Cinquième anniversaire de l’Accord de Paris sur le Climat et le réchauffement climatique s’accélère ! // Fifth anniversary of the Paris Climate Agreement and global warming is accelerating !

Ce 12 décembre 2020, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, la France, le Royaume-Uni et les Nations Unies organisent le Climate Ambition Summit, en partenariat avec le Chili et l’Italie. Le but du sommet est de voir quels sont les progrès réalisés depuis 2015 par les États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Il est bon de rappeler que sur les 194 pays qui ont signé l’Accord de Paris, 189 ont officiellement ratifié le texte avec l’objectif de contenir le réchauffement planétaire à 2°C maximum d’ici à la fin du siècle, et même 1,5°C. Les États-Unis, sous l’administration Trump, sont sortis de l’Accord le 4 novembre 2020, mais vont y revenir début 2021 avec Joe Biden.

A l’heure actuelle, il est clair que l’on est loin des engagements pris par les États en 2015. La planète se trouve sur une trajectoire de plus 3°C de réchauffement d’ici 2100. Comme je l’ai indiqué précédemment, en 2019, les CONCENTRATIONS de  CO2 dans l’atmosphère ont atteint un nouveau record. Certes, les émissions ont baissé pendant la crise sanitaire de la Covid-19, mais sans effet visible sur les concentrations atmosphériques. Tous les scientifiques s’accordent pour dire qu’il faudra plusieurs décennies pour que l’atmosphère se purifie, à condition que des mesures efficaces soient prises pour réduire les GES.

2020 est en passe de devenir l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. La banquise et les glaciers fondent à une vitesse vertigineuse, les événements extrêmes (ouragans, incendies de végétation, inondations, etc.) se multiplient. Il faudra autre chose que les mesurettes prises par la France pour contrer le réchauffement climatique. Il faut absolument que les gouvernements baissent leur production de combustibles fossiles. Selon le GIEC, il faudrait que les émissions mondiales diminuent de 45 % d’ici à 2030 par rapport à 2010, si on souhaite contenir le réchauffement à 1,5°C d’ici à la fin du siècle.

Cet automne 2020, les États-Unis, avec l’arrivée de Joe Biden, ainsi que le Japon et la Corée du Sud ont promis d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. La Chine a déclaré, en septembre dernier, qu’elle le ferait avant 2060. L’UE et le Royaume-Uni se sont aussi fixés comme objectif de parvenir à la neutralité climatique d’ici 2050.

Espérons qu’il ne s’agit pas de vaines promesses et que nos gouvernements cesseront de faire passer les intérêts économiques avant le bien-être de notre planète.

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Today December 12th, 2020, on the occasion of the fifth anniversary of the Paris Climate Agreement, France, the United Kingdom and the United Nations are organizing the Climate Ambition Summit, in partnership with Chile and Italy. The aim of the summit is to see what progress has been made since 2015 by states in reducing their greenhouse gas (GHG) emissions.

It is worth recalling that of the 194 countries that signed the Paris Agreement, 189 have officially ratified the text with the objective of containing global warming to a maximum of 2°C by the end of the century, and even 1.5°C. The United States, under the Trump administration, exited the Accord on November 4th, 2020, but will return to it in early 2021 with Joe Biden.

At present, it is clear that we are far from the commitments made by the States in 2015. The planet is on a trajectory of more than 3°C of warming by 2100. As I indicated previously , in 2019, CO2 CONCENTRATIONS in the atmosphere reached a new record. Of course, emissions fell during the Covid-19 health crisis, but with no visible effect on atmospheric concentrations. All scientists agree that it will take decades for the atmosphere to purify itself, provided effective measures are taken to reduce GHGs.

2020 is about to become one of the three hottest years on record. The ice sheet and glaciers are melting at breakneck speed, extreme events (hurricanes, wildfires, floods, etc.) are on the increase. It will take something other than the measures taken by France to counter global warming. It is imperative that governments reduce their production of fossil fuels. According to the IPCC, global emissions would have to decrease by 45% by 2030 compared to 2010, if we want to contain warming to 1.5 ° C by the end of the century.

This autumn 2020, the United States, with the arrival of Joe Biden, as well as Japan and South Korea pledged to achieve carbon neutrality by 2050. China said last September that it would do so before 2060. The EU and the UK have also set themselves the goal of achieving climate neutrality by 2050.

