Philippines: L’archipel de tous les dangers // Philippines: The archipelago of all dangers

drapeau francaisLe typhon Yolanda (aussi appelé Haiyan ) représente la catastrophe naturelle la plus meurtrière jamais observée aux Philippines, avec au moins 10 000 morts sur la seule île de Samar.
Cependant, de tels désastres ne sont que trop fréquents aux Philippines, archipel situé la Ceinture de Feu où se produisent de nombreux séismes et éruptions volcaniques. Le National Weather Center a établi une liste des 10 catastrophes naturelles les plus meurtrières aux Philippines, en se référant aux données fournies par le gouvernement ou les Nations Unies. Les voici dans l’ordre chronologique :

1 . Le Mayon est entré en éruption le 1er Février 1814, recouvrant de cendre la ville de Cagsawa et tuant environ 1 200 personnes.
2 . Le Taal est entré en éruption le 30 Janvier 1911, tuant environ 1 300 personnes dans les villages voisins.
3 . Les inondations et les glissements de terrain provoqués par le typhon Trix ont tué 995 personnes dans l’île de Luzon le 16 Octobre 1952.
4 . Un tsunami provoqué par un séisme de M 7,9 a dévasté le golfe Moro sur l’île de Mindanao le 16 Août 1976, tuant entre 5 000 et 8 000 personnes.
5 . Le typhoon Ike a frappé les îles centrales le 31 Août 1984, tuant 1 363 personnes.
6 . Un séisme de M 7,8 a frappé Baguio City et d’autres régions du nord des Philippines le 16 Juillet 1990, tuant 1 621 personnes.
7 . La tempête tropicale Thelma a provoqué des inondations brutales dans la ville de Ormoc sur l’île de Leyte le 15 Novembre 1991, tuant plus de 5 100 habitants.
8 . Une montagne s’est effondrée sur le village de Guinsaugon sur l’île de Leyte le 17 Février 2006, avec1 126 victimes.
9 . Le typhon Washi a frappé l’île de Mindanao le 16 Décembre 2011, tuant au moins 1 080 personnes.
10 . Le typhoon Bopha a frappé l’île de Mindanao le 3 Décembre 2012, avec environ 1 900 morts ou disparus.

D’autres catastrophes volcaniques ont tué des Philippins, comme les éruptions du Taal (1334 morts en 1911 et 200 en 1965) ou encore du Mayon (77 morts en 1993), sans oublier, bien sur, l’éruption du Pinatubo (860 morts entre 1991 et 1992).

Ces derniers événements sont décrits en détail dans mon dernier livre « Killer Volcanoes – Eruptions meurtrières de temps modernes ».

 

drapeau anglaisSuper Typhoon Yolanda (international name: Haiyan) is the deadliest natural disaster to have hit the Philippines, with at least 10,000 dead on the island of Samar alone.

However, such disasters are all too frequent in the Philippines, which is located the Ring of Fire, where many of the Earth’s earthquakes and volcanic eruptions occur. The National Weather Center has made a list of the 10 deadliest natural disasters on record in the Philippines, based on government or United Nations figures:

  1. Mayon volcano erupted on February 1st, 1814, burying the nearby town of Cagsawa with ash and rock and killing about 1,200 people.
  2. Taal volcano erupted on January 30th, 1911, killing about 1,300 people living in nearby villages.
  3. 10. Floods and landslides unleashed by Typhoon Trix killed 995 people in the island of Luzon on October 16th, 1952.
  4. A tsunami triggered by a M 7.9 earthquake devastated the Moro Gulf on the southern island of Mindanao on August 16th, 1976, killing between 5,000 and 8,000 people.
  5. Typhoon Ike hit the central islands on August 31st, 1984, killing 1,363 people.
  6. A M 7.8 earthquake struck the mountain resort of Baguio city and other areas of the northern Philippines on July 16th, 1990, killing 1,621 peoplE.
  7. Tropical Storm Thelma triggered flash floods on the city of Ormoc on Leyte Island on November 15th, 1991, killing more than 5,100 inhabitants.
  8.  An entire mountainside collapsed on the village of Guinsaugon on the island of Leyte on February 17th, 2006, killing 1,126.
  9. Typhoon Washi hit Mindanao Island on December 16th, 2011, killing at least 1,080 people.
  10. Typhoon Bopha smashed into Mindanao Island on December 3rd, 2012, with about 1,900 people dead or missing.

