Certains semblent se réveiller…enfin !

Suite à l’épisode de très forte chaleur qui affecte actuellement la France, la chaîne de radio France Info a diffusé sur son site web les propos de Robert Vautard, directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace des sciences du climat.

Monsieur Vautard déclare à propos de l’épisode de chaleur : « Il va falloir s’y habituer. Depuis 2015, on a en France une vague de chaleur exceptionnelle tous les ans, ce n’était pas du tout le cas avant. » Il ajoute que si les températures dépassent les 40 degrés dans le sud-ouest cette semaine, « l’année dernière, nous avions battu ces records d’assez loin, avec 46°C à Nîmes et 43°C en région parisienne. » Il explique ensuite que toute la planète est concernée par les températures extrêmes. Selon lui, c’est probablement dans la région du Golfe Persique que les températures sont les plus fortes et seront les plus fortes dans le futur. On attend des températures dépassant 55 ou 60°C vers la fin du siècle dans cette région qui deviendra tout à fait inhabitable.

L’interview se conclut à propos des régions polaires : « On a vu il y a quelques jours des températures extrêmes dans l’Arctique, avec 20 degrés. On a aujourd’hui la démonstration, la certitude mathématique que ces pics de chaleur sont liés au dérèglement climatique. Il y a encore des incertitudes sur les modèles, mais on n’a plus aucun doute sur l’origine de ces vagues de chaleur. »

 

J’aimerais rappeler à Monsieur Vautard que le réchauffement climatique auquel nous sommes confrontés n’est pas un phénomène qui a débuté il y a 4 ou 5 ans. Le point de basculement se situe dans les années 1970, période où les glaciers ont montré, par leur recul rapide, qu’il se passait quelque chose et qu’il faudrait s’en préoccuper. Il est étonnant de constater que ce sont seulement les derniers pics de chaleur intense de 2019 et 2020  qui semblent éveiller la conscience de ce scientifique.

De plus, ce qui m’inquiète le plus, ce ne sont pas les pics de chaleur à venir dans le Golfe Persique. S’en inquiéter, c’est un peu comme si on s’inquiétait des records de chaleur dans la Vallée de la Mort, même si les intérêts économiques ne sont pas les mêmes dans ces deux régions du globe. Les très fortes chaleurs sont habituelles au Moyen-Orient.

La hausse spectaculaire des températures dans l’Arctique est beaucoup plus inquiétante. Je fais partie de ceux qui lancent des alertes depuis plusieurs années car j’ai eu l’occasion d’assister, de mes propres yeux ; à une catastrophe annoncée. Ce qui se passe en ce moment en Sibérie (hausse des températures, incendies, dégel du permafrost, etc.) est un désastre écologique non seulement pour la Russie, mais pour la planète entière car les conséquences vont se payer cash.

La certitude concernant les réchauffement climatique n’est pas une découverte récente, comme le sous-entendent les propos du directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace  Subissant des pressions gouvernementales, les scientifiques ont mis beaucoup de temps – trop de temps à mon goût – à l’admettre officiellement. Ce n’est pas d’hier que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère atteignent des sommets. La courbe de Keeling est là pour le prouver. Etrangement, la progression des concentrations de dioxyde de carbone est parallèle à la hausse globale des températures. …

Les incendies en Sibérie vus depuis l’espace le 30 juin 2020 (Satellite Copernicus Sentinel -2)

Il fait chaud, très chaud, trop chaud !

On peut, bien sûr, jouer avec les mots et dire qu’il n’y a pas actuellement de canicule généralisée en France parce que nous n’avons pas eu trois jours de températures extrêmes et que les températures nocturnes sont descendues en dessous de 20°C. Il n’empêche que notre pays est confronté une nouvelle fois à des pics de 40°C.

Depuis le printemps, la France a connu dès le mois d’avril plusieurs pics de chaleur, de sorte que le pays enregistre son premier semestre le plus chaud de l’histoire. Peu importe comment se comportent les masses d’air chaud, une chose est sûr, à l’image de l’ensemble de la planète, la France reçoit de plein fouet les effets du réchauffement climatique.

Météo France explique que le mois de juillet a enregistré 1°C de plus que la moyenne. Heureusement que les côtes de la Manche ont conservé une certaine fraîcheur ; sans cela, la hausse moyenne aurait atteint 3 °C à l’échelle du pays.

Il faut noter que les événements extrêmes se multiplient dans le monde, avec des épisodes de pluies diluviennes accompagnées d’inondations dans de nombreux pays. Des victimes sont malheureusement à dénombrer. Des trombes d’eau se sont abattues le 24 juillet en Croatie, le 25 juillet au Nigeria (11 morts), du 22 au 25 juillet au Yémen (17 morts). Le 27 juillet au Mexique, la dépression tropicale Hanna a tué 11 personnes. De sévères inondations sont signalées au Bangladesh, au Japon et en Australie (Nouvelle Galle du sud, déjà affectée par les incendies). Le Texas a été confronté à l’ouragan Hanna tandis que d’autres événements météorologiques de ce type sont signalés à Hawaii et dans la Caraïbe qui entre dans sa saison cyclonique.

