signes d’impacts, la région dans laquelle il se trouve possède des cratères datant d’environ un milliard d’années, voire moins, pour Ahuna Mons. La montagne est probablement jeune, pas plus de 200 millions d’années, ce qui laisse supposer que la planète est probablement géologiquement active aujourd’hui, bien qu’aucun signe définitif n’ait été repéré.
Cérès ne montre qu’un seul sommet aujourd’hui, mais il y a des indications qu’une autre montagne se trouvait autrefois à la surface de la planète. Près d’Ahuna Mons se trouve une colline repérée par une équipe scientifique précédente. C’est peut-être le reste d’un ancien cryovolcan qui, comme Ahuna Mons, s’est aplati avec le temps. Cela pourrait signifier que la région d’Ahuna Mons est une source continue de cryovolcanisme. Sur terre, le mouvement des plaques tectoniques permet à la lave de percer la croûte en de nombreux endroits, souvent en donnant naissance à des chaînes de montagnes, mais Cérès n’a pas de tectonique des plaques. La région ressemblerait davantage à Mars, où la lave s’est accumulée pour façonner Olympus Mons, le plus grand volcan connu du système solaire. Mais tandis que Ahuna Mons a tendance à s’aplatir du fait de sa structure de glace, la structure rocheuse d’Olympus Mons reste ferme et bien en place
Les chercheurs envisagent maintenant de rechercher d’autres images de Cérès pour y trouver des signes de cryovolcans en train de s’aplatir.
Source: Space.com.

En cliquant sur ce lien, vous accéderez à un très intéressant document mis en ligne par la NASA sur la formation des cryovolcans sur Cérès:

https://youtu.be/-6nxKqPIUkE

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In a post released on September 10th 2016, I explained that a study published in the journal Nature Communications revealed that ice volcanoes on Ceres might help solve the mystery of why large craters seem to be missing on the dwarf planet’s surface

New research detailed in February 2017 in the journal Geophysical Research Letters suggests that the outer layer of the icy world on the dwarf planet Ceres may be slowly shifting over time, allowing the only mountain peak on Ceres, the ice volcano Ahuna Mons, to gradually stretch out and sink into the crust. Similar mountains may have peppered the planet in the past and flattened out over time.

When NASA’s Dawn mission arrived at Ceres in 2015, it found a nearly flat world with only a single mountain, Ahuna Mons. The massive summit towers 4,000 metres above the surface and is at most 200 million years old. Previous research has suggested the peak could be an ice volcano forming through the process of cryovolcanism but its source is still under debate.

The mountain’s isolation has always been a major puzzle. Other planets suspected of hosting cryovolcanoes, such as Pluto and the moons Europa, Triton and Titan, have multiple suspects whereas Ceres has only one. According to researchers, one possibility might be that cryovolcanism was dormant on Ceres until fairly recently, but they think such a hypothesis is unlikely.

The other, more likely, option is that cryovolcanoes formed throughout the planet’s lifetime, then disappeared. Because Ceres lacks an atmosphere or running liquids on its surface, the erosion processes of wind and rain that wear down Earth’s mountains don’t happen on the tiny world.

The researchers focused not on the formation of the mountain but on what happened afterward. They modeled possible compositions for Ahuna Mons and found that, if at least 40 percent of the mountain was made up of ice, it would slowly spread outward like honey on a plate, gradually relaxing or flattening down over time. With more ice, the mountain became more viscous, wavering between solid and liquid.

Cratering records provide one method for calculating the age of a terrain. While Ahuna Mons itself lacks signs of impacts, the region it sits in has craters that provide a limit of about a billion years, or even less, for the mountain. Ahuna Mons may be young, no more than 200 million years old, which suggests that the planet may still be geologically active today, though no definitive signs have been spotted.

Ceres may be the lone peak today, but there’s evidence that another spire may have risen in the past. Near Ahuna Mons lies the shape of another hill, spotted by a previous team. This may be the remnants of a previous cryovolcano like Ahuna Mons that gradually relaxed away. That could suggest that the region around Ahuna Mons may be an ongoing source of cryovolcanism. On Earth, shifting plates cause lava to erupt through the crust in multiple locations, often spawning chains of volcanoes, but Ceres has no plate tectonics. The region could be more like Mars, where rocky lava continued to pile up on itself to create the massive Olympus Mons, the largest known volcano in the solar system. But while Ahuna Mons may be relaxing due to ice, the rocky Olympus Mons stands firm.

Researchers now plan to search other images of Ceres for signs of potentially relaxed cryovolcanoes.

Source: Space.com.

