Fermeture de plus en plus de stations de ski

S’il est un sujet qu’il faut éviter d’aborder au cours d’une conversation avec les Savoyards ou les Isérois, c’est le réchauffement climatique. J’en ai fait l’expérience à plusieurs reprises dans les stations de ski alpines. De toute évidence, les gens qui y vivent savent que le risque est bien présent, mais ils ne veulent pas se faire peur en en parlant !

Pourtant, les faits sont là : les stations de basse et moyenne altitude ferment les unes après les autres, faute de neige. On fait souvent valoir des raisons économiques, mais il ne faut pas se voiler la face, l’or blanc se réduit comme peau de chagrin.

Un article paru sur le site de France Info confirme qu’il s’agit essentiellement de petits sites en difficultés économiques dans un contexte de réchauffement climatique et de baisse de l’enneigement en basse et en moyenne montagne. Les stations de haute altitude ne sont pas concernées pour le moment, mais si l’accélération de la hausse des températures continue, elles seront impactées elles aussi.

À plus basse altitude, les remontées mécaniques ne redémarreront pas cette année. Elles sont arrêtées définitivement, comme dans la station des Aillons-Margériaz 1000 en Savoie, du Gaschney dans le massif des Vosges, et de Hautacam dans les Hautes-Pyrénées. Ces trois stations s’ajoutent aux 201 domaines skiables qui ont été contraints de fermer leurs pistes depuis les années 1950.

Le rythme de ces cessations d’activités est relativement régulier dans le temps. Selon un géographe qui a fait des recherches approfondies, « deux, trois, quatre, parfois cinq sites ferment chaque année. » Il a toutefois constaté un changement à partir du début des années 2000, avec la mise à l’arrêt de domaines skiables de plus en plus importants, et notamment de stations de sports d’hiver à part entière. Ainsi quinze ont été en difficulté et huit d’entre elles ont mis la clé sous la porte.

Du point de vue géographique, la majorité des sites fermés sont localisés dans les Alpes : 121 domaines sur les 204. Mais ce chiffre représente moins de 30% de l’ensemble des stations recensées dans le massif alpin. Les plus forts taux de fermeture sont relevés dans les Vosges (44% des stations du massif), et surtout dans le Massif central, où 60% des domaines ont arrêté leurs remontées mécaniques. Ces massifs ont pour point commun d’être essentiellement constitués de basse et moyenne montagne, à moins de 2 000 mètres d’altitude. De ce fait, ils font partie des reliefs français les plus exposés à la raréfaction de la neige dans un contexte de réchauffement d’origine anthropique. Le principal motif de fermetures est économique, mais il est forcément lié au réchauffement climatique et au manque de neige. Parmi les autres causes identifiées par le chercheur figurent notamment la raréfaction des classes de neige à partir des années 1980 et 1990, mais aussi la concurrence avec les grandes stations ainsi que les frais de maintenance des remontées mécaniques.

Le nerf de la guerre reste bien sûr la neige qui a tendance à tomber à des altitudes de plus en plus élevées. On peut se demander jusqu’où la liste des fermetures de stations s’allongera dans les prochaines années. Dans un rapport publié en février 2024, la Cour des comptes a estimé que seules « quelques stations » pourront espérer poursuivre leur exploitation après 2050, compte tenu de l’impact du réchauffement planétaire. Là encore, les propos de la Cour des Comptes sont tempérés par Domaines skiables de France, la chambre professionnelle des opérateurs des stations de sports d’hiver qui met en avant des techniques comme le damage des pistes ou l’utilisation de neige artificielle qui devraient permettre à une large majorité des stations de poursuivre leurs activités au-delà de 2050. Ce qu’omet de dire le directeur de cette chambre, c’est que la production de neige artificielle à des températures positives est extrêmement coûteuse et énergivore, et néfaste pour l’environnement.

Dans une note publiée en octobre 2025, Météo-France résume les conséquences attendues du réchauffement climatique dans les montagnes d’ici la fin du siècle. L’institut y explique que le nombre de jours de neige, qui a déjà baissé de plusieurs semaines par rapport à la fin du 20ème siècle, devrait continuer de décroître fortement dans les prochaines décennies sur les massifs français.

Arrivera un jour où les enneigeurs ne suffiront plus à subvenir aux besoins des stations de sports d’hiver (Photo: C. Grandpey)

Réchauffement climatique : Un redoux exceptionnel !

Nous sommes au début du mois de décembre 2025 et c’est le printemps avant l’heure ! La France connaît un épisode de redoux marqué, avec des températures bien supérieures aux moyennes de saison qui, il faut le rappeler, ont déjà été adaptées au réchauffement climatique en juin 2022. Météo France nous explique que cette situation résulte d’un anticyclone remontant d’Afrique, qui pousse simultanément des masses d’air chaud vers la France et dégage le ciel sur la majorité des régions. C’est vrai, mais le phénomène est une nouvelle preuve du dérèglement climatique que connaît notre planète.

