La fonte du permafrost en Sibérie (suite) // The melting of permafrost in Siberia (continued)

Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes, en Russie les scientifiques mettent en garde contre la menace d’explosions de méthane, aussi soudaines que spectaculaires, qui pourraient créer de nouveaux cratères géants dans le nord de la Sibérie. Ils utilisent les satellites pour surveiller des monticules faits de glace et de terre – connus sous le nom de pingos – qui pourraient exploser dans un avenir très proche. Un pingo peut atteindre 70 mètres de hauteur, avec un diamètre 600 mètres (voir photo ci-dessous).
Selon les scientifiques de l’Institut Trofimuk de géologie et de géophysique pétrolière de Novossibirsk, le risque est particulièrement élevé dans la Péninsule de Yamal, là où se trouvent les plus grandes réserves de gaz naturel du monde.

Un article paru dans le Siberian Times nous apprend que des scientifiques ont découvert jusqu’à 7 000 «bulles» remplies de gaz et prêtes à exploser en Sibérie arctique au cours d’un exercice impliquant des équipes sur le terrain et la surveillance par satellite. Un certain nombre de cratères, comme celui de la photo ci-dessous, sont apparus au nord de la Sibérie ces dernières années et ils sont étudiés avec soin par les scientifiques qui sont persuadés qu’ils se sont formés quand des pingos ont explosé.
Le chiffre de 7 000 « bulles » dont fait état l’agence TASS est nettement plus élevé que précédemment. La région a connu plusieurs exemples récents d’ouvertures de tels cratères provoquées par l’explosion du méthane suite au dégel du pergélisol provoqué par le changement climatique.
La branche Oural de l’Académie des Sciences de Russie est persuadée que la fonte du permafrost est la cause de la formation des bulles de gaz. Cependant, en certains endroits, le phénomène est quelque peu différent et ne se traduit pas par l’explosion de pingos. On assiste à la formation de bulles baptisées «toundra tremblante». Néanmoins, leur apparition à des latitudes aussi élevées est probablement liée, comme pour les pingos, à la fonte du permafrost liée elle-même à l’élévation globale de la température au nord de l’Eurasie au cours des dernières décennies.
Le méthane a montré des taux de concentration 1000 fois supérieurs à la normale, tandis que le dioxyde de carbone était 25 fois supérieur à la normale. Les premières mesures avaient montré des concentrations de méthane 200 fois supérieures aux niveaux habituels. On a recensé une quinzaine d’exemples de terrain sibérien instable en juillet dernier sur l’île Bely, un lieu fréquenté par les ours polaire, à environ 750 km au nord du cercle polaire arctique dans la mer de Kara. Un chercheur qui se trouvait sur le terrain a déclaré: «Chaque fois que nous retirions une touffe d’herbe et de terre, un jet de gaz jaillissait.».
Le dernier été a été anormalement chaud sur la Péninsule de Yamal, avec la température de l’air qui atteignait 35°C. Cette chaleur a eu un impact sur le pergélisol qui a fondu sur une surface plus vaste et une plus grande profondeur que par le passé. Cela a provoqué la formation de nouveaux lacs et des changements significatifs dans le paysage de la toundra.
Source: The Siberian Times.

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As I put it in several posts, in Russia, scientists are warning of the threat of sudden and dramatic methane explosions creating new giant craters in northern Siberia. They are using satellites to monitor ice and soil humps – known as a pingos – which they fear can soon erupt. A pingo can be as high as 70 metres and up to 600metres in diameter (see photo below)
According to scientists from the Trofimuk Institute of Petroleum Geology and Geophysics in Novosibirsk, at special risk is the Yamal Peninsula, the location of the world’s largest natural gas reserves.

An article in the Siberian Times informs us that scientists have discovered as many as 7,000 gas-filled ‘bubbles’ expected to explode in Actic regions of Siberia after an exercise involving field expeditions and satellite surveillance. A number of large craters, like the one in the photo below, have appeared in northern Siberia in recent years and they are being carefully studied by scientists who believe they were formed when pingos exploded.