Températures record au Svalbard (Norvège) // Record temperatures in Svalbard (Norway)

Après la Sibérie, c’est au tour du Svalbard de connaître des températures record. Pour la deuxième journée consécutive, l’archipel a enregistré 21,2°C dans l’après-midi du 25 juillet 2020, juste en dessous des 21,3°C enregistrés en 1979. Plus tard dans l’après-midi de ce même jour, vers 18h00 (heure locale), une température de 21,7°C a été enregistrée, établissant un nouveau record de tous les temps.
Le Svalbard se compose d’un groupe d’îles dominé par le Spitzberg, la seule île habitée de l’archipel stué au nord de la Norvège, à 1000 kilomètres du pôle Nord. La région enregistre normalement à des températures comprises entre 5°C et 8°C à cette période de l’année.
Selon un récent rapport intitulé «Le climat du Svalbard en 2100», les températures moyennes de l’archipel augmenteront de 7 à 10 degrés Celsius entre 2070 et 2100  en raison des émissions de gaz à effet de serre. Les changements sont déjà visibles. De 1971 à 2017, on a observé une hausse des températures comprise entre trois et cinq degrés Celsius. Ce qu’il y a de plus inquiétant, c’est que les hausses les plus significatives ont été observées en hiver.
Source: Institut Météorologique du Svalbard.

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After Siberia, it is up to Svalbard to reach record temperatures. For the second day in a row, the archipelago registered 21.2°C in the afternoon of July 25th, 2020, just under the 21.3°C recorded in 1979. Later in the afternoon however, at around 6:00 pm local time, a temperature of  21.7°C was recorded, setting a new all-time record.

The island group, dominated by Spitzbergen the only inhabited isle in the northern Norway archipelago, sits 1,000 kilometres from the North Pole. The region would normally expect temperatures of 5-8°C at this time of year.

According to a recent report « The Svalbard climate in 2100, » the average temperatures for the archipelago between 2070 and 2100 will rise by 7-10 degrees Celsius, due to the levels of greenhouse gas emissions. Changes are already visible. From 1971 to 2017 between three and five degrees of warming have been observed, with the biggest rises in the winter.

Source : Svalbard Meteorological Institute.

Le Svalbard héberge une Réserve mondiale de semences – the Svalbard Global Seed Vault. C’est une chambre forte souterraine destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. Abritant près d’un million de variétés, la Réserve offre un filet de sécurité face aux catastrophes naturelles, aux guerres, au changement climatique, ou encore aux maladies. Après l’infiltration d’eau due à la fonte du pergélisol, le bâtiment a nécessité 20 millions d’euros de travaux en 2016. (Crédit photo : Wikipedia)

Le mois de mai le plus chaud ! // The warmest month of May !

C’est officiel: le mois de mai 2020 a été le mois de mai le plus chaud sur Terre au vu de 141 années de relevés de température. Il poursuit une tendance au réchauffement qui pourrait faire de 2020 l’année la plus chaude de la planète.
Le Goddard Institute for Space Studies de la NASA a constaté que les températures à l’échelle de la plnète en mai 2020 étaient de 1,02°C supérieures à la moyenne de 1951-1980, 0,06°C au-dessus du précédent record de chaleur de mai 2016.

D’autres agences climatiques arrivent à la même conclusion.
Les relevés de la NOAA montrent que les températures à la surface de la terre et des océans en mai étaient égales à celles du mois de mai 2016 qui était déjà le plus chaud de la planète dans les archives remontant à 1880.
L’agence européenne Copernicus C3S) a constaté que la température de mai 2020 dépassait de 0,05°C le précédent record de mai 2016.
Berkeley Earth, une agence indépendante à but non lucratif, a également constaté que les températures globales de mai 2020 étaient les plus élevées jamais enregistrées dans leur base de données de 171 ans datant de 1850.

Mai 2020 a été le 425ème mois consécutif et le 44ème mois de mai consécutif pendant lequel les températures à l’échelle de notre planète ont été supérieures à la moyenne dans la base de données de la NOAA.
Certaines parties du nord de la Russie ont connu des températures jusqu’à 10 degrés Celsius supérieures à la moyenne.

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It is official: May 2020 was Earth’s warmest May in at least 141 years of temperature records. It is continuing a warming trend that could make 2020 the planet’s warmest year.

NASA’s Goddard Institute for Space Studies found May 2020 global temperatures were 1.02°C above the 1951-1980 average, 0.06°C above the previous record warmest May in 2016.

Other analyses have come to a similar conclusion.

NOAA’s analysis found May’s global land and ocean temperatures tied 2016 for the planet’s warmest May in records dating to 1880.

The European agency Copernicus (C3S) found May 2020 was 0.05°C warmer than the previous record-warmest May in 2016.

Berkeley Earth, an independent non-profit agency, also found May’s global temperatures set a record in their 171-year database dating to 1850.

May 2020 marked the 425th straight month and 44th straight May that global temperatures have been above average in NOAA’s database.

Parts of northern Russia, were up to 10 degrees Celsius warmer than average.

Anomalies thermiques par rapport à la période 1951-1980 (Source : NASA.)