Islande : éruption en vue ? Allez savoir ! // Iceland : eruption in sight ? Who knows ?

Notre incapacité à prévoir avec précision les éruptions volcaniques permet de jouer au jeu des pronostics. Après nous avoir expliqué que le soulèvement du sol avait ralenti dans la région de Svartsengi, le Met Office nous informe aujourd’hui que du magma s’accumule à nouveau sous la péninsule de Reykjanes et les volcanologues locaux affirment qu’une nouvelle éruption pourrait se produire à tout moment. Le sol près de Svartsengi s’est maintenant soulevé davantage qu’avant l’éruption du 18 décembre 3023. Cela montre que la chambre magmatique située sous Svartsengi a désormais reconstitué 75 % du magma évacué par l’éruption de décembre.
Cette situation indique qu’une nouvelle éruption est en préparation. Le site le plus probable est la ligne de cratères de Sundhnúkur, entre Stóra-Skógfell et Hagafell.

Autre question : le Blue Lagoon devra-t-il être à nouveau fermé ?

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Our inability to accurately predict eruptions allows to play the game of predictions. After telling us that ground uplift had slowed down in the Svartsengi area, the Met Office informs us today that magma is collecting below Iceland’s Reykjanes peninsula again and experts say another eruption could happen at any time. The land by Svartsengi has now risen more than it did before the 18 December 3023 eruption. This shows the magma chamber beneath Svartsengi has now replenished 75% of the magma expelled by the December eruption.

These developments indicate that another eruption is on the way. The most likely location is the Sundhnúkur Crater Row, between Stóra-Skógfell and Hagafell mountains.

Another question is : Will the Blue Lagoon need to be closed again ?

Phase initiale de l’éruption du 18 décembre 2023

Rencontre rapprochée avec Io, la lune de Jupiter (suite) // Close encounter with Io, Jupiter’s moon (continued)

Dans une note publiée le 29 décembre 2023, j’écrivais que le vaisseau spatial Juno de la NASA devait effectuer un survol rapproché de Io, la lune de Jupiter, ce qu’aucun vaisseau spatial n’avait réalisé depuis plus de 20 ans. À environ 1 500 kilomètres de la surface de la planète volcanique, le survol devait permettre aux instruments de Juno de fournir une mine de données.
Comme prévu, le vaisseau spatial de la NASA s’est approché de Io et est passé à environ 1 500 kilomètres de sa surface le 30 décembre 2023. Juno a pu capturer des images incroyablement détaillées de la lune de Jupiter.

 

La seule fois où un vaisseau spatial de la NASA s’est rapproché d’Io, c’était en 2001, lorsque Galileo est passé à 181 kilomètres au-dessus du pôle sud d’Io.
Juno a été lancée le 5 août 2011 et a atteint Jupiter et son système lunaire le 4 juillet 2016 après un voyage de 2,8 milliards de kilomètres.
Le but de ce survol à basse altitude n’était pas seulement de prendre des photos spectaculaires, mais aussi de collecter des données importantes sur Io et son volcanisme. Comme je l’expliquais dans ma note du 29 décembre, « en combinant les données de ce survol avec des observations précédentes, l’équipe scientifique de Juno espérait étudier le comportement très fluctuant des volcans d’Io ». En particulier, les chercheurs voudraient savoir « à quelle fréquence ces volcans entrent en éruption, à quel moment ils sont sont brillants et atteignent de très hautes températures, comment change la morphologie des coulées de lave, et comment l’activité d’Io est liée au flux de particules chargées dans la magnétosphère de Jupiter ».

L’instrument JunoCam a acquis six images de Io au cours du survol à basse altitude. Une photo en noir et blanc a été prise à une altitude d’environ 2 500 kilomètres.

