Le méthane et le réchauffement climatique (suite) // Methane and global warming (continued)

Voici deux approches intéressantes du même sujet, mais qui arrivent à des conclusions différentes. Pourtant, le sujet est d’importance car il s’agit du méthane, l’un des plus puissants gaz à effet de serre.

Sur le site Good Planet Mag’, on peut lire  que, sous l’effet du réchauffement climatique, des dépôts de méthane gelés dans les profondeurs de l’océan Arctique sont relâchés dans l’atmosphère. C’est du moins ce que l’on peut lire dans le journal britannique The Guardian au vu d’un rapport fourni par des scientifiques qui ont observé des niveaux élevés de méthane à 350 mètres de profondeur dans la mer du Laptev, à l’est des côtes sibériennes.

La cause probable de leur dégel serait l’arrivée de courants chauds en provenance de l’océan Atlantique en raison du changement climatique. Comme je l’ai expliqué précédemment, ces courants chauds seraient l’une des causes du retard de la glace de mer à se former au mois d’octobre. Cela s’ajoure aux températures record en Sibérie, supérieures de 5 degrés Celsius à la moyenne sur la période allant de janvier à juin 2020.  .

Connus sous le nom de « géants endormis du cycle du carbone », ces gisements emprisonnant du méthane sont de puissants gaz à effet de serre. En effet, le méthane à un effet réchauffant 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur 20 ans.

Face à cette situation, les scientifiques craignent que nous ayons franchi un point de non-retour. Un chercheur suédois a déclaré : «Actuellement, il est peu probable d’observer tout impact majeur sur le réchauffement climatique, mais le problème est que le processus est maintenant enclenché. Cet équilibre du méthane dans l’est sibérien a été perturbé.»

Tout le monde n’est pas d’accord avec les conclusions de ce rapport qui a été accueilli avec un certain scepticisme par des climatologues du Goddard Institute for Space Studies de la NASA. Selon eux, il n’existe pas de preuves que le méthane qui se cache dans l’Arctique  présente « un gros effet », pas plus qu’à une époque antérieure où le climat était plus chaud qu’aujourd’hui. Pour le moment, il est peu probable que ce méthane ait un effet majeur sur le climat, mais les chercheurs insistent sur le fait que le processus d’émission de ce méthane est bel et bien enclenché.

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Here are two approaches of the same topic, but they come to different conclusions. Still, the topic is important because it is methane, one of the most potent greenhouse gases.

On the Good Planet Mag’ website, one can read that, as a result of global warming, methane deposits frozen in the depths of the Arctic Ocean are being released into the atmosphere. At least that’s what the British newspaper The Guardian reports after seeing a report provided by scientists who observed high levels of methane 350 metres deep in the Laptev Sea, east of the Siberian coast.
The probable cause of their thaw would be the arrival of warm currents from the Atlantic Ocean due to climate change. As I explained earlier, these warm currents are believed to be one of the causes of the delay in sea ice formation in October. This adds to record temperatures in Siberia, 5 degrees Celsius above average during the January to June 2020 period.
Known as the “sleeping giants of the carbon cycle,” these deposits that trap methane are powerful greenhouse gases. In fact, methane has a warming effect 80 times greater than that of carbon dioxide over 20 years.
Faced with this situation, scientists fear that we have crossed a point of no return. A Swedish researcher said: “Currently, any major impact on global warming is unlikely to be observed, but the problem is that the process is now underway. The methane balance in eastern Siberia has been disturbed. »

Not everyone agrees with the conclusions of this report, which has been met with some skepticism by climatologists at NASA’s Goddard Institute for Space Studies. They say there is no evidence that the methane lurking in the Arctic has « a big effect », nor in an earlier era when the climate was warmer than it is today. At the moment, this methae is unlikely to have a major effect on the climate, but researchers insist that the process of emitting this methane is indeed underway.

Pas de réduction des concentrations de CO2 pendant le confinement // No drop of CO2 concentrations during lockdown

Malgré le ralentissement de l’activité économique dû à la pandémie de COVID-19, les concentrations de gaz à effet de serre – en particulier de CO2 – qui emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère n’ont jamais diminué. Ces gaz continuent de générer des températures sans cesse en hausse et des événements météorologiques de plus en plus extrêmes, sans oublier la fonte des glaces, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des océans.

Les médias nous ont raconté à plusieurs reprises que les émissions de gaz à effet de serre avaient diminué pendant le confinement. Certes, mais le problème c’est que l’impact sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère ne s’est jamais fait ressentir. Il suffit de jeter un coup d’œil à la Courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa à Hawaï. Elles atteignaient 410 ppm en novembre 2019 et atteignent aujourd’hui plus de 412 ppm. J’ai expliqué les fluctuations saisonnières de la Courbe dans un article publié le 30 mars 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Depuis 1990, on a observé une augmentation de 45% du forçage radiatif, c’est à dire l’effet de réchauffement sur le climat, par les gaz à effet de serre à longue durée de vie, en sachant que le CO2 en représentant les quatre cinquièmes.

