Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

1475806114.2.jpgIl n’est pas impossible que l’augmentation des émissions de SO2 entraîne des évacuations dans les secteurs de Volcano Village et du Parc National des Volcans. On s’attend à un changement d’orientation des vents qui pourrait rendre la situation très préoccupante. Hier 8 avril, la Sécurité Civile hawaiienne a recommandé l’évacuation par précaution des zones suivantes : Mauna Loa Estates, Ohia Estates, Volcano Village, Keauhou Ranch, and the Volcano Golf Course Subdivision. Un centre d’évacuation a été mis en place. Le « vog » [brouillard volcanique mélange de « volcanic » et de « fog » (brouillard)] a déjà réduit la visibilité à 800 mètres à Hilo et dans le district de Puna, au sud-est de la Grande Ile. Le dioxyde de soufre a sa source dans le cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea et dans le Pu’u O’o sur la zone de fracture la plus à l’est.
Source: Honolulu Advertiser.

993348610.2.jpgHigh levels of sulphur dioxide emissions have resulted in potential evacuations in Volcano Village area and Hawaii Volcanoes National Park. A change in winds later today is expected to bring conditions to the highest warning level. Hawaii County Civil Defence issued a warning last night based on expected conditions today, advising evacuations as a precaution from Mauna Loa Estates, Ohia Estates, Volcano Village, Keauhou Ranch, and the Volcano Golf Course Subdivision. An evacuation centre has been opened in preparation. Sulphur dioxide vog (volcanic smog) has already reduced visibility to half a mile in Hilo and parts of the lower Puna District to the SE of Big Island. Sulphur dioxide is coming from Halemaumau Crater at the summit and Pu’u O’o on the east rift zone.
Source: Honolulu Advertiser.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

1475806114.3.jpgBusiness is business! Les touristes sont à nouveau autorisés à venir visiter, à pied ou en voiture, le Jagger Museum au sommet du Kilauea. Les autorités ont estimé que, tant que les alizés emportent le dioxyde de soufre loin du site éruptif, le musée, le point de vue et la librairie peuvent rester ouverts au public. Le niveau de pollution est contrôlé par les rangers du parc des volcans.
Cette décision me semble un peu surprenante. En effet, s’il est vrai que les émissions de SO2 sont moins importantes que pendant les semaines passées, elles sont encore bien supérieures au niveau acceptable pour la santé humaine. En revanche, comme les alizés emportent régulièrement le panache de gaz vers le sud-ouest, le Jagger Museum n’a jamais été vraiment menacé. Pourquoi l’avoir fermé ? Tantôt c’est la sécurité qui gère la situation, tantôt c’est l’argent !

993348610.jpgBusiness is business! Visitors to Kilauea volcano are now being allowed to drive and hike to Jagger Museum. Officials say as long as the trade winds continue to blow sulphur dioxide away from the erupting volcano, the museum, overlook and bookstore will remain open.
Rangers at Hawaii Volcanoes National Park are monitoring pollution levels. Any change in the weather could reverse this decision which is a bit surprising. Indeed, even though sulphur dioxide emissions are lower than during the previous weeks, they are still much higher than the acceptable levels for people’s health. On the other hand, as trade winds are constantly blowing the plume released by Halema’uma’u towards the south-west, this noxious cloud has never been a real threat to the Jagger Museum. Why was it closed? Safety first, or money first?

Suggestion de lecture

L’activité volcanique est globalement calme dans le monde en ce moment. J’en profite pour conseiller un ouvrage que je suis en train de lire en ce moment. Je l’ai récupéré tout à fait par hasard à la bibliothèque municipale de Limoges. C’est un pavé de quelque 450 pages écrit par Léo Ursulet, enseignant et chercheur, sur l’éruption de la Montagne Pelée à la Martinique en 1902. Il est intitulé Le désastre de 1902 à la Martinique. En fait, c’est le texte d’une thèse de doctorat publié en 1997. L’auteur, tout en accordant une part importante à l’aspect volcanique, met surtout en relief le côté humain de la catastrophe. On trouve en particulier de nombreux documents, des lettres, des souvenirs qui évoquent l’angoisse des habitants à la veille du cataclysme. Pour reprendre une phrase de la préface du livre, « Léo Ursulet souligne aussi que la Martinique s’est retrouvée à peu près seule en face de la catastrophe et qu’elle avait souffert de l’égoïsme de la métropole… »

Je vais aller respirer le bon air de l’océan au cours des deux ou trois prochains jours. L’actualisation de mon blog dépendra donc du bon vouloir des connections wi-fi avec mon ordinateur portable.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

1475806114.3.jpgAlors que la lave continue à s’écouler régulièrement dans le Pacifique, un panache de gaz s’échappe toujours de la bouche qui perce le cratère de l’Halema’uma’u. Au fil des jours, la concentration en SO2 et en cendre est en baisse. Par contre, selon l’Observatoire, il semblerait de la lave se trouve à faible profondeur à l’intérieur de la bouche et serait en train de monter dans le conduit éruptif. Les échantillons de produits émis par la bouche se composent essentiellement de verre volcanique, alors que l’on relevait des matériaux plus anciens les jours précédents. On observe toujours de l’incandescence qui se reflète la nuit sur la base du panache (voir iage de la webcam ci-dessous). .
Je suis un peu surpris par la façon de procéder des scientifiques américains qui se contentent de mettre un simple réceptacle en bois sur la lèvre de l’Halema’uma’u pour recueillir les matériaux expulsés par la bouche. Nous sommes loin des aspirateurs à poussières placés à l’extrémité d’une perche directement au-dessus des évents éruptifs par l’équipe de Tazieff ! De plus, j’ai l’impression que les volcanologues locaux hésitent à descendre faire des prélèvements de gaz directement dans la bouche, ce qui permettrait de connaître la composition exacte du panache à sa source et de connaître l’évolution des gaz (SO2, Co2, He en particulier) avec le temps.
L’été dernier, les rangers étaient très surpris de me voir faire des mesures de température dans le champ fumerollien qui jouxte l’Halema’uma’u sans masque à gaz. Je l’avais bien sûr dans mon sac à dos, mais les fumerolles étant essentiellement composées de vapeur d’eau et de H2S, j’avais jugé inutile de me protéger. Plus je vais aux Etats Unis, plus je me rends compte que le niveau minimal de sécurité chez les Américains est vraiment très, très bas!

993348610.2.jpgWhile lava is still regularly flowing into the Pacific Ocean, a gas plume is still released by the vent in Halema’uma’u crater. With the days, the ash and SO2 concentration is decreasing. However, according to the Observatory, it looks as if lava resides at shallow depth inside the eruptive conduit. The collected ash now consists mostly of volcanic glass in contrast to earlier last week when it contained mostly older rock fragments. Incandescence is still visible at night in the lower part of the plume (see webcam image here below).
I’m a bit surprised at the way American scientists proceed to collect the materials released by the vent, with a simple wooden box on a tripod! We are far from the aspirators at the end of a pole directly above the vents, used by Tazieff and his team! Besides, I have the feeling tha US volcanologists are reluctant to go down close to the vent so as to take gas samples. This would help to know the exact chemical composition of the plume at its source and the evolution of the gas content (CO2, SO2, He, etc).
Last summer, rangers were very surprised to see me make temperature measurements on the fumarollic field near Halema’uma’u without a gas mask (it was in by rucksack). As the fumaroles mainly included water vapour and H2S, I had judged it useless to wear it. The more I travel to the U.S., the more I realise that their minimum security level is really very low!

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Avec l’aimable autorisation du HVO.