 

Io doit son statut de corps volcanique le plus actif du système solaire à l’immense gravité de Jupiter, la planète la plus volumineuse du système solaire, ainsi qu’à l’influence gravitationnelle des autres lunes de Jupiter —  Europe, Ganymède et Callisto. Ensemble, ces lunes et Jupiter exercent une traction et une poussée sur Io, ce qui génère des forces de marée. Ces forces sont si intenses qu’elles peuvent faire varier la surface d’Io avec des extrêmes allant jusqu’à 100 mètres. En conséquence, la surface d’Io, un corps à peu près de la même taille que notre Lune, est recouverte de centaines de volcans actifs qui crachent de la lave jusqu’à des dizaines de kilomètres au-dessus de sa surface.

Les lunes de Jupiter : Callisto, Ganymède, Europe et IO

Juno devrait effectuer un nouveau survol à basse altitude de Io (1 500 km) le 2 février 2023. En fait, ce ne sera pas la dernière fois que le vaisseau spatial s’approchera de Io, mais ces survols deviendront de plus en plus éloignés de la surface.
Juno atteindra la fin de sa mission en septembre 2025 lorsque la NASA fera s’écraser le vaisseau spatial dans l’atmosphère de Jupiter, concluant ainsi 9 années d’étude de la géante gazeuse et de ses lunes.
Le catalogue complet des images brutes d’Io prises par le vaisseau spatial en décembre 2023 est disponible sur le site web de la mission Juno :
https://www.missionjuno.swri.edu/junocam/processing?source=junocam&phases%5B%5D=PERIJOVE+57

Source : NASA, space.com.

Images transmises par la sonde Juno le 30 décembre 2023

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As I put it in a post released on December 29th, 2023, NASA’s Juno spacecraft was expected to make the closest flyby of Jupiter’s moon Io that any spacecraft had made in over 20 years. Coming within roughly 1,500 kilometers from the surface of the most volcanic world in our solar system, the pass was expected to allow Juno instruments to generate a firehose of data.

As predicted, NASA’s Juno spacecraft came close to the planet’s moon and passed within around 1,500 kilometers from its surface on December 30th, 2023, Juno was able to capture stunningly detailed images of the Jovian moon. The only time a spacecraft has come closer to Io was in 2001, when NASA’s Galileo spacecraft passed 181 kilometers above Io’s south pole.

Juno was launched on August 5th, 2011, and reached Jupiter and its system of moons on July 4th, 2016 after a 2.8-billion-kilometer journey.

The purpose of the close passage was not just to take some incredible images, but also to collect important data about Io and its volcanism. As I explained in my 29 December post, « by combining data from this flyby with previous observations, the Juno science team hoped to study how Io’s volcanoes vary. » In particular, researchers are looking for « how often they erupt, how bright and hot they are, how the shape of the lava flow changes, and how Io’s activity is connected to the flow of charged particles in Jupiter’s magnetosphere. »

The JunoCam instrument acquired six images of Jupiter’s moon Io during its close encounter today. This black-and-white view was taken at an altitude of about 2,500 kilometers.

Io gets its status as the solar system’s most volcanic body as a result of the immense gravity of Jupiter, the most massive planet in the solar system, in addition to the gravitational influence of the other large Jovian moons  —  Europa, Ganymede and Callisto. Together, the Jovian moons and Jupiter pull and push on Io, generating tidal forces. These tidal forces are so immense they can cause the surface of Io to rise and drop by extremes as great as 100 meters. As a result, the surface of Io, a body roughly the same size as Earth’s moon, is covered in hundreds of active volcanoes that spew lava as high as dozens of kilometers above its surface.
Juno is expected to make another close approach to Io (1,500 km) on February 2nd, 2023. Actually, that won’t be the last time Juno makes a close approach to Io, but these flybys will get subsequently more and more distant.

After the final approach to Io, Juno will reach the end of its mission in September 2025 when the spacecraft will be intentionally crashed into the atmosphere of Jupiter, concluding its 9-year study of the gas giant and its moons.

The full catalog of the spacecraft’s Decembe 2023 raw images of io are available on the Juno mission website :

https://www.missionjuno.swri.edu/junocam/processing?source=junocam&phases%5B%5D=PERIJOVE+57

Source : NASA, space.com.

Islande : nouvelle carte de risques // Iceland : new hazard map

Une nouvelle carte de risques a été publiée par le Met Office islandais.

