Prévision volcanique??

La manière dont s’est terminée la dernière éruption du Piton de la Fournaise sur l’Ile de la Réunion confirme – si besoin est – que nous ne sommes toujours pas en mesure de prévoir une éruption volcanique, que ce soit son début, son évolution ou encore son terme. Alors que tout le monde était persuadé, au vu de l’intensité éruptive et du tremor qui accompagnait l’événement, que l’éruption allait largement continuer son spectacle en janvier 2007, tout s’est arrêté brusquement sans crier gare à 0h57 le 1er jour de ce mois !
Pourtant, le Piton est l’un des volcans les mieux surveillés au monde. Pourtant, il est truffé d’instruments gérés par une équipe scientifique sérieuse et performante. Un peu comme sur le Kilauea à Hawaii où l’on retrouve un volcanisme de point chaud. Là-bas aussi, le volcan est couvert de capteurs sismiques, inclinométriques et autres ; mais les Américains qui savent tout faire n’ont toujours pas dit comment allait évoluer l’éruption actuelle (le Pu’u O’o est actif depuis janvier 1983 !), ni quand elle allait se terminer !
Aux dires des scientifiques, les volcans de points chauds sont les plus faciles à surveiller. Dont acte ! Cette facilité est aussi due au fait qu’il n’y a pas vraiment de zone habitée à proximité, que l’on soit à la Réunion, à Hawaii ou en Ethiopie.
Il va de soi que lorsque l’on parle des volcans gris, ceux qui affirmeraient qu’ils sont capables de prévoir leur comportement seraient de sacrés menteurs. C’est d’ailleurs facile à comprendre. Je me souviens d’un jour de juillet 1996 où je me trouvais dans un observatoire sur les pentes du volcan Mérapi en Indonésie. Des avalanches incandescentes se déclenchaient de temps en temps au sommet. Les sismographes de l’observatoire annonçaient l’événement une trentaine de secondes avant de voir les nuages de cendres par la fenêtre. Cela n’est pas une prévision ; c’est une simple constatation.
En dépit de ce que disent certains, il faut bien constater que la volcanologie moderne marque le pas actuellement. Certes, de nouvelles approches ont été mises en place. Des instruments plus performants ont été fabriqués, mais nous piétinons. Les phénomènes qui nous intéressent se déroulent en profondeur et l’instrumentation actuelle ne nous donne pas les moyens d’en savoir suffisamment pour faire des pronostics. Je suis le premier à rêver d’un tomographe géant qui nous permettrait d’analyser le comportement du magma lors de son ascension. Malheureusement, cet appareil fait actuellement partie de la science-fiction.
J’ai tendance à comparer parfois la volcanologie à la météorologie. Les météorologues ont la chance de s’appuyer sur des phénomènes visibles et facilement analysables pour effectuer leurs prévisions qui sont fiables actuellement à 48, voire 72 heures dans le meilleur des cas. On connaît tout le côté aléatoire des prévisions à 5 jours et plus ! Rappelons-nous aussi que fin 1999, personne n’avait prévu que les vents allaient s’accélérer en entrant sur la France et provoquer la tempête que l’on sait. Il est bien évident que le volcanologue qui doit apprécier des phénomènes invisibles est confronté à des difficultés de prévisions autrement plus grandes.
Tant que la prévision concerne des volcans trônant dans des zones désertiques, elle est presque accessoire. Mais lorsqu’il s’agit d’un volcan comme le Vésuve qui menace la ville de Naples, c’est une autre paire de manches ! Le jour où le pétard campanien va montrer des signes de réveil, on verra exactement où en est la volcanologie actuelle. Il faudra faire vite, très vite, et ne pas se tromper !
Je rappellerai pour terminer qu’un volcan est aussi une leçon de modestie. Il y a quelques années, un volcanologue titrait dans le magazine Geo à propos du Piton de la Fournaise « Le volcan apprivoisé » ! Il se vantait d’être allé danser la sarabande auprès des sismographes et d’être allé à l’observatoire voir le résultats de ses cabrioles. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que quelques jours plus tard, le volcan allait lui donner une leçon et commencer une éruption qui n’était pas annoncée… !

