Prise de conscience du réchauffement climatique ? Pas si sûr !

On pouvait lire le 19 juillet 2023 sur le site web de la radio France Info le témoignage d’un glaciologue qui, comme l’auteur de ce blog, ne comprend pas que « les gens soient toujours dans le déni ou surpris » par le réchauffement climatique.

Les gens qui se trouvaient à l’Alpe d’Huez (1860 m) le 18 juillet devaient tout de même se poser des questions en voyant que la température atteignait 29,5°C à cette altitude ! Les températures très chaudes en altitude recensées ces derniers jours devraient rappeler à ces personnes que de nombreux glaciers – sources d’une eau précieuse – sont en train de fondre et disparaître. Il faudra peut-être qu’il n’y ait plus de neige pour skier pendant l’hiver à l’Alpe d’Huez et dans de nombreuses autres stations alpines – ce jour arrive à grand pas – pour que les gens prennent enfin conscience de la catastrophe climatique que nous vivons.

Pour la première fois le 18 juillet 2023 à Verdun (Ariège) à 550 mètres d’altitude, le thermomètre a affiché 40,6 °C. Même punition à Serralongue (Pyrénées-Orientales) avec 40,4 °C à 700 mètres d’altitude, ou encore à Avrieux (Savoie, 1 104 m) avec 36 °C.

Les scientifiques ont suffisamment alerté les populations et il ne faudra pas pleurer le jour où l’eau ne coulera plus au robinet. Quoi qu’en pensent et disent certains négationnistes, la hausse constante des températures est la conséquence de nos activités et des émissions de gaz à effet de serre. C’est quelque chose qui est totalement indéniable.

Le GIEC alerte en permanence sur le réchauffement climatique et il ne faudrait pas oublier que de nouvelles normales pour qualifier le climat en France sont entrées en vigueur le 28 juin 2022. Au lieu de faire la crêpe sur le littoral méditerranéen surchauffé, les gens feraient mieux de se rendre auprès de quelques glaciers alpins facilement accessibles, comme la Mer de Glace, le glacier de Bionnassay ou celui d’Argentière qui montrent une décroissance et une perte de volume extrêmes, amplifiées quasiment d’année en année. Comme l’a déclaré le glaciologue interviewé par France Info, « on s’achemine vers une disparition des glaciers à ce rythme-là. On va voir, nous-mêmes, à l’échelle d’une génération, les glaciers disparaître dans les Alpes. » En 2022, 4 à 8% du volume des glaciers alpins ont disparu en un seul été.

Comme je l’ai rappelé à plusieurs reprises, la disparition des glaciers aura des conséquences majeures sur l’alimentation en eau, que ce soit pour l’agriculture ou les populations. Sans oublier la multiplication des glissements de terrain et autres éboulements avec le dégel du permafrost de roche.

Source : France Info.

Le glacier d’Argentière, dans le massif du Mont-Blanc, a reculé de 850 m depuis 1990.La situation est aussi inquiétante pour le glacier de Bionnassay et la Mer de Glace ci-dessous.

(Photos : C. Grandpey)

Informations aux Etats Unis et en France

Afin de glaner des informations sur l’environnement volcanique et son homologue glaciaire, il m’arrive souvent de consulter les actualités proposées par Yahoo aux Etats Unis et en France. En voici un petit échantillon relevé ce samedi 15 juillet 2023. Le contraste est saisissant.

Outre-Atlantique, l’essentiel des informations tourne autour de la vague de chaleur qui affecte l’ouest du pays et à laquelle j’ai consacré une note publiée également aujourd’hui. Voici quelques une des titres des articles :

How to Stay Safe at National Parks Amid This Summer’s Extreme Heat (sécurité dans les parcs nationaux avec la chaleur record)

A weekend of misery ahead for millions in the U.S. as record heat takes hold (la chaleur fait souffrir des millions d’Américains)

In already-brutal heat, states scramble to prepare for record temperatures (la vague de chaleur n’est pas terminée ; il faut se préparer au pire)

It’s hot outside: Here’s what you can do to stay safe (comment affronter les températures caniculaires)

Doctors weigh in on what extreme heat does to the body (les effets de la chaleur sur le corps humain vus par les médecins)

En plus de ces articles, on remarque que la presse américaines s’intéresse beaucoup à notre Tour de France

De ce côté de l’Atlantique, les températures sont davantage supportables, sauf dans la partie sud de l’Europe. Là encore, c’est la presse américaine qui donne le plus d’informations en mentionnant, par exemple, la fermeture de l’Acropole à Athènes aux heures les plus chaudes, et les évanouissements à cause de la chaleur observés dans des villes comme Rome. Rien de tout cela dans Yahoo France !