Carte actuelle

 

Le principal changement par rapport à la carte précédente concerne la région de Svartsengi (zone 1), qui présente désormais un niveau de risque modéré, reflétant une diminution d’activité par rapport à la carte précédente.

Carte précédente

Ce changement est justifié par l’absence de formation de fractures superficielles majeures dans le secteur. De plus, les dernières observations font de Sundhnúksgígar le lieu le plus probable pour une éruption.

A noter la réouverture du Blue Lagoon le 6 janvier au matin…en espérant qu’une fermeture n’interviendra pas dans les 24 heures!! De plus, le port de Grindavik devrait reprendre une activité normale la semaine prochaine.

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A new hazard map has been issued byThe Icelandic Met Office. The main change compared with the previous map affects the Svartsengi region (zone 1), which is now considered to be at a moderate hazard level, reflecting a decrease from the previous map. The justification for this change is that no new major fractures have formed lately in the area. Moreover, the latest observations make Sundhnúksgígar the prime location for an eruption.

The Blue Lagoon reopened on January 6th in the morning. Let’s hope it will not close in the next 24 hours!! It is expected that all operations at Grindavík harbour will start again next week.

Quelques nouvelles d’Islande // Some news from Iceland

Le 3 janvier 2024, un séisme de M 4,5, suivi d’un événement de M 3,9, s’est produit près de Trölladyngja, un volcan situé sur la péninsule de Reykjanes entre Grindavík et la capitale, avec une série de répliques. Le Met Office précise que les séismes se sont produits à environ 20 km au NNE de Svartsengi, à une profondeur d’environ 5 km et ont probablement été déclenchés suite à la libération de contraintes dans le sol sur la péninsule de Reykjanes. Les secousses ont été ressenties dans toute la région sud-ouest de l’Islande. Quelques 640 autres séismes ont été enregistrés depuis le séisme du 3 janvier, mais leur fréquence a rapidement diminué. Aucune anomalie géologique n’a été observé à Svartsengi lors de la dernière activité sismique. De la même manière, le Met Office indique que le soulèvement du sol à proximité de la centrale électrique de Svartsengi se poursuit, même si la vitesse de soulèvement a considérablement ralenti ces derniers jours.
Suite aux séismes du 3 janvier, certaines personnes ont évoqué la construction de digues de protection dans la partie la plus occidentale de Hafnarfjörður, étant donné que l’activité sismique pourrait indiquer une possible activité éruptive près de la ville dans les années à venir. Cependant, le département de Protection civile a fait savoir que toute discussion à propos de digues de protection pour la zone de la capitale était prématurée. De toute façon, une évaluation complète des risques liés à l’activité volcanique dans la région est en cours depuis 2012.

Source : Iceland Review, Met Office.

Les étoiles vertes indiquent les 2 principaux séismes du 3 janvier 2024 (Source: Met Office)

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On January 3rd, 2024, an M 4.5 earthquake, followed by another M 3.9 event occurred near Trölladyngja, a volcano located on the Reykjanes peninsula between Grindavík and the capital area, with a series of aftershocks. The Met Office specifies that the earthquakes occurred about 20 km NNE of Svartsengi, at a depth of approximately 5 km and were likely triggered in response to stress released from earth movement elsewhere on the Reykjanes Peninsula. These earthquakes were widely felt in the southwest region of Iceland. In all, about 640 tremors have been recorded since the earthquake, but their frequency rapidly decreased. No signs of geological unrest were observed in Svartsengi during the latest seismic activity. In the same way, the Met Office indicates that land uplift near the Svartsengi Power Station continues, although the rate has significantly slowed in recent days.

Following the 3 January quakes, there was discussion about the construction of protective barriers in the westernmost part of Hafnarfjörður given that the seismic activity might indicate possible eruptions near the town in the coming years. However, the Department of Civil Protection said that any discussion of protective barriers for the capital area was premature while a comprehensive hazard assessment for volcanic activity in the area has been underway since 2012. .

Source : Iceland Review, Met Office.