La chaleur anormale actuelle a des conséquences préoccupantes pour l’enneigement des massifs montagneux et la sécurité en altitude. L’isotherme 0 °C se trouve à une altitude comprise entre 3 200 et 3 300 m, ce qui est parfaitement anormal en décembre. Il est bien évident que dans de telles conditions le manteau neigeux a bien du mal à se maintenir en basse et moyenne montagne. Des photos de la station des Estables (Haute Loire) sur les réseaux sociaux montrent le passage ultra rapide du blanc au vert.

Sous les 3 000 m, la fonte du manteau neigeux s’annonce rapide et massive. Cette dynamique est accentuée par le phénomène de foehn, un vent sec et chaud qui descend les pentes, réchauffe l’air et accélère la fonte de la neige sur son passage.

Une autre particularité de cet épisode est la présence de la pluie jusqu’à 2 400 m d’altitude. Ces précipitations imbibent directement l’épais manteau neigeux, fragilisent la stabilité de la neige et augmentent le risque d’avalanches, en particulier dans les massifs savoyards.

La forte fonte de la neige risque fort de perturber le début de la saison de ski sur les massifs des Vosges, du Jura et du Massif central, où l’enneigement se trouve déjà sous pression depuis plusieurs années. Il faudra que le froid et la neige fassent un retour rapide pour éviter le ski à roulettes à Noël !

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Dans le même temps, des millions d’Américains connaissent des conditions météorologiques extrêmes, notamment un froid arctique, de fortes pluies et de la neige, à l’approche des fêtes de fin d’année. Des températures glaciales, nettement inférieures aux normales saisonnières, sont prévues dans certaines régions du Midwest et de la côte Est.
Ce froid intense est dû à la rupture du vortex polaire, ce qui permet à l’air arctique très froid de descendre vers le sud et de traverser les États du centre et de l’est des États-Unis.
Les prévisions annoncent plusieurs vagues de froid intense du Midwest à l’Est jusqu’à fin décembre, avec d’importantes chutes de neige en altitude et un risque de gel jusqu’au centre de la Floride.

La climat est vraiment devenu fou !

Réchauffement climatique et stations de ski (suite)

En lisant la presse américaine le 2 novembre 2024, j’apprenais que la station de ski iséroise de l’Alpe du Grand Serre, à 1370 mètres d’altitude, cessait son activité et serait donc fermée l’hiver prochain. Or, en vérifiant cette information (il faut toujours vérifier ses sources) dans la presse régionale, j’ai appris que cette fermeture était repoussée d’un an. Elle devrait intervenir en septembre 2025. Située à La Morte, la station va donc pouvoir ouvrir une année supplémentaire, suite à un vote des élus locaux le 28 octobre.

La décision de fermer la station avait été prise le 4 octobre 2024. Elle subissait le même sort que d’autres telles que le Grand-Puy (Alpes-de-Haute-Provence) et Notre-Dame-du-Pré (Savoie). Ces fermetures sont dues au faible enneigement provoqué par le réchauffement climatique. Il a un impact négatif sur l’économie et menace l’existence même de ces stations. L’exploitation de la station de l’Alpe du Grand Serre affiche un déficit de 350 000 euros pour la dernière saison.

C’est grâce à une nouvelle étude du bilan financier de cette station, au soutien financier annoncé de l’État (merci Monsieur Barnier!) et de la commune de La Morte, ainsi que de plusieurs acteurs du ski, que la station pourra rester temporairement ouverte. A cela s’ajoute une cagnotte citoyenne qui a récolté près de 200 000 euros.

L’avenir s’annonce très sombre en matière d’enneigement pour les stations alpines. C’est ce qu’a confirmé il y a quelques jours le Premier Ministre à l’occasion d’une visite dans le Rhône. On le savait déjà, mais Michel Barnier a averti que les glaciers alpins auront disparu en 2100.

Les stations de ski d’aujourd’hui ont donc tout intérêt à diversifier rapidement leurs activités si elles veulent survivre. Les gestionnaires de la station de l’Alpe du Grand Serre semblent avoir compris le danger. Ils ont déclaré qu’il fallait mettre en place un plan pour la moyenne montagne afin de sortir de la dépendance à la neige. Un projet, chiffré à 24 millions d’euros, est en cours de définition pour tourner la station vers le quatre-saisons. Une nouvelle, mais coûteuse, remontée mécanique devrait permettre le développement du VTT en été.

Il faut espérer que de tels projets permettront d’enrayer la crise qui menace les stations alpines de basse et moyenne altitude. Celles situées en haute altitude s’en tirent mieux, mais pour combien de temps ?

Source: Yahoo News, France 3 Régions.

 

À 45 minutes de Grenoble, au pied du massif du Taillefer et du Grand Serre, dans un cadre boisé et naturel, la station de l’Alpe du Grand Serre se veut « un petit village de montagne à l’ambiance chaleureuse ». Elle fait partie des stations de moyenne altitude dont les jours sont comptés à cause du faible enneigement. Faute de diversification de leurs activités, elles dont vouées à une mort certaine.

