Le réchauffement climatique tue aussi les rennes dans l’Arctique // Global warming also kills reindeer in the Arctic

drapeau-francaisA côté des phénomènes naturels comme la foudre, le changement climatique peut tuer les rennes (également appelés caribous) dans l’Arctique. En août 2016, la foudre a anéanti un troupeau de plus de 300 rennes en Norvège. En juillet de cette même année, une épidémie de charbon – que les autorités russes ont attribuée à des microbes qui se sont décongelés après être restés dans un cadavre de renne – a provoqué une épidémie parmi plusieurs populations autochtones de Sibérie (voir ma note du 2 août 2016). La maladie a tué un garçon de 12 ans, et les rennes sont morts par centaines. Au lendemain de la maladie, le gouvernement régional a proposé d’exterminer 250 000 rennes avant Noël cette année.
La toundra arctique, qui se réchauffe à un rythme plus rapide que le reste du globe, pose des problèmes aux animaux pourtant bien adaptés aux rigueurs du climat.
En novembre 2013, 61 000 rennes mouraient de faim sur la péninsule de Yamal en Russie. Ce fut le plus grand «épisode de mortalité animale» à l’échelle d’une région jamais enregistré dans ce pays. 20 000 autres rennes avaient déjà succombé à la famine en novembre 2006. Selon l’équipe de chercheurs d’Europe, des États-Unis et d’Asie dépêchée sur place, la cause immédiate de cette mortalité était une couche de glace inhabituelle qui recouvrait et étouffait les pâturages des rennes.
Au début du mois de novembre 2013, il a plu en permanence et de façon anormale pendant 24 heures. Après la pluie, les températures ont chuté. Le 10 novembre, plus de 16 000 kilomètres carrés de la partie sud de la péninsule de Yamal étaient couverts de glace. Les températures sont restées très basses jusqu’au printemps 2014. À cette époque, les bergers qui avaient perdu la plupart ou la totalité de leurs animaux à cause de la famine étaient bloqués dans la toundra. Sans rennes pour transporter les éléments de leurs campements, ils ont dû avoir recours à la pêche pour se nourrir et ont emprunté des reproducteurs pour reconstruire leurs troupeaux, processus qui demande plusieurs années.
Les observations et les modèles historiques ont démontré que l’effet du changement climatique est plus prononcé aux pôles. La glace de mer avec sa couleur blanche reflète la lumière du soleil tandis que, lorsque la couverture de glace diminue, l’eau de l’Océan Arctique, plus sombre, est capable d’absorber plus d’énergie. Le résultat est une boucle de rétroaction appelée amplification arctique. Les climatologues de la NASA font également remarquer que les forts orages tropicaux au niveau de l’équateur font remonter la chaleur dans la haute atmosphère où elle circule vers les pôles.
À mesure que le climat sibérien se réchauffe, les modèles mathématiques prédisent que les pluies deviendront plus fréquentes et plus intenses. Dans un proche avenir, il est souhaitable que des abattoirs mobiles soient déployés en temps utile dans les zones à risque d’englacement de la toundra afin que les rennes puissent être abattus dans de bonnes conditions. De cette façon, les éleveurs pourront recevoir une compensation pour la perte de leurs animaux.
Source: Alaska Dispatch  News.

———————————–

drapeau-anglaisBeside natural phenomena like lightning, climate change may kill reindeer (also called caribou) in the Arctic. In August 2016, a lightning blast claimed the lives of more than 300 reindeer in Norway. In July, an anthrax epidemic – which Russian officials blamed on microbes that thawed after spending time frozen inside a reindeer corpse – sickened several indigenous people in Siberia (see my note of August 2nd 2016). Anthrax killed a 12-year-old boy, and reindeer died by the hundreds. In the disease’s aftermath, the regional government proposed to terminate 250,000 reindeer by Christmas this year.

Even the Arctic tundra has turned against the animals, so well-adapted to the climate, as the area warms at a faster rate than the rest of the globe.