Other volcanic disasters killed in the Philippines, like the Taal eruptions (1334 dead in 1911 and 200 in 1965) or the eruption of Mayon volcano (77 victims in 1993), without forgetting the major eruption of Pinatubo ( 860 dead between 1991 and 1992).

Mayon-blog

Avalanches pyroclastiques sur les flancs du Mayon  (Crédit photo:  Wikipedia)

Hawaii se prépare pour le « big one » !

drapeau francais Un article du quotidien Hawai Tribune Herald, intitulé « Hawaii preparing for the ‘big one’ » nous explique que la population de l’archipel sera très certainement confrontée à un puissant séisme (M 6,5 ou plus) à plus ou moins long terme. Selon les scientifiques de l’USGS, la probabilité est de 50% au cours de la prochaine décennie, 75% dans les 20 prochaines années et 97% dans les 50 prochaines années.

Les habitants de la Grande Ile sont habitués aux petites secousses qui accompagnent l’éruption du Kilauea mais elles seraient roupie de sansonnet à côté d’un événement de grande ampleur qui, comme dans tous les films catastrophe, auraient son lot de victimes et de destruction, avec des millions de dollars de dégâts.

C’est la raison pour laquelle Hawaii va rejoindre une initiative internationale concernant plus de 16 millions de personnes et dont le but est de « préparer les citoyens à l’impact d’un puissant séisme ». Baptisé The Great Hawaii Shakeout, l’événement sera l’occasion de montrer dans les écoles, les entreprises et aux particuliers l’attitude à adopter lors d’un tremblement de terre majeur.

Au cours de la première séance, l’accent sera mis sur les règles les plus élémentaires qui se résument en trois mots : « Drop, Cover and Hold on ». « Drop », car la première chose à faire n’est sûrement pas de fuir à l’extérieur, mais de se précipiter au sol avant de perdre l’équilibre. Une fois au sol, on s’abritera (« Cover ») sous une table ou un bureau robuste qui protégera des chutes d’objets. Enfin, on s’accrochera (« Hold on ») à la table pour éviter qu’elle se déplace.

Même s’il ne faut pas alarmer la population sur le risque d’un puissant séisme qui est toujours possible, ces précautions ne sont pas inutiles. Il ne faudrait pas oublier que l’archipel (Big Island en particulier) est périodiquement secoué par des séismes qui sont ressentis par la population. Ainsi, le 15 octobre 2006 au matin, une secousse de M 6,7 a secoué la côte ouest de la Grande Ile. Plusieurs bâtiments ont été détruits. La maison d’une amie qui habite sur la côte, à une vingtaine de kilomètres de l’épicentre, porte encore aujourd’hui les stigmates – fissures en particulier – de ce séisme.

Le dernier tremblement de terre de cette importance a été observé il y a 30 ans. D’une magnitude de 6,7 lui aussi, il a causé d’importants dégâts sur la Grande Ile le 16 novembre 1983. Un séisme de M 6,1 a également frappé cette même île en 1989. Le plus violent événement jamais enregistré à Hawaii a frappé la région de Ka’u sur la Grande Ile en 1868, entraînant la mort de 77 personnes. Sa magnitude a été estimée à 7,9.