Let’s hope these are not empty promises and that our governments stop putting economic interests above the well-being of our planet.

A gauche, l’évolution des concentrations de CO2 au cours des 5 dernières années.

A droite, l’évolution des concentrations de CO2 depuis 1958, année de la création le l’Observatoire du Mauna Loa.

(Source: NOAA / Scripps Institution of Oceanography)

 

Nations Unies : « Nous sommes proches d’une catastrophe climatique »

Je suis en attente des statistiques de la NASA et de la NOAA sur les températures à la surface des terres et des océans pour le mois de novembre 2020 ; elles devraient arriver vers le milieu du mois de décembre, mais on sait d’ores et déjà qu’elles continueront à être inquiétantes.

Dans son dernier discours sur l’état de la planète, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a réaffirmé que nous sommes proches d’une catastrophe climatique ».

Selon les premières estimations, on sait déjà que l’année 2020 sera très probablement parmi les trois années les plus chaudes depuis l’ère préindustrielle. Elle se situerait à 1,2°C au-dessus de la température moyenne de l’ère préindustrielle. Cela signifie que la limite de 1,5°C préconisée par l’Accord de Paris de 2015 pourrait être atteinte, voire dépassée, dès 2024 !

Les confinements causés par la pandémie de Covid-19 ont certes provoqué une baisse drastique de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre, mais cela n’a pas freiné la hausse de leur concentration dans l’atmosphère. Car c’est bien le mot « concentration » qui est le plus important et le plus inquiétant, comme le confirme en permanence la Courbe de Keeling.

Le rapport de l’ONU examine les effets du réchauffement climatiques sur plusieurs secteurs :

– Températures : de janvier à octobre 2020, les températures globales de notre planète se situaient à 1,2 degré Celsius au-dessus de l’ère préindustrielle. La dernière décennie, 2011-2020, est la plus chaude jamais enregistrée.

– Vagues de chaleur : Comme je l’ai rappelé à plusieurs reprises, 2020 a été une année exceptionnellement chaude en Russie, tout particulièrement en Sibérie. La période de janvier à août 2020 a été 3,7 degrés au-dessus de la moyenne de la région, pulvérisant le record établi en 2007, avec des dépassements atteignant parfois 5 degrés Celsius.

– Réchauffement des océans : les deux dernières décennies ont connu une augmentation constante des températures océaniques. En 2020, 82 % de l’océan a connu au moins une vague de chaleur. On sait que ce réchauffement des eaux de surface océaniques contribue à intensifier la puissance des ouragans et autres typhons

– Acidification des océans : les océans absorbent environ 23 % des émissions anthropiques de CO2 chaque année, mais cela provoque leur acidification, avec de lourdes conséquences sur les écosystèmes marins.

– Catastrophes naturelles : la presse internationale a longuement parlé des incendies d’une ampleur exceptionnelle qui ont ravagé la Californie durant l’été, mais aussi l’Australie entre fin 2019 et début 2020. Tous ont été causés par le réchauffement climatique qui a asséché la végétation. A côté de ces incendies, l’ONU pointe aussi des événements comme les inondations importantes en Asie, et des sécheresses en Afrique du Sud.

– Montée des eaux : le niveau de la mer s’élève en moyenne de 3,29 millimètres chaque année, « avec un pic en 2020 » selon le rapport onusien. Fin 2020, cette hausse du niveau des océans a été tempérée par le retour de La Niña dans les eaux du Pacifique tropical.

– Banquise : 152 gigatonnes de glace ont été perdues par la fonte de calottes glaciaires entre septembre 2019 et août 2020. Comme je l’ai expliqué précédemment, l’étendue annuelle minimale de banquise arctique a été la deuxième plus faible jamais enregistrée, avec des records en juillet et octobre 2020. En août 2020, l’Arctique canadien a perdu sa dernière barrière de glace qui était restée intacte jusqu’à présent.

En Antarctique, l’étendue de la banquise est restée plutôt constante.

Comme je l’ai indiqué dans l’introduction, ll s’agit d’une version préliminaire du rapport de l’ONU qui s’appuie sur des données allant jusqu’à l’automne 2020. La version définitive sera publiée en mars 2021.

Source : ONU.

Le méthane et le réchauffement climatique (suite) // Methane and global warming (continued)

Voici deux approches intéressantes du même sujet, mais qui arrivent à des conclusions différentes. Pourtant, le sujet est d’importance car il s’agit du méthane, l’un des plus puissants gaz à effet de serre.