The total of 7,000 “bubbles” reported by the TASS news agency is startlingly more than previously known. The region has seen several recent examples of sudden ‘craters’ caused by eruptions from methane gas released by the thawing of permafrost which is triggered by climate change.

The Ural branch of Russian Academy of Science says that thawing permafrost is a suspected reason for the cause of underground gas bubble formation. However, on some occasions, the phenomenon appears different from the exploding pingo events. These bubbles have been called ‘trembling tundra’. Nevertheless, their appearance at such high latitudes is most likely linked, like the pingos, to thawing permafrost which in is in turn linked to overall rise of temperature on the north of Eurasia during last several decades.

Methane has exceeded the norm 1,000 times, while carbon dioxide was 25 times above the norm. Initial measurements suggested methane levels 200 times above usual levels. Some 15 examples of this swaying Siberian ground were revealed last July on Bely Island, a polar bear outpost some 750 km north of the Arctic Circle in the Kara Sea. One research team account at the scene said: ‘As we took off a layer of grass and soil, a fountain of gas erupted.’

The last summer was abnormally hot for the Yamal peninsula, with the air temperature reaching 35°C. This heat impacted on the depth of seasonal thawing which grew deeper and spread wider than in the past, so causing the formation of new lakes and a noticeable change in the regional tundra landscape.

Source : The Siberian Times.

Exemple de pingo en Sibérie (Crédit photo: Wikipedia)

Cratère d’explosion de méthane en Sibérie (Crédit photo: Wikipedia)

Exemple de fonte de la toundra (Photo: C. Grandpey)

2017: Centenaire du Parc National du Denali (Alaska) // 100th anniversary of Denali National Park (Alaska)

L’année 2016 a marqué le 100ème anniversaire de la création du service des parcs nationaux aux États-Unis, avec des millions de visiteurs venus participer à des festivités. En cette année 2017, l’Alaska célèbre un autre anniversaire, celui du Denali National Park and Preserve qui a eu 100 ans au mois de février. Moins connu parce que plus loin que Yellowstone, par exemple, le Parc National du Denali est l’une de mes destinations préférées aux États-Unis, bien que les montagnes qui s’y trouvent ne soient pas des volcans.
Le Denali – « celui qui est haut », en langue athapascane – porte ce nom depuis 2015, suite à la décision du Président Obama d’abandonner l’ancienne appellation McKinley. Il avait fasciné en 1908 le conservationniste Charles Sheldon qui avait décidé de plaider la cause de ce «Yellowstone de l’Alaska». D’une superficies de 23 310 kilomètres carrés et reconnu pour sa splendeur sauvage quand le président Woodrow Wilson l’a élevé au rang de Park National en 1917, le territoire du Mont McKinley avait déjà attiré des milliers de personnes désireuses de pénétrer dans un lieu protégé, loin de l’influence humaine. Il symbolisait la faune, les montagnes, et la nature sauvage, contrairement à certains autres parcs populaires situés dans des parties plus accessibles des États-Unis.
Il est vrai que le Parc National du Denali est l’un des endroits les plus accessibles avec son entrée principale le long de la Parks Highway. On trouve tout autour de nombreux terrains de camping et des possibilités d’hébergement. 599 822 personnes ont visité le Parc du Denali en 2016 (j’étais parmi elles!), soit environ 10 000 de plus que l’année précédente et une forte augmentation par rapport aux 388 433 en 2012.
Le Parc est réputé pour sa faune, et les visiteurs espèrent voir le plus grand nombre possible d’espèces animales avant de repartir. Comme en Afrique, la plupart viennent voir les «Big Five» : élan, mouton de Dall, loup, caribou et grizzly. La plupart des animaux sauvages qui vivent dans le parc disposent de 23 000 km2 et ne sont pas dérangés par les humains.
J’ai visité le Parc National du Denali à deux reprises et chaque fois, j’ai éprouvé un grand plaisir à voyager au sein de la toundra, avec des rencontres avec un grizzly ou un élan, et les 6190 mètres du Denali en toile de fond. Les deux visites étaient en septembre, lorsque la toundra vire au rouge et les bouleaux deviennent des îles jaunes dans l’immensité du Parc. J’ai encore à l’esprit les vues sur le Denali et de ses glaciers quelques minutes avant l’atterrissage à l’aéroport d’Anchorage. Il est difficile de comparer le Parc du Denali à celui de Yellowstone. Bien que tous deux soient facilement accessibles, ils sont totalement différents, essentiellement parce qu’il n’y a pas de sources chaudes et de geysers dans le Parc National du Denali. En outre, bien qu’ils soient tous les deux situés dans des zones montagneuses, les paysages sont très différents. La meilleure façon de comparer ces deux parcs nationaux est … de leur rendre visite!

