Du “vog” sur l’île de la Réunion

L’éruption du Piton de la Fournaise est terminée, mais elle a laissé derrière elle une enveloppe de brouillard volcanique que les Hawaiiens ont baptisé « vog », le condensé de « volcanic fog », autrement dit brouillard volcanique. A Hawaii, avant que se termine l’éruption du Kilauea en août 2018, ce brouillard a posé des problèmes aux horticulteurs  car le gaz qu’il véhicule est en grande partie de dioxyde de soufre (SO2). Se mêlant à la pluie, il devient de l’acide sulfurique et donne naissance à des pluies acides qui abîment les récoltes. S’il persiste, le vog peut également devenir un problème pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires.

A la Réunion, le vog n’a pas vraiment d’impact sur la vie de l’île. Les météorologues n’enregistrent rien de significatif. De plus, le phénomène ne devrait persister que quelques dizaines d’heures. Pour le moment, le gaz émanant de l’éruption reste piégé sous un couvercle nuageux qui persiste sur toute la zone sud de l’île. Le vog se dispersera avec le retour de la pluie et du vent qui nettoiera l’atmosphère.

Côté circulation, la réouverture totale de la RN2 s’est effectuée dans les deux sens le 27 octobre dans la soirée. Les gendarmes ont toutefois maintenu une surveillance de la route au niveau de la coulée en raison de la forte affluence.

Source de vog à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

Le Raikoke (Russie) provoque de beaux levers de soleil dans le Colorado // Raikoke Volcano (Russia) causes nice sunrises in Colorado

Au cours des dernières semaines, les habitants du Colorado ont pu observer de beaux levers de soleil pourprés tout à fait inhabituels. Leur cause se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de cet Etat. Des chercheurs de l’Université de Boulder ont recueilli des preuves indiquant que le volcan Raikoke, qui est entré en éruption dans les îles Kouriles en juin dernier, a envoyé dans l’atmosphère un épais panache de cendres et de gaz volcaniques. Les satellites de la NASA ont observé l’éruption et envoyé des images impressionnantes du panache éruptif (voir ci-dessous). Grâce à un ballon à haute altitude, les chercheurs de Boulder ont pu détecter des aérosols – principalement du SO2, selon la NASA – qui ont diffusé la lumière du soleil. Combinés à la couche d’ozone qui absorbe la lumière, les aérosols peuvent apporter une belle nuance de violet aux couchers et aux levers de soleil.
L’éruption du Raikoke a été relativement modeste (voir mes notes des 22 et 26 juin 2019), mais suffisante pour affecter la majeure partie de l’hémisphère nord. Selon les chercheurs de l’Université de Boulder, le dernier phénomène similaire observé dans le Colorado s’est produit en 1991, lors de l’éruption du Pinatubo aux Philippines.
Source: The Denver Channel.

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Over the past few weeks, people in Colorado could notice unusually purple sunrises. The cause might be a few thousand miles away.Researchers at Boulder University have collected evidence that points to Raikoke, a volcano located on the Kuril Islands that erupted in June, sending a thick plume of ash and volcanic gases into the atmosphere. NASA satellites observed the eruption, capturing impressive images of the smoke plume (see below). Thanks to a high-altitude balloon, Boulder researchers could detect aerosols – mostly SO2, according to NASA – which scatter sunlight as they pass through the air.Combined with the ozone layer absorbing light, the aerosols can produce a shade of purple in sunrises and sunsets.
The eruption of Raikoke was relatively small (see my posts of 22 and 26 June 2019), but it was enough to impact most of the northern hemisphere. According to Boulder University researchers, the last similar phenomenon observed in Colorado happened in 1991, when Mount Pinatubo erupted in the Philippines.
Source: The Denver Channel.

L’éruption du Raikoke vue depuis l’espace (Source: NASA)

Quelques nouvelles d’Hawaii // Some news from Hawaii

L’éruption a été déclarée définitivement terminée par le HVO et tout est actuellement calme sur le Kilauea. Il n’y a aucune lave active sur la Grande Ile d’Hawaii. Aucun changement majeur n’a été observé sur le Pu’uO’o. Un récent survol en hélicoptère a permis de constater que la morphologie du cratère vide se modifie lentement suite à des effondrements de ses parois. Le magma a quitté le Pu’uO’o le 30 avril 2018 et a fait surface quelques jours plus tard dans la Lower East Rift Zone. Après cette évacuation de la lave, le cratère présentait une profondeur d’environ 356 mètres. Des matériaux provenant d’effondrements des parois du cratère ont, depuis cette époque, recouvert son plancher qui se trouve aujourd’hui à 286 mètres de profondeur.

Un modèle 3D du cratère du Pu’uO’o a été réalisé à partir d’images thermiques obtenues lors du récent survol. Les zones blanches montrent les points chauds dans le cratère. La forme du cratère continue de changer suite à de petits effondrements qui se produisent de temps à autre. Une station GPS sur le flanc nord du Pu’uO’o montre un affaissement constant de la lèvre du cratère. Ce mouvement est dû au glissement du rebord instable du cône.
Voici une courte vidéo du survol:
https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-2662.mp4

Dans ses dernières mises à jour, le HVO indique que les paramètres relatifs à la déformation du sol sont à mettre en relation avec le remplissage du réservoir magmatique profond du Kilauea. Les émissions de SO2 dans l’East Rift Zone et au sommet du Kilauea restent faibles.
Source: USGS / HVO.