Sur le site Good Planet Mag’, on peut lire  que, sous l’effet du réchauffement climatique, des dépôts de méthane gelés dans les profondeurs de l’océan Arctique sont relâchés dans l’atmosphère. C’est du moins ce que l’on peut lire dans le journal britannique The Guardian au vu d’un rapport fourni par des scientifiques qui ont observé des niveaux élevés de méthane à 350 mètres de profondeur dans la mer du Laptev, à l’est des côtes sibériennes.

La cause probable de leur dégel serait l’arrivée de courants chauds en provenance de l’océan Atlantique en raison du changement climatique. Comme je l’ai expliqué précédemment, ces courants chauds seraient l’une des causes du retard de la glace de mer à se former au mois d’octobre. Cela s’ajoure aux températures record en Sibérie, supérieures de 5 degrés Celsius à la moyenne sur la période allant de janvier à juin 2020.  .

Connus sous le nom de « géants endormis du cycle du carbone », ces gisements emprisonnant du méthane sont de puissants gaz à effet de serre. En effet, le méthane à un effet réchauffant 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur 20 ans.

Face à cette situation, les scientifiques craignent que nous ayons franchi un point de non-retour. Un chercheur suédois a déclaré : «Actuellement, il est peu probable d’observer tout impact majeur sur le réchauffement climatique, mais le problème est que le processus est maintenant enclenché. Cet équilibre du méthane dans l’est sibérien a été perturbé.»

Tout le monde n’est pas d’accord avec les conclusions de ce rapport qui a été accueilli avec un certain scepticisme par des climatologues du Goddard Institute for Space Studies de la NASA. Selon eux, il n’existe pas de preuves que le méthane qui se cache dans l’Arctique  présente « un gros effet », pas plus qu’à une époque antérieure où le climat était plus chaud qu’aujourd’hui. Pour le moment, il est peu probable que ce méthane ait un effet majeur sur le climat, mais les chercheurs insistent sur le fait que le processus d’émission de ce méthane est bel et bien enclenché.

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Here are two approaches of the same topic, but they come to different conclusions. Still, the topic is important because it is methane, one of the most potent greenhouse gases.

On the Good Planet Mag’ website, one can read that, as a result of global warming, methane deposits frozen in the depths of the Arctic Ocean are being released into the atmosphere. At least that’s what the British newspaper The Guardian reports after seeing a report provided by scientists who observed high levels of methane 350 metres deep in the Laptev Sea, east of the Siberian coast.
The probable cause of their thaw would be the arrival of warm currents from the Atlantic Ocean due to climate change. As I explained earlier, these warm currents are believed to be one of the causes of the delay in sea ice formation in October. This adds to record temperatures in Siberia, 5 degrees Celsius above average during the January to June 2020 period.
Known as the “sleeping giants of the carbon cycle,” these deposits that trap methane are powerful greenhouse gases. In fact, methane has a warming effect 80 times greater than that of carbon dioxide over 20 years.
Faced with this situation, scientists fear that we have crossed a point of no return. A Swedish researcher said: “Currently, any major impact on global warming is unlikely to be observed, but the problem is that the process is now underway. The methane balance in eastern Siberia has been disturbed. »

Not everyone agrees with the conclusions of this report, which has been met with some skepticism by climatologists at NASA’s Goddard Institute for Space Studies. They say there is no evidence that the methane lurking in the Arctic has « a big effect », nor in an earlier era when the climate was warmer than it is today. At the moment, this methae is unlikely to have a major effect on the climate, but researchers insist that the process of emitting this methane is indeed underway.

Pas de réduction des concentrations de CO2 pendant le confinement // No drop of CO2 concentrations during lockdown

Malgré le ralentissement de l’activité économique dû à la pandémie de COVID-19, les concentrations de gaz à effet de serre – en particulier de CO2 – qui emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère n’ont jamais diminué. Ces gaz continuent de générer des températures sans cesse en hausse et des événements météorologiques de plus en plus extrêmes, sans oublier la fonte des glaces, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des océans.