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Last year marked the 100th anniversary of the National Park Service in the United States, with millions of visitors attending festivities to celebrate. But this year is Alaska’s opportunity for a centennial milestone. Denali National Park and Preserve turned 100 in February 2017. Less known and a farther destination than Yellowstone, Denali is one of my favourite destinations in the U.S., although the mountains are not volcanoes.

Encompassing more than 9,000 square miles of alpine tundra, taiga forest, and mountains including North America’s highest peak, Denali has attracted attention since conservationist Charles Sheldon first raised field glasses to his eyes in 1908 and decided to advocate for this « Yellowstone of Alaska. » Defined almost immediately by its wildness when designated by President Woodrow Wilson in 1917, what was then called Mount McKinley National Park attracted thousands of people wanting to experience a place shielded from much human influence. Denali meant wildlife, mountains, and wilderness, unlike popular parks in more accessible parts of the United States.

Denali is one of the most accessible places for Alaska families with an easy-to-reach entrance along the Parks Highway and plenty of campgrounds and lodging options for overnight stays. 2016 brought 599,822 visitors (I was among them!), about 10,000 more than the previous year and a big increase from the 388,433 in 2012.

Denali National Park and Preserve is famous for its wildlife, and visitors want to see as many species as possible before leaving. Like in Africa, the bulk of Denali’s visitors come to see the ‘Big Five:’ moose, Dall sheep, wolves, caribou, and grizzly bear. Most of the wild animals that live in the Park have 6 million acres to roam and explore undisturbed by humans.

I visited Denali National Park and Preserve twice and each time, I felt a great pleasure while travelling across the tundra, with some unexpected encounters with a grizzly or a moose and Denali peak in the background. Both visits were in September when the tundra gets red and the birch trees are yellow islands in the immensity of the Park. I can also remember the views on the mountains and its glaciers a few minutes before landing in Anchorage Ted Stevens Airport. It is difficult to compare Denali with Yellowstone. Although they are both easily accessible, they are quite different, essentially because there are no hot springs and geysers in Denali National Park. Besides, although they are both located in mountainous areas, the landscapes are very different. The best way to compare these two national parks is…to pay them a visit!

Photos: C. Grandpey

 

Denali, le roi de l’Alaska ! // Denali, the king of Alaska !

drapeau-francaisComme je l’ai expliqué dans une note le 17 mars 2015 (https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/03/17/le-mont-mckinley-est-il-un-volcan-non-could-mt-mckinley-be-a-volcano-no/), le Denali – qui s’appelait encore à l’époque McKinley – n’est pas un volcan. Il appartient à la Chaîne de l’Alaska qui, contrairement à celles des Aléoutiennes au sud-ouest, n’est pas volcanique et ne possède donc pas d’édifices comme le Spurr, L’Iliamna ou le Redoubt.  Dominant la Chaîne de l’Alaska de ses 6194 mètres, le Denali est le plus haut sommet de tout le continent nord-américain. Même si ce n’est pas un volcan, j’aime beaucoup cette région de l’Alaska. Il ne faut pas avoir d’œillères ; il n’y a pas que de beaux volcans sur Terre !

C’est à l’occasion de la dernière visite de Barack Obama en Alaska, en septembre 2015, que la montagne a retrouvé son nom autochtone Denali, «celui qui est haut». Le peuple autochtone koyukon athabascan l’avait baptisé « Deenaalee ». Même si la montagne portait le nom d’un ancien président depuis 1896, les Alaskiens n’ont jamais cessé de l’appeler Denali.