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With the eruption definitely declared over by HVO, everything is currently quiet on Kilauea Volcano. There is currently no active lava to be seen on the Big Island. No major changes have been observed at Pu’uO’o. A recent helicopter overflight allowed to see that the empty crater is slowly being altered by small rockfalls within it. Magma drained from beneath Pu’uO’o on April 30th, 2018 and erupted a few days later in the lower East Rift Zone. After the magma drained, the crater was roughly 356 metres deep. Collapses on the crater walls have since filled the deepest part of the crater with rockfall debris. Today, the deepest portion of the crater is 286 metres.

A 3D model of the Pu’uO’o crater was constructed from thermal images taken during the recent overflight. White areas show warm spots in the crater. The shape of the crater continues to change through occasional small collapses. A GPS station on the north flank of Pu’uO’o has been showing steady slumping of the craters edge. This motion is due to the sliding of the unstable edge of the cone.

Here is a short video of the overflight:

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-2662.mp4

In its latest updates, HVO indicated that deformation signals are consistent with the refilling of Kilauea Volcano’s deep East Rift Zone magma reservoir. SO2 emission rates on the East Rift Zone and at Kilauea’s summit remain low.

Source: USGS / HVO.

Voici deux images montrant le cratère du Pu’uO’o le 11 mai 2018 et le 18 mars 2019. On se rend parfaitement compte de la remontée du plancher suite aux effondrements des parois du cratère.

  (Source : USGS / HVO)

Conséquences sanitaires de l’éruption du Kilauea dans les Leilani Estates // Health impacts of the Kilauea eruption in the Leilani Estates

Plusieurs semaines après la fin de l’éruption du Kilauea et la destruction de 716 structures dans la Lower East Rift Zone, les personnes dont la maison avait été épargnée par la lave ont été autorisées à regagner leur domicile le 8 septembre 2018. Certains des habitants subissent encore aujourd’hui les effets des polluants atmosphériques car des nuages ​​de vapeur continuent de s’échapper de la Fracture n° 8. Le HVO a indiqué que «les niveaux de gaz étaient bas ou inexistants et qu’il n’y avait plus de coulée de lave active en surface».
Malgré cette conclusion, de nombreux habitants se plaignent de problèmes respiratoires à cause de l’odeur de dioxyde de soufre qui a envahi la région. Le médecin d’une femme a déclaré que la pleurésie dont elle souffrait était probablement due aux émissions de gaz et peut-être aussi aux cheveux de Pelé.
Selon USGS, outre le SO2, les éruptions laissent échapper du sulfure d’hydrogène, gaz très toxique à des concentrations élevées. Les éruptions volcaniques libèrent également du fluor, du chlore et du brome qui sont des acides toxiques, ainsi que du méthane qui peut interférer avec l’oxygène. Les services de santé contrôlent en permanence les données fournies par les stations de surveillance de la qualité de l’air, en particulier les niveaux de SO2 et de particules fines sur Big Island. Un habitant a expliqué que le filtre d’habitacle de sa voiture était «noir à cause des substance qu’il respirait quotidiennement depuis des mois.»
En plus des émanations gazeuses, des cheveux de Pelé restent accrochés dans les arbres, les fossés et sur les pelouses de certaines habitations car leurs propriétaires n’ont pas les moyens de faire face à ces problèmes. Les professionnels de la santé ont conseillé à plusieurs habitants d’éviter de s’exposer aux gaz et aux particules, mais cela semble bien difficile.

En plus des conséquences physiques durables, de nombreux habitants des Leilani Estates ont l’impression qu’ils ne se remettront jamais émotionnellement des impacts de l’éruption du Kilauea. .
Source: Presse hawaiienne.

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Several weeks after the 2018 Kilauea eruption, with the destruction of 716 homes in the Lower East Rift Zone, those whose homes still remain were allowed to return on September 8th, 2018. Some of the returning residents are being affected by air pollutants because clouds of fumes continue to emanate from Fissure 8. The Hawaiian Volcano Observatory determined that “the gas levels were low or nonexistent, with the nonexistence of lava on the surface.”

Despite this conclusion, many residents are complaining of breathing problems because of the sulphur dioxide odour that pervades the area. One woman said that her doctor assumes that the reason she got pleurisy was due to the emissions in the air and possibly Pele’s hair.

According to USGS, in addition to SO2, eruptions release hydrogen sulfide, which is very toxic at high concentrations. Volcanic eruptions also release fluorine, chlorine and bromine, which are strong, toxic acids, and methane, which can interfere with oxygen levels. The Department of Health maintains permanent SO2 and PM2.5 (particulates) air monitoring stations around the Big Island. A resident explained that the AC filter in his car was “black from months of the stuff he breathed in daily.”

In addition to the fumes, fine threads of Pele’s hair remain in the trees, gutters and lawns of some residents who have not had the resources to return home and deal with the damage. Medical professionals told several residents to avoid exposure, but it seems like an inescapable reality for them. In addition to concerns over lasting physical effects, many residents feel they will never recover emotionally from the ordeal.

Source : Hawaiian newspapers.

La dernière éruption du Kilauea a laissé échapper des quantités considérables de SO2 (Crédit photo: USGS / HVO)