L’avenir sombre des stations de ski // The dark future of ski resorts

Une étude scientifique publiée le 28 août 2023 dans la revue Nature Climate Change prévient que plus de la moitié des stations de ski en Europe seront confrontées à un sérieux manque de neige si les températures augmentent de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels. On peut aussi lire dans cette étude que presque toutes les stations pourraient être exposées à une augmentation de 4 degrés Celsius. Une telle situation constituera inévitablement un défi pour l’industrie et les décideurs politiques, et une réalité difficile à admettre par les amateurs de ski.
Selon les auteurs de l’étude, la production de neige artificielle ne compensera que partiellement le manque de neige naturelle et il faudra utiliser des enneigeurs plus puissants dont le fonctionnement générera encore plus de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique dans le monde.
Les dégels à répétition, de plus en plus fréquents pendant les derniers hivers, ont affecté de nombreuses stations de ski en Europe, avec un manque de neige inquiétant sur de nombreuses pistes de ski. Parallèlement à la fonte des glaciers, le manque de neige est devenu une preuve parfaitement visible des effets du réchauffement climatique.
Alors que la hausse des températures sur Terre flirte déjà avec la limite de 1,5°C définie par l’accord de Paris sur le climat en 2015, et qu’une hausse plus élevée semble inévitable, les chercheurs ont analysé l’impact du réchauffement climatique sur plus de 2 200 stations de ski dans 28 pays européens.
L’étude a évalué les changements dans la couverture neigeuse en fonction d’une gamme de hausses de température : 53 % des stations de ski en Europe seraient confrontées à un « risque très élevé d’insuffisance de neige » avec une augmentation de 2 degrés Celsius. Ce pourcentage atteindrait 98 % si la hausse dépassait 4 degrés Celsius.
Même avec l’utilisation de neige artificielle, plus d’un quart des stations seraient toujours confrontées à un manque de neige si les températures augmentaient de 2 degrés, et plus de 70 pour cent le seraient si elles grimpaient de 4 degrés.
Les chercheurs affirment que leur étude va plus loin que les précédentes et fournit un premier aperçu complet de l’impact du manque de neige sur les pistes de ski en Europe qui abrite la moitié des stations de ski dans le monde.
Cette étude fournit également une analyse des besoins en eau et en électricité, et des émissions de gaz à effet de serre associés à l’enneigement artificiel. Les auteurs écrivent que « dans le secteur du tourisme, si l’on veut limiter l’ampleur des conséquences du réchauffement climatique, il faut aussi se soucier de limiter l’empreinte carbone des activités, et donc tout mettre en œuvre pour réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre dans tout le secteur. »
De nombreux exploitants de stations de ski, en Europe et au-delà, ont déjà compris le message et devront faire encore davantage d’efforts. Pour les skieurs, l’étude montre que des destinations plus hautes en altitude – et plus froides – seront probablement nécessaires pour accéder aux meilleures pistes. Surtout, les stations de ski devront s’adapter et diversifier leurs activités si elles veulent continuer à accueillir un nombre suffisant de visiteurs dans les années à venir.
Source : Yahoo Actualités.

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A scientific study published on August 28th, 2023 in the journal Nature Climate Change warns that over half of Europe’s ski resorts will face a severe lack of snow if temperatures rise 2 degrees Celsius above pre-industrial levels. It adds that nearly all ski resorts could be affected by an increase of 4 degrees. This situation will inevitably be a challenges for the industry and policymakers, and a harsher reality for ski lovers.

The team of experts warns that the production of artificial snow would only partially offset the decline and would involve processes like snow blowers that generate more of the same greenhouse gases that contribute to global warming around the globe.

Repeated and increasing wintertime thaws have affected many European ski resorts in recent years, leaving many slopes worryingly bare of snow. Along with glacier melt, snow shortages have become a visible emblem of the effects of global warming.

With the rise in global temperatures already flirting with the target limit of 1.5°C defined by the 2015 Paris climate agreement, and a higher climb seemingly inevitable, the researchers analyzed the impact on more than 2,200 ski resorts across 28 European countries.

The research evaluated changes in snow cover across a range of increases in temperature: 53% of ski resorts in Europe would face “very high risk of insufficient snow” at a rise of 2 degree Celsius. 98% would face that level of risk if the 4-degree rise is surpassed.

Even with the use of artificial snow, more than one-fourth of the resorts would still face snow shortages if temperatures rise by 2 degrees, and more than 70 percent would if they climbed by 4 degrees.

The researchers say their paper goes further than previous studies and provides a first comprehensive look at the impact of snow shortages on the slopes across Europe, home to half of the world’s ski resorts.

What this study also provides is an analysis of the water requirement, electricity requirement, and greenhouse gas emissions that are associated with snowmaking. The authors write that “in the tourism sector, if we want to limit the extent of the consequences of global warming, we must also be concerned about limiting the carbon footprint of this activity, and therefore do everything possible to massively reduce greenhouse gas emissions for the entire sector. »

Many ski resort operators, in Europe and beyond, are already getting the message, and may need to do more. For skiers, the study suggests higher – and colder – destinations may be required to get to the best slopes. Above all, many resorts will have to adapt and diversify their activities if they want to welcaome a sufficient number of visitors in the years to come.

Source : Yahoo News.

Les puissants enneigeurs génèrent encore plus de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique (Photo: C. Grandpey)