Tout le monde n’a pas apprécié la décision du Président Obama ! Les autorités de l’Ohio la considèrent comme une insulte. En effet, c’est en 1896 qu’un chercheur d’or avait baptisé la montagne du nom de William McKinley, originaire de l’Ohio, qui venait tout juste de remporter l’investiture républicaine. Le président McKinley est mort assassiné en 1901… sans jamais avoir mis les pieds en Alaska. Chaque année, depuis 40 ans, l’Alaska réclamait le changement de nom auprès du gouvernement fédéral et chaque année, un représentant de l’Ohio bloquait le processus. Cette fois-ci, le Département de l’Intérieur est intervenu pour mettre fin à cette dispute, juste à temps pour la visite du président.

Le Parc National du Denali est une pure merveille. Une route unique le traverse, autorisée aux véhicules particuliers sur une vingtaine de kilomètres seulement. Pour visiter le Parc, il faut emprunter l’une des navettes. On traverse d’abord la taïga, avant de déboucher dans la toundra qui revêt une splendide couleur rouge à l’automne qui débute dès le mois d’août dans la région. Les dernières haltes de la navette permettent de découvrir le Denali dans toute sa splendeur….si le temps est de la partie car la montagne disparaît fréquemment dans les nuages.

Lors de mon dernier voyage en Alaska en septembre 2016, j’avais déjà pu admirer le Denali et ses glaciers depuis le hublot de l’avion. Lors de ma visite dans le Parc en 2016, il avait tendance à disparaître derrière les nuages, alors qu’en 2009 la vue était somptueuse. Cette année, je l’ai revu en conduisant vers Talkeetna, petite bourgade au nord d’Anchorage

Voici quelques photos ci-dessous…

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drapeau-anglaisAs I explained in a note written on March 17th, 2015 (https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/03/17/le-mont-mckinley-est-il-un-volcan-non-could-mt-mckinley- be-a-volcano-no /), Denali – which was still called McKinley when I wrote the note – is not a volcano. It belongs to the Alaska Range which, unlike the Aleutian range to the south-west, iis not volcanic and does not possess peks like Mt Spurr, Iliamna or Redoubt. High above the Alaska Range with 6,194 meters, Denali is the tallest peak of the entire North American continent. Although it is not a volcano, I love this region of Alaska. One should not have blinkers; there are not only volcanoes on Earth!
It was during Barack Obama’s last visit to Alaska, in September 2015, that the mountain regained its Aboriginal name “Denali”, « the high one. » It was the Koyukon Athabascans who baptized the mountain “Deenaalee”.. Although the mountain was named after a former president since 1896, Alaskans have never stopped calling it Denali.
Everyone did not like President Obama’s decision! Ohio authorities saw it as an insult. Indeed, it was in 1896 that a gold digger had given the mountain the name of William McKinley, from Ohio, who had just won the Republican nomination. President McKinley was assassinated in 1901 … without ever having set foot in Alaska. Every year for 40 years, Alaska had asked the federal government to change the name of the mountain, and each year an Ohio representative blocked the process. This time, the Department of Interior intervened to end this dispute, just in time for the President’s visit.
Denali National Park is a marvel. A single road allows private vehicles to drive about twenty kilometers into the Park. To visit the Park, you need to take one of the shuttles. The road first passes through the taiga, before arriving into the tundra which puts on beautiful red colours in autumn that starts as early as August in the region. The last shuttle stops allow visitors to discover Denali in all its splendor … if the weather is fine because the mountain frequently disappears in the clouds.
During my last trip to Alaska in September 2016, I had already watched Denali and its glaciers from the airplane window. During my visit in the Park in 2016, it sometimes disappeared behind the clouds, while in 2009 the view was magnificent. This year I saw Denali while driving to Talkeetna, a small town north of Anchorage
Here are some photos…

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Vue aérienne du massif du Denali

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Vue du Denali depuis Wonder Lake

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Zone sommitale du Denali

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Vue du Denali depuis Talkeetna

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Taïga dans le Parc National du Denali

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Toundra dans le Parc National du Denali

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Rencontres dans le Parc National du Denali

(Photos: C. Grandpey)