Chez nous, l’actualité tourne autour de la disparition du petit Emile, de la mort du délinquant Nahel, la pause pipi d’un chien de la police nationale, ou encore les aventures sentimentales de quelques people. Comme aux Etats Unis, plusieurs articles sont consacrés au Tour de France, mais le réchauffement climatique est aux abonnés absents !

Il ne faut surtout pas affoler les vacanciers ! Même si nous sommes momentanément épargnés par la canicule, il serait intéressant d’indiquer que la baignade est fortement déconseillée sur le littoral atlantique à cause des baïnes et des courants perfides qu’elles génèrent.

Sévère vague de chaleur dans l’Ouest des Etats Unis // Severe heat wave in U.S. West

L’Ouest américain traverse actuellement une forte vague de chaleur. Ce dôme de chaleur est si imposant que le National Weather Service de Phoenix l’a qualifié de « l’un des systèmes à haute pression les plus puissants que cette région ait jamais connus ». De nombreux records de chaleur risquent de tomber à nouveau dans les prochains jours.
Plus de 90 millions d’Américains sont en alerte canicule car le dôme de chaleur a atteint des endroits comme la Californie qui connaît actuellement sa première vague de chaleur extrême de l’année. Il fait déjà terriblement chaud depuis des semaines au Texas, en Floride et en Arizona, où Phoenix connaît un nombre record de jours consécutifs à 43 degrés Celsius. La température la plus basse à Phoenix pourrait ne pas descendre en dessous de 32°C pendant huit jours consécutifs, un autre record.
Même l’endroit le plus chaud sur Terre, la Vallée de la Mort, pourrait atteindre des sommets, avec 54°C. Le record de 56,6°C pourrait même être battu.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, même avec de telles températures torrides, le parc national de la Vallée de la Mort continue d’attirer les touristes. Même avec des températures déjà extrêmes qui devraient grimper encore plus haut dans les prochains jours, et peut-être battre des records, les touristes viennent admirer les paysages désertiques.
La plupart des visiteurs à cette période de l’année ne parcourent pas de longues distances dans les sites du parc ; ils retournent vite dans leurs véhicules climatisés. Des panneaux sur les sentiers déconseillent de sortir après 10 heures du matin, même si les températures nocturnes dépassent souvent 32 ° C).
Le parc national de la Vallée de la Mort met l’accent sur l’autonomie des visiteurs plutôt que sur les secours potentiels. Même si les rangers patrouillent sur les routes et peuvent aider les automobilistes en détresse, rien ne garantit que des touristes égarés recevront de l’aide à temps. De nombreux visiteurs sont tentés d’explorer le parc, même en dehors des heures limites conseillées. L’activité physique peut rendre la chaleur encore plus insupportable et épuiser les organismes. Les roches, le sable et le sol brûlés par le soleil continuent de renvoyer la chaleur après le coucher du soleil.
En ce qui me concerne, la première fois que j’ai visité la Death Valley, le thermomètre affichait un impressionnant 48°C. Je mettais mon appareil photo à l’ombre de mon corps pour protéger les circuits électroniques. Il fait très chaud, mais l’air est si sec que l’on ne transpire pas, ou plutôt que l’on a l’impression de ne pas transpirer. Si on oublie de boire abondamment, gare à la déshydratation.
La dernière fois que j’ai visité la Vallée, il faisait un agréable 25 °C à Badwater, l’endroit le plus bas du parc !

La situation n’est guère plus enviable dans l’Europe du sud où les vagues de chaleur intense se succèdent. Selon les météorologues, ce n’est qu’un début. Il fait tellement chaud en Grèce que l’Acropole a dû être fermée aux visiteurs pendant les heures les plus chaudes de la journée.

Bien sûr, certains vont continuer à affirmer que les activités humaines ne sont pas responsables des phénomènes climatiques extrêmes. Ce seront aussi les premiers à gueuler quand l’eau ne coulera plus de leur robinet !

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The U.S. West is currently going through a severe heat wave. The heat dome is so formidable the National Weather Service in Phoenix called it “one of the strongest high pressure systems this region has ever seen.” Many heat records are likely to fall again in the coming days.

More than 90 million people are under heat alerts after the heat dome expanded into places like California, which is now experiencing its first extreme heat wave of the year. It has already been dangerously hot for weeks in Texas, Florida and Arizona, where Phoenix is in the middle of a likely record-breaking streak of consecutive 43-degree-Celsius days. The low temperature in Phoenix might not drop below 32°C for eight consecutive days, another record.