In November 2013, 61,000 reindeer starved to death on Russia’s Yamal Peninsula. It marked the largest regional « mortality episode » of reindeer ever recorded. An additional 20,000 had succumbed to famine in November 2006. The immediate cause, according to the team of researchers from Europe, the United States and Asia, was an unusual ice barrier that smothered the reindeer pastures.

In early November 2013, it rained for a continuous and anomalous 24 hours. After the rain, temperatures plummeted. By November 10th, more than 16,000 square kilometres of the southern part of the Yamal Peninsula were blanketed in ice. The temperatures remained below freezing until spring 2014. By that time, the private herders who had lost most or all of their animals to starvation were functionally stranded in the tundra. With no draft reindeer to haul their camps, they resorted to full-time subsistence fishing and borrowed breeding stock to rebuild their herds, a multiyear process.

Historical observations and models indicate the effect of climate change is more pronounced at the poles. White sea ice reflects sunlight, whereas when ice cover diminishes, the darker Arctic water is able to absorb more energy. The result is a feedback loop known as Arctic amplification. NASA climatologists also note that strong tropical thunderstorms at the equator draw heat into the upper atmosphere, where it is circulated toward poles.

As the Siberian climate warms, mathematical models predict rains will become more frequent and intense. It is recommended in the near future that mobile slaughterhouses could be deployed in time to the herds at risk out on the tundra, so that reindeer can be slaughtered humanely. At least that way, herders could receive compensation for the loss of their reindeer.

Source: Alaska Disptch News.

rennes-03

Rennes dans la toundra (Photo: C. Grandpey)

 

Publicités

Une réflexion au sujet de « Le réchauffement climatique tue aussi les rennes dans l’Arctique // Global warming also kills reindeer in the Arctic »

  1. Bonjour Claude,
    Si un grand nombre de gens sérieux semblent actuellement entrevoir le commencement de la sixième extinction de masse de la planète, c’est sans doute qu’ils sont comme nous à en remarquer l’évidence des prémisses. Mais à en observer la rapidité avec laquelle la destruction s’opère, nous n’auront sans doute pas le temps de l’éviter et même de la ralentir avant d’en subir à notre tour d’humains les conséquences, quand bien même « SuperTrump » nous construisait un mur de protection. Les espèces animales disparaissent à une telle vitesse que leur variabilité et leurs facultés d’adaptation sont inopérantes, ce qui nous laisse à penser que les nôtres n’y suffiront pas non plus, et même les plus « malins » d’entre nous, ceux qui miment l’autruche passeront aussi à la trappe, tout étouffés comme des macareux affamés. Nous pouvons également remarquer que les végétaux souffrent énormément des modifications du climat et n’arrivent pas à s’adapter : Récoltes médiocres pour toutes les plantations agricoles, arbres fruitiers en berne, pousses décalées et rabougries. L’alternance très rapide de période de sécheresse intense et de pluviométrie excessive, perturbe énormément leur cycle de vie au point même de voir dépérir des arbres pourtant centenaires. Les insectes pollinisateurs, et notamment les abeilles, semblent avoir pour un temps échappés au massacre probablement Monsantosien, mais ce moratoire pourra-t-il se prolongé ?
    Après s’être ému à postériori de la disparition du « Dodo » Mauricien, l’homme semble avoir définitivement opté pour la défense démesurée de sa bagnole plutôt que de celle de son chien, le détrônant ainsi de sa fonction de meilleur ami.
    En ayant changé énormément son mode d’appréhension de son environnement de vie, l’homme moderne s’est imaginé que l’équilibre naturel de la planète le suivrait dans cette démesure. Tout semble lui démontré qu’il avait raison sur ce diagnostic, et la réaction est pour le moins à la hauteur de l’action, et cela n’augure pas de lendemain qui chantent, puisqu’il continue sa provocation insensée. Il se pourrait bien que les prévisions onusiennes de croissance de la démographie qui porterait la population mondiale à 9 ou 10 milliards d’individus en 2050, aient à être revues à la baisse au point de nous annoncer un effondrement considérable. Cela aurait tout de même le mérite de donner une consistance supérieure à l’alerte raisonnée que nous sommes en train d’exprimer. Ne pensez-vous pas ?
    Amitiés
    Pierre Chabat

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s