Il faut garder à l’esprit que le dioxyde de carbone reste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans les océans encore plus longtemps. La dernière fois que la Terre a connu une concentration comparable de CO2 remonte à 3 à 5 millions d’années, époque où la température était de 2 à 3°C plus chaude et que le niveau de la mer était de 10 à 20 mètres plus haut qu’aujourd’hui. Mais il n’y avait pas 7,7 milliards d’habitants sur notre planète !

Le seuil de 400 parties par million (ppm) à l’échelle du globe a été franchi en 2015. A peine quatre ans plus tard, ce même seuil a franchi 410 ppm. Une hausse aussi rapide n’a jamais été observée dans les archives de la NOAA. .

Source: Organisation météorologique mondiale (OMM).

Alors que la Courbe de Keeling continue d’augmenter, les événements extrêmes deviennent de plus en plus fréquents. J’ai consacré un article récent aux ouragans et aux typhons qui ont dévasté respectivement l’Amérique Centrale et les Philippines. Gati, un cyclone tropical, vient de laisser des scènes de destruction en Somalie.

Aujourd’hui, nous apprenons que des conditions extrêmes avec des températures record sont prévues dans le sud et le sud-est de l’Australie. Toujours en Australie, un incendie de forêt à grande échelle est en train de dévaster la moitié de l’île Fraser dans le Queensland.

Je viens d’indiquer dans une note que les températures anormalement élevées affectent actuellement l’Arctique.

Et ensuite? Que faudra-t-il pour que nos gouvernements prennent conscience de l’urgence de la situation? Si rien n’est fait dans le très court terme, les prochaines générations seront confrontées à une situation devenue ingérable.

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Despite the slowdown of economic activity due to the COVID-19 pandemic, the concentrations of greenhouse gases – especially CO2 – which are trapping heat in the atmosphere has never declined. They continue to generate increasing temperatures and more extreme weather events, ice melt, sea-level rise and ocean acidification.

The media have told us several times that the emissions of many pollutants and greenhouse gases decreased during the lockdown. The problem is that the impact on CO2 concentrations in the atmosphere has never been felt.

Just have a look at the Keeling Curve that shows CO2 concentrations at the summit of Mauna Loa in Hawaii. They were measured at 410 ppm in November 2019 and are now reaching more than 412 ppm. I explained the seasonal fluctuations of the curve in a post released on March 30th, 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Since 1990, there has been a 45% increase in total radiative forcing – the warming effect on the climate – by long-lived greenhouse gases, with CO2 accounting for four fifths of this.

One should bear in mind that carbon dioxide remains in the atmosphere for centuries and in the ocean for even longer. The last time the Earth experienced a comparable concentration of CO2 was 3-5 million years ago, when the temperature was 2-3°C warmer and sea level was 10-20 metres higher than now. But there were not 7.7 billion inhabitants on our planet.

The global threshold of 400 parts per million was breached in 2015. And just four years later, it crossed 410 ppm. Such a rate of increase has never been seen in the history of NOAA. .

Source: World Meteorological Organization (WMO).

While the Keeling Curve keeps going up, extreme events are getting more and more frequent. I devoted a recent post to the hurricanes and typhoons that devastated Central America and the Philippines, respectively. Gati, a tropical cyclone, has just left a trail of destruction in Somalia.

Today, we learn that extreme heat wave conditions and record temperatures are expected across south and southeast Australia. Still in Australia, a wide-scale wildfire is burning half of Fraser Island in Queensland.

I have just indicated that high temperatures are currently affecting the Arctic.

What next? What should happen to make out governments realise the urgency f the situation? If nothing is done in the short time, the next generations will be confronted with a situation impossible to manage.

La Courbe de Keeling le 18 novembre 2020. Ce jour-là, les concentrations de CO2 atteignaient 412,19 ppm. (Source : Scripps Institution ocf Oceanography)

Encore des mauvaises nouvelles de l’Arctique ! // More bad news from the Arctic !

Nous sommes à la fin du mois de novembre 2020 et l’Océan Arctique connaît des températures encore beaucoup trop élevées pour cette période de l’année. Les douze mois écoulés ressemblent à la situation telle qu’elle était en 2016 avec une différence majeure : en 2016, il y a eu un fort El Niño dans le centre-est équatorial de l’Océan Pacifiqte. En octobre 2020, El Niño a été remplacé par La Niña, qui est censée entraîner une baisse de température de surface des océans…mais qui ne se produit pas !