Even the hottest place on Earth, California’s Death Valley, could reach rare highs, with 54°C possible, and the all-time global record high temperature of 56.6°C might be broken.

As uninviting as it sounds with the scorching temperatures, Death Valley National Park beckons.

Even as the already extreme temperatures are forecast to climb even higher, potentially topping records, tourists are coming to visit the desert landscape.

Most visitors at this time of year make it only a short distance to any site in the park before returning to their air-conditioned vehicles. Signs at hiking trails advise against venturing out after 10 a.m., though nighttime temperatures are still expected to be over 32°C).

Death Valley National Park emphasizes self-reliance over expectations of rescue. While rangers patrol park roads and can assist motorists in distress, there is no guarantee lost tourists will get aid in time. Many visitors are tempted to explore the park, even after the suggested cutoff times. Physical activity can make the heat even more unbearable and leave people feeling exhausted. Sunbaked rocks, sand and soil still radiate after sunset.

As Far as I am concerned, the first time I visited Death Valley, the thermometer showed an impressive 48°C. I can remeber putting my camera in the shade of my body to protect the electronic circuits. It is very hot, but the air is so dry that tou do not sweat. If you forget to drink profusely , you will soon have to face dehydration.

The last time I visited the vValley, there was a pleasant 25°C at Badwater, the lowest place in the park !

The situation is hardly more enviable in southern Europe where intense heat waves follow one another. According to meteorologists, this is just the beginning. It is so hot in Greece that the Acropolis had to be closed to visitors during the hottest hours of the day.

Of course, some will continue to assert that human activities are not responsible for extreme climatic phenomena. They’ll also be the first to yell when the water stops running at their tap!

Photos: C. Grandpey

 

Ça va chauffer ! // It’s going to be hot !

Dans un message délivré le 4 juillet 2023, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a déclaré que le phénomène de réchauffement climatique El Niño avait débuté, et a averti les gouvernements qu’ils devaient se préparer à des événements météorologiques extrêmes et à des températures record dans les mois à venir.
Comme je l’ai expliqué précédemment, El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit dans la partie orientale de l’Océan Pacifique tropical, et qui se traduit par des températures de surface de la mer supérieures à la moyenne.
Le secrétaire général de l’OMM a déclaré que « l’apparition d’El Niño va augmenter considérablement la probabilité de battre des records de température et déclencher des vagues de chaleur dans de nombreuses régions du monde et dans l’océan. Les gouvernements du monde entier doivent prendres des mesures pour limiter les effets de ce phénomène sur notre santé, nos écosystèmes et nos économies. Pour sauver des vies et des moyens de subsistance, les gouvernements doivent mettre en place des systèmes d’alerte précoce et se préparer à de nouveaux événements météorologiques perturbateurs en 2023.
Les trois dernières années ont été parmi les plus chaudes jamais enregistrées, même avec La Niña, l’équivalent froid d’El Niño, qui est censé apporter des températures océaniques plus bassess que la moyenne. Malgré La Niña, le monde a continué à enregistrer des températures supérieures à la normale.
L’OMM explique que la combinaison d’un très fort épisode El Niño et d’un réchauffement d’origine anthropique dû à l’utilisation de combustibles fossiles a fait de 2016 l’année la plus chaude jamais enregistrée. Le prochain épisode El Niño pourrait voir les années 2023 ou 2024 battre le record de chaleur de 2016. Il existe une probabilité de 90 % qu’El Niño présente une intensité modérée au cours du second semestre 2023, et qu’il s’intensifie au cours des mois suivants.
Outre la hausse de température des océans, El Niño génère le plus souvent une augmentation des précipitations dans certaines régions du sud de l’Amérique du Sud, du sud des États-Unis, de la Corne de l’Afrique et de l’Asie centrale.
El Niño peut aussi amplifier les sécheresses, les vagues de chaleur et les incendies de forêt en Australie, en Indonésie, dans certaines parties du sud de l’Asie, en Amérique centrale et dans le nord de l’Amérique du Sud. Parmi les autres conséquences, on peut citer les puissants cyclones tropicaux dans le Pacifique et le blanchissement à grande échelle des récifs coralliens.
La hausse des températures dans le monde pourrait dépasser 1,5 degré Celsius de réchauffement par rapport aux niveaux préindustriels. Il s’agit d’un point de basculement clé au-delà duquel les risques d’inondations extrêmes, de sécheresse, d’incendies de forêt et de pénuries alimentaires pourraient augmenter de façon spectaculaire.
Dans l’Accord de Paris sur le climat (COP 21), les pays se sont engagés à limiter le réchauffement climatique à bien moins de 2 degrés – et de préférence à 1,5 degré Celsius – par rapport aux températures de l’ère préindustrielle. Malgré cette promesse, le monde connaît déjà un réchauffement d’environ 1,2 °C, car l’homme continue de brûler des combustibles fossiles et de produire une pollution qui réchauffe la planète.