By clicking on this link, you will have access to a very interesting document released by NASA about the formation of cryovolcanoes on Ceres :

https://youtu.be/-6nxKqPIUkE

Modélisation d’Ahuna Mons à la surface de Cérès (Source: NASA)

 

L’Islande et les effets du réchauffement climatique // Iceland and the effects of climate change

Les effets du changement climatique et du réchauffement de la planète affectent profondément la nature islandaise depuis une trentaine d’années, avec une forte augmentation de la végétation. Il faut s’attendre à de nouveaux changements avec la hausse des températures.
Les effets du réchauffement climatique sur la nature islandaise sont visibles sur la végétation verte qui a augmenté de 80% au cours des 30 dernières années. L’effet est particulièrement visible dans le sud, l’ouest et le nord-ouest de l’Islande, un peu moins dans l’est et le nord-est.
La surface occupée par les forêts de bouleaux s’est accrue de 9% depuis 1990. La plus forte augmentation a lieu dans les secteurs où les températures ont connu la plus forte hausse. La croissance moyenne d’un bouleau est 8 fois plus rapide aujourd’hui qu’elle ne l’était en 1970, et il en va de même pour la plupart des plantes.
Les biologistes et les pêcheurs en rivière sont préoccupés par l’effet du changement climatique sur le saumon de l’Atlantique Nord qui remonte dans les rivières islandaises. La hausse des températures pourrait affecter le retour des jeunes saumons quand ils quittent l’océan pour rejoindre les rivières. Biologistes et pêcheurs sont encore plus préoccupés par la truite et l’omble chevalier. L’omble chevalier est répandu en Islande, mais la population a diminué rapidement alors que celle de truites fario tend à augmenter. Cette dernière a tendance à remplacer l’omble dans les rivières islandaises car il préfère une eau froide alors que la truite se satisfait de températures plus élevées.
Le réchauffement climatique provoque des changements drastiques dans le domaine des terres cultivables. Les agriculteurs se réjouissent de ce changement, mais les scientifiques s’inquiètent car la nature est en train de perdre un de ses écosystèmes, un type de landes baptisé rústamýri par les Islandais. Leur surface diminue considérablement et elles auront probablement disparu au cours des prochaines décennies si le changement climatique se poursuit.

A côté de la végétation, d’autres effets du changement climatique concernent les glaciers islandais. Des observations récentes ont révélé qu’ils couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Beaucoup d’entre eux ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres.

Un effet non négligeable de la fonte des glaciers en Islande est une hausse du niveau des terres car la pression glaciaire diminue. Des chercheurs ont récemment observé le même phénomène au Groenland et ils l’attribuent à la réaction du manteau terrestre qui se trouve sous la croûte, à la verticale des zones concernées. Ce phénomène peut modifier le littoral et avoir un effet sur l’érosion de la mer. Ainsi, le port de Höfn, dans le sud de l’Islande, devient de moins en moins profond suite au recul du glacier Vatnajökull, ce qui rendra problématique l’entrée des bateaux dans le port. Le phénomène est moins apparent au Groenland car la mer est profonde le long des côtes.

Source : Iceland Review.

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The effects of climate change and global warming have been clearly seen on Icelandic nature over the last 30 years, with much increase in vegetation. More great changes are expected with the average temperatures on the rise.

One of the effects of global warming on Icelandic nature can be observed on green vegetation which has increased 80% in the last 30 years. The effect is most visible in South, West and North West Iceland, less in East and North East.

Birch forests have expanded 9% since 1990. The greatest expanse is where the temperatures have risen the most. The average growth of a birch tree is 8 times faster now than it was in 1970, and the same goes for most plants.

Biologists and anglers are both worried about the effect on the big North Atlantic salmon that lives in Icelandic rivers. Increased temperatures might affect the return of the salmon from the ocean to the rivers when it has reached puberty. They are even more worried about trout. Arctic char is a common species in Iceland, but the population has been diminishing rapidly. The number of brown trout is however increasing. The population of Arctic char is diminishing rapidly, and is being replaced by brown trout. Arctic char prefers colder water opposed to the brown trout which can easily survive in higher temperatures.

Global warming is causing drastic changes to tillage in Iceland. Farmers are happy about much of this change, but scientists are worried because Icelandic nature is losing one of its special ecosystems, rústamýri (a type of moorland). They are shrinking considerably and will be completely gone in the next decades if climate change continues.

Beside vegetation, other effects of climate change concern the glaciers. Recent observations have revealed that they are covering 12 per cent less than thought before. Some of them have retreated by several hundred metres, even kilometres.

An effect of glacier melting is an uplift of the ground as the pressure exerted by the glaciers is decreasing. Researchers have observed a similar phenomenon in Greenland and they attribute it to a reaction of Earth’s mantle beneath the crust, vertically from the concerned areas. This phenomenon may change the shores and have an effect on sea erosion. Thus, the harbour of Höfn in southern Iceland is getting less and less deep because of the retreat of Vatnajökull Glacier. This which might soon become a problem for the boats entering the port. In Greenland, the problem is less crucial as the sea becomes rapidly very deep along the coasts.

Source : Iceland Review.

Vue de Hallormsstaður, l’une des rares forêts de bouleaux dans l’est de l’Islande. (Crédit photo : Wikipedia)