La température maximale au pôle Nord était de 1,1°C le 12 novembre 2020. Cette température élevée au-dessus de l’Océan Arctique est causée par le transfert d’énormes quantités de chaleur de l’Océan Arctique vers l’atmosphère. On observe une forte surchauffe de l’Océan Arctique en raison du déplacement continu, le long du Gulf Stream, de la chaleur océanique à la surface de l’Atlantique Nord vers l’Océan Arctique.

Le réchauffement de l’Arctique se produit à grande échelle. Des anomalies de température de plus de 20°C ont été enregistrées sur une grande partie de l’Océan Arctique le 16 novembre 2020. Selon les prévisions, ces anomalies de température devraient persister sur l’Océan Arctique au moins jusqu’au 26 novembre 2020, avec des anomalies pouvant atteindre 30°C.

La distorsion du Jet Stream qui résulte de cette situation climatique entraîne parfois une accélération des vents qui transportent l’air chaud de l’Océan Atlantique Nord vers l’Océan Arctique. Le 20 novembre, le Jet Stream a atteint une vitesse de 327 km / h. Le danger est qu’un vent aussi fort accélère encore davantage les courants océaniques qui transportent d’énormes quantités de chaleur vers l’Océan Arctique.

L’image ci-dessous montre parfaitement les anomalies thermiques sur l’Arctique en octobre 2020

Source: Arctic News.

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We are at the end of November 2020 and the Arctic Ocean is still very hot. The recent twelve-month period is similar to the 2016 peak with a major difference: in 2016 there was a strong El Niño, while in October 2020 El Niño was replaced vy La Niña which is supposed to bring along lower surface ocean temperatures.

The highest temperature at the North Pole was 1.1°C on November 12th, 2020.

This high temperature over the Arctic Ocean is caused by transfer of huge amounts of heat from the Arctic Ocean to the atmosphere, indicating severe overheating of the Arctic Ocean as a result of the ongoing movement of ocean heat at the surface of the North Atlantic to the Arctic Ocean along the Gulf Stream.

The heating of the Arctic affects a large surface. Temperature anomalies above 20°C were recorded over a large part of the Arctic Ocean on November 16th, 2020.

Temperature anomalies are forecast to remain high over the Arctic Ocean, with the forecast for November 26th, 2020, showing anomalies approaching 30°C.

The resulting distortion of the Jet Stream can at times speed up winds that move hot air from the North Atlantic Ocean toward to Arctic Ocean. On November 20th, a distorted Jet Stream reached a speed of 327 km/h. The danger is that such strong wind will speed up ocean currents in the North Atlantic that carry huge amounts of heat toward the Arctic Ocean.

The image below perfectly shows temperature anomalies over the Arctic during October 2020

Source: Arctic News.

Source : Arctic News

Pas de froid et de neige en vue…

Nous sommes au coeur de l’automne. Les jours se succèdent avec des températures supérieures à la normale. Les prévisions à long terme de Météo France (à prendre avec la prudence habituelle) s’orientent vers un maintien des conditions plutôt calmes qui prévalent depuis le début du mois de novembre, avec une domination des hautes pressions de l’Europe centrale à la Méditerranée, ce qui bloque le passage d’éventuelles perturbation par l’ouest. Météo France indique toutefois qu’il faudra surveiller un éventuel épisode méditerranéen en fin de mois, lié au positionnement d’une goutte froide sur le bassin méditerranéen. Les températures resteront donc au-dessus des normales de saison pendant les prochaines semaines, malgré quelques fluctuations.

Les quelques chutes de neige qui avaient blanchi les massifs il y a quelques semaines ne sont plus qu’un souvenir. Il fait en ce moment très beau sur les Alpes. La mythique Face de Bellevarde à Val D’Isère ne semble pas prête à accueillir les skieurs. Pour que les enneigeurs fonctionnent, il faudra d’abord que les températures baissent. La livraison de neige par hélicoptère ou par camions, fortement critiquée la saison dernière, n’était que l’illustration d’un phénomène amené à s’accentuer dans les années à venir. Pour que les skieurs viennent, il faudra aussi que le confinement soit levé. Il va falloir faire des choix risqués !

Le futur ne s’annonce guère réjouissant pour les stations, surtout celles de basse et moyenne altitude. Météo France explique qu’à l’horizon 2050, et ce, quel que soit le scénario de concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, les projections indiquent une réduction de la durée d’enneigement de plusieurs semaines, et de l’épaisseur moyenne hivernale de 10 à 40 %, en moyenne montagne. Si, comme cela est fort probable, on se dirige vers un réchauffement climatique de +3 °C, la neige de culture ne suffira plus à compenser la réduction de l’enneigement naturel. Il faut donc que les stations repensent dès à présent leur modèle et y réfléchissent à deux fois avant d’investir dans des remontées mécaniques coûteuses…

Source : Météo France.

A Val d’Isère, la Face de Bellevarde attend la neige.. (image webcam le 9 novembre 2020)