Les médias nous ont raconté à plusieurs reprises que les émissions de gaz à effet de serre avaient diminué pendant le confinement. Certes, mais le problème c’est que l’impact sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère ne s’est jamais fait ressentir. Il suffit de jeter un coup d’œil à la Courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa à Hawaï. Elles atteignaient 410 ppm en novembre 2019 et atteignent aujourd’hui plus de 412 ppm. J’ai expliqué les fluctuations saisonnières de la Courbe dans un article publié le 30 mars 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Depuis 1990, on a observé une augmentation de 45% du forçage radiatif, c’est à dire l’effet de réchauffement sur le climat, par les gaz à effet de serre à longue durée de vie, en sachant que le CO2 en représentant les quatre cinquièmes.

Il faut garder à l’esprit que le dioxyde de carbone reste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans les océans encore plus longtemps. La dernière fois que la Terre a connu une concentration comparable de CO2 remonte à 3 à 5 millions d’années, époque où la température était de 2 à 3°C plus chaude et que le niveau de la mer était de 10 à 20 mètres plus haut qu’aujourd’hui. Mais il n’y avait pas 7,7 milliards d’habitants sur notre planète !

Le seuil de 400 parties par million (ppm) à l’échelle du globe a été franchi en 2015. A peine quatre ans plus tard, ce même seuil a franchi 410 ppm. Une hausse aussi rapide n’a jamais été observée dans les archives de la NOAA. .

Source: Organisation météorologique mondiale (OMM).

Alors que la Courbe de Keeling continue d’augmenter, les événements extrêmes deviennent de plus en plus fréquents. J’ai consacré un article récent aux ouragans et aux typhons qui ont dévasté respectivement l’Amérique Centrale et les Philippines. Gati, un cyclone tropical, vient de laisser des scènes de destruction en Somalie.

Aujourd’hui, nous apprenons que des conditions extrêmes avec des températures record sont prévues dans le sud et le sud-est de l’Australie. Toujours en Australie, un incendie de forêt à grande échelle est en train de dévaster la moitié de l’île Fraser dans le Queensland.

Je viens d’indiquer dans une note que les températures anormalement élevées affectent actuellement l’Arctique.

Et ensuite? Que faudra-t-il pour que nos gouvernements prennent conscience de l’urgence de la situation? Si rien n’est fait dans le très court terme, les prochaines générations seront confrontées à une situation devenue ingérable.

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Despite the slowdown of economic activity due to the COVID-19 pandemic, the concentrations of greenhouse gases – especially CO2 – which are trapping heat in the atmosphere has never declined. They continue to generate increasing temperatures and more extreme weather events, ice melt, sea-level rise and ocean acidification.

The media have told us several times that the emissions of many pollutants and greenhouse gases decreased during the lockdown. The problem is that the impact on CO2 concentrations in the atmosphere has never been felt.

Just have a look at the Keeling Curve that shows CO2 concentrations at the summit of Mauna Loa in Hawaii. They were measured at 410 ppm in November 2019 and are now reaching more than 412 ppm. I explained the seasonal fluctuations of the curve in a post released on March 30th, 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Since 1990, there has been a 45% increase in total radiative forcing – the warming effect on the climate – by long-lived greenhouse gases, with CO2 accounting for four fifths of this.

One should bear in mind that carbon dioxide remains in the atmosphere for centuries and in the ocean for even longer. The last time the Earth experienced a comparable concentration of CO2 was 3-5 million years ago, when the temperature was 2-3°C warmer and sea level was 10-20 metres higher than now. But there were not 7.7 billion inhabitants on our planet.

The global threshold of 400 parts per million was breached in 2015. And just four years later, it crossed 410 ppm. Such a rate of increase has never been seen in the history of NOAA. .

Source: World Meteorological Organization (WMO).

While the Keeling Curve keeps going up, extreme events are getting more and more frequent. I devoted a recent post to the hurricanes and typhoons that devastated Central America and the Philippines, respectively. Gati, a tropical cyclone, has just left a trail of destruction in Somalia.

Today, we learn that extreme heat wave conditions and record temperatures are expected across south and southeast Australia. Still in Australia, a wide-scale wildfire is burning half of Fraser Island in Queensland.

I have just indicated that high temperatures are currently affecting the Arctic.

What next? What should happen to make out governments realise the urgency f the situation? If nothing is done in the short time, the next generations will be confronted with a situation impossible to manage.

La Courbe de Keeling le 18 novembre 2020. Ce jour-là, les concentrations de CO2 atteignaient 412,19 ppm. (Source : Scripps Institution ocf Oceanography)