Selon l’OMM, il existe une probabilité de 66 % que la température moyenne annuelle de surface du globe entre 2023 et 2027 soit supérieure à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels pendant au moins une année. On peut lire dans le rapport de l’Organisation : « Cela ne veut pas dire qu’au cours des cinq prochaines années, nous dépasserons le niveau de 1,5°C spécifié dans l’Accord de Paris, car cet accord fait référence à un réchauffement sur le long terme, sur de nombreuses années. Cependant, il s’agit d’une nouvelle sonnette d’alarme indiquant que nous n’allons pas dans la bonne direction pour limiter le réchauffement dans le cadre des objectifs fixés à Paris en 2015, pour réduire de manière substantielle les impacts du changement climatique. »
De nombreux records climatiques ont déjà été battus en 2023, avec une hausse impressionnante des températures, des océans exceptionnellement chauds et des niveaux records de pollution au carbone dans l’atmosphère, ainsi que des niveaux records de réduction de la glace de mer en Antarctique.
En Asie, en Europe et en Amérique, des vagues de chaleur précoces et prolongées ont tué des personnes, des animaux et des récoltes, suscité des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire et à la pénurie d’eau, et préparé le terrain pour des incendies de forêt sans précédent.
Source : OMM.

 Anomalies thermiques sur Terre en  juin 2023 (Source: NOAA)

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In a message delivered on July 4th, 2023, the World Meteorological Organization (WMO) declared the onset of the warming phenomenon El Niño and. warned governments that they should prepare for more extreme weather events and record temperatures in the coming months.

As I explained before, El Niño is a natural climate pattern in the eastern tropical Pacific Ocean that brings warmer-than-average sea-surface temperatures and has a major influence on weather across the globe, affecting billions of people.

The WMO Secretary-General said that “the onset of El Niño will greatly increase the likelihood of breaking temperature records and triggering more extreme heat in many parts of the world and in the ocean. Governments around the world should mobilize preparations to limit the impacts on our health, our ecosystems and our economies.” To save lives and livelihoods, governments must establish early warning systems and prepare for further disruptive weather events in 2023.

The last three years have been some of the warmest on record, even with La Niña, El Niño’s cool equivalent, which is supposed to bring cooler-than-average ocean temperatures. Despite La Niña, the world continued to record warmer than average temperatures.

The WMO explains that the ombination of a very strong El Niño and human-caused warming from the burning of fossil fuels led to 2016 becoming the hottest year on record. The upcoming El Niño could push 2023 or 2024 to break 2016’s heat record. There is a 90% probability of El Niño continuing during the second half of 2023 at moderate strength and increasing in the following months.

Along with increased ocean warming, El Niño events are usually associated with increased rainfall in parts of southern South America, the southern United States, the Horn of Africa and central Asia.

But it can also amplify severe droughts, heatwaves and wildfires over Australia, Indonesia, parts of southern Asia, Central America and northern South America. Other impacts include dangerous tropical cyclones in the Pacific and the mass bleaching of fragile coral reefs.

Because of the higher temperatures, the world could be temporarily pushed past 1.5 degrees Celsius of warming above pre-industrial levels, a key tipping point beyond which the chances of extreme flooding, drought, wildfires and food shortages could increase dramatically.

Countries pledged in the Paris Climate Agreement (COP 21) to limit global warming to well below 2 degrees – and preferably to 1.5 degrees Celsius – compared to pre-industrial temperatures. But the world has already seen around 1.2°C of warming, as humans continue to burn fossil fuels and produce planet-heating pollution.

According to the WMO there is a 66% likelihood that the annual average near-surface global temperature between 2023 and 2027 will temporarily be more than 1.5°C above pre-industrial levels for at least one year. “This is not to say that in the next five years we would exceed the 1.5°C level specified in the Paris Agreement because that agreement refers to long-term warming over many years. However, it is yet another wake up call that we are not yet going in the right direction to limit the warming to within the targets set in Paris in 2015 designed to substantially reduce the impacts of climate change.”

A multitude of climate records have already been broken in 2023, with soaring temperatures, unusually hot oceans and record high levels of carbon pollution in the atmosphere and record low levels of Antarctic ice.

Across Asia, Europe and the Americas, early and prolonged heat waves in 2023 have killed people, animals and crops, sparked concerns about food security and water scarcity, and set the stage for unprecedented wildfires.

Source : WMO.