Soufriere Hills (Ile de Montserrat)

medium_drapeaufrancais.247.jpg Après la crise éruptive du 8 janvier, le volcan semble s’être calmé, même si l’on peut penser que ce calme n’est que provisoire. On a enregistré 4 coulées pyroclastiques d’une longueur maximale de 1,5 km le 9 janvier et une seule le 10. La sismicité est basse, ponctuée essentiellement par des effondrements de blocs. On note une émission quasi permanente de gaz et de cendre à partir d’une bouche dans la partie supérieure ouest du dôme.
Rappelons que le volcan de Soufriere Hills est en éruption depuis 1995, année où les avalanches incandescentes ont totalement détruit la capitale Plymouth et entraîné une évacuation massive de la population.
L’île de Montserrat fait partie de l’arc des Petites Antilles, une zone très active tant d’un point de vue volcanique que sismique. Elle est marquée par la subduction de la plaque nord américaine sous la plaque caraïbe, avec des décrochements au nord et au sud.
Le volcanisme explosif généré par cette situation est le plus dangereux et la volcanologie moderne est particulièrement démunie devant ce type de volcans.

medium_drapeau_anglais.240.jpg After the eruptive crisis of January 8th, the volcano seems to have calmed down, even though we may think the lull is just temporary. Four pyroclastic flows with a maximum length of 1.5 km were recorded on January 9th and only one on January 10th. Seismicity is low, with a few rockfalls. A vent on the upper western side of the dome is releasing a continuous emission of gas and ash.
Let’s keep in mind the volcano has been erupting since 1995 when pyroclastic flows destroyed Plymouth, the capital, forcing the evacuation of its inhabitants.
The island of Montserrat is one of the Smaller Antilles, a very active zone, as well from a volcanic as from a seismic point of view. It is characterised by the subduction of the north American plate under the Carribean plate, with thrust faults to the north and the south.
The volcanism generated by this situation is the most dangerous and modern volcanology is powerless in front of this type of volcanoes.

Telica (Nicaragua)

medium_drapeaufrancais.246.jpgLe volcan a connu une séquence éruptive le mardi 9 janvier dans l’après-midi, avec un panache de cendres qui n’a cependant causé ni dégâts, ni évacuation de population.
C’est la première fois en plus deux ans que le volcan – situé à environ 90 km de la capitale Managua – connaît une telle éruption. Selon l’Institut National des Etudes Territoriales, le nuage de cendres s’est élevé jusqu’à environ 4 km au-dessus du cratère. Le panache s’est ensuite étiré sur une soixantaine de kilomètres vers le sud-ouest.

medium_drapeau_anglais.239.jpgThe volcano spewed ash into the air Tuesday but caused no major damage and did not force any evacuations.
The eruption, 55 miles west of the capital of Managua, was the first in more than two years
The National Institute of Territorial Studies said the ash erupted about 1,500 feet above the crater.
The plume then extended over 35 nautical miles to the south-west of the volcano.

Soufrière Hills (Ile de Montserrat)

medium_drapeaufrancais.245.jpgLe volcan a émis hier à l’aube un très volumineux panache de cendres jusqu’à 8 km d’altitude. Trois explosions ont été entendues à Woodlands, au nord du volcan. Elles ont déclenché des coulées pyroclastiques qui ont parcouru 5 km jusque dans l’entrée de la Belham River.
Les autorités craignent que cette crise soit l’annonce d’événements plus importants. Une cinquantaine des familles habitant sur le flanc nord-ouest du volcan devaient recevoir hier un ordre d’évacuation.

medium_drapeau_anglais.238.jpgThe volcano emitted yesterday at sunrise a very voluminous ash plume up to 8 km a.s.l. Three explosive events were heard at Woodlands, to the north of the volcano. They triggered pyroclastic flows that travelled 5km, as far as the head of the Belham River.
Local authorities fear that this crisis may just be the beginning of more powerful events. Fifty families living on the north-western flank of the volcano were to receive yesterday an evacuation order.