 

drapeau anglais An article in the daily Hawaii Tribune Herald, entitled  » Hawaii preparing for the ‘ big one ‘ », explains that the population of the archipelago will certainly face a powerful earthquake (M 6.5 or higher ) in the years to come. According to USGS scientists , the probability is 50 % over the next decade, 75% in the next 20 years and 97 % in the next 50 years.
The people of the Big Island are used to small quakes that accompany the eruption of Kilauea but this would be nothing compared to a major event which, like in all disaster movies, would have a lot of casualties and destruction with millions of dollars in damage .
This is why Hawaii will join an international initiative involving more than 16 million people and whose purpose is to  » prepare citizens for the impact of a powerful earthquake. » Called The Great Hawaii Shakeout, the event will be an opportunity to show schools, businesses and individuals how to behave during a major earthquake .
The first session will focus on the most basic rules that can be summarized in three words: « Drop, Cover and Hold On ».  » Drop « , because the first thing you should do is surely not run out into the street, but drop to the ground before losing your balance. Once on the ground, get under ( » Cover « ) under a sturdy table or desk that will protect you from falling objects . Finally, « Hold On » to the table to prevent it from moving.

Although people in Hawaii do not need to worry so much about the risk of a major earthquake which is always possible, these precautions are not unnecessary . We should not forget that the archipelago (Big Island in particular) is regularly shaken by earthquakes which are felt by the population. Thus, on October 15th, 2006 in the morning, a M 6.7 event occurred on the western coast of the Big Island.  Several buildings were destroyed. The house of a friend of mine who lives about twenty miles further south along the coast still bears the scars – cracks in particular – of the earthquake.

The last Hawaiian earthquake this strong struck 30 years ago. The magnitude 6.7 caused heavy property damage on Hawaii Island on November 16th, 1983. A 6.1-magnitude quake also hit in 1989. The largest recorded Hawaiian earthquake struck the Ka’u District on Hawaii Island in 1868, causing 77 deaths. Its magnitude was estimated at 7.9.

Waipio-blog

Le séisme de 2006 a provoqué un effondrement de falaise le long de la côte NE du Kohala.

(Avec l’aimable autorisation de Wikipedia)

Le réchauffement climatique en Alaska

Il y a quelques jours, dans un magasin d’Anchorage, j’ai vu un T-shirt montrant un ours blanc sur une plaque de glace dans l’Océan Arctique. On pouvait lire sous le plantigrade : « Global warming sucks Alaska », autrement dit : le réchauffement climatique ronge l’Alaska.

La population du 49ème état de l’Union est très sensible à ce problème qui est évident dans plusieurs régions. Dans les zones arctiques les plus septentrionales, la banquise rétrécit à vue d’oeil. Les animaux qui y vivent ont de plus en plus de difficultés à faire la navette entre la glace et la terre ferme. Comme je l’avais signalé lors d’un précédent voyage en Alaska, de plus en plus de morses meurent d’épuisement. A mes yeux, l’un des risques majeurs de la disparition de la banquise est la mise à jour de gisements pétrolifères que les Etats-Unis n’hésiteront pas à exploiter, malgré les risques pour l’environnement. C’est sûrement l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement fédéral n’a jamais ratifié le Protocole de Kyoto !

Plus au sud, les glaciers reculent et certains d’entre eux sont même en voie de disparition. Le phénomène est particulièrement visible lorsque l’on survole les rivières et langues de glace de Glacier Bay qui, au 18ème siècle, constituaient un unique bloc – le Grand Pacific Glacier – de 1200 mètres d’épaisseur et d’une largeur de 32  kilomètres. Cette masse de glace a ensuite commencé à se morceler et à donner naissance à plusieurs langues séparées par des bras de mer. La fonte des glaces a aussi pour conséquence l’augmentation des séismes car le poids que doit supporter la croûte terrestre est moins important.

D’autres signes indiquent que quelque chose d’anormal est en train de se produire. Les Alaskiens m’ont affirmé que leurs étés étaient plus longs. Si les hivers sont encore très froids, en particulier dans la partie centrale de l’Etat, les températures descendent rarement au dessous de -40°C, ce qui était monnaie courante il y a quelques années seulement. Suite au raccourcissement de la période froide, l’hibernation des ours est moins longue. La migration des saumons subit elle aussi les effets du réchauffement climatique.

Mes voyages à travers le monde, ne serait-ce que dans nos Alpes françaises, me font prendre de plus en plus conscience du danger qui menacera notre planète dans les prochaines décennies. Certains parlent de cycles climatiques ; d’autres accusent nos industries et notre société de consommation. Quel que soit le responsable, le problème est bien réel et nos gouvernants auraient tout intérêt à le prendre en compte le plus vite possible !

Columbia 01

En 2009, les icebergs empêchaient l’approche  du front en pente douce du Columbia Glacier que l’on aperçoit au fond de la photo.

Columbia 02

Depuis cette époque, le glacier a considérablement reculé et le front en pente douce a été remplacé en 2013 par un mur d’une centaine de mètres de hauteur.

(Photos:  C.  Grandpey)

Séismes et affaissements de volcans // Earthquakes and volcano sinking

drapeau francaisDes scientifiques du Japon et des États-Unis ont remarqué que plusieurs volcans japonais et chiliens ont perdu jusqu’à 15 centimètres après les violents tremblements de terre qui ont secoué les régions où ils se dressent.
Moins d’une journée après le terrible séisme de Tohoku en 2011 au Japon, cinq volcans sur l’île de Honshu ont perdu jusqu’à 15 centimètres de hauteur. La même chose est arrivée à plusieurs volcans chiliens qui se sont affaissés de 15 centimètres dans les semaines qui ont suivi le séisme de M 8,8 qui a dévasté le centre du pays en février 2010.
Cet effet d’enfoncement pourrait être une conséquence commune à la plupart des puissants séismes. Personne n’avait remarqué le phénomène jusqu’à présent parce que les capteurs satellites n’étaient pas assez sensibles pour le détecter.
La cause de cet affaissement n’est pas claire. Une hypothèse est que le tremblement de terre a pu ouvrir des fractures dans la roche, permettant à l’eau piégée sous terre de s’échapper à la surface dans des sources chaudes, ce qui provoquerait un affaissement.
Une autre théorie est que les chambres magmatiques des volcans peuvent avoir été déformées par les séismes, ce qui aurait permis à la roche au-dessus de se stabiliser.
Une question souvent posée après puissants tremblements de terre en zone volcanique est de savoir si ces événements sont susceptibles de déclencher des éruptions. Aucune réponse claire n’a été donnée à ce jour. Aucun des volcans touchés par les tremblements de terre au Chili et le Japon n’est entré en éruption depuis. Cependant, on peut raisonnablement penser qu’un violent séisme est susceptible d’accélérer un volcan qui se dirige vers une éruption
Source: The New Scientist.

 

drapeau anglaisScientists from Japan and the United States have noticed that several Japanese and Chilean volcanoes shrank by up to 15 centimetres after the powerful earthquakes that shook the areas where they are located.

Within a day of the 2011 Tohoku megaquake in Japan, five volcanoes on the island of Honshu lost up to 15 centimetres. The same thing happened to a string of Chilean volcanoes which subsided by 15 centimetres too within weeks of the M 8.8 quake that ripped through the centre of the country in February 2010.

This sinking effect could be common to most big earthquakes. Nobody had noticed the subsidence so far, mainly because satellite imaging was not sensitive enough to detect it.

What causes the subsidence is not clear. One hypothesis is that the earthquake opens cracks in the rock, allowing water trapped underground to escape to the surface in hot springs, and triggering subsidence.

Another theory is that the volcanoes’ magma chambers can have been deformed by the quakes, allowing the rock above to settle.

One question often asked after powerful earthquakes in volcanic areas is to know whether such events are likely to trigger eruptions. No clear answer has ever been given. None of the volcanoes affected by the Chile and Japan quakes has since erupted. However, we may think that a volcano that an earthquake may accelerate a volcano which is en route to an eruption